En direct, guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky annonce la tenue d’une réunion des pays prêts à envoyer des troupes de maintien de la paix

Londres va imposer à toute personne travaillant pour l’Etat russe de s’enregistrer auprès du gouvernement

Toute personne travaillant pour l’Etat russe au Royaume-Uni devra désormais s’enregistrer dans le cadre d’un système de surveillance des « influences étrangères », qui entrera en vigueur le 1er juillet, faute de quoi elle encourra une peine de prison, a annoncé, mardi, le secrétaire d’Etat à la sécurité britannique.

Chaque individu « exerçant une activité dans le cadre d’un accord » avec certains organes de l’Etat russe devra figurer sur le Foreign Influence Registration Scheme (FIRS), a déclaré Dan Jarvis devant les députés, à l’instar des personnes travaillant pour le compte de l’Etat iranien.

Le système est présenté comme un outil au service de la sécurité nationale au Royaume-Uni, qui entend lutter contre les influences étrangères. La Russie va être placée au niveau le plus strict du FIRS. « La Russie représente une menace grave pour la sécurité nationale », a ajouté Dan Jarvis. « Ces dernières années, la Russie a mené une politique de plus en plus hostile à l’égard du Royaume-Uni et de ses intérêts : harcèlement des diplomates (…), ingérences malveillantes et cyberopérations, recrutement d’espions pour commettre des incendies criminels et des sabotages sur le sol britannique », a énuméré le chef de la diplomatie, David Lammy, cité dans un communiqué.

Concrètement, Londres demandera aux personnes liées aux « composantes de l’Etat russe, y compris son président, son Parlement, tous les ministères russes et leurs agences, ainsi que les services de renseignement » de se déclarer si elles sont présentes sur le sol britannique.

Outre les forces armées, de police ou les représentants du système judiciaire, seront aussi concernées les personnes en lien avec « plusieurs partis politiques contrôlés par la Russie, dont Russie Unie », qui est celui du président Vladimir Poutine.

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La vie des dissidents hongkongais réfugiés au Royaume-Uni, où ils sont surveillés et harcelés par le régime chinois

Perchée sur l’estrade, Chloe Cheung s’agrippe à son courage et à son iPhone rose. Sa voix tremble. Pékin veut sa capture et elle est « terrifiée ». A Londres, au pied de la Royal Mint Court, une immense bâtisse de pierre blanche, où doit s’installer la diplomatie chinoise, la jeune militante hongkongaise de 20 ans s’époumone : « Cette méga-ambassade est une menace, une expansion du PCC [Parti communiste chinois] sur le sol britannique. Nous devons résister ! »

Samedi 8 février, à Londres, sous un crachin glacial, plusieurs milliers de manifestants, souvent masqués pour ne pas être reconnus, l’encouragent aux cris rageurs de « Free Hongkong ! ». Des policiers vêtus de gilets fluo peinent à contenir la foule, rassemblée pour protester contre l’ouverture d’une nouvelle ambassade chinoise au centre de la capitale britannique, sur les trois étages de la Royal Mint Court.

Construit en 1809 sur les ruines d’une abbaye et d’un cimetière, à proximité du mythique Tower Bridge, le beau bâtiment à colonnade a longtemps fait la fierté du Royaume-Uni : jusqu’à sa fermeture, dans les années 1970, on y fabriquait les pièces de monnaie britanniques. En décrépitude depuis, la propriété a été rachetée, en 2018, par la Chine pour y loger ses diplomates, à l’étroit dans leurs bureaux du quartier londonien de Marylebone.

La Royal Mint Court, à Londres, où la Chine prévoit d’installer sa nouvelle ambassade, en février 2025. TOM JAMIESON POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

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Christophe Tzourio, épidémiologiste, cinq ans après le Covid-19 : « Une société d’adultes s’est protégée en demandant aux jeunes de sacrifier leur jeunesse, sans jamais reconnaître la souffrance que cela a causée »

Une lycéenne dans sa chambre à Chisseaux, près de Tours, le 27 mars 2020, au onzième jour du premier confinement. ALAIN JOCARD/AFP

Christophe Tzourio est professeur d’épidémiologie à l’université de Bordeaux. Au moment de la pandémie, le chercheur était également directeur du service de santé universitaire. Cinq ans après, il confirme ce que tous les professionnels de santé anticipaient pour la santé mentale des jeunes : en plus d’être plus nombreuses, leurs pathologies sont aussi plus complexes qu’avant, avec des effets à long terme déroutants.

En 2020, les professionnels de santé redoutaient un effet « bombe à retardement » sur la santé mentale de la jeune génération. Aujourd’hui, peut-on dire que la bombe a explosé ?

Oui, totalement, mais c’est pour le moment une explosion silencieuse. Les chiffres de la santé mentale des jeunes restent médiocres sans que cela n’attire l’attention des décideurs, ni de la population en général. C’est en partie lié à la façon qu’ont les jeunes d’exprimer leur mal-être : il s’agit d’une internalisation. Contrairement à ma génération, qui exprimait sa colère de manière assez bruyante, eux se recroquevillent. C’est donc peu visible pour ceux qui ne les côtoient pas au quotidien.

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Séisme en Birmanie : le bilan dépasse 1 600 morts et plus de 3 000 blessés et devrait encore augmenter

Les secours tentent, dimanche 30 mars, deux jours après un violent séisme qui a secoué et endeuillé la Birmanie et la Thaïlande voisine, de retrouver des survivants dans les montagnes de destructions. Le bilan s’est fortement alourdi, samedi : 1 644 personnes sont mortes et 3 408 autres ont été blessées en Birmanie, après ce tremblement de terre de magnitude 7,7 qui a frappé dans le centre du pays, a fait savoir la junte au pouvoir. Un précédent bilan faisait état de 1 007 morts et 2 389 blessées.

Le séisme, peu profond, s’est produit vendredi au nord-ouest de la ville birmane de Sagaing vers 12 h 50, en Birmanie, et 13 h 20 en Thaïlande (7 h 20, à Paris), suivi par une réplique de magnitude 6,7 quelques minutes après. Depuis, des répliques restent perceptibles, ressenties encore dimanche matin, aggravant la détresse des habitants.

Les secousses ont provoqué des scènes de chaos et de désolation en Birmanie, où l’effondrement de maisons, d’immeubles, de ponts ou de sites religieux laisse craindre une catastrophe de grande ampleur dans un pays rendu exsangue par le conflit civil qui dure depuis le coup d’Etat de la junte, en février 2021. Un séisme d’une telle intensité n’avait pas frappé la Birmanie depuis des décennies, selon les géologues américains, les secousses étant suffisamment puissantes pour semer la terreur à 1 000 kilomètres de l’épicentre, parmi des millions d’habitants de Bangkok, capitale de la Thaïlande.

La majorité des victimes se trouvent dans la région de Mandalay, la deuxième ville de Birmanie. Mais les moyens de communication étant endommagés, le bilan humain pourrait fortement s’aggraver. Plus de 90 personnes seraient piégées dans les décombres d’un immeuble dans la ville, selon un responsable de la Croix-Rouge à l’Agence France-Presse (AFP).

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En photos : un puissant séisme frappe la Birmanie et la Thaïlande

Appel à la solidarité internationale de la junte birmane

Près de l’aéroport de Mandalay, des agents de sécurité ont refoulé des journalistes. « C’est fermé depuis [vendredi] », a lancé l’un d’eux. Les destructions sur le site pourraient compliquer les opérations de secours dans un pays où le système de santé est décimé.

Le chef de la junte, Min Aung Hlaing, a invité « tout pays, toute organisation » à apporter son aide alors que six régions sont en état d’urgence – par le passé, les régimes militaires étaient réticents à demander un soutien de l’étranger après des catastrophes.

Des secouristes fouillent les décombres d’un immeuble détruit par le séisme à Mandalay, en Birmanie, le 29 mars 2025. SAI AUNG MAIN/AFP

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dit avoir envoyé en urgence près de 3 tonnes de fournitures médicales vers les hôpitaux de Mandalay et de Naypyidaw où sont pris en charge des milliers de blessés. Des pays de la région ont aussi prêté main-forte. La Chine a déclaré avoir envoyé 82 sauveteurs et s’est engagée à fournir 13,8 millions de dollars (12,7 millions d’euros environ) d’aide humanitaire d’urgence. Un avion chargé de kits d’hygiène, de couvertures, de nourriture et d’autres produits de première nécessité a atterri samedi à Rangoun, en provenance d’Inde. La France, l’Union européenne, Hongkong, la Corée du Sud, l’Iran, la Malaisie et l’Indonésie ont également proposé leur assistance.

Le Royaume-Uni a promis, de son côté, 10 millions de livres sterling (12 millions d’euros) afin « d’accroître l’aide dans les zones les plus durement touchées par le séisme et de financer l’approvisionnement en nourriture et en eau, des médicaments et des abris ».

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« Nous allons les aider. (…) C’est terrible ce qui se passe », a dit, de son côté, le président américain, Donald Trump, à des journalistes à la Maison Blanche.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Séisme en Birmanie : le pays dévasté par le pire tremblement de terre en plus d’un siècle, le bilan dépasse les 1 000 morts

Des combattants anti-junte annoncent un cessez-le-feu pour faciliter les opérations de secours

Les agences humanitaires ont prévenu que la Birmanie n’était absolument pas préparée à faire face à une catastrophe de cette ampleur. Le conflit civil a déplacé quelque 3,5 millions de personnes, selon les Nations unies, qui ont prévenu fin janvier que 15 millions de Birmans risquaient de souffrir de la faim en 2025.

Samedi, l’ONU a averti qu’une grave pénurie de fournitures médicales impactait l’assistance déployée dans le pays, soulignant que les victimes avaient un besoin urgent d’aide humanitaire. Sont notamment concernés par la pénurie, les « kits de traumatologie », les poches de sang, les produits anesthésiques, certains médicaments essentiels et des tentes pour les secouristes, a listé le Bureau de la coordination humanitaire des Nations unies (OCHA).

Dans ce contexte, les combattants anti-junte des Forces de défense populaire (FDP) ont décrété un cessez-le-feu partiel de deux semaines avec l’armée à partir de dimanche, afin de faciliter les opérations de secours. Le groupe a assuré, dans un communiqué, qu’il allait « collaborer avec l’ONU et les ONG pour assurer la sécurité, le transport et l’établissement de camps de secours et médicaux temporaires » dans les zones qu’il contrôle.

L’armée birmane mène une guerre civile sur plusieurs fronts depuis qu’elle a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi en février 2021. Elle est opposée à la fois aux PDF et à des groupes armés ethniques, dont beaucoup l’affrontent depuis des décennies.

Des dizaines d’ouvriers pris au piège à Bangkok

De l’autre côté de la frontière, en Thaïlande, le bilan s’est alourdi à dix-sept morts à Bangkok. L’autorité métropolitaine de la capitale thaïlandaise a fait savoir que trente-deux personnes avaient été blessées et 83 restaient portées disparues, la plupart ayant été ensevelies par l’effondrement d’une tour de 30 étages en construction, proche du marché de Chatuchak, prisé des touristes. Les chances de sortir vivants les ouvriers s’amenuisent heure après heure.

L’opération de secours a mobilisé de grosses pelleteuses mécaniques, des chiens renifleurs et des drones à imagerie thermique pour repérer des signes de vie parmi les décombres. La métropole de Bangkok a ordonné le déploiement d’une centaine de spécialistes pour contrôler la sécurité des bâtiments, après avoir reçu plus de 2 000 signalements de dommages. Les autorités locales ont annoncé le déploiement de spécialistes pour réparer 165 immeubles, dimanche.

A Bangkok, où les séismes sont extrêmement rares, les secousses ont été illustrées par des images spectaculaires : foule d’habitants évacués dans les rues, ou des piscines sur le toit d’immeubles ou d’hôtels qui débordent. Une femme a dû accoucher en plein air après avoir été évacuée d’un hôpital. Un chirurgien a également continué à opérer un patient à l’extérieur, après qu’il eut fallu quitter d’urgence le bloc, selon un porte-parole à l’AFP.

Les tremblements de terre sont relativement fréquents en Birmanie : six ayant atteint ou dépassé une magnitude 7 se sont produits entre 1930 et 1956 près de la faille de Sagaing, qui traverse le centre du pays du nord au sud.

Le Monde avec AFP

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Six ingrédients japonais emblématiques pour six recettes faciles à réaliser

Cet article est tiré de notre supplément « Le Goût de M », consacré au Japon, en vente sur la boutique du Monde.

Sobre et subtile, végétale ou marine, pure voire évanescente, la cuisine japonaise est celle du moindre geste, de la finesse des surfaces, de la douceur des textures, de la recherche de la simplicité, d’un absolu visuel, gustatif et sensoriel. Elle est souvent magnifiquement « fade », dans le sens où l’entend la poétesse et autrice culinaire Ryōko Sekiguchi, soit ce goût neutre qui vise la perfection de l’eau pure. La cuisine japonaise est émaillée de produits issus de traditions anciennes, de fermentations artisanales, à base de soja, de riz ou de poisson, qui viennent mettre de l’umami(cette cinquième saveur qui est le « goût du bon », ou du
« revenez-y ») dans les plats les plus simples.

Ainsi en est-il de la sauce soja, du mirin (sorte de saké sucré), de la pâte miso ou des copeaux de bonite séchée, qui sont les fondements de tout assaisonnement ou bouillon, et se retrouvent aujourd’hui dans de nombreuses cuisines du monde. Les plats japonais font la part belle à des produits bruts très spécifiques, comme le citron yuzu, qui ravit les chefs occidentaux, le shiso, sorte de basilic asiatique ultra aromatique, mais aussi quantité de champignons et d’algues, qui donnent son identité à cette gastronomie de l’épure. Parmi ces ingrédients emblématiques, la plupart vendus dans les supermachés bio, les rayons exotiques des grandes enseignes ou des épiceries japonaises, six d’entre eux sont ici au menu d’une recette sur mesure, avec quelques astuces pour les utiliser au quotidien.

Le soba au bouillon et aux champignons shiitakés et enokis

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Au Groenland, J. D. Vance suggère un changement de « parapluie sécuritaire » mais écarte l’option militaire

Cela semble devenir une habitude. Lorsque J. D. Vance voyage à l’étranger, il fait la leçon aux dirigeants locaux. Après les remontrances adressées aux Européens sur la liberté d’expression, lors de la conférence de Munich, en février, le vice-président américain s’est rendu au Groenland, vendredi 28 mars, territoire convoité par la Maison Blanche. Il en a profité pour attaquer le Danemark, dont dépend cette région autonome, tout en écartant sa prise unilatérale par la force.

La présence de J. D. Vance n’était pas prévue à l’origine, lors de l’annonce du déplacement de son épouse, Usha. S’agissait-il ainsi de faire diversion médiatique, après une semaine marquée à Washington par le scandale du « Signalgate » (un journaliste a été inclus par erreur dans un groupe de discussion confidentiel de hauts responsables américains consacré à des frappes contre les houthistes au Yémen) ? Le vice-président n’a guère pu s’aventurer en dehors de la base militaire américaine de Pituffik, réservée à la défense antimissile. Mais ses propos devant les soldats étaient destinés à résonner fort. Ils visaient à préciser les intentions de l’administration Trump au Groenland, alors qu’une écrasante majorité de la population locale exprime son hostilité.

Un changement de « parapluie sécuritaire »

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Turquie : des centaines de milliers de manifestants se rassemblent à Istanbul pour défendre la démocratie et l’opposant Ekrem Imamoglu

Lors d’une manifestation en soutien au maire d’opposition d’Istanbul (Turquie), Ekrem Imamoglu, le 29 mars 2025. UMIT BEKTAS / REUTERS

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont participé à une manifestation massive de l’opposition sur la rive asiatique d’Istanbul (Turquie), samedi 29 mars, pour défendre la démocratie après l’arrestation du maire de la ville, Ekrem Imamoglu, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).

Özgur Özel, chef du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), organisateur de la manifestation, a affirmé que la foule comptait 2,2 millions de personnes, mais l’AFP n’a pas été en mesure de faire confirmer ces chiffres.

Parmi les manifestants – qui scandaient « Taksim est partout, la résistance est partout ! » – l’épouse, la mère et les deux fils de M. Imamoglu étaient présents. Ils faisaient référence à la place Taksim d’Istanbul, épicentre du vaste mouvement de contestation de Gezi en 2013. Dès le début de la matinée, des ferries affrétés sur le Bosphore par le parti avaient commencé à emmener les participants munis du drapeau turc et de portraits de Mustafa Kemal Atatürk, le père de la nation, jusqu’au lieu du rassemblement.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Özgür Özel, leader de la contestation en Turquie : « Si nous ne repoussons pas cette tentative de coup d’Etat, il en sera fini des urnes »

L’arrestation de M. Imamoglu, le 19 mars, a déclenché une vague de protestations inédite en plus d’une décennie à travers la Turquie, mobilisant des dizaines de milliers de manifestants chaque soir dans les rues, jusqu’à lundi. Depuis, le parti a cessé de convoquer la foule devant la municipalité. Mais, dans un entretien au Monde, M. Özel, devenu le porte-voix de l’opposition, a annoncé la tenue de rassemblements réguliers à venir, « tous les samedis dans une ville de Turquie » et les mercredis soir à Istanbul. « Nous pensons que les arrestations vont diminuer à partir de maintenant », a-t-il également assuré.

Rappelant que les rassemblements ont été interdits par les autorités dès l’arrestation du maire, le chef du parti kémaliste se dit prêt à « prendre le risque de passer huit, dix ans en prison s’il le faut. Parce que si nous ne repoussons pas cette tentative de coup d’Etat, il en sera fini des urnes ». Le CHP, première force d’opposition, s’apprêtait à investir M. Imamoglu comme son candidat pour la prochaine élection présidentielle prévue en 2028 quand il a été arrêté.

Des dizaines de journalistes arrêtés

Rien qu’à Istanbul, 511 étudiants ont été interpellés vendredi, dont 275 incarcérés, selon l’avocat Ferhat Güzel. « Mais ce nombre est probablement beaucoup plus élevé », a-t-il déclaré à l’AFP. Selon les dernières données officielles publiées jeudi, plus de 2 000 personnes ont été arrêtées, et 260 parmi elles ont été incarcérées.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Turquie, les médias progouvernementaux invisibilisent les manifestations

Vendredi soir, le journaliste suédois Joakim Medin, interpellé jeudi à sa descente d’avion, a été placé en détention dans une prison d’Istanbul, a annoncé le rédacteur en chef de son journal, Dagens UTC. Andreas Gustavsson a déclaré à l’AFP ne pas avoir « été informé des accusations qui le visent ». Selon les médias turcs, le reporter est accusé d’avoir « insulté le président » turc, Recep Tayyip Erdogan, et d’être « membre d’une organisation terroriste armée ». « Je sais que ces accusations sont fausses, 100 % fausses », a insisté M. Gustavsson sur X.

Avant M. Medin, un reporter de la BBC, Mark Lowen, avait été expulsé « pour trouble à l’ordre public ». Au moins douze journalistes turcs ont été arrêtés dans la semaine. La plupart ont été libérés, mais restent accusés d’avoir participé à des manifestations interdites qu’ils couvraient pour leur média, dont un photographe de l’AFP, Yasin Akgül, qui a dit craindre « une volonté d’empêcher les journalistes de faire leur travail ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Turquie : à l’origine des manifestations, une jeunesse étudiante qui « n’a plus rien à perdre »

Un meeting à la valeur de test pour l’opposition turque

Vendredi, l’avocat du maire d’Istanbul, Mehmet Pehlivan, a aussi été « arrêté pour des motifs inventés de toutes pièces », selon M. Imamoglu, puis remis en liberté dans la soirée.

Le Monde Mémorable

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En ce début du long week-end de l’Aïd-el-Fitr, qui sera célébré dimanche pour marquer la fin du ramadan, le meeting du CHP aura valeur de test pour l’opposition alors que de nombreux Stambouliotes auront quitté la ville pour se rendre dans leur famille. D’autant que M. Erdogan a annoncé cette semaine l’octroi de neuf jours de congé aux fonctionnaires.

Lors d’une manifestation en soutien au maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, le 29 mars 2025. FRANCISCO SECO / AP

Selon le CHP, quinze millions de personnes, bien au-delà du parti, ont participé à la primaire symbolique maintenue le jour même pour le soutenir. « La candidature d’Ekrem Imamoglu, c’est le début d’un voyage qui garantira la justice et la souveraineté de la nation », a lancé M. Özel sur X pour motiver les troupes.

Le Monde avec AFP

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Pénurie d’œufs : la France touchée, après les Etats-Unis

A Porto Alegre, au Brésil, le 11 mars 2025. DIEGO VARA / REUTERS

La chasse aux œufs est ouverte. Une activité prenante qui ne se pratique pas qu’à Pâques. En tout cas en 2025. Lancée en début d’année aux Etats-Unis, elle ne cesse de se propager. Et la France n’est pas épargnée. Depuis quelques semaines, dans les supermarchés, le rayon des œufs est bien déplumé. Comme un remake d’un film tourné il y a cinq ans, lorsque les Français, bousculés par la crise liée au Covid-19 et les confinements, étaient pris de frénésie, dévalisaient les supermarchés et causaient ruptures et pénuries.

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« La tension s’est accentuée lorsque les images des rayons vides aux Etats-Unis et des prix records ont été reprises en France », constate Loïc Coulombel, vice-président du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), qui ajoute : « Cela crée une réaction de panique et au lieu d’acheter une boîte, le client en achète deux. » Or, ces achats compulsifs interviennent sur un marché déjà tendu.

Avec l’inflation, les Français ont tendance à privilégier l’œuf de poule à celui de saumon, voire d’esturgeon. La protéine bon marché fait un carton. Et les poules pondeuses peinent à suivre la cadence, même si leur horloge biologique déréglée les fait pondre toute l’année. « Les ventes en grande distribution, qui avaient progressé de 4 % en 2024, ont encore augmenté de 4,6 % en janvier et février. Alors que la production a été stable en 2024, à près de 15 milliards d’œufs », précise Alice Richard, directrice du CNPO. La ponte reste en retrait de 4 % par rapport à 2021, soit avant la grave crise sanitaire de grippe aviaire qui avait clairsemé les poulaillers. Le pays à l’emblème du coq n’est donc plus tout à fait autosuffisant en œufs.

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L’union de la gauche, sans Jean-Luc Mélenchon et LFI, reprend du service

Lors d’un meeting de campagne électorale pour les législatives, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 17 juin 2024. LUDOVIC MARIN / AFP

Au menu, programme commun et primaire. Autour de la table, des figures du Nouveau Front populaire, fervents partisans du rassemblement de la gauche pour l’élection présidentielle de 2027. Il y a là la cheffe de file des Ecologistes, Marine Tondelier, la présidente du groupe écolo à l’Assemblée nationale, Cyrielle Châtelain, et le maire de Grenoble, Eric Piolle. Sont aussi présents les socialistes Johanna Rolland, maire de Nantes, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), et Boris Vallaud, député des Landes ; et les anciens « insoumis » Clémentine Autain et Alexis Corbière. Selon les informations du Monde, les agapes secrètes de l’union de la gauche ont repris du service depuis l’automne 2024. Organisées par le mécène de gauche Olivier Legrain, ces rencontres avaient pris fin après leurs révélations dans L’Express, le 28 mai 2024, et avant les élections européennes de juin 2024.

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« Le raidissement de La France insoumise nous a incités à accélérer. L’urgence, c’est de créer un espace politique », confirme l’un des participants. Dîners, déjeuner ou simples cafés, ces « réunions de travail », organisées à bonne distance de l’Assemblée nationale, doivent aboutir à la désignation d’un « programme partagé », dans un « cadre commun » inspiré de ce qu’aurait dû être le Nouveau Front populaire : un rassemblement des forces politiques, syndicales et associatives de gauche, et l’émergence d’un candidat commun pour la prochaine élection présidentielle de 2027.

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François Bayrou, un premier ministre à l’arrêt

Cent jours après avoir arraché sa nomination à Matignon, François Bayrou connaît un inquiétant trou d’air. Sa cote de popularité dévisse et la faible consistance de l’agenda parlementaire contraste avec les défis auxquels est confronté le pays.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Emmanuel Macron reprend la main face à François Bayrou, mais leurs destins restent liés

Le 5 mars, lors d’une allocution solennelle à la télévision, Emmanuel Macron avait alerté à propos de la dangerosité de la situation internationale, actant l’entrée dans « une nouvelle ère » où la prospérité et la sécurité ne seraient plus aussi facilement assurées. Stupéfaits par le comportement de Donald Trump, les Français ont compris que les Etats-Unis n’étaient plus un allié fiable. Ils perçoivent la réalité de la menace russe. Ils ont désormais conscience que le poids de la dette est un problème. La responsabilité des politiques est de leur proposer des solutions.

Or rien de substantiel n’apparaît au moment où d’autres pays bougent à grande vitesse. Le contraste est particulièrement saisissant avec l’Allemagne qui, en quelques semaines, s’est mise en situation de pouvoir massivement réinvestir dans sa défense et ses infrastructures.

Perte d’autorité

Le premier ministre porte en partie la responsabilité de la dévitalisation à laquelle il est confronté. Sa défense maladroite à propos des violences commises au collège-lycée de Bétharram, près de sa ville de Pau, lui a valu de perdre en considération. Son choix de consacrer l’essentiel de son temps à faire de la pédagogie en misant sur son statut d’élu local pour tenter de réduire la coupure entre Paris et la province a fini par passer pour de la procrastination. A trop favoriser la libre expression de ses ministres pour corriger le caporalisme des précédents gouvernements, il s’est aussi exposé à la cacophonie gouvernementale et à la perte d’autorité.

Le premier ministre, François Bayrou, lors d’une visite à l’école élémentaire Claude-Monet, à Rueil-Malmaison, le 28 mars 2025. THOMAS SAMSON/AFP

Mais la situation du premier ministre ne peut être dissociée de celle des autres forces politiques. Le pays est toujours sans majorité, et la saison des congrès politiques complique singulièrement la donne : à droite, le duel entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau pour la présidence des Républicains se paie d’une surenchère sur l’immigration et la sécurité, qui déstabilise l’équipe gouvernementale. A gauche, la bataille interne au Parti socialiste avec la préparation du congrès du PS attise la tension entre partisans de la censure et ceux qui veulent l’éviter. Enjamber la période peut apparaître comme une habileté, à condition de reprendre vite la main.

François Bayrou met désormais en avant deux chantiers : l’accès aux soins et la revalorisation du métier d’enseignant, qui méritent d’être sérieusement traités. Mais il persiste aussi à vouloir relancer l’inflammable débat autour de l’identité nationale, alors que ce thème a toujours servi de carburant au Rassemblement national. C’est d’autant plus inapproprié que l’urgence n’est pas là. Face à la réalité des menaces extérieures, les Français ont besoin de savoir dans quel cadre budgétaire et selon quel compromis social le pays parvient à se repositionner pour défendre sa souveraineté.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Education : en déplaçant les concours à bac + 3, François Bayrou et Elisabeth Borne relancent la réforme de la formation

En juin, le financement des retraites devrait être de nouveau débattu au Parlement à l’issue du « conclave » qui continue de réunir certains partenaires sociaux. Puis viendra la préparation des lois de finances pour 2026, avec, à chaque fois, un risque élevé de censure. Pour que ces rendez-vous n’engendrent pas de nouvelles crises et de nouveaux retards, il faudra que François Bayrou ait clarifié sa vision pour la France et fourni une feuille de route convaincante.

Le Monde

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