En direct, guerre à Gaza : le Hamas diffuse une vidéo de deux otages israéliens en vie ; Benyamin Nétanyahou attendu à Washington lundi

Une vidéo consultée par l’Agence France-Presse contredit les déclarations israéliennes sur les secouristes tués près de Rafah

Capture d’écran de la vidéo récupérée sur le téléphone portable de l’un des secouristes tués par des tirs israéliens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 23 mars 2025. THE NEW YORK TIMES

Le 23 mars, 15 secouristes et personnels humanitaires − huit membres du Croissant-Rouge palestinien, six membres de l’agence de défense civile de Gaza et un membre de l’ONU − ont été tués par des tirs israéliens à Rafah, dans le sud de Gaza, selon le Croissant-Rouge palestinien.

Leurs corps ont été retrouvés le 30 mars, enterrés près de Rafah, dans ce que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a qualifié de « fosse commune ». Lors d’une conférence de presse vendredi à l’ONU, à New York, le vice-président du Croissant-Rouge palestinien, Marwan Jilani, a affirmé qu’une vidéo avait été filmée avec un téléphone portable par l’un des secouristes tués, retrouvé avec son corps.

Ce document, dont l’Agence France-Presse a obtenu une copie, montre les gyrophares allumés et les signes distinctifs clairement reconnaissables des ambulances au moment même où les tirs sont déclenchés – le son des balles est audible pendant la séquence d’une quarantaine de secondes, diffusée par le New York Times.

« Cette vidéo réfute catégoriquement les affirmations de l’occupant selon lesquelles les forces israéliennes n’auraient pas ciblé les ambulances au hasard et que certains véhicules se seraient approchés de manière suspecte, sans gyrophares ni signes d’identification », a dit le Croissant-Rouge palestinien dans un communiqué samedi, ajoutant : « Ces images exposent la vérité et détruisent ce faux récit. »

De son côté, le Hamas a dénoncé dans un communiqué « une tentative délibérée de dissimuler le crime en enterrant les victimes dans des fosses communes et en cachant la vérité ».

Les images ne correspondent pas avec les éléments communiqués par l’armée israélienne, qui a déclaré que des soldats avaient ouvert le feu sur des « véhicules suspects » tous feux éteints. Israël n’a pas « attaqué [la moindre] ambulance au hasard », avait ajouté, plus tôt cette semaine, l’un des porte-parole des forces armées, Nadav Shoshani, qui affirmait également qu’une enquête était en cours.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, le convoi avait été dépêché en réponse à des appels d’aide de civils pris au piège des bombardements à Rafah. La vidéo, apparemment filmée depuis l’intérieur d’un véhicule en mouvement, montre un camion de pompiers rouge et des ambulances circulant dans l’obscurité.

Les véhicules s’arrêtent ensuite à côté d’un autre véhicule sur le bord de la route, et deux hommes, l’un portant un uniforme d’ambulancier et l’autre un gilet de secouriste, en sortent. Quelques secondes plus tard, des tirs nourris éclatent et l’écran devient noir. On entend ensuite l’ambulancier en train de filmer réciter la chahada, la déclaration de foi traditionnellement prononcée par les musulmans avant la mort : « Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son messager », répète-t-il sans arrêt, la voix tremblante de peur.

Les tirs nourris continuent et on l’entend dire : « Pardonnez-nous les gars, pardonne-moi maman, car j’ai choisi cette voie, celle d’aider les gens. » Il ajoute ensuite et à plusieurs reprises : « Dieu, acceptez mon martyre et pardonnez-moi. » Et, juste avant la fin de la vidéo et alors que les tirs continuent, il dit : « Les juifs arrivent, les juifs arrivent », en référence aux soldats israéliens.

Plus de 1 200 Palestiniens ont été tués depuis la reprise des bombardements israéliens sur Gaza, le 18 mars. L’Etat hébreu prive l’enclave de toute aide depuis plus d’un mois. Les vivres viennent à manquer et le système de santé a de nouveau été pris pour cible.

Dans la bande de Gaza, les humanitaires impuissants face à la guerre « sans limite » d’Israël

Par Ghazal Golshiri, Clothilde Mraffko

Mahmoud Issa / REUTERS

Chaque jour, Basel Alaila marche des kilomètres dans les rues défoncées de Gaza pour récupérer un ou deux gallons d’eau. De l’eau salée, tout juste potable. Pendant quelques semaines, au début de l’année, le Palestinien de 36 ans, père de deux garçons et d’une fillette née pendant la guerre, a cru qu’il reprenait un peu le contrôle sur sa vie. La trêve entre Israël et le Hamas, entrée en vigueur le 19 janvier, a permis à l’aide humanitaire d’entrer en masse. Fruits, légumes, volailles ont réapparu sur les étals des marchés et les prix ont chuté. Mais, depuis le 2 mars, Israël a tout stoppé. Seules sont encore autorisées des évacuations médicales.

Donald Trump publie une vidéo d’un bombardement sur des houthistes

Le président américain, Donald Trump, a publié, vendredi sur son réseau Truth Social, une vidéo censée montrer des dizaines de combattants houthistes tués lors d’une frappe américaine au Yémen.

Les images, en noir en blanc et prises depuis une vue aérienne – comme si elles avaient été filmées par un drone militaire – montrent plusieurs dizaines de personnes rassemblées en rond, en ligne de mire d’abord, puis bombardées. S’ensuivent une épaisse fumée, puis des plans sur le site bombardé, où il ne reste rien, si ce n’est quelques voitures.

« Ces houthistes se sont regroupés pour recevoir des instructions sur une attaque », a écrit Donald Trump sous la vidéo. « Oups, il n’y aura pas d’attaques faites par ces houthistes. Ils ne couleront plus jamais nos navires ! », a-t-il ajouté.

Mardi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, s’était réjouie de plus de « 200 frappes réussies » contre les houthistes, dans un contexte de tensions accrues entre les Etats-Unis et ces rebelles yéménites.

Les houthistes visent la navigation commerciale en mer Rouge depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, perturbant l’accès au canal de Suez, par lequel passe 12 % du trafic maritime mondial. Ils affirment s’en prendre à des navires liés à Israël, en solidarité avec les Palestiniens.

Un général israélien condamne le comportement « inacceptable » de soldats et de colons en Cisjordanie

Un haut responsable de l’armée israélienne condamne le comportement violent de colons et des « incidents inacceptables » impliquant des soldats, survenus cette semaineen Cisjordanie, dans une vidéo diffusée vendredi.

L’armée a déclaré dans un communiqué que le général de division Avi Bluth avait évoqué une « série d’incidents inhabituels » dans sa zone de responsabilité, lors d’une visite auprès de policiers israéliens en Cisjordanie occupée. Commandant de la région militaire centrale dont dépend ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, le général Bluth s’est rendu près de l’avant-poste de la colonie de Givat Habaladim.

La police israélienne avait annoncé y avoir arrêté mercredi 17 personnes pour « émeute violente ». Venus après des plaintes pour bruit, les policiers ont été accueillis par des jets de pierre et une de leur voiture a été incendiée. Selon le général Bluth, il s’agit « d’incidents exceptionnels qui doivent être traités avec la sévérité nécessaire » et les personnes impliquées ont franchi « une ligne rouge ».

Les organisations humanitaires internationales accusent souvent l’armée israélienne de protéger les colons en Cisjordanie, l’ONU dénonçant pour sa part un climat « d’impunité » en faveur des colons violents. L’officier s’exprime également sur des faits survenus dans le camp de réfugiés palestiniens de Dheisheh, près de Bethléem, où l’armée israélienne a mené plusieurs raids ces dernières semaines.

« La conduite à Dheisheh de nos réservistes n’est pas ce que nous défendons », déplore-t-il, évoquant une opération menée mercredi. « Le vandalisme et les graffitis lors d’une mission opérationnelle sont, de notre point de vue, des incidents inacceptables. » Des images partagées sur les réseaux sociaux ont montré des appartements vandalisés, aux murs tagués de slogans nationalistes israéliens.

Le point sur la situation, vendredi 4 avril à 21 heures

  • L’armée israélienne a annoncé vendredi avoir commencé une offensive au sol dans la région de Chadjaya, dans le nord de la bande Gaza, « afin d’étendre la zone de sécurité ». Jeudi, le porte-parole arabophone de l’armée, Avichay Adraee, avait lancé plusieurs appels à l’évacuation des populations de ces zones.
  • Ces opérations militaires israéliennes ont fait « 30 martyrs dans la bande de Gaza depuis l’aube (…), et ce n’est pas un bilan définitif », a fait savoir la défense civile de l’enclave. Une source médicale à l’hôpital Nasser de Khan Younès a fait état pour sa part de 25 morts dans une frappe sur une habitation de cette ville du sud de la bande de Gaza.
  • Hassan Ahmad Farhat, un cadre du mouvement islamiste palestinien Hamas, son fils et sa fille ont été tués dans un bombardement israélien, vendredi à l’aube, à Saïda, la grande ville du sud du Liban, ont annoncé les Brigades Ezzedine Al-Qassam, branche armée du Hamas, confirmant une annonce de l’armée israélienne.
  • Le premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé « une agression flagrante contre la souveraineté libanaise » et une « claire violation » de l’accord de cessez-le-feu, et a appelé à « exercer une pression maximale sur Israël pour le contraindre à cesser ses agressions continues ».
  • Alors que le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a affirmé hier sa volonté de « normaliser les relations avec le Liban »,et fait état de négociations en ce sens, le ministre des affaires étrangères libanais, Joe Raggi, a déclaré, vendredi, qu’une telle normalisation était « hors de question » pour le Liban.

Le Hamas avertit que l’offensive israélienne est « extrêmement dangereuse » pour les otages

Le Hamas a averti, vendredi, Israël que son offensive militaire dans la bande de Gaza créait une situation « extrêmement dangereuse » pour les otages.

« La moitié des prisonniers ennemis vivants se trouve dans des zones que l’armée d’occupation a demandé d’évacuer ces derniers jours »,affirme un communiqué au nom d’Abou Obeida, porte-parole des Brigades Ezzedine Al-Qassam, branche militaire du mouvement islamiste palestinien. Cette demande d’évacuation laisse augurer de possibles frappes israéliennes sur ces secteurs.

« Si l’ennemi se soucie de la vie de ces prisonniers, il doit négocier immédiatement leur évacuation ou leur libération », poursuit le communiqué, renvoyant « l’entière responsabilité de la vie des prisonniers » sur le gouvernement du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

En Algérie, un millier de personnes rassemblées pour les Palestiniens dans une rare manifestation

Entre 800 et 1 000 personnes, selon un correspondant de l’Agence France-Presse, se sont rassemblées vendredi à Alger lors d’une rare manifestation autorisée, organisée en faveur des Palestiniens. Elles se sont réunies devant le siège du parti islamiste Mouvement de la société pour la paix (MSP), dans le quartier d’El Mouradia, non loin du palais présidentiel, selon ce journaliste.

« Colère, colère, nous allons à l’ambassade », scandaient les manifestants, déterminés à se rendre à la représentation diplomatique américaine, à 2 kilomètres de là. La police les en a empêchés.

Ils protestaient notamment contre la mort d’au moins 30 Palestiniens vendredi lors d’une nouvelle offensive de l’armée israélienne dans la ville de Gaza. Ces opérations interviennent après que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a promis d’accentuer la pression militaire sur le Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus par le mouvement islamiste palestinien à Gaza.

Un onzième membre du personnel de Médecins sans frontières tué dans une frappe israélienne

Un onzième membre du personnel de Médecins sans frontières (MSF) a été tué mardi dans une frappe aérienne israélienne au sud-ouest de Deir Al-Balah (centre de la bande de Gaza), a annoncé vendredi cette organisation humanitaire dans un communiqué.

Hussam Al-Loulou, âgé de 58 ans, était gardien à l’unité de soins d’urgence de MSF à Khan Younès (sud). Sa femme et sa fille de 28 ans ont également été tuées, a précisé l’ONG. MSF dénonce « avec force ce meurtre, le deuxième d’un de ses employés en seulement deux semaines ». « Nous appelons une nouvelle fois au rétablissement immédiat du cessez-le-feu et à la protection des civils (…). Ce bain de sang doit prendre fin », a ajouté MSF.

Plus de 330 travailleurs humanitaires, la plupart d’entre eux appartenant à l’UNRWA, l’agence des Nations unies d’aide aux réfugiés palestiniens, ont été tués dans la bande de Gaza depuis octobre 2023, selon les chiffres de l’ONU datant de novembre 2024.

L’armée israélienne affirme avoir tué le journaliste palestinien Mohammed Salah Al-Bardawil

L’armée israélienne a confirmé, vendredi, avoir tué Mohammed Salah Al-Bardawil, un journaliste palestinien de la radio Al-Aqsa, affiliée au Hamas, dont le ministère de la santé palestinien avait annoncé la mort, ainsi que celle de sa femme et de ses trois enfants, mardi 1er avril, dans une frappe sur leur maison dans le sud de la bande de Gaza.

Selon l’Associated Press, ce journaliste est le neveu de Salah Al-Bardawil, un membre du bureau politique du Hamas tué avec son épouse dans une frappe israélienne le 22 mars. Sa mort porte à 209 le nombre de journalistes tués dans l’enclave palestinienne depuis octobre 2023, selon le bureau des médias de la bande de Gaza.

Dans son communiqué, l’armée israélienne accuse le journaliste d’avoir « utilisé les médias pour imposer une terreur psychologique et promouvoir les narratifs meurtriers du Hamas »,à des fins de « propagande ».

Une manifestation en soutien à Gaza en Jordanie

Un rassemblement après la prière en soutien aux Palestiniens de Gaza, à Amman, en Jordanie, le 4 avril 2025. JEHAD SHELBAK / REUTERS A Amman, en Jordanie, le 4 avril 2025. JEHAD SHELBAK / REUTERS A Amman, en Jordanie, le 4 avril 2025. JEHAD SHELBAK / REUTERS

Le ministère des affaires étrangères jordanien a exprimé vendredi, dans un message sur X, son « rejet absolu, et condamnation ferme de l’expansion de l’agression israélienne dans la bande de Gaza, et le ciblage systématique de civils et des centres pour les déplacés [par Israël]», dénonçant une « violation claire du droit international ».

Le Liban affirme qu’une normalisation des relations avec Israël est « hors de question » et demande un « retrait définitif et inconditionnel » des forces israéliennes

Alors que le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a affirmé hier sa volonté de « normaliser les relations avec le Liban »,et fait état de négociations en ce sens, le ministre des affaires étrangères libanais, Joe Raggi, a déclaré, vendredi, qu’une telle normalisation était « hors de question » pour le Liban.

« Je ne sais pas ce que pensent les Israéliens, mais je sais ce que nous voulons. Nous voulons un retrait israélien définitif et inconditionnel et un retour au traité d’armistice de 1949. La normalisation est hors de question et les pourparlers politiques directs sont aussi hors de question et rejetés », a souligné M. Raggi dans un entretien à la publication de la sûreté générale, cité par L’Orient-Le Jour.

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La bulle d’élégance de Soshi Otsuki

Soshi Otsuki, chez lui, à Tokyo, en 2022. YUTA KAWANISHI

« J’aimerais changer la perception que le monde peut avoir du costume. » Dans une mode masculine qui valorise parfois le fonctionnel au détriment de la recherche formelle, Soshi Otsuki, 35 ans, avance avec de hautes ambitions. Admirateur de Hedi Slimane, qui, chez Dior Homme entre 2000 et 2007, a transformé la silhouette des hommes du monde entier en imposant une approche toute en vestes étriquées et jambes longilignes, le Japonais rêve lui aussi de parvenir un jour à influencer la mode. « J’ai tout mon temps », prévient-il.

Déjà, lors de ses études à Tokyo, au Bunka Fashion College puis au sein de l’école privée Coconogacco, il affichait, sous des dehors réservés, une vraie persévérance, déterminé à être le meilleur élève. Depuis le lancement, il y a dix ans, d’un label à son nom, il propose une mode masculine bâtie autour de l’art du tailleur qu’il ponctue de « dandysmes » : fine cravate, poignets mousquetaires – à revers rigides fermés par des boutons de manchette –, boutonnage croisé…

« Je prends soin de parsemer mon travail d’éléments raffinés mais suffisamment accessibles, afin de permettre aux garçons qui aiment les vêtements de rester discrètement chic, s’amuse-t-il. Les hommes commencent doucement à s’autoriser plus d’extravagance, mais ce que les gens continuent de plébisciter reste encore aujourd’hui un vestiaire à la Steve Jobs. » Lui vante une élégance années 1980, fluide et taillée large, façon Armani, à l’image de sa collection printemps-été 2025, inspirée par les employés de la « bubble era » japonaise, de 1986 à 1991.

Une silhouette de sa collection printemps-été 2025. LOCAL ARTIST

« Une parenthèse où le pays se développait à toute vitesse [avant que cette bulle spéculative immobilière et boursière n’explose] et où il était de bon ton de porter du made in Italy. Une période que je n’ai pas connue mais que j’ai beaucoup enviée. » Mi-février, il a été désigné comme faisant partie des demi-finalistes pour le prix LVMH 2025 de la jeune création. Grandes ambitions et ténacité commencent à payer.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Hedi Slimane : « Il n’y a rien de plus difficile que la simplicité »

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Valentin Pérez

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En direct, droits de douane : Keir Starmer et Emmanuel Macron partagent l’idée que la guerre commerciale n’est « dans l’intérêt de personne »

« Pain » : douleur. Le mot revient dans la bouche de nombreux élus républicains au Congrès, confrontés aux questions pressantes sur les taxes douanières massives et généralisées, que Donald Trump a annoncés mercredi 2 avril. En majorité, ces élus reprennent l’étrange métaphore médicale adoptée par le président, par conviction ou par peur de rétorsion. Dans l’avion le conduisant dès jeudi en Floride, pour participer à une partie de golf pendant que Wall Street plongeait, Donald Trump a comparé l’économie américaine à « un patient malade », qui nécessitait une « opération », aujourd’hui « terminée », avec l’annonce des barrières douanières. Or cette économie, héritée de Joe Biden, présentait certes des vulnérabilités – comme une dette terrible – mais ses bases étaient saines, la croissance solide et l’inflation jugulée. L’urgence d’une telle « opération » paraît donc très discutable, et ses effets négatifs ne font que débuter.

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« JFK Files », WikiLeaks, « Signalgate » : le trumpisme, un culte de la transparence à géométrie variable

La directrice du renseignement national américain, Tulsi Gabbard (au centre), entourée par le directeur du FBI, Kash Patel (à gauche), et par celui de la CIA, John Ratcliffe, lors d’une audition au Capitole portant sur « les menaces mondiales », à Washington, le 25 mars 2025. J. SCOTT APPLEWHITE/AP

Bienvenue dans la « nouvelle ère de la transparence maximale ». C’est en ces termes que la nouvelle directrice du renseignement national américain, Tulsi Gabbard, annonçait, mercredi 19 mars, la publication d’environ 80 000 pages de documents d’Etat liés à l’assassinat de John F. Kennedy, le 22 novembre 1963, à Dallas (Texas), divulgués à la demande de Donald Trump. Une semaine plus tard, la même administration s’insurgeait contre la publication de conversations ultra-confidentielles sur les plans militaires des Etats-Unis au Yémen, révélant toutes les contradictions du discours trumpiste.

Officiellement, Donald Trump est partisan d’une transparence totale. Certes, il n’est pas à l’origine des « JFK Files » : leur publication a été ordonnée par une loi sénatoriale de 1992, en réponse à la théorie du complot exposée dans le film d’Oliver Stone JFK (1991), et une grande partie d’entre eux avaient déjà été rendus publics. Mais M. Trump a émis l’hypothèse que l’assassin présumé de JFK, Lee Harvey Oswald, ait pu être « aidé » – vieille antienne des sphères conspirationnistes, convaincues de l’implication des services secrets –, et a exigé que les derniers télex caviardés apparaissent enfin de manière claire.

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Séisme en Birmanie : le bilan dépasse 2 700 morts et les experts anticipent des milliers de victimes supplémentaires

Des secouristes observent une minute de silence à la mémoire des victimes du tremblement de terre du 28 mars à Mandalay, le 1ᵉʳ avril 2025. SAI AUNG MAIN / AFP

Le bilan du séisme ne cesse de s’alourdir. La Birmanie a respecté, mardi 1er avril, une minute de silence pour les victimes du séisme qui a tué 2 719 personnes, selon des chiffres établis par le chef de la junte. Les sirènes ont retenti à 12 heures 51 minutes et 02 secondes (8 h 21 à Paris), à l’heure précise où la secousse d’amplitude 7,7 s’est produite vendredi, afin de marquer le début du recueillement, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).

La chaîne de télévision nationale a interrompu ses programmes, pour diffuser des images du drapeau en berne en différents endroits, sur un fond de musique sobre. La période de deuil national s’étend jusqu’au 6 avril, a annoncé lundi la junte. Devant ce qu’il reste d’un complexe d’appartements de Mandalay, l’un des sites les plus sinistrés de la ville, des secouristes se sont alignés, les mains derrière le dos, en mémoire des victimes.

Les experts anticipent des milliers de morts supplémentaires, car la faille de Sagaing, à l’origine du séisme, traverse des régions parmi les plus peuplées du pays, avec des villes comme Naypyidaw, la capitale, et Mandalay, la deuxième du pays. La guerre civile, qui a mis à genoux les infrastructures vitales, et fracturé le pays où sont actifs des dizaines de groupes armés de minorités ethniques et d’opposants politiques, complique aussi la collecte d’informations.

Lors des recherches de personnes piégées sous les décombres de l’immeuble Sky Villa Condominium qui s’est effondré à Mandalay, le 1ᵉʳ avril 2025. SÉBASTIEN BERGER / AFP

Plus de mille secouristes étrangers sont arrivés en Birmanie dans le cadre de la mobilisation internationale pour épauler les services locaux, sous-équipés face à une telle crise. Les opérations de sauvetage ont permis d’extraire vivants des décombres environ 650 personnes, selon un média de la junte.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Séisme en Birmanie : la population vit dans la crainte de répliques tandis que les secours sont dépassés

Une sexagénaire secourue après 91 heures

Le ministère des affaires étrangères français a annoncé lundi le décès de deux de ses ressortissants, et trois Chinois ont aussi été tués dans le séisme, a rapporté l’agence de presse Chine nouvelle. Quelque 500 musulmans ont également trouvé la mort dans des mosquées en pleine prière du vendredi, a rapporté le Global New Light of Myanmar, le journal affilié aux généraux.

Proche de l’épicentre, la ville de Mandalay, qui compte plus de 1,7 million d’habitants, a subi les pires destructions, de nombreux immeubles résidentiels étant réduits à l’état de ruines. Une sexagénaire a miraculeusement été secourue mardi à Naypyidaw après avoir été piégée pendant quatre-vingt-onze heures dans les décombres, ont déclaré les services de lutte contre les incendies.

A la périphérie de Mandalay, un crématorium a reçu des centaines de corps, et beaucoup d’autres sont attendus à mesure que les victimes sont extraites des décombres.

Le conflit civil, qui dure depuis le coup d’Etat du 1er février 2021 contre le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi, a décimé le système de santé. La situation était déjà alarmante avant le séisme, les combats ayant déplacé plus de 3,5 millions de personnes vulnérables, d’après les Nations unies.

Appel à cesser les hostilités

La junte a assuré qu’elle faisait de son mieux, mais ces derniers jours, des informations ont fait état de nouvelles frappes aériennes contre ses adversaires. Mardi, une alliance de trois groupes armés ethniques en rébellion contre la junte a à son tour annoncé son intention de respecter un cessez-le-feu unilatéral d’un mois, pour raisons humanitaires.

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L’envoyée spéciale des Nations unies pour la Birmanie, Julie Bishop, a appelé lundi toutes les parties à cesser les hostilités et à donner la priorité aux opérations d’aide aux civils.

Le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, a lancé vendredi un appel au secours à la communauté internationale, une démarche rarissime pour un haut gradé birman, qui illustre l’ampleur de la catastrophe.

L’Organisation mondiale de la santé a classé dimanche le séisme au plus haut degré de ses urgences, pendant que la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) lançait un appel pour récolter plus de 100 millions de dollars. La Chine, la Russie et l’Inde ont envoyé des équipes, alors que les Etats-Unis ont annoncé lundi le déploiement d’« experts humanitaires ».

A près de mille kilomètres de l’épicentre, à Bangkok, des secours continuent de chercher des survivants dans les décombres de la tour en construction de trente étages qui s’est effondrée. Quelque vingt personnes ont trouvé la mort dans la capitale thaïlandaise, selon un bilan datant de mardi, mais des dizaines d’autres sont toujours portées disparues.

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Le Monde avec AFP

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L’Eglise de France face à la tentation de tourner la page des violences sexuelles

Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, à Lourdes, le 1ᵉʳ avril 2025. MATTHIEU RONDEL/AFP

Ce sont autant de jalons plantés sur le chemin des 120 évêques réunis toute la semaine à Lourdes (Hautes-Pyrénées) pour l’assemblée plénière de la Conférence des évêques (CEF) de France. Ici, à l’entrée de la basilique du Rosaire, ce sont les mosaïques du prêtre slovène Marko Rupnik, accusé d’agressions sexuelles, que l’on a partiellement recouvertes. Là, à la Cité Saint-Pierre, un spectacle, L’Enfant du silence, monté par l’artiste Olivier Savignac, fondateur de l’association Parler et revivre, sur le thème des violences pédocriminelles et des traumatismes que celles-ci causent. Ce sont aussi, lors des différentes tables rondes et discussions organisées sur le sujet, ces victimes d’abus, présentes en nombre et appelées à s’exprimer sans tabou, au côté, et parfois même en surplomb des religieux.

Ces signaux ressemblent fort à un avertissement lancé par le président sortant de la CEF, Eric de Moulins-Beaufort, à ses confrères – et plus encore à son successeur, qui doit être élu mercredi 2 avril. Durant ses six années à la tête de l’institution, l’archevêque de Reims a accompagné et encouragé la prise de conscience de l’Eglise de France, et l’a poussée à accepter, en 2021, les conclusions du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase). Une révolution, voire une « conversion » pour certains évêques rebutés par la mention, dans le rapport rendu par le haut fonctionnaire Jean-Marc Sauvé, du caractère « systémique » des violences et par le chiffre avancé de 330 000 victimes.

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Résultats des lycées 2025 : comment lire les indicateurs de réussite

Dans les lycées, un même taux de réussite au baccalauréat peut masquer des profils d’établissement très différents. C’est ce qui ressort de l’analyse des indices de valeur ajoutée des lycées, publiés mercredi 2 avril par le ministère de l’éducation nationale, qui s’appuient sur divers indicateurs destinés à évaluer « l’apport » des établissements dans les résultats de leurs élèves, car tous ne sont pas confrontés aux mêmes enjeux selon les caractéristiques sociales et scolaires des élèves qu’ils accueillent.

En plus des taux de réussite et des taux de mentions à l’examen en 2024, la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) analyse le « taux d’accès », c’est-à-dire la part des élèves entrés en 2de que les lycées accompagnent jusqu’à l’obtention du baccalauréat. Un indicateur qui « apparaît beaucoup plus pertinent que le taux de réussite (…) pour apprécier l’efficacité globale d’un lycée », relève le service statistique du ministère.

Pour chaque établissement, la DEPP établit une « valeur ajoutée » en calculant la différence entre les taux constatés et ceux « attendus » au regard du profil des élèves de chaque lycée. « Les taux bruts dépendent fortement de facteurs externes à l’action des établissements : les caractéristiques individuelles des élèves accueillis, la composition globale en termes de profils sociaux et scolaires des élèves de l’établissement, ou encore le contexte économique du territoire pour les lycéens professionnels », expose Magda Tomasini, à la tête de la DEPP.

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L’approche en « valeur ajoutée » est ainsi « indispensable pour différencier ce qui est dû à l’action de l’établissement de ce qui est dû aux caractéristiques et aux compétences qui ont été déjà développées par les élèves avant qu’ils y entrent ».

Profils divergents entre public et privé

De l’analyse combinée de l’ensemble de ces indicateurs, le ministère de l’éducation nationale dégage cinq catégories de lycées, représentées dans le graphique ci-dessous.

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Le PSG, bousculé par Dunkerque, se fraie un chemin vers la finale de la Coupe de France

L’attaquant du PSG Désiré Doué (maillot blanc) à la lutte dans la surface de réparation de Dunkerque, en demi-finale de la Coupe de France, le 1ᵉʳ avril 2025, au stade Pierre-Mauroy, à Villeneuve-d’Ascq (Nord). SAMEER AL-DOUMY / AFP

Tel un félin, le Paris Saint-Germain (PSG) parvient toujours cette saison – pour l’instant – à retomber sur ses pattes. Cette agilité a permis au club de la capitale d’éviter une chute douloureuse, mardi 1er avril, en demi-finales de la Coupe de France face à Dunkerque. Menés en terre nordiste (0-2), les Parisiens ont trouvé les ressources pour finalement s’imposer (4-2) et se qualifier pour une nouvelle finale où ils tenteront de conserver leur trophée, au Stade de France.

Etre quasi-champion de France et être toujours en lice en Ligue des champions après avoir éliminé Liverpool, mais être chassé de la Coupe par une équipe de Ligue 2 aurait fait tache dans la saison parisienne, à une semaine du quart de finale aller de C1 contre Aston Villa.

« Nous ne sommes pas invincibles, imbattables, des héros de film. Nous continuerons d’encaisser des buts, a tempéré l’entraîneur parisien, Luis Enrique, après la rencontre. La perfection n’existe pas, nous ne sommes pas parfaits. »

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Le match fut, en tout cas, une formidable promotion pour une compétition qui accouche régulièrement de surprises. Dans ce stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq (Nord), où Dunkerque avait déjà éliminé Lille aux tirs au but lors des huitièmes de finale, la stupeur et la joie se sont ainsi vite emparées du public.

Dembélé toujours décisif

Dès la 7e minute, les Nordistes, séduisants cinquièmes de Ligue 2, ont exploité le talon d’Achille de Paris, à savoir la défense sur coup de pied arrêté. Vincent Sasso a repris au second poteau un ballon qui a échappé à toute l’arrière-garde parisienne (0-1). Un frisson a parcouru les tribunes à chaque autre coup franc concédé par Paris. Dunkerque a fini par creuser l’écart sur un autre coup de pied arrêté, a priori moins menaçant : un long dégagement au pied du jeune gardien nordiste Ewen Jaouen (19 ans), un duel perdu de la tête de Marquinhos avec Gaëtan Courtet et Muhannad Al-Saad s’est retrouvé avec le ballon dans la surface, profitant d’une erreur énorme de Nuno Mendes au marquage (0-2, 27e).

Lors d’une bonne partie du match, Dunkerque a brillé par la justesse de ses choix et par sa discipline, au contraire de Parisiens d’abord empruntés. Comme l’a aussi montré la grosse bévue de Lucas Beraldo faisant la passe à un Dunkerquois dans les six mètres, sans conséquence cette fois, la défense des visiteurs a clairement été orpheline de Willian Pacho, ménagé et placé sur le banc.

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Et l’attaque s’est longtemps montrée stérile, comme impuissante face au bloc bas dunkerquois. Mais Paris a réussi à faire mal juste avant la pause. Lors d’une attaque placée, Vitinha a trouvé Achraf Hakimi par une passe lobée ; le Marocain a remis directement dans la surface de réparation sur Ousmane Dembélé, qui a confirmé son statut d’homme fort de l’équipe en enchaînant un contrôle et une frappe puissante dans la lucarne (1-2, 45e).

Preuve que le club parisien a mûri mentalement depuis le début de saison, il a ensuite égalisé juste après la reprise, grâce à un joli centre brossé de Dembélé trouvant Marquinhos au second poteau. Le Brésilien, jusque-là médiocre pour son match de reprise après la trêve, se rattrapait bien en donnant intelligemment un rebond à sa tête pour tromper Ewen Jaouen (2-2, 48e).

Cannes ou Reims en finale

Après le but décisif de Désiré Doué après l’heure de jeu (3-2, 62e), Paris a eu quelques minces occasions, mais s’est surtout attelé à contrôler le match, grâce à Vitinha et l’entrée de Fabian Ruiz à la place de Warren Zaïre-Emery.

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Une qualification sur la plus petite des marges, après quelques sueurs froides, aurait été le plus bel hommage au superbe parcours des Dunkerquois. Mais Paris cette saison est sans pitié, et, dans les arrêts de jeu, Ousmane Dembélé a profité d’une errance de la défense au milieu de terrain pour crucifier Jaouen (4-2).

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« L’équipe a démontré de la maturité et une capacité à retourner des situations », s’est réjoui Luis Enrique, qui suivra, mercredi, l’autre demi-finale entre Cannes (National 2) et Reims (Ligue 1), pour connaître son adversaire, le 24 mai à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Le Monde avec AFP

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Définition pénale du viol : les députés intègrent la notion de non-consentement de la victime dans la loi

Lors d’une manifestation à l’appel de plusieurs associations féministes, près de l’Assemblée nationale, à Paris, le 1ᵉʳ avril 2025. KIRAN RIDLEY / AFP

Les députés ont accepté, mardi 1er avril, de modifier la définition pénale du viol en adoptant en première lecture une proposition de loi intégrant le non-consentement de la victime. Le texte, transpartisan et soutenu par le gouvernement, a été adopté par 161 voix pour et 56 voix contre. Les députés du Rassemblement national (RN), du groupe ciottiste UDR, et certains députés socialistes s’y sont opposés.

« Je crois que ce soir, collectivement, nous avons acté que nous passions de la culture du viol à la culture du consentement, s’est félicitée la co-rapporteure écologiste, Marie-Charlotte Garin (Rhône). C’est une première pierre que nous lançons dans le mur de l’impunité. »

La mesure ne fait toutefois pas consensus. Certains opposants craignent qu’inclure le non-consentement à la définition pénale du viol conduise à centrer l’enquête sur l’attitude de la victime. Ses défenseurs pour leur part le contestent, arguant que cette modification permettrait d’inclure des situations mal couvertes aujourd’hui, comme l’état de sidération, les moments d’emprise et de coercition, ou l’exploitation d’une vulnérabilité des victimes. Tout en envoyant un signal fort, quelques mois après le procès des viols de Mazan.

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« Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’agresseur croit, c’est ce que la victime veut », a martelé la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé. « Le consentement est partout dans la procédure judiciaire, mais il est absent de la loi française », qui en l’état actuel, « ne permet pas suffisamment de sanctionner les agresseurs », a argumenté la députée macroniste du Rhône, Véronique Riotton, également co-rapporteure du texte.

Un « élément clé »

La proposition de loi, issue d’une mission d’information parlementaire de plusieurs mois, devra maintenant être étudiée au Sénat. Elle redéfinit l’article du code pénal portant sur l’ensemble des agressions sexuelles, dont le viol.

Ce dernier, selon le texte actuel, est défini par « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise ». La proposition entend redéfinir ces agressions comme « tout acte sexuel non consenti », et précise ce qu’est ou n’est pas le consentement, afin d’aiguiller les enquêteurs et les juges.

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« Le consentement est libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable. Il est apprécié au regard des circonstances environnantes », propose d’établir le texte. « Il ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime », ajoute-t-il. Enfin, il précise qu’« il n’y a pas de consentement si l’acte à caractère sexuel est commis avec violence, contrainte, menace ou surprise », quatre modalités déjà présentes dans le code pénal.

Toutes les formulations ont été validées par le Conseil d’Etat, dont les suggestions ont été entièrement reprises par les co-rapporteures. Dans son avis début mars, il a estimé que « le principal apport de la proposition de loi » serait de « consolider (…) les avancées de la jurisprudence », qui considère déjà le défaut de consentement « comme un élément clé ». Mais qui ne s’applique pas partout de manière égale, pointe Marie-Charlotte Garin.

Le consentement dans la loi en Espagne, en Suède ou au Danemark

L’extrême droite s’est opposée à l’initiative. « La définition actuelle du viol est déjà suffisamment précise », a déclaré Sophie Blanc (RN, Pyrénées-Orientales). Le droit pénal « n’a pas vocation à s’aligner sur l’opinion ou la douleur, aussi légitimes soient-elles », a renchéri Sophie Vaginay-Ricourt (UDR, Alpes-de-Haute-Provence).

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Le groupe socialiste, divisé, avait lui opté pour une liberté de vote. Si vingt et un députés socialistes ont voté pour, neuf s’y sont opposés, dont Céline Thiébault-Martinez (Seine-et-Marne), selon laquelle « personne ne peut dire que cette proposition de loi aura l’effet attendu, à savoir une meilleure reconnaissance des victimes ». Elle redoute que l’initiative ne « pénalise encore plus les victimes », qui se trouveront interrogées « d’abord et avant tout sur leur consentement ».

Un argument balayé par Mme Garin, pour qui l’introduction du consentement dans la loi « n’a jamais » mis la victime « au cœur des audiences », dans les pays qui l’ont fait, citant l’Espagne, la Suède ou le Danemark.

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« Demain, ce sera l’auteur qui devra démontrer par des actes positifs qu’il s’est assuré du consentement, et l’enquête devra porter sur ce qu’il a compris, ce qu’il a perçu, ce qu’il a fait pour s’assurer de l’accord de l’autre », a abondé le ministre de la justice, Gérald Darmanin. Sans toutefois que le texte n’impose « d’obligation de preuve positive, comme on signerait un contrat », a-t-il ajouté.

Près de l’Assemblée nationale, quelques dizaines de femmes se sont rassemblées dans l’après-midi à l’appel de mouvements féministes. Il est « important de montrer qu’une partie des féministes est avec les parlementaires », a estimé Sarah Durocher, présidente du Planning familial, pour qui le texte reflète « un changement de mentalité ».

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Le Monde avec AFP

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Rachida Dati impliquée dans une altercation verbale qui a provoqué la suspension de l’examen de la réforme de l’audiovisuel public

La ministre de la culture, Rachida Dati, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 18 mars 2025. SARAH MEYSSONNIER / REUTERS

Un « grave » incident pour des députés de gauche, un simple « échange vif », selon l’entourage de Rachida Dati. L’examen, en commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, du projet de rapprochement des entreprises de l’audiovisuel public a dû être suspendu, mardi 1er avril au soir, après un accrochage impliquant la ministre de la culture et une fonctionnaire.

D’après Le Figaro, le ton est monté lorsque Mme Dati a souhaité déposer un amendement jugé irrecevable par l’administratrice de l’Assemblée nationale, qui lui en a exposé, hors caméra, les raisons. La présidente de la commission des affaires culturelles, la socialiste Fatiha Keloua Hachi, évoque alors la « prise à partie » de la fonctionnaire durant cette pause, ce que la ministre de la culture conteste.

« Je ne peux tolérer ce type de comportement » et « ai décidé de suspendre l’examen de ce texte » de réforme de la gouvernance de l’audiovisuel public, a annoncé Mme Keloua Hachi, alors que les débats avaient débuté dans l’après-midi et qu’un millier d’amendements restaient au menu.

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La décision de suspendre l’examen du texte est « politique » car la gauche n’obtenait pas les votes voulus, a prétendu à l’Agence France-Presse (AFP) l’entourage de la ministre, qui récuse toute insulte. Le gouvernement venait de déposer des amendements de dernière minute, pratique contre laquelle la gauche s’était élevée. Mais, selon la même source, ceux-ci étaient « une réponse à l’obstruction massive de la gauche ».

La reprise des débats initialement prévue mercredi après-midi est incertaine. « Si cette réforme n’intervient pas, l’affaiblissement sera inévitable » face à la concurrence des plateformes notamment, avait martelé la ministre en ouvrant les échanges.

Deuxième journée de grève

Déjà validée en première lecture au Sénat en 2023, la proposition de loi portant la réforme prévoit de créer une holding, France Médias, qui chapeauterait France Télévisions, Radio France, l’Institut national de l’audiovisuel (INA), sous l’autorité d’un président ou d’une présidente. Contrairement aux plans initiaux, France Médias Monde, branche internationale de l’audiovisuel public français (RFI, France 24), pourrait être exclue de cette holding. C’est ce que préconise finalement le gouvernement, dans une évaluation de la réforme consultée par l’AFP, et c’est ce qui a été voté par amendement avant l’arrêt de la réunion.

Le projet d’origine prévoyait au départ une fusion des sociétés, dans une sorte de BBC à la française, mais il a été interrompu par la dissolution de l’Assemblée nationale à la mi-2024. Aujourd’hui, « cette réforme n’est pas un projet de fusion » et elle « ne se fera pas contre l’intérêt des salariés », a affirmé Rachida Dati, entre 15 000 et 16 000 postes étant concernés.

Lire aussi | Radio France et France Télévisions en grève pendant deux jours contre la réforme de l’audiovisuel public

Mardi en début d’après-midi, plusieurs centaines d’opposants au projet se sont rassemblés près du Palais-Bourbon. « La holding ressemble furieusement à une fusion. Ça nous promet des années et des années de souffrance », a lancé au micro Matthieu Darriet, du Syndicat national des journalistes (SNJ) de Radio France. « L’objectif est de faire des économies », a renchéri Pierre Mouchel, délégué central CGT à France Télévisions.

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Comme la première, lundi, une deuxième journée de grève dans les entreprises concernées a surtout eu des conséquences à Radio France. Selon le SNJ, 72 % des journalistes étaient en grève. A France Télévisions, dont la présidente, Delphine Ernotte-Cunci, soutient le projet, le taux de grévistes était de 9 % sur la journée, d’après la direction. Des préavis avaient également été déposés à France Médias Monde et à l’INA.

Calendrier serré

L’arrivée de la réforme à l’Assemblée nationale est programmée le 10 avril, mais elle pourrait être décalée en raison de l’examen préalable d’un autre texte sur la simplification de la vie économique. Au début de mars, Rachida Dati a confié à Laurence Bloch, ex-directrice des antennes de Radio France, une « mission d’accompagnement » sur le projet, dont les conclusions sont attendues dans les prochaines semaines.

La note d’évaluation de la réforme par le gouvernement évoque la création de nouvelles filiales par la société mère France Médias : Franceinfo pour des coopérations plus poussées entre radio et télé et Ici pour réunir les réseaux régionaux.

Rachida Dati espère une adoption définitive à l’été. Le calendrier est serré pour ce texte soutenu par les macronistes et la droite. Le Rassemblement national souhaite, lui, à terme, une privatisation pure et simple de l’audiovisuel public.

Le Monde avec AFP

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