Municipales 2026 : l’Assemblée nationale adopte une réforme du mode de scrutin pour Paris, Lyon et Marseille

A l’Assemblée nationale, à Paris, le 7 avril 2025. QUENTIN DE GROEVE/HANS LUCAS VIA AFP

A quelques minutes du début de l’examen en séance, mardi 8 avril en fin de journée, des élus parisiens ont jeté leurs ultimes forces dans la bataille. Alors que les députés s’apprêtaient à débattre de la proposition de loi visant à réformer la loi électorale de 1982 dite « Paris-Lyon-Marseille » (PLM), des sénateurs et des maires d’arrondissement parisiens du parti Les Républicains (LR) ont demandé par communiqué le retrait du texte de l’agenda. Le matin, pendant la séance du Conseil de Paris, une large majorité des conseillers de la capitale, emmenés par la maire, la socialiste Anne Hidalgo, avaient également adopté un vœu pour que le texte soit « immédiatement retiré de l’ordre du jour ». Comme depuis des mois, ils ont dénoncé une réforme selon eux inopportune, mal pensée et risquant de déconnecter à terme la mairie centrale de ses arrondissements.

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Rien n’y a fait. Non seulement le texte a bien été examiné dans la soirée – et devrait, sauf surprise, être adopté mercredi –, mais les députés ont d’ores et déjà entériné en séance le principal article, qui institue deux scrutins distincts simultanés : l’un pour élire les conseillers d’arrondissement et l’autre pour les membres du conseil municipal. Aujourd’hui et depuis plus de quarante ans, les Parisiens et les Marseillais ne votent qu’une fois aux élections municipales, pour élire leurs conseillers d’arrondissement, dont une partie siègent ensuite au conseil municipal et choisissent le maire. A Lyon, la situation est légèrement différente puisque, depuis 2020, les électeurs votent déjà dans une deuxième urne, pour élire en plus le conseil de la métropole.

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La Cour suprême israélienne décide que le chef du Shin Bet restera en poste jusqu’à « une décision ultérieure »

Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, à Jérusalem, le 13 mai 2024. GIL COHEN-MAGEN / AFP

La Cour suprême israélienne a appelé, mardi 8 avril au soir, le gouvernement et la procureure générale à trouver un compromis autour du limogeage du chef du Shin Bet, le service de renseignement intérieur, Ronen Bar, à l’issue d’une longue journée d’audience sur la légalité de cette décision contestée.

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« Nous vous donnons jusqu’à après Pessah [la Pâque juive, qui s’achève le 19 avril,] pour trouver un compromis créatif » avant que la Cour ne tranche, a déclaré son président, le juge Yitzhak Amit, en renvoyant l’audience.

L’audience entamée en début de matinée pour examiner les recours contre le limogeage de M. Bar à la tête du Shin Bet a d’abord été marquée par des altercations entre partisans et opposants du gouvernement qui ont conduit à l’expulsion du public de la salle, avant que les débats, retransmis en direct en vidéo, ne reprennent à huis clos.

Au risque de raviver les divisions d’une société israélienne très polarisée, le gouvernement du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a décidé le 21 mars de limoger M. Bar, en qui le premier ministre israélien dit avoir perdu toute confiance.

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Saisie de cinq recours dans les heures ayant suivi cette annonce, la Cour suprême israélienne en avait ordonné la suspension le jour même, décision qu’elle a confirmée, mardi, dans un arrêt. « Ronen Bar, le chef du Shin Bet, continuera à exercer ses fonctions jusqu’à ce qu’une décision ultérieure soit prise », a fait savoir la Cour, autorisant toutefois le gouvernement à auditionner des candidats à sa succession, mais interdisant toute « annonce de nomination ».

Une décision « étrange » pour Benyamin Nétanyahou

Benyamin Nétanyahou a qualifié d’« étrange » cette décision. Le gouvernement avait décidé de mettre un terme au mandat de M. Bar au plus tard le 10 avril. Le limogeage de M. Bar est contesté notamment par l’opposition, qui y voit le signe d’une dérive autocratique du pouvoir, et par la procureure générale de l’Etat.

« La décision de mettre fin au mandat du chef du Shin Bet est fondamentalement viciée, entachée d’un conflit d’intérêts personnel du premier ministre en raison des enquêtes criminelles concernant ses proches, et conduira » à politiser la fonction, a déclaré la procureure générale d’Israël, Gali Baharav-Miara, dans un communiqué publié vendredi en même temps que l’avis détaillé qu’elle a transmis à la Cour suprême.

M. Nétanyahou affirme pour sa part que le gouvernement peut décider à sa guise de nommer et renvoyer le chef du Shin Bet, à qui il reproche l’échec à empêcher l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas ayant déclenché la guerre en cours, le 7 octobre 2023. L’avocat du gouvernement, Zion Amir, un ténor du barreau, a dénoncé des « recours purement politiques ».

« Conflit d’intérêts »

Dans une lettre à la Cour suprême, M. Bar estime, lui, que les raisons de son licenciement sont plus liées au fait qu’il a tenu tête à M. Nétanyahou plutôt qu’à ses compétences, et accuse le chef du gouvernement d’avoir cherché à l’utiliser pour retarder son propre procès en corruption, ce que M. Nétanyahou a qualifié de « mensonges ».

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Tomer Naor, du Mouvement pour la probité du pouvoir, qui a déposé un des recours, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP), en marge de l’audience, que son association avait demandé à la cour de « rappeler que Ronen Bar est le chef du Shin Bet et responsable de l’enquête sur le “Qatargate” », une affaire dans laquelle sont impliqués des proches de M. Nétanyahou.

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La juge Daphné Barak-Erez, une des trois magistrats siégeant dans cette affaire, a proposé à la fin de l’audience de reporter le renvoi de M. Bar à la fin de l’enquête sur le « Qatargate » afin de mettre fin au « conflit d’intérêts », ce à quoi Me Amir a rétorqué que c’était « un dangereux message ». « Chacun au Shin Bet saura que pour rester en place, il suffit d’ouvrir une enquête », a dit l’avocat, un argument repris par M. Nétanyahou dans son communiqué.

Les décisions prises par le gouvernement Nétanyahou en mars de renvoyer le chef du Shin Bet, d’engager une procédure de destitution contre la procureure générale du pays et de reprendre la guerre à Gaza après deux mois de trêve, ont relancé la contestation contre l’exécutif, accusé par l’opposition de dérive dictatoriale.

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Le Monde avec AFP

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Procès Sarkozy-Kadhafi : dans ses plaidoiries, la défense de l’ancien président dénonce « une instruction fragile » qui a procédé par « amalgames »

Nicolas Sarkozy arrive avec son épouse, Carla Bruni-Sarkozy pour le dernier jour de son procès, au tribunal de Paris, le 8 avril 2025. ALAIN JOCARD/AFP

Les avocats de Nicolas Sarkozy ont mis un terme, mardi 8 avril, au long procès sur les soupçons de financement par la Libye de la campagne présidentielle de 2007, qui s’est ouvert le 6 janvier. La famille de l’ancien président de la République est venue les écouter, son épouse Carla Bruni-Sarkozy, deux de ses fils, et le staff qui ne le quitte pas d’une semelle. La salle d’audience était d’ailleurs comble, pour entendre pendant cinq heures les arguments du cabinet Darrois, l’un des plus grands cabinets d’affaires français – avec 84 avocats et plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Mᵉ Jean-Michel Darrois, 77 ans, le fondateur du cabinet, a pris la parole le premier, et prouvé que l’éloquence judiciaire n’était pas une condition indispensable au droit des affaires. Il a de nouveau soulevé l’incompétence du tribunal. Son client ayant été ministre de l’intérieur, puis président de la République, il ne pouvait être jugé que par la Cour de justice de la République – la question a cependant déjà été tranchée le 24 septembre 2020 par la chambre de l’instruction.

Il a insisté sur « une instruction fragile », dans laquelle les magistrats instructeurs ont procédé « à des amalgames » pour lui donner « une coloration sulfureuse ». « Il n’y a pas le moindre élément matériel, on ne peut affirmer qu’il y ait corruption, a dit l’avocat, c’est à l’accusation d’en apporter la démonstration, on ne peut pas déduire la culpabilité d’un prévenu sur une hypothèse, fût-elle vraisemblable. » Il a égrené « le faisceau d’indices » du Parquet national financier (PNF), qu’il accuse « de vouloir salir Nicolas Sarkozy », et juge ces indices, certes graves, ni précis ni concordants, si tant est qu’il s’agisse d’indices.

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Gaza : Emmanuel Macron met en garde contre une militarisation par Israël de l’aide humanitaire

Le président Emmanuel Macron s’exprime dans l’entrepôt du Croissant-Rouge égyptien, à El-Arich, en Egypte, le 8 avril 2025. LUDOVIC MARIN / VIA REUTERS

Des stocks d’aide venus de France et d’Europe entreposés sous de grandes tentes blanches à 50 kilomètres de la bande de Gaza. Une route fraîchement bitumée dans un décor de no man’s land semi-désertique. Emmanuel Macron et son homologue égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, ont visité, mardi 8 avril, la plateforme humanitaire du Croissant-Rouge, dans la banlieue de la cité portuaire d’El-Arich, en Egypte. Les cargaisons s’entassent tout autour d’eux, pour cause de blocus humanitaire imposé par Israël depuis le 2 mars, avant même la reprise des affrontements dans l’enclave palestinienne, le 18. Certaines denrées vont se périmer, à défaut d’être distribuées à la population à laquelle elles sont censées porter secours.

« La situation aujourd’hui est intenable, et elle n’a jamais été aussi grave », juge M. Macron à propos de la bande de Gaza, avant d’appeler à une « reprise le plus rapidement possible de [la distribution de] l’aide humanitaire », la « priorité des priorités », dit-il non sans plaider pour un nouveau cessez-le-feu, de quarante à cinquante jours. Selon les autorités de l’enclave, quelque 1 400 civils ont été tués depuis la fin de la trêve, et plus de 50 000 au total depuis le début du conflit, au lendemain des attaques terroristes du Hamas en Israël.

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En direct, guerre à Gaza : au moins 20 morts dans une frappe israélienne, selon la défense civile de Gaza

« Gaza est un champ de mort », alerte le secrétaire général de l’ONU, qui dénonce le blocage par Israël de l’aide humanitaire destinée à l’enclave

« Depuis plus d’un mois, pas la moindre goutte d’aide n’est entrée dans Gaza. Pas de nourriture, pas de carburant, pas de médicaments, pas de biens commerciaux. Alors que l’aide se tarit, les vannes de l’horreur se sont rouvertes », a fustigé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, mardi devant la presse. Il a ajouté : « Gaza est un champ de mort et les civils sont piégés dans une boucle sans fin de mort. »

M. Guterres a dénoncé l’action d’Israël qui a repris les bombardements depuis un mois et bloque l’entrée de l’aide dans l’enclave palestinienne. Niant les affirmations selon lesquelles il y aurait assez de stocks pour nourrir la population, il a affirmé : « En tant que puissance occupante, Israël a des obligations sans équivoque en vertu du droit international, y compris du droit humanitaire international et du droit international sur les droits humains ».

Faisant référence aux conventions de Genève, il a notamment souligné l’obligation de la « puissance occupante » d’assurer la fourniture de nourriture et de matériel médical à la population. « Rien de cela ne se passe aujourd’hui », a-t-il dénoncé, rejetant également de nouvelles propositions israéliennes concernant l’aide.

« Les nouveaux “mécanismes d’autorisation” proposés par Israël pour la fourniture de l’aide menacent de contrôler et de limiter durement l’aide, jusqu’à la dernière calorie et au dernier grain de farine », a estimé le chef de l’ONU. « Je dois être clair : nous ne participerons pas à un quelconque système qui ne respecte pas pleinement les principes humanitaires », a-t-il insisté, réclamant la garantie d’un accès « sans entrave » pour l’aide humanitaire.

Ces déclarations font référence à des propositions faites ces derniers jours par les autorités israéliennes, qui ont dit à l’ONU vouloir renforcer leur contrôle sur l’aide – y compris par un comptage des calories qui entrent – afin d’empêcher son appropriation par le Hamas.

Antonio Guterres s’est aussi alarmé de la situation en Cisjordanie. « Le chemin actuel est une impasse, totalement intolérable aux yeux du droit international et de l’histoire. Et le risque que la Cisjordanie se transforme en un autre Gaza rend la situation encore pire », a-t-il déclaré, exhortant : « Il est temps de mettre un terme à la déshumanisation, de protéger les civils, de libérer les otages, de garantir l’aide vitale et de renouveler le cessez-le-feu. »

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En direct, guerre en Ukraine : la Chine rejette les affirmations « sans fondement » d’une participation de soldats chinois au conflit

Inculpation par le parquet ukrainien d’un homme accusé de préparer des meurtres pour le compte de Moscou

Le parquet général ukrainien a annoncé mardi l’inculpation d’un homme accusé d’avoir tué un militaire ukrainien, et préparé l’assassinat de représentants locaux pour le compte des services de sécurité russes.

La police de la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, a expliqué à l’Agence France-Presse avoir arrêté cette personne, âgée de 56 ans, en octobre 2024. Les enquêteurs ont dit avoir transféré la semaine dernière le dossier à un tribunal, en vue d’un prochain procès.

« Le 5 mars 2024 au soir, l’accusé a tiré dans le dos de la victime près d’un des immeubles de grande hauteur de Kharkiv. Le soldat est mort sur le coup », a écrit le parquet sur Telegram. Le suspect, qui a vécu en Russie, « a coopéré avec des représentants du FSB », les services de sécurité russes, pour commettre ce méfait, a ajouté le parquet. Il a aussi fait « exploser plusieurs bâtiments d’importance stratégique à Kharkiv ».

Le parquet général ukrainien l’accuse, en outre, d’avoir prévu, en octobre 2024, de tuer Viatcheslav Zadorenko, le chef de l’administration militaire de la ville de Derhatchi, dans la région de Kharkiv, en piégeant sa voiture ; et d’avoir reçu l’ordre de piéger et de « faire exploser le véhicule » du gouverneur de cette même région, contre une récompense de 50 000 dollars.

Vendredi, un responsable local de la ville de Dnipro, dans le centre-est de l’Ukraine, a péri dans l’explosion de sa voiture. Le parquet avait alors ouvert une enquête pour « attentat terroriste », disant étudier la piste d’une attaque menée « sur ordre des services de renseignement russes » ou celle de rivalités personnelles.

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En direct, droits de douane : entrée en vigueur des surtaxes américaines sur les produits de près de 60 pays, dont la France ; les Bourses asiatiques rechutent

La chute des Bourses asiatiques s’accélère, des devises s’effondrent

Vers 6 h 30 (heure de Paris), l’indice Kospi de Séoul reculait de 1,73 %. La Bourse de Sydney chutait de 2,04 %, celle de Taipei de 5,8 % et celle de Jakarta de 0,3 %. Les prudents rebonds de la veille étaient ainsi balayés par un regain de nervosité, dans le sillage des fortes baisses enregistrées à Wall Street.

Les marchés étaient secoués par l’entrée en vigueur à 4 h 01 (GMT) des majorations douanières américaines ciblant de nombreux pays : 24 % pour le Japon, 25 % pour la Corée du Sud, 32 % pour Taïwan et même 46 % pour le Vietnam… ainsi qu’un taux total de 104 % imposé à la Chine.

Les évolutions des places chinoises étaient contrastées : à Hongkong, l’indice Hang Seng chutait de 1,55 %, à 19 815 points. Mais l’indice composite de Shanghaï grimpait de 0,24 % et celui de Shenzhen de 0,47 %, soutenus par les banques et les firmes d’investissements étatiques aiguillonnées par Pékin.

Autres signes d’une vive aversion pour le risque, des devises asiatiques boudées par les investisseurs s’effondraient à des niveaux inédits depuis des années. La monnaie sud-coréenne a trébuché à son plus faible niveau face au dollar depuis 2009 et la crise financière mondiale, à 1 487,45 wons pour un dollar, alors que la Corée du Sud est très dépendante des exportations. La roupie indonésienne a, elle, glissé à son plus bas niveau historique face au billet vert.

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« Masterclass », sur France Inter : l’album « Unplugged » de Nirvana décrypté par Michka Assayas

Le groupe Nirvana en concert dans les studios de Sony Music à New York, le 18 novembre 1993. CAMERA PRESS/STEVE DOUBLE/DALLE

FRANCE INTER – SAMEDI 5 AVRIL À 21 HEURES – ÉMISSION MUSICALE

Il était la voix rock d’une génération. Voilà tout juste trente et un ans, Kurt Cobain (1967-1994), le leader du groupe Nirvana, se donnait la mort, le 5 avril 1994, dans sa maison de Seattle. Après Janis Joplin (1943-1970), Jim Morrison (1943-1971) et Jimi Hendrix (1942-1970), l’icône du mouvement grunge relançait ainsi le sinistre « club des 27 ».

Lire le récit (en 2004) : Article réservé à nos abonnés Comment Nirvana réinventa le rock

En cette date anniversaire, Michka Assayas rend hommage au chanteur et guitariste américain sur l’antenne de France Inter, en consacrant une « Masterclass » à l’album posthume MTV Unplugged in New York (1994). Le présentateur de « Very Good Trip » s’était déjà prêté à ce format en septembre 2024, avec le double White Album des Beatles. Ce nouveau « cours magistral », enregistré en public le 21 mars au Studio 104 de la Maison de la radio et de la musique à Paris, est scindé en deux parties d’une durée chacune d’environ une heure.

La première nous plonge dans les coulisses du concert, riches en anecdotes. Les compositions sont analysées, ainsi que les goûts éclectiques de Cobain quant aux reprises choisies : David Bowie, Vaselines, Leadbelly ainsi que trois titres du groupe rock alternatif Meat Puppets, dont deux membres sont invités en renfort sur scène. L’émission est rythmée par des extraits de cette session « unplugged ». La deuxième heure donne notamment la parole à des fans, qui racontent leurs différentes expériences et rapports intimes à l’album.

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Dans les familles françaises, l’égalité entre les pères et les mères est encore loin d’être la règle

Célébrés avec enthousiasme dans les livres et les films à partir des années 1990, les « nouveaux pères » sont difficiles à apercevoir lorsque l’on se plonge dans l’univers aride des statistiques sur les « tâches parentales ». Si les discours sur la paternité ont changé, rares sont en effet les enfants qui grandissent, jour après jour, dans une famille paritaire et équilibrée. « L’implication des pères dans la sphère domestique est une dimension cruciale de l’égalité de genre mais, en France, les inégalités restent importantes », résume la sociologue Estelle Herbaut dans une étude réalisée pour la Fondation pour les sciences sociales.

Titulaire d’une chaire de professeure junior CNRS sur les inégalités éducatives, la chercheuse fonde ce sévère diagnostic sur la première enquête d’envergure nationale consacrée à l’environnement des enfants : l’Etude longitudinale française depuis l’enfance (ELFE). Piloté par l’Institut national d’études démographiques et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, ce questionnaire qui suit, pendant vingt ans, plus de 18 000 enfants nés en 2011 est très détaillé : il s’intéresse à la fois à la santé des enfants, à leur scolarité, à leur alimentation, à leur vie familiale et sociale et à leur environnement.

Les entretiens suivis avec chacun des parents fourmillent de mille et un détails qui permettent de découvrir les petits arrangements qui régissent au jour le jour la vie de couple : qui fait les courses, qui s’occupe du linge, qui remplit le lave-vaisselle, qui se lève quand l’enfant pleure la nuit, qui lui change ses couches, qui le conduit à son lieu de garde, qui dessine ou chante avec lui ; mais aussi qui lui donne son bain, qui lui coupe ses ongles ou encore qui le mouche. Pour toutes ces tâches, l’enquêteur ne se contente pas de recueillir des informations : il s’intéresse aussi au ressenti de chacun des parents.

Les pères s’arrangent

Le tableau dressé par cette enquête diffère certes de celui des années 1950 ou 1970, mais il est loin, très loin, de témoigner d’un partage des tâches. Les couples où le père est autant, voire plus investi, que la mère restent minoritaires, notamment lorsque l’enfant est petit, observe Estelle Herbaut. Alors que, dans les pays scandinaves, les hommes assument pleinement leur rôle auprès du bébé, leurs homologues français se tiennent au bord du chemin : quand l’enfant a 2 mois, ils ne participent qu’à 30 % des tâches parentales. En France, conclut la chercheuse, les soins apportés aux nourrissons « relèvent toujours de la sphère maternelle ».

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A Gaza, l’impuissance des humanitaires face à la « guerre sans limites » menée par Israël

Des enfants palestiniens reçoivent de la nourriture préparée par une cuisine caritative, à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 3 avril 2025. MAHMOUD ISSA / REUTERS

Chaque jour, Basel Alaila marche des kilomètres dans les rues défoncées de Gaza pour récupérer un ou deux gallons d’eau. De l’eau salée, tout juste potable. Pendant quelques semaines, au début de l’année, le Palestinien de 36 ans, père de deux garçons et d’une fillette née pendant la guerre, a cru qu’il reprenait un peu le contrôle sur sa vie. La trêve entre Israël et le Hamas, entrée en vigueur le 19 janvier, a permis à l’aide humanitaire d’entrer en masse. Fruits, légumes, volailles ont réapparu sur les étals des marchés et les prix ont chuté. Mais, depuis le 2 mars, Israël a tout stoppé. Seules sont encore autorisées des évacuations médicales.

Jamais l’enclave palestinienne n’a vécu un si long siège. Le 27 mars, la Cour suprême israélienne a rejeté une requête visant à contraindre le gouvernement à autoriser l’entrée et la distribution d’aide à Gaza, accordant ainsi un blanc-seing au premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et à son armée pour affamer la population gazaouie. « Nous manquons de tout – nourriture, eau, soins médicaux. Nous sommes de nouveau réduits à rien », écrit Basel Alaila au Monde. Israël interdit aux journalistes étrangers d’accéder à la bande de Gaza depuis le 7-Octobre. Son armée a brutalement repris les bombardements le 18 mars, rompant la trêve. En deux semaines, plus de 1 200 Palestiniens ont été tués.

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