Stéphane Bour, producteur « geek » de piment : « J’aime le côté scientifique, l’aspect défi de cette culture »

Stéphane Bour, 38 ans, chez lui, à Prunay (Marne), le 28 mars 2025. INFERNO-PEPPERS.FR

Miser sur le piment et accessoirement sur les agrumes en plein cœur du vignoble champenois quand on est plus habitué à bidouiller des data que des graines, l’idée peut sembler saugrenue. Pas pour Stéphane Bour, 38 ans, qui a quitté, il y a deux ans, région parisienne, lignes de code et salaire confortable de cadre pour assouvir « une passion dévorante ». Derrière ses lunettes rectangulaires et son air faussement sérieux se cache « Inferno Peppers », du nom de son site de vente de graines et de plants de piment, une centaine de variétés publiques, plus ou moins rares, mais aussi des croisements de sa création.

Ce père d’une fillette de 10 ans applique son âme de geek à l’agriculture, qu’il envisage naturelle et sans pesticides. « J’aime le côté scientifique, l’aspect défi », reconnaît-il en arpentant son terrain de 6 000 mètres carrés situé à une vingtaine de kilomètres de Reims (Marne), et sur lequel il vient d’installer une serre de 290 mètres carrés. Objectif à terme : vendre 15 000 plants de piment et 20 000 agrumes par an. « Les hivers moins longs et les températures plus élevées rendent possible de faire pousser ces variétés éloignées des cultures locales. »

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Oman, médiateur régulier du dialogue entre l’Iran et l’Occident

Mascate, à Oman, le 11 avril 2025. ABDELHADI RAMAHI / REUTERS

L’Iran et les Etats-Unis s’apprêtent à ouvrir de nouvelles négociations sur le programme nucléaire iranien, samedi 12 avril à Mascate, la capitale du sultanat d’Oman, dans un format inédit depuis des discussions entre Téhéran et l’administration Obama en 2011. Mascate s’est imposée comme le lieu de ces pourparlers, au détriment d’autres capitales régionales comme Doha, Abou Dhabi ou Riyad, qui avaient pourtant manifesté leur volonté de jouer un rôle dans la médiation.

Abou Dhabi, par exemple, avait transmis en mars une lettre du président américain, Donald Trump, à l’Iran par l’intermédiaire d’Anwar Gargash, le conseiller diplomatique du président émirati, Mohammed Ben Zayed Al Nahyane (« MBZ »). Doha avait, de son côté, facilité la libération d’otages irano-américains en 2023, tandis que l’Arabie saoudite s’était proposée comme intermédiaire en février.

Mascate s’est imposée comme un médiateur privilégié entre Téhéran et les capitales occidentales, notamment sur la question du nucléaire, et ce, dès 2011. Situé à la croisée des mondes arabe et perse, ce pays, en marge de la péninsule Arabique, cultive une rare neutralité et une grande discrétion dans une région marquée par de profondes rivalités géopolitiques et confessionnelles.

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Braillonné (n.m.) : celui qui parle très fort de son impossibilité de parler

Prononciation

[baj.l.ne]

Accent tonique sur la première syllabe, avec la fin prononcée sur un ton indigné.

Définition

Du latin braillare (« clamer dans l’oppidum ») et baillonnus (« bâillon imposé par César »), le mot « braillonné » apparaît au début du XXIe siècle dans les démocraties bruyantes, pour désigner ceux qui se proclament muselés, tout en occupant les plateaux télé,les unes de magazines, les dos de kiosques à journaux et en bénéficiant de push de notifications… Les braillonnés revendiquent un statut de victime du système médiatique, tout en étant omniprésents dans ce même système.

Synonymes

Silencionnalistes (n.m.pl.).

En anglais : Cancelebrities (n.pl.).

Exemples

Xenia Fedorova, l’ex-dirigeante de RT (Russia Today) France, chroniqueuse sur CNews, signature du JDD et qui publie chez Fayard Bannie. Liberté d’expression sous condition.

L’édition augmentée de l’enquête pamphlétaire La France Orange mécanique (Éditions Ring, 2015), de Laurent Obertone, qui a inscrit sur sa couverture une citation de la journaliste Apolline de Malherbe : « Le problème, c’est que les gens achètent ce livre. »

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Disparition inquiétante d’une joggeuse dans la Vienne : le dispositif de recherches levé samedi soir, une dizaine d’auditions effectuées

Une cinquantaine de gendarmes sont mobilisés pour retrouver une joggeuse âgée de 28 ans, Agathe Hilairet, disparue depuis la veille, à Vivonne (Vienne), le 11 avril 2025. XAVIER BENOIT / PHOTOPQR / LA NOUVELLE REPUBLIQUE / MAXPPP

L’imposant dispositif déployé pour retrouver une joggeuse de 28 ans disparue dans la Vienne depuis jeudi a été levé en début de soirée, samedi 12 avril, après plus de quarante-huit heures sans signe de vie de celle-ci, laissant désormais place au volet judiciaire de l’enquête. Ces nouvelles recherches ont eu lieu au lendemain de la diffusion d’un appel à témoins pour disparition inquiétante.

Agathe Hilairet, coureuse expérimentée de frêle corpulence (1,65 mètre, 35 kilos) qui pratique le trail, s’était élancée jeudi matin du domicile de ses parents, à Vivonne, dans la Vienne. Son père a donné l’alerte jeudi en début d’après-midi en ne la voyant pas revenir, tandis que son téléphone ne répondait plus. Un dispositif de recherche a été déployé jeudi, puis à nouveau vendredi sur une vaste zone incluant les communes de Vivonne, Voulon, Celle-Lévescault et Gençay.

Samedi matin, quelque 110 gendarmes et 25 militaires du régiment d’infanterie des chars de marine (RICM) de Poitiers étaient mobilisés, ainsi que des plongeurs sondant les cours d’eau ou encore un hélicoptère thermique survolant une vaste zone. Ce déploiement a été ramené à 50 gendarmes dans l’après-midi. Mais les gendarmes ont annoncé samedi soir la « fin des recherches de type ratissage » au profit d’opérations plus ciblées menées dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte pour « disparition inquiétante ».

« Le dispositif de grande ampleur de ces derniers jours va laisser place à l’engagement demain (dimanche) d’une quarantaine de gendarmes au profit des enquêteurs de la section de recherches et de la brigade de recherches de Poitiers », a précisé la gendarmerie.

Zone de recherches de 100 kilomètres carrés

Samedi, les recherches se sont concentrées autour d’« une zone d’intérêt de 100 kilomètres carrés au sud de Vivonne, une zone particulièrement difficile d’accès puisque c’est une zone forestière, avec énormément de sentiers », avait annoncé à la presse le colonel Philippe-Alexandre Assou, du groupement de gendarmerie de la Vienne. Il a souligné que la participation des membres du club de joggeurs auquel appartient la jeune femme, qui « ont l’habitude du terrain » et des sentiers qu’elle empruntait habituellement, apporte une « plus-value énorme » aux enquêteurs.

Quelques heures après la reprise des recherches, samedi, le procureur de la République de Poitiers, Cyril Lacombe, a fait savoir par communiqué que « de nouveaux ratissages, notamment sur le parcours habituel de la joggeuse, sont effectués ». « Les difficultés tiennent notamment à ce que certaines zones boisées sont très denses », a-t-il ajouté. Le procureur a ensuite annoncé qu’« une dizaine d’auditions de témoins et de proches » ont été effectuées à ce stade.

Une vingtaine de témoignages

Dans le cadre de l’enquête ouverte, le parquet de Poitiers avait diffusé vendredi un appel à témoins pour retrouver cette joggeuse, présentant une « taille très mince », qui portait au moment de sa disparition une tenue de jogging avec un short noir, un haut à manches courtes de couleur sombre et un sac de course. Elle avait les cheveux attachés et son téléphone accroché à son poignet.

Le téléphone de la joggeuse a été localisé pour la dernière fois dans l’après-midi de jeudi dans un rayon de 250 mètres entre les lieux-dits Les Grands Ormeaux et Le Champ Salaud, à Voulon, commune située à 10 kilomètres de Vivonne. Sur l’application de géolocalisation sportive Strava, sur laquelle elle partageait le résumé de ses sorties, qui pouvaient dépasser les 20 kilomètres parcourus, la jeune femme se décrit comme « adorant la course à pied », qu’elle pratique « depuis [ses] 17 ans ».

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Une vingtaine de témoignages ont été recueillis à la suite de la diffusion de l’appel à témoins, a précisé M. Assou. Les gendarmes de la brigade de recherche de Poitiers, épaulés par la section de recherche de Poitiers, s’attachent à les vérifier.

Le Monde avec AFP

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Groenland : la cheffe de la base américaine licenciée pour avoir critiqué J. D. Vance

Le vice-président américain, J. D. Vance (à droite) et sa femme, Usha Vance, avec la colonelle Susannah Meyers (à gauche), qui dirige la base américaine de Pituffik, au Groenland, le 28 mars 2025. JIM WATSON / AFP

La colonelle Susannah Meyers avait pris les commandes de la base américaine de Pituffik, au Groenland, en juillet 2024. Le 28 mars, c’est elle qui a guidé le vice-président américain, J. D. Vance, et son épouse, Usha, lors de leur visite de quelques heures sur le site. A cette occasion, J. D. Vance avait livré une critique acerbe du Danemark. Moins de deux semaines plus tard, la colonelle Susannah Meyers a été limogée.

Dans un communiqué publié jeudi 10 avril, le Commandement des forces spatiales justifie sa suspension immédiate par « une perte de confiance dans sa capacité à diriger », et rappelle que « les commandants sont tenus de respecter les normes de conduite les plus strictes, notamment en ce qui concerne l’impartialité dans l’exercice de leurs fonctions ».

A l’origine de ce licenciement, un mail interne envoyé par l’officière, le 31 mars, à tous les employés de la base, parmi lesquels 150 soldats américains, mais aussi plusieurs centaines de Danois et Groenlandais embauchés par des sociétés de sous-traitance, sous contrat avec l’armée américaine. Selon un article publié sur le site indépendant Military.com, qui a eu accès au mail, la colonelle Meyers écrit avoir « passé le week-end, en repensant à la visite de vendredi [28 mars] – aux actes qui ont été faits, aux mots qui ont été dits et à comment cela peut affecter chacun d’entre vous ».

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La Maison Blanche salue « un pas en avant » après la rencontre à Oman entre des émissaires iranien et américain

Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi (à gauche), rencontre son homologue omanais, Badr Al-Boussaïdi, avant les négociations avec l’émissaire américain pour le Proche-Orient, Steve Witkoff, à Mascate (Oman), le samedi 12 avril 2025. AP

Des pourparlers sur le nucléaire iranien entre les Etats-Unis et l’Iran − deux pays sans relations diplomatiques depuis 1980 − se sont achevés à Oman, samedi 12 avril. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, « ont échangé dans une atmosphère constructive basée sur le respect mutuel », a souligné le ministère des affaires étrangères iranien, précisant qu’un intermédiaire omanais avait mené les discussions.

MM. Araghtchi et Witkoff ont toutefois échangé directement « quelques minutes », ajoute le communiqué, alors que l’Iran affirmait jusqu’à présent que les pourparlers seraient « indirects ». « Ni nous ni l’autre partie ne voulons de négociations infructueuses, de discussions pour le simple plaisir de discuter, d’une perte de temps et de négociations qui s’éternisent », a ensuite déclaré Abbas Araghtchi à la télévision d’Etat, précisant qu’une nouvelle réunion se tiendrait « samedi prochain », sans préciser en préciser le lieu.

« La partie américaine a également déclaré que l’accord souhaité était celui qui pouvait être atteint dans les plus brefs délais », a-t-il poursuivi, ajoutant que « cela ne sera[it] pas facile et nécessitera[it] la volonté des deux parties ». « Lors de la réunion, je pense que nous nous sommes beaucoup rapprochés d’une base de négociation. Si nous pouvons [la] finaliser lors de la prochaine réunion, nous aurons parcouru une grande partie du chemin », a-t-il ajouté.

Les négociations sont « un pas en avant vers un accord mutuellement satisfaisant », écrit de son côté la Maison Blanche, selon qui elles ont été « très positives et constructives ». Les Américains ont, par ailleurs, confirmé la tenue d’une nouvelle réunion samedi.

A bord de l’avion présidentiel Air Force One, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a qualifié ces premières discussions de « OK », refusant d’en dire davantage tant qu’elles n’étaient pas terminées.

Ces pourparlers se sont déroulés dans « une atmosphère cordiale », a affirmé, de son côté, le ministre des affaires étrangères omanais, Badr Al-Boussaïdi. Il a ajouté être « fier » d’avoir servi de médiateur pour les échanges, « pour lancer un processus de dialogue et de négociation, dans le but commun de parvenir à un accord équitable et contraignant », entre les deux pays qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis quarante-cinq ans.

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Ces échanges entre le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, « ont commencé grâce à la médiation du ministre des affaires étrangères omanais, Badr Al-Boussaïdi », avait écrit le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baghaei, sur le réseau social X, avant la rencontre tandis que les Etats-Unis présentent ces pourparlers comme « directs ».

« Pression maximale »

« Il s’agit d’un début (…), nous ne nous attendons pas à ce que ce cycle de discussions soit très long », avait déclaré M. Baghaei à la télévision d’Etat, ajoutant que les deux parties échangeaient « leurs positions de principe » par le biais d’un intermédiaire omanais.

Il s’agit des discussions les plus importantes depuis le retrait américain, en 2018, sous la présidence de Donald Trump, d’un accord conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances pour encadrer le programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions.

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« Nous avons l’intention de parvenir à un accord équitable et honorable, sur la base de l’égalité », a déclaré Abbas Araghchi après son arrivée à Oman, pays voisin de l’Iran et médiateur historique entre la République islamique et les pays occidentaux, dans une vidéo diffusée par la télévision d’Etat iranienne. Affaibli par les revers infligés par Israël à ses alliés régionaux, le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza, l’Iran cherche à obtenir la levée des sanctions qui étranglent son économie.

Le président américain, Donald Trump, a adopté une politique de « pression maximale » à l’égard de l’Iran et imposé de nouvelles sanctions visant son programme nucléaire et son secteur pétrolier. Il a créé la surprise en annonçant lundi la tenue de ces discussions, après des semaines de guerre des mots entre les deux pays, qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis quarante-cinq ans.

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« Ligne rouge »

Les Etats-Unis cherchent à mettre fin au programme nucléaire de l’Iran, qu’ils accusent de vouloir se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran a toujours démenti. Mercredi, le président américain, qui ne cesse de menacer d’attaquer l’Iran, a encore accentué la pression, en déclarant qu’une intervention militaire contre ce pays était « tout à fait » possible en cas d’absence d’accord.

« S’il faut recourir à la force, nous recourrons à la force. Israël sera bien évidemment très impliqué, il en sera le chef de file », a averti Donald Trump, un allié du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui agite régulièrement le spectre d’une attaque contre le programme nucléaire iranien, perçu comme une menace contre son pays. « Je veux que l’Iran soit un pays merveilleux, grand et heureux. Mais il ne peut pas avoir d’arme nucléaire », a-t-il prévenu vendredi.

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Après le retrait de Washington de l’accord de 2015 et le rétablissement de sanctions américaines à son endroit, la République islamique d’Iran a pris ses distances avec le texte. Elle a accru son niveau d’enrichissement de l’uranium jusqu’à 60 %, très au-dessus de la limite de 3,67 % imposée par l’accord, se rapprochant du seuil de 90 % nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique. Les conflits dans la bande de Gaza et au Liban ont attisé les tensions entre l’Iran et Israël, qui ont mené des attaques militaires réciproques pour la première fois après des années de guerre par procuration.

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Le Monde avec AFP

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En direct, Proche-Orient : la défense civile palestinienne à Gaza dénonce une frappe israélienne contre l’hôpital Al-Ahli

La branche armée du Hamas publie une vidéo d’un otage du 7-Octobre en vie

Les Brigades Ezzedine Al-Qassam ont diffusé, samedi, une vidéo d’un otage israélien enlevé le 7 octobre 2023 en vie à Gaza.

Dans cette vidéo, dont l’Agence France-Presse et Le Monde n’ont pas pu vérifier l’authenticité ni la date de l’enregistrement, on peut voir cet homme s’adresser à la caméra et critiquer le gouvernement israélien pour ne pas avoir encore obtenu sa libération.

La vidéo dure un peu plus de trois minutes et le montre assis dans un local exigu. S’adressant à la caméra, l’otage dit qu’il veut rentrer chez lui pour célébrer les fêtes. Israël célèbre actuellement la Pâque juive, qui commémore la libération du peuple juif de l’esclavage qu’il subissait en Egypte. Gesticulant fréquemment des mains, il critique le gouvernement israélien pour ne pas avoir encore obtenu sa libération.

« Notre Edan, un soldat qui a immigré en Israël et s’est engagé dans la brigade Golani pour défendre le pays et ses citoyens, est toujours retenu en captivité par le Hamas », a dit sa famille, citée dans le communiqué du Forum des familles d’otages. « Alors, lorsque vous vous assiérez pour célébrer Pessah [la Paques juive], souvenez-vous que ce n’est pas une fête de la liberté tant qu’Edan et les autres otages ne sont pas rentrés chez eux », a-t-elle ajouté.

Sur les 251 personnes enlevées lors de l’attaque du 7-Octobre, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 sont mortes selon l’armée israélienne.

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En direct, guerre en Ukraine : le point sur la situation

L’Union européenne discute de la création d’un Mécanisme européen de défense

Les ministres des finances de l’Union européenne (UE) ont entamé samedi des discussions sur la création d’un Mécanisme européen de défense (MED), un organisme supranational qui centraliserait l’achat d’armes et mettrait celles-ci à disposition des pays européens participants en échange d’une contribution.

Cette proposition d’inspiration britannique a été soumise aux Vingt-Sept par le groupe de réflexion économique Bruegel, situé à Bruxelles, dans le but de permettre aux pays européens de financer leur effort de réarmement sans avoir à s’endetter trop lourdement, sur fond de désengagement des Etats-Unis sur le continent.

Plusieurs pays membres de l’UE se sont dits intéressés par la mise en place d’un tel mécanisme, dont l’architecture rappelle celle du Mécanisme européen de stabilité mis en place pendant la crise de la zone euro.

La Commission européenne a dévoilé un plan de réarmement de 800 milliards d’euros sur quatre ans en se disant prête à assouplir les règles budgétaires imposées aux Etats, en excluant les dépenses militaires du calcul du déficit budgétaire, et à lancer un emprunt commun de 150 milliards d’euros.

Mais cet engagement ne résout pas le problème de financement des pays très endettés, qui verraient leur dette s’alourdir davantage, même si leur déficit reste dans les clous.

L’idée d’un fonds intergouvernemental a donc fait son chemin pour acquérir certains armements qui pourraient bénéficier à la sécurité de l’ensemble des pays participants, comme des missiles ou des systèmes de satellites militaires.

Ce MED serait doté d’un capital propre important, ce qui lui permettrait d’emprunter sur les marchés. Il pourrait en outre être ouvert à des pays extérieurs à l’UE qui partagent la même préoccupation face à la menace d’une attaque de la Russie, comme le Royaume-Uni, l’Ukraine et la Norvège.

Le MED étant propriétaire des équipements qu’il achèterait, la dette contractée pour les payer serait inscrite dans les comptes du MED plutôt que dans les comptes nationaux. Un tel mécanisme favoriserait en outre l’émergence d’un marché européen de la défense, ce qui pourrait permettre de réduire les coûts et de mettre en commun les ressources des Etats participants.

A l’heure actuelle, le marché européen de l’armement est très fragmenté, avec par exemple pas moins de sept types de chars d’assaut ou de véhicules de combat d’infanterie, ce qui réduit l’interopérabilité entre les armées européennes et empêche des économies d’échelle.

Le MED pourrait dans un premier temps concentrer ses efforts sur des armements ou infrastructures stratégiques nécessaires au bon fonctionnement des armées, pour lesquels l’Europe est à l’heure actuelle très dépendante des Etats-Unis.

Il s’agit entre autres de systèmes de commandement et de contrôle interarmées, du renseignement et de la communication par satellite, du développement de nouveaux systèmes coûteux, comme les avions de chasse de cinquième ou sixième génération, des systèmes de défense aérienne ou encore des missiles servant à la dissuasion nucléaire.

Selon le document du groupe Bruegel, l’UE n’a une chance de réduire sa dépendance militaire à l’égard des Etats-Unis d’ici à 2030 que si elle fait des achats en commun et crée un marché européen de la défense qui réintégrerait le Royaume-Uni, acteur industriel majeur du secteur.

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Entre la Chine et les Etats-Unis, la guerre des nerfs s’installe, le commerce est déjà affecté

Des camions et des conteneurs d’expédition dans un port à Nankin, dans la province du Jiangsu, en Chine, le 8 avril 2025. STRINGER / AFP

La rupture a été consommée en quelques jours à peine. Les joutes, qui demeuraient largement rhétoriques entre les deux premières puissances, laissent soudainement place à une grande fracture. Le commerce, qui maintenait l’interdépendance entre les Etats-Unis et la Chine, subit un coup d’arrêt. Ces dernières semaines, les portiques du port de Shanghaï, le premier au monde, s’empressaient de charger autant de conteneurs que possible sur des cargos à destination des Etats-Unis, afin d’éviter le couperet des droits de douane promis par Donald Trump.

Cette course a cessé, jeudi 10 avril, au lendemain de l’entrée en vigueur de taxes prohibitives imposées par le président américain, et le jour où se sont appliquées celles adoptées en représailles par la Chine, raconte Caixin, le magazine le plus indépendant et respecté du pays. Depuis lors, dans les deux plus grands terminaux portuaires de la capitale économique, l’un situé sur l’estuaire du fleuve Yangzi Jiang, et l’autre sur une île à 30 kilomètres au large, on ne compte presque plus aucun navire en chargement pour les côtes américaines.

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A l’OMS, les Etats avancent vers un compromis sur le texte de l’accord sur les pandémies

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’un événement sur la santé à Berlin, en Allemagne, le 2 avril 2025. JOHN MACDOUGALL / AFP

Les délégués des Etats membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont avancé, samedi 12 avril, vers un compromis sur un texte qui doit permettre de mieux protéger le monde de futures pandémies, après plus de trois ans de discussions.

« On a un accord de principe et on met en réserve l’accord définitif des capitales », a avancé Anne-Claire Amprou, coprésidente de l’organe de négociation et ambassadrice de France pour la santé mondiale, en précisant que les délégués se retrouveront mardi à Genève pour poursuivre les discussions sur le texte et donner leur accord définitif. Celui-ci devra encore être adopté lors de l’Assemblée mondiale de la santé, qui se tient en mai, par tous les pays membres de l’OMS.

Après une séance de négociations marathon de près de vingt-quatre heures, les délégués ont applaudi à tout rompre et ont passé de longues minutes à se congratuler. « C’est un très bon signal. Vous faites partie d’une histoire incroyable en train de se faire », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, resté dans la salle avec les délégués toute la nuit. Le président français, Emmanuel Macron, a salué de son côté une « décision cruciale » dans un message posté sur X. « Avec l’accord de principe pour un traité pandémie, la communauté internationale va se doter d’un nouveau système pour mieux nous protéger. Plus rapide, plus efficace, plus solidaire et plus résilient », s’est-il félicité.

Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Cinq ans après le début du Covid-19, la France est-elle mieux préparée pour la prochaine pandémie ?

L’un des principaux points d’achoppement vendredi a été le paragraphe 11 de ce texte d’une trentaine de pages, qui définit le transfert de technologies pour la production de produits de santé liés aux pandémies, en particulier au profit des pays en développement, ont affirmé plusieurs sources à l’Agence France-Presse (AFP). Les pays d’Amérique latine poussent pour que ce transfert soit facilité.

Le sujet avait été au cœur des griefs des pays les plus démunis lors de la pandémie de Covid-19, quand ils voyaient les pays riches accaparer les doses de vaccin et autres tests. Plusieurs pays où l’industrie pharmaceutique pèse lourd dans l’économie sont opposés à l’idée d’obligation de transfert et insistaient sur son caractère volontaire. Un délégué a fait savoir à l’Agence France-Presse qu’un accord a été trouvé sur ce point, bien que la dernière version du texte ne fût pas encore disponible samedi matin.

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Crise du système de santé mondial

Pour Mme Amprou, il y a eu « à négocier cette semaine avec l’ensemble des Etats membres dans une approche très constructive et très positive, c’est une vraie volonté d’aboutir pour avoir un accord qui fasse vraiment la différence et qui permette de prévenir, de préparer, de répondre aux pandémies ». Selon le directeur général de la Fédération internationale de l’industrie pharmaceutique (IFPMA), David Reddy, il reste toutefois encore des points à éclaircir « Les pays ont besoin de se donner un peu plus de temps pour bien faire les choses et permettre de convenir d’un accord pratique qui renforcera notre préparation et notre réponse aux futures pandémies », écrit-il dans un courriel à l’AFP.

Seule l’expérience dira s’il survit à l’épreuve du feu : une prochaine pandémie, dont le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, rappelle qu’il ne s’agit pas de savoir « si elle aura lieu, mais quand ».

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Ce texte est adopté dans un contexte de grave crise du multilatéralisme et du système de santé mondial provoqué par la coupe brutale de l’aide internationale américaine décidée par le président Donald Trump, alors que les Etats-Unis étaient de très loin le principal donateur humanitaire.

Ils étaient aussi le grand absent de ces négociations, le président américain ayant annoncé dès son retour à la Maison Blanche que le pays quittait l’organisation. Un retrait qui fait peser des risques sur le système de surveillance internationale des risques sanitaires, selon les experts.

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En décembre 2021, deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, qui a fait des millions de morts et mis l’économie mondiale à genoux, les pays membres de l’OMS avaient décidé de doter le monde d’un texte devant permettre de prévenir et de mieux gérer les pandémies.

Le document de samedi a perdu du lustre par rapport aux ambitions du départ, selon James Packard Love, directeur exécutif de l’ONG Knowledge Ecology international, qui suit les négociations depuis le début. « Les propositions initiales présentées par le secrétariat étaient assez ambitieuses. Ce n’est plus le cas maintenant, car les négociations ont traîné » et les représentants des diverses industries s’en sont mêlés, a rapporté à l’AFP M. Love, ajoutant que, à ses yeux, « il y a beaucoup d’avantages à obtenir un accord ».

La grippe aviaire H5N1, dont le virus ne cesse d’infecter de nouvelles espèces, faisant craindre que la transmission entre humains ne soit qu’une question de temps, mais aussi les flambées de rougeole, dans 58 pays, faute de taux de vaccination suffisant à cause de la méfiance envers les vaccins suscitée par la désinformation, ou encore le mpox, qui fait des ravages en Afrique, sont autant d’avertissements.

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Le Monde avec AFP

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