La société Nvidia affectée par de nouvelles restrictions aux exportations de puces d’IA vers la Chine

Un processeur graphique Nvidia dans un serveur informatique, présenté lors de la journée Foxconn, à Taipei, le 8 octobre 2024. ANN WANG / REUTERS

Le géant américain des puces Nvidia a annoncé, mardi 15 avril, que les nouvelles restrictions à l’export de semi-conducteurs vers la Chine allaient lui coûter 5,5 milliards de dollars de charge exceptionnelle au premier trimestre de son exercice fiscal.

L’administration de Donald Trump a fait savoir, la semaine dernière, au groupe californien qu’il devrait désormais obtenir une licence pour exporter certaines puces d’intelligence artificielle (IA) vers la Chine et d’autres pays, d’après un document déposé par l’entreprise auprès de la SEC, le gendarme boursier américain. Le cours de l’action Nvidia chutait ainsi de plus de 5 % lors des échanges après la clôture de la Bourse de New York.

Sous Joe Biden, et désormais sous Donald Trump, les Etats-Unis ont interdit ou restreint les exportations des processeurs les plus sophistiqués vers la Chine, notamment ceux qui permettent de développer des technologies d’IA de pointe et des superordinateurs. Washington essaie ainsi de conserver son avance dans ce secteur, et d’empêcher Pékin de développer certaines applications militaires.

La licence d’exportation désormais exigée par l’administration américaine concerne les puces H20, conçues spécialement par Nvidia pour être vendues en Chine en respectant les restrictions. Les H20 sont comparables aux puces IA H100 et H200 utilisées aux Etats-Unis, mais moins performantes et moins rapides.

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Un chiffre d’affaires annuel inédit

« Les résultats du premier trimestre devraient inclure jusqu’à environ 5,5 milliards de dollars de charges associées aux produits H20, [à cause des coûts] des stocks, des engagements d’achat et des réserves liées », a détaillé Nvidia dans le document remis à la SEC. Le premier trimestre de son exercice annuel décalé correspond à la période de février à avril 2025.

Le succès phénoménal de ChatGPT et la course à l’intelligence artificielle (IA) générative ont propulsé Nvidia dans le top 3 des capitalisations boursières, car ses puces sont les plus recherchées du marché. Dans ce contexte, son chiffre d’affaires annuel a dépassé le seuil symbolique des 100 milliards de dollars. Mais le lancement à la fin de janvier de DeepSeek, interface d’IA générative de la start-up chinoise du même nom, a provoqué un séisme à Wall Street et accentué les inquiétudes des autorités au sujet de la Chine. DeepSeek a, en effet, été développée sans le H100, microprocesseur vedette de Nvidia, et uniquement avec un nombre réduit de puces moins performantes.

Lors de la conférence portant sur les résultats trimestriels de Nvidia en février, son dirigeant, Jensen Huang, a souligné que les recettes réalisées en Chine avaient diminué de moitié par rapport à leur niveau d’avant les contrôles à l’exportation. Il avertit régulièrement que la concurrence chinoise progresse rapidement.

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De nouvelles taxes prévues sur les puces entrant aux Etats-Unis

Lundi, Nvidia a annoncé qu’elle allait fabriquer entièrement aux Etats-Unis des puces pour les superordinateurs d’IA, pour la première fois, alors que Donald Trump tente d’obliger les entreprises américaines à relocaliser leur production. La société dépend de ses sous-traitants pour la production des semi-conducteurs, et donc d’usines implantées en Asie, notamment à Taïwan et en Chine. Elle a promis que les fabricants taïwanais TSMC, Foxconn et Wistron allaient accélérer la production aux Etats-Unis et construire de nouvelles usines spécialisées au cours de l’année à venir.

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« La relocalisation de ces industries est une bonne chose pour les travailleurs américains, pour l’économie américaine et pour la sécurité nationale des Etats-Unis », a réagi la Maison Blanche dans un communiqué, lundi. Les semi-conducteurs ont été exemptés des nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump, mais plus pour longtemps. Le président américain a annoncé dimanche qu’il déclarerait « dans la semaine » de nouvelles taxes sur les puces entrant aux Etats-Unis.

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Le Monde avec AFP

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Salvadorien expulsé à tort : une juge demande un examen des actions de l’administration Trump, qui se montre inflexible

Jennifer Vasquez Sura, épouse de Kilmar Abrego Garcia, un migrant salvadorien qui vivait légalement aux Etats-Unis avec un permis de travail et qui a été expulsé par erreur vers le Salvador, lors d’une conférence de presse avec d’autres proches et des soutiens, à Washington, le 9 avril 2025. KEN CEDENO / REUTERS

Une juge américaine a réclamé, mardi 15 avril, la tenue d’une série d’auditions pour déterminer si l’exécutif avait respecté ses obligations de « faciliter » le retour d’un Salvadorien renvoyé à tort.

Donald Trump a érigé la lutte contre l’immigration clandestine en priorité absolue, évoquant une « invasion » des Etats-Unis par des « criminels venus de l’étranger », et communiquant abondamment sur les expulsions d’immigrés. Il s’agit donc d’un des principaux sujets de conflit avec les juges qui contrecarrent ses projets, les accusant « d’usurper » les prérogatives du pouvoir exécutif.

Le cas de Kilmar Abrego Garcia, marié à une Américaine et habitant du Maryland, est devenu un symbole de son inflexibilité dans ce domaine. Ce Salvadorien a fait partie des plus de 250 hommes expulsés le 15 mars vers le Salvador, la plupart pour appartenance présumée au gang vénézuélien Tren de Aragua, déclaré organisation « terroriste » par Washington. Ils ont été incarcérés dans la gigantesque prison, nommée Cecot, que le président salvadorien Nayib Bukele a fait construire pour éradiquer les gangs.

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L’administration Trump a ensuite reconnu en justice que son expulsion résultait d’une « erreur administrative », puisqu’un arrêté d’expulsion à son encontre vers le Salvador avait été définitivement annulé par un tribunal fédéral en 2019. Mais elle a assuré se trouver dans l’incapacité d’y remédier, Kilmar Abrego Garcia étant désormais détenu par les autorités salvadoriennes. Elle l’accuse d’appartenir au gang salvadorien MS-13, également classé « terroriste » par les Etats-Unis en février. Lors d’une rencontre à la Maison Blanche avec Donald Trump lundi, le président salvadorien a néanmoins lui aussi assuré qu’il n’avait « pas le pouvoir de le renvoyer vers les Etats-Unis ».

Mobilisation publique

La femme de l’homme expulsé, Jennifer Vasquez Sura, a demandé mardi aux deux chefs d’Etat de cesser de « jouer à un jeu politique avec la vie de Kilmar ». « Aujourd’hui, cela fait 34 jours qu’il a disparu », a-t-elle insisté devant la presse. « Je ne vais pas arrêter de me battre jusqu’à ce que je le voie vivant », a-t-elle ajouté, près de dizaines de manifestants venus en soutien.

La Cour suprême a validé la semaine dernière une décision de première instance ordonnant à l’administration de « faciliter » le retour de Kilmar Abrego Garcia afin que « sa situation soit traitée comme elle l’aurait été s’il n’avait pas été envoyé à tort au Salvador ». Cette juge fédérale, Paula Xinis, a demandé un compte rendu quotidien « sur la localisation actuelle et le statut sous lequel est détenu M. Abrego Garcia », ainsi que les actions prises ou envisagées pour « faciliter son retour ».

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L’administration Trump a fourni samedi une déclaration écrite confirmant pour la première fois que « M. Abrego Garcia est vivant et en sécurité » au Cecot, et « détenu en vertu de la souveraineté » du Salvador. Mais lors d’une nouvelle audience mardi à Greenbelt, près de Washington, la juge Xinis a déploré de n’avoir « rien » obtenu sur les actions entreprises ou envisagées par l’administration Trump.

Peu avant l’audience, un responsable du ministère de la sécurité intérieure s’est borné à affirmer dans une déclaration écrite que l’exécutif était prêt à le laisser entrer aux Etats-Unis « s’il se présente à la frontière » mais qu’il serait aussitôt arrêté en vue de son expulsion vers un pays tiers ou vers le Salvador. Le gouvernement « paraît n’avoir en rien contribué » à recouvrer la garde de M. Abrego Garcia et son retour aux Etats-Unis pour se conformer à la décision de la Cour suprême, a déploré la juge dans des conclusions écrites après l’audience. En conséquence, elle a exigé une série de témoignages de responsables de l’administration sur une période d’environ deux semaines afin d’obtenir des réponses à ses interrogations jusqu’à présent restées sans réponse.

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Un sénateur du Maryland, le démocrate Chris Van Hollen, a annoncé qu’il se rendrait mercredi au Salvador pour s’enquérir du sort de Kilmar Abrego Garcia « enlevé illégalement par l’administration Trump », afin de discuter de son retour.

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Le Monde avec AFP

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Présidentielle en Equateur : les observateurs internationaux rejettent les accusations de fraude

Comptage de voix au second tour de l’élection présidentielle en Equateur, dans un bureau de vote de Guayaquil, le 13 avril 2025. MARCOS PIN / AFP

Les observateurs de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’Union européenne (UE) ont rejeté mardi 15 avril les accusations de fraude électorale portées par la gauche dans l’élection présidentielle en Équateur, tout en exprimant leur inquiétude face à la désinformation, aux tensions et à l’« iniquité » dans la campagne.

Selon des résultats quasi définitifs, le président sortant Daniel Noboa est sorti vainqueur du second tour de dimanche avec une avance de onze points sur sa rivale de gauche Luisa Gonzalez. Cette dernière n’a pas reconnu sa défaite et a dit vouloir demander un recomptage des voix.

Dimanche a été une « journée électorale transparente et bien organisée, (ce) qui dément les allégations de fraude » mais rend nécessaire d’« entreprendre des réformes », a déclaré Gabriel Mato, le chef de la mission d’observation électorale de l’UE, au cours d’une conférence de presse à Quito.

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Comme l’OEA et le Conseil national électoral de l’Équateur (CNE) avant elle, cette délégation a souligné l’absence de preuves démontrant une quelconque manipulation des résultats électoraux. Cependant, elle juge « nécessaire d’éviter de confondre les rôles de candidat et de président, ceux-ci doivent être parfaitement délimités » pendant la campagne électorale, a souligné M. Mato. L’OEA a également dit avoir « observé avec préoccupation » une « iniquité pendant la campagne ».

Dauphine de l’ex-dirigeant socialiste Rafael Correa (2007-2017), Luisa Gonzalez, une avocate de 47 ans, ambitionnait de devenir la première femme présidente élue en Équateur. Daniel Noboa, un homme fortuné âgé de 37 ans au pouvoir depuis novembre 2023, fait désormais face au défi de redresser un pays miné par la violence des groupes liés au narcotrafic et plongé dans une crise économique. « Le bien a vaincu le mal, la justice a vaincu l’impunité et la liberté a vaincu l’oppression », a déclaré mardi Noboa depuis le balcon présidentiel face à des partisans réunis.

« Polarisation extrême »

Les observateurs internationaux ont dénoncé les attaques personnelles entre les candidats au cours la campagne électorale. Ils ont également souligné la propagation de fausses informations « souvent amplifiées par des publicités payées ». « Cela est venu s’ajouter à un contexte de polarisation politique extrême », a relevé l’OEA.

Le second tour s’est déroulé dans un climat de tensions aiguës, dans un pays où une personne a été tuée chaque heure en janvier et février, soit le début d’année le plus violent jamais enregistré malgré la politique de fermeté de Daniel Noboa contre les groupes criminels.

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L’élection a eu lieu après que l’état d’urgence avait été décrété par le gouvernement dans plusieurs régions, une mesure toutefois sans impacts graves sur le déroulement normal du scrutin, selon les observateurs. Ces derniers ont néanmoins qualifié d’« exagérée » l’interdiction d’utiliser les téléphones portables au moment de voter. Selon le CNE, le camp de Luisa Gonzalez n’a pas encore effectué de demande officielle de recomptage des bulletins de vote, après avoir parlé de « fraude électorale grotesque ».

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Mme Gonzalez a reçu l’appui du président colombien de gauche Gustavo Petro qui a demandé sur X que soient « vérifiés » les procès-verbaux des bureaux de vote après avoir reçu des rapports « inquiétants » d’observateurs électoraux colombiens. Daniel Noboa a reçu les félicitations de plusieurs présidents, dont ses homologues américain Donald Trump et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

« Comment parler de fraude alors que les deux organisations (de Mme Gonzalez et M. Noboa) ont eu la grande chance d’observer elles-mêmes le processus ? », a déclaré dans la matinée Diana Atamaint, la présidente du CNE, dans un entretien avec la chaîne de télévision Teleamazonas. L’autorité électorale doit proclamer les résultats définitifs dans les jours qui viennent afin de permettre à Daniel Noboa d’être investi par l’Assemblée nationale le 24 mai, pour un second mandat allant jusqu’en 2029.

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Le Monde avec AFP

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L’Argentine obtient 42 milliards de dollars des institutions financières internationales

Capture d’image télévisuelle, où Javier Milei entouré de quatre ministres annonce à la nation l’accord négocié avec le FMI, depuis le palais présidentiel, à Buenos Aires, le 11 avril 2025. – / AFP

L’Argentine a obtenu, vendredi 11 avril, un ballon d’oxygène de la part du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale (BM) et de la Banque interaméricaine de développement (BID), avec pas moins de 42 milliards de dollars au total (37 milliards d’euros), un soutien présenté par la Banque mondiale comme un « important vote de confiance » envers le gouvernement.

Le prêt du FMI était attendu et s’élève à 20 milliards de dollars comme annoncé un peu plus tôt dans la soirée par le ministre argentin de l’économie, Luis Caputo. Validé par le conseil d’administration du Fonds, il prévoit le déboursement immédiat d’une première tranche inédite de 12 milliards de dollars, alors qu’une deuxième, de deux milliards, se profile d’ores et déjà pour juin prochain.

C’est la « reconnaissance des impressionnants progrès réalisés dans la stabilisation de l’économie » argentine et un « vote de confiance dans la détermination du gouvernement à poursuivre les réformes », a déclaré, sur X, la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva. L’économie argentine croîtra « comme jamais auparavant », s’est félicité dans la foulée de l’annonce le président argentin, Javier Milei.

Écouter aussi Argentine : que devient le pays sous la tronçonneuse de Javier Milei ?

La surprise est venue en revanche de la BM, qui a annoncé dans le même temps une aide de 12 milliards de dollars au pays andin, afin de « soutenir les réformes qui continuent d’attirer le secteur privé et renforcer les mesures mises en place pour promouvoir les créations d’emploi ». Quant à la BID, elle devrait accorder jusqu’à 10 milliards de dollars sur trois ans au gouvernement argentin, après validation par son conseil d’administration.

En outre, la Banque centrale (BCRA) a annoncé en fin de journée la mise en place d’un taux de change flottant pour le peso argentin face au dollar, dans un premier temps entre 1 000 et 1 400 pesos par dollar − une bande « dont les limites seront élargies au rythme de 1 % par mois », a précisé la BCRA. De plus, la limite d’accès à 200 dollars par mois par personne sera levée : un changement crucial pour la vie quotidienne des Argentins qui, par méfiance historique pour leur propre devise pensent, calculent et thésaurisent en dollar.

De nouveau l’accès au dollar

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Si Javier Milei a maintenu sa ligne dure sur l’austérité budgétaire, il a aussi fait preuve d’un certain pragmatisme »

L’accord avec le FMI va permettre, « à partir de lundi, d’en finir avec le contrôle des changes, qui a fait tant de mal et, depuis sa mise en place, en 2019, affecte le fonctionnement normal de l’économie », a ajouté le ministre, dont les équipes étaient, depuis novembre, en négociation avec le FMI sur l’accord.

Cette injection d’argent frais est considérée comme cruciale par le gouvernement pour reconstituer les réserves de la Banque centrale et « exterminer l’inflation » durablement, selon les mots de Javier Milei.

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En mars, l’inflation argentine s’est établie à 3,7 %, un regain sensible par rapport aux six mois précédents. Mais qui ne dément pas une tendance à la désinflation depuis plus d’un an. En interannuel, elle est actuellement de 55,9 % sur douze mois, contre 211 % fin 2023, au début de la présidence Milei et des premières mesures choc d’austérité, dont une forte dévaluation de plus de 52 % du peso.

Retrouvez tous les articles de la série « Argentine, un an de Milei »

« Besoin comme de l’air »

« Milei a besoin de cet accord comme de l’air », a analysé, pour l’Agence France-Presse, Belen Amadeo, politologue à l’université de Buenos Aires. « Il en a besoin pour valider sa proposition économique, se donner plus de marge de manœuvre car, si l’instabilité s’installe et l’inflation augmente, l’insécurité gagne la population qui se réfugie instantanément vers le dollar. »

Avec ces fonds, le gouvernement espère une stabilisation financière et in fine, relancer la croissance, à ce jour pièce manquante dans la stratégie Milei, après une année 2024 en récession (– 1,8 %), contrecoup de l’austérité budgétaire à fort coût social de sa première année de présidence. Début 2024, la pauvreté avait bondi à 52,9 %, avant de reculer à 38 % au second semestre, soit à peu près le niveau d’avant la présidence Milei (41,7 %).

Le nouveau prêt est rien moins que le vingt-troisième accord de financement du FMI, sous diverses formes, avec l’Argentine depuis l’adhésion de celle-ci en 1956. Symbole de l’endettement chronique et du risque récurrent d’insolvabilité du pays, devenu au fil des ans le principal débiteur du Fonds, devant l’Ukraine.

En 2018, l’Argentine avait obtenu un prêt massif de 44 milliards de dollars du Fonds, montant dont le pays doit encore rembourser la majeure partie et, pour lequel, le gouvernement péroniste (centre gauche) précédant Javier Milei avait − déjà − négocié un refinancement en 2022.

Le Monde avec AFP

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Rassemblement pour la « défense de l’Etat de droit » : entre La France insoumise et la gauche associative, des liens de plus en plus distendus

Lors d’un rassemblement contre l’extrême droite, organisé par La France insoumise et Les Ecologistes, place de la République, à Paris, le 6 avril 2025. KIRAN RIDLEY / AFP

Un deuxième round, et moins de divisions ? Samedi 12 avril, c’est au tour de la société civile de gauche d’appeler à un rassemblement place de la République, à Paris. Une mobilisation pour défendre l’Etat de droit et l’institution judiciaire, ciblés par l’extrême droite et une partie de la droite depuis la condamnation de Marine Le Pen – pour laquelle elle a fait appel – à quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour détournement de fonds publics, le 31 mars.

Mais, malgré le thème consensuel à gauche, cette initiative agit comme un révélateur des tensions qui existent entre La France insoumise (LFI) et la société civile de gauche.

« Parce que nous défendons la démocratie et les principes qui la fondent, nous (…) appelons toutes celles et tous ceux qui partagent ces principes à exprimer leur attachement à la justice (…) en se rassemblant (…) dans toutes les villes de France », écrivent SOS Racisme, la Ligue des droits de l’homme (LDH), la CGT, Solidaires, FSU, des syndicats étudiants et lycéens et une quarantaine d’autres organisations. Un appel soutenu par l’ensemble des forces politiques du Nouveau Front populaire (NFP), et qui se tiendra dans plus de 30 villes en France.

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Avec « Zion », le cinéma antillais poursuit la recherche de son identité

Chris (Sloan Decombes) dans « Zion », de Nelson Foix. THE JOKERS FILMS

Le film Zion, réalisé par Nelson Foix, qui remplit les salles obscures aux Antilles et en Guyane depuis le 14 mars grâce à une sortie anticipée, se voit bien parti pour un carton plein. Lors de sa sortie hexagonale, mercredi 9 avril, il a enregistré 10 000 entrées, qui s’ajoutent aux plus de 90 000 entrées antillaises.

A la sortie des séances, à Pointe-à-Pitre, les commentaires sont unanimes. Haletant, bien mené, bien filmé, Zion met en scène un jeune homme guadeloupéen, Chris, désœuvré, un peu dealer, un peu dilettante, dont la vie bascule le jour où, alors qu’il doit effectuer une livraison à risque pour un des caïds du quartier, il découvre un bébé devant chez lui, déposé dans un cabas. Le décor ? Les cités de Pointe-à-Pitre, gangrenées par la pauvreté, les armes et le trafic de stupéfiants. Les acteurs ? Issus d’un casting sauvage, certains sont des détenus, d’autres des figures de la musique urbaine, d’autres un peu des deux.

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« Je crois en l’authenticité d’un film comme celui-là », explique Nelson Foix au sujet de son premier long-métrage, lui-même tiré d’un premier court-métrage à succès, Ti Moun Aw (qui signifie « ton enfant », en créole). Celui-ci, distingué dans de nombreux festivals et même nommé aux Césars en 2022, a été « une belle carte de visite pour le long-métrage », souligne Axel Shanga Lafleur, coproducteur de Zion. C’est même l’atout qui a permis de remporter un soutien de poids : l’humoriste Jamel Debbouze, « percuté » par le court-métrage, qu’il a découvert « sur un téléphone », selon son récit sur une radio locale. « Je me suis dit que ça pouvait vraiment percuter aussi sur un grand écran », ajoutait-il, lors de son passage aux Antilles pour l’avant-première du film.

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Sur les rails à travers le Cantal

Au tout début du printemps, dans le sud-ouest du Cantal, l’herbe a déjà verdi et les arbres fruitiers déploient de resplendissants bouquets blancs. Mais, à mesure que le train prend de l’altitude et se dirige vers le plomb du Cantal, sommet du massif qui a donné son nom au département, le vent forcit et les signes printaniers se font rares. Le voyageur ne retrouvera les bourgeons qu’à la descente, au bord des rives de l’Alagnon, de l’autre côté de la montagne.

Il peut sembler déraisonnable de choisir le train pour traverser ce département rural et montagneux, l’un des moins denses de France. Le territoire est pourtant parcouru par deux lignes, sans compter le train du plateau du Cézallier,qui servait autrefois à transporter le bétail vers la grasse herbe d’altitude, et dont une partie a été transformée en chemin de fer touristique.

La ligne qui relie Toulouse à Clermont-Ferrand, en six heures quarante minutes, n’est pas avare en vues plongeantes, viaducs, tunnels, desservant sept arrêts dans le département. En pratique, pour certains tronçons, un car aux vitres teintées remplace, hélas, le confortable TER bleu de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Gabon : le général Brice Oligui Nguema, putschiste en voie d’élection

Le général Brice Oligui Nguema lors d’un meeting à Libreville, le 10 avril 2025. DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP

Libreville est encore assoupie. Au quartier Charbonnages, vendredi 11 avril au petit matin, les averses tombées au cours de la nuit ont laissé de grandes flaques d’eau que les rares passants évitent avec précaution. Les vendeurs proposent déjà mangues, avocats, bananes, ananas… « Les gens n’ont pas fait de provisions, comme ils le font habituellement la veille d’un scrutin. Cela traduit une forme de sérénité », explique Bergès Mietté, enseignant à l’université de Libreville et chercheur associé au laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM) de Sciences Po Bordeaux.

« Pour la première fois depuis 1993, on assistera [ce samedi] à une élection où il n’y aura pas eu de violences au cours de la période préélectorale », se félicite Désiré Ename, directeur de l’hebdomadaire Echos du Nord. Quelque 850 000 Gabonais sont appelés aux urnes pour un scrutin qui doit mettre fin à dix-neuf mois de transition.

Le 30 août 2023, la dernière élection présidentielle avait tourné au putsch. Une heure seulement après l’annonce de la victoire d’Ali Bongo Ondimba pour un troisième mandat au terme d’un scrutin ostensiblement truqué, des militaires prenaient le pouvoir et portaient à la tête de l’Etat le commandant en chef de la garde républicaine, Brice Oligui Nguema. En quelques minutes et sans effusion de sang, le général mettait fin à la dynastie des Bongo, qui avait vu Omar (de 1967 jusqu’à sa mort, en 2009) puis son fils Ali régner sur le Gabon, pays riche en pétrole et en minerais (fer, manganèse…), pendant cinquante-cinq ans.

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Etats-Unis : la justice face aux assauts de l’administration Trump

Le représentant américain Adriano Espaillat (à droite), président du Congressional Hispanic Caucus, s’exprime lors d’une conférence de presse avec Jennifer Vasquez Sura, épouse de Kilmar Abrego Garcia, un migrant salvadorien qui vivait légalement aux Etats-Unis, expulsé par erreur vers le Salvador. A Washington, le 9 avril 2025. KEN CEDENO / REUTERS

Dans la confrontation entre l’administration Trump et la justice, les tribunaux américains ont, jusqu’à présent, tenu leur rang sur la question de l’immigration. La décision de la Cour suprême, jeudi 10 avril, d’ordonner aux autorités fédérales de « faciliter » le retour aux Etats-Unis de l’immigré salvadorien Kilmar Abrego Garcia, renvoyé « par erreur » dans son pays, le 15 mars, de l’aveu même des autorités, a été saluée par nombre de juristes comme le signe que l’Etat de droit n’est pas sans ressources contre les assauts du gouvernement.

La décision a été rendue à l’unanimité des neuf juges, comme l’avait été, mercredi, celle de la Cour, considérant que les quelque 200 Vénézuéliens emmenés sans autre forme de procès, le 15 mars, au Salvador, dans les mêmes circonstances que Kilmar Abrego Garcia, auraient dû pouvoir contester leur détention devant un juge, selon le principe d’habeas corpus, essentiel en droit anglo-saxon. La Cour s’était cependant divisée (six contre trois) sur la manière d’aborder le fond du dossier : l’administration Trump peut-elle se prévaloir d’une loi s’appliquant en temps de guerre ou d’invasion (Alien Enemies Act de 1798) pour mener à bien sa politique d’expulsions massives en temps de paix ? La majorité avait préféré statuer seulement sur une question procédurale de localisation de la plainte.

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Elles ne seront utilisées que dans le cadre de cet appel à témoignages. Les données associées à une Contribution sont conservées pour une durée maximale de deux ans. Vous pouvez accéder aux données vous concernant, les rectifier, demander leur effacement ou exercer votre droit à la limitation du traitement de vos données, retirer à tout moment votre consentement au traitement de vos données.

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