Après plusieurs attaques de prisons, la justice étudie toutes les pistes, des narcotrafiquants à l’ultragauche

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, à la prison de Toulon-La Farlède, à La Farlède (Var), le 15 avril 2025. MIGUEL MEDINA / AFP

Une attaque exceptionnelle, moins par les dégâts causés que par sa forme inédite et surtout sa signature, pour l’instant inconnue des services de police et de renseignement. En trois nuits, une dizaine d’établissements pénitentiaires, principalement dans le Sud-Est, mais aussi en Ile-de-France, ont été le théâtre d’incendies de plusieurs voitures et, pour l’un d’entre eux, de tirs à l’arme lourde. Presque partout le même sigle a été tagué : « DDPF », pour « droit des prisonniers français ». Dans la nuit de mardi à mercredi, alors que le calme était revenu presque partout, des voitures ont brûlé au centre de détention de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et la signature « DDPF » a été retrouvée dans la cage d’escalier de l’immeuble d’une surveillante en Seine-et-Marne, où un début de feu a été également constaté.

Devant l’ampleur de la menace, le Parquet national antiterroriste a annoncé, mardi, se saisir de l’enquête, confiée à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et à la direction générale de la sécurité intérieure. Selon la chancellerie, « la nature même de l’action » traduit une « action concertée dont l’objectif est de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation », ce qui est constitutif de l’infraction terroriste. Mercredi matin sur CNews, le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a déclaré « il y a manifestement des gens qui essaient de déstabiliser l’Etat en l’intimidant. (…) On ne va pas reculer parce que d’abord on ne menace pas l’Etat, parce que si l’Etat recule, il n’y a plus rien, il n’y a pas de protection des Français ».

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Effondrement du toit d’une discothèque en République dominicaine : première plainte contre l’Etat et l’établissement pour homicide involontaire et omissions

Une semaine après l’effondrement du toit de la discothèque Jet Set en République dominicaine, qui a fait 231 morts et quelque 200 blessés, la famille d’une victime a déposé une plainte, mardi 15 avril, pour « homicide involontaire » contre les responsables de la boîte de nuit et pour « omissions dans l’accomplissement de ses devoirs légaux » contre l’Etat. Il s’agit de la première poursuite engagée après le drame.

Le gérant du Jet Set a dit dans un communiqué dans l’après-midi être à « l’entière disposition » de la justice. « C’est la justice qu’on vous demande et qu’on espère mériter » après cette « tragédie évitable », écrit Me Félix Humberto Portes Nunez, avocat de la veuve et les parents de Virgilio Rafael Cruz Aponte, décédé lors du drame.

« Il résulte sans équivoque qu’il y a suffisamment » d’éléments pour accuser les responsables de la discothèque d’homicide involontaire, selon le texte de la plainte déposée au parquet dont l’Agence France-Presse a obtenu une copie. La Jet Set, « qui a cinquante-deux ans, connaissait des fuites, des chutes partielles de morceaux et de poussières du plafond », selon la plainte déposée par la veuve et les parents de Virgilio Rafael Cruz Aponte.

« L’affaiblissement de la structure dû à l’ancienneté, un incendie, des réparations, des infiltrations, des charges indues sur le plafond telles que des entrepôts, des équipements lourds de climatisation », ont également été pointés dans la plainte. La famille de la victime accuse également les responsables d’avoir « fait preuve de négligence en ne réalisant pas une planification adéquate dans (…) la conception de la sécurité, le renforcement des structures et du plafond du bâtiment et n’ont pas respecté les réglementations et normes à cet effet ».

Création d’une commission pour déterminer les causes

L’avocat s’en prend aussi aux autorités : « Les faits décrits ici témoignent d’une chaîne de négligences structurelles et d’omissions de sécurité, attribuables non seulement aux gestionnaires, actionnaires de la discothèque, mais aussi aux institutions publiques. » « Ces institutions, en manquant à leurs devoirs d’inspection, de surveillance et de contrôle, ont violé leurs fonctions légales et ont favorisé un environnement dangereux qui a culminé dans cette tragédie évitable », accuse l’avocat. « L’Etat dominicain peut être poursuivi pour responsabilité civile, tant pour des actes illicites commis par ses agents que pour des omissions dans l’accomplissement de ses devoirs légaux, lorsque ces actions ou omissions causent un dommage aux particuliers », ajoute le texte.

Considérée comme la plus grande tragédie du siècle en République dominicaine, la catastrophe dépasse, pour ce qui est du bilan humain, l’incendie en 2005 d’une prison à Higüey, dans l’est du pays, qui avait coûté la vie à 136 détenus. Le toit de la discothèque s’est effondré le 8 avril à 0 h 44 (6 h 44, à Paris) alors qu’entre 500 et 1 000 personnes assistaient à un concert de la star du merengue Rubby Pérez, morte lors de l’accident. Cent quatre-vingt-neuf personnes ont été secourues.

La présidence a annoncé la création d’une commission d’experts nationaux et internationaux pour déterminer les causes du désastre. Lundi, le président Luis Abinader avait souligné, lors de sa conférence de presse hebdomadaire : « Nous allons respecter le fait que la justice sera rendue comme elle doit l’être. Et vous ne trouverez aucune intervention du gouvernement. » Le président a dit qu’il n’existait pas d’obligation de supervision des travaux de construction privés dans le pays, et reconnu qu’il y avait « un vide dans la loi, que [l’Etat doit] résoudre ».

Le Monde avec AFP

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Crise des droits TV de la Ligue 1 : une dernière journée de médiation à rebondissements confirme le flou total dans lequel plonge le football français

Le siège de la Ligue de football professionnel, à Paris, le 1ᵉʳ février 2021. FRANCK FIFE / AFP

C’est une nouvelle journée qui fera date dans l’histoire de la crise des droits télévisuels, qui affecte sévèrement le football français depuis plusieurs saisons maintenant. Ancien président du tribunal de commerce de Paris et négociateur chevronné, qui était arrivé notamment à trouver un accord dans la guerre que se menaient les groupes de luxe français LVMH et Hermès en 2014, Frank Gentin n’est, cette fois, pas parvenu à obtenir la paix entre la Ligue de football professionnel (LFP) et le principal diffuseur de la Ligue 1, DAZN.

Peu après 19 h 30, mardi 15 avril, la LFP a acté, par le biais d’un communiqué succinct, « l’échec de la médiation » entamée au début de mars avec DAZN, dont la date de fin a été repoussée à deux reprises au cours des dernières semaines, faute d’accord. « Le contrat liant les parties demeure en vigueur, et LFP Media attend de son partenaire qu’il exécute pleinement l’ensemble de ses obligations à ce titre », ajoute l’instance.

Cette dernière et l’ensemble des clubs français, pris à la gorge financièrement depuis plusieurs mois, ne sont aujourd’hui pas plus avancés. Le contrat qui les lie à DAZN jusqu’en 2029, qui diffuse en direct huit des neuf matchs de Ligue 1 par journée contre un chèque annuel de 400 millions d’euros en moyenne, est toujours en vigueur. Mais rien ne dit aujourd’hui qu’il le sera encore après la saison 2024-2025 du championnat, qui se termine à la fin de mai.

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Aston Villa-PSG : le résumé de la défaite des Parisiens, bousculés par les Villans mais qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des champions

Avec une avance pourtant confortable et un état de grâce acquis depuis quelques mois, le Paris Saint-Germain n’a pas dérogé à son passif européen, mardi 15 avril à Birmingham, en s’inclinant sur la pelouse d’Aston Villa (2-3), en quart de finale retour de la Ligue des champions. Un revers déroutant, qui n’a pas suffi à évincer les Parisiens de la compétition, bien lancés après leur succès obtenu à l’aller (3-1, score cumulé : 5-4).

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Depuis quelques mois, l’idée plane que le PSG ne serait plus le même, plus lucide dans les moments délicats, plus séduisant sur le terrain. On y croirait presque, tant le spectre de la remontada qui plane chaque saison au-dessus du club – semble avoir été écarté par les mains fermes de Gianluigi Donnarumma.

Les joueurs de Luis Enrique avaient d’ailleurs parfaitement commencé la rencontre, Achraf Hakimi (11e) puis Nuno Mendes (27e) ouvrant les hostilités. Mais la hargne des Villans et les égarements défensifs de Willian Pachoet de ses coéquipiers ont maintenu le suspense jusque dans les dernières minutes. D’abord via l’agile Youri Tielemans (34e), puis, pendant une poignée de minutes de folie, à la reprise, avec John McGinn (55e) et Ezri Konsa (57e) qui rallumaient coup sur coup les espoirs anglais.

Tout en souffrance, mais sans sombrer, le PSG s’est ainsi qualifié pour sa deuxième demi-finale de Ligue des champions consécutive, la cinquième de son histoire. Il pourrait y retrouver un autre club anglais, Arsenal – qui avait déjà battu les Parisiens en phase de poule (0-2) –, surprenant tombeur du Real Madrid à l’aller (3-0). A moins que les Merengues de Kylian Mbappé réussissent ce qu’ils font le mieux : renverser la tendance. Ce serait alors un autre type de retrouvailles entre le club parisien et son ancien joueur, en conflit financier et juridique.

Ce qu’il faut retenir

  • Le cador. John McGinn, capitaine courage.

Arrivé en 2018 à Birmingham, le milieu écossais est passé par tous ses états, en osmose avec son public, son stade, son club. Le capitaine lance le premier but des Villans et égalise à la reprise d’une frappe heureuse. Unai Emery le remplace à l’heure de jeu par Marco Asensio, alors qu’il semblait en avoir encore dans les jambes.

0-1, 11e : Bradley Barcola s’enfonce sur l’aile gauche, et centre au point de penalty, où Dibu Martinez repousse maladroitement le ballon. Seul dans l’axe, Achraf Hakimi n’a plus qu’à tirer dans un but presque vide.

0-2, 27e : Sur un contre porté par Achraf Hakimi, Ousmane Dembélé décale dans la surface pour Nuno Mendes, qui ajuste Dibu Martinez d’une frappe qui vient rebondir sur le poteau.

1-2, 34e : Les Parisiens perdent le ballon dans le camp anglais et un contre se forme dans la foulée. Youri Tielemans est décalé par John McGinn et enroule son ballon droit vers les filets de Gigio Donnarumma, bien aidé par une déviation de la poitrine de Willian Pacho.

2-2, 55e : John McGinn s’enfonce dans le camp parisien et déclenche une frappe enroulée aux abords de la surface. Willian Pacho la dévie légèrement et accentue le lob, trompant Gigio Donnarumma.

3-2, 57e : Après un corner repoussé par le PSG, Marcus Rashford hérite du ballon sur l’aile droite, se dirige vers la cage parisienne, et trouve Ezri Konsa, qui conclut d’une frappe devant le montant.

  • La phrase. « J’ai connu des moments difficiles, il faut savourer celui-là », confiait Marquinhos au micro de Canal+, au sortir de la rencontre.

Et pour cause, le capitaine brésilien du PSG, au club depuis 2013, a connu nombre de désillusions européennes avec le maillot des Rouge et Bleu.

Le goût de la défaite tempère la qualification des Parisiens, malmenés pendant plus d’une heure par des Villans revanchards. Ce match à suspense obtient ainsi un « B + » plus que convaincant, sur notre échelle de notation allant de « A » à « E ».

Muets après les deux buts parisiens, les supporteurs de Villa Park ont retrouvé de leur incandescence une fois leur équipe en verve. Avant de revenir au silence, suspendus aux offensives de leurs joueurs dans les dernières minutes de la rencontre Aston Villa-PSG, à Birmingham, le 15 avril 2025. HANNAH MCKAY / REUTERS

Service Sports

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En direct, guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky accuse la Chine de « fournir des armes » à la Russie et de l’aider à en produire

L’Assemblée générale des Nations unies a étudié, mercredi, le projet de résolution « Coopération entre les Nations unies et le Conseil de l’Europe » (document A/79/L.75). Le texte à l’initiative du Luxembourg et de la Lituanie traite, entre autres, du statut de la Russie, qui a été expulsée du Conseil de l’Europe en mars 2022, a été adopté par 105 voix pour, 9 contre (Biélorussie, République populaire démocratique de Corée, Erythrée, Mali, Nicaragua, Niger, Fédération de Russie, Soudan, Etats-Unis) et 33 abstentions.

« Plusieurs paragraphes de la résolution faisant référence à l’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine posaient problème. Cependant ces références constituent une partie importante de la coopération entre l’ONU et le Conseil de l’Europe », a noté l’ONU dans son compte rendu.

Sans surprise, les diplomates russes ont qualifié la formulation du document d’« inacceptable ». Jonathan Shrier, représentant par intérim des Etats-Unis auprès du Conseil économique et social des Nations Unies a expliqué pourquoi il avait voté contre la résolution : « La résolution actuelle réitère des déclarations concernant la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui, selon les Etats-Unis, ne contribuent pas à faire avancer la cause de la paix. » « Nous espérons que le Conseil de l’Europe et tous les Etats membres de l’ONU soutiendront et renforceront les efforts visant à parvenir à une paix globale et durable entre la Russie et l’Ukraine », a-t-il ajouté.

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Harvey Weinstein est rejugé à New York après l’annulation de sa première condamnation

L’ex-magnat du cinéma Harvey Weinstein à son deuxième procès à New York, le 15 avril 2025. STEVEN HIRSCH / VIA REUTERS

L’ex-magnat du cinéma Harvey Weinstein, dont la chute a entraîné en 2017 le début de la vague mondiale #MeToo, a retrouvé le banc des accusés mardi 15 avril à New York lors d’un nouveau procès pour viol et agression sexuelle après l’annulation retentissante de sa condamnation l’année dernière.

Costume bleu foncé et cravate, l’ancien patron des studios Miramax, 73 ans, diminué par des problèmes de santé, est entré dans la salle d’audience de la cour criminelle de Manhattan poussé en chaise roulante.

Le procès a démarré par la sélection du jury, mais au bout de la première journée, aucun juré sur les douze titulaires nécessaires (sans compter quelques suppléants), n’a pu être choisi. Plusieurs dizaines de jurés potentiels ont fait savoir qu’ils ne pensaient pas pouvoir être équitables en raison de leur connaissance de l’affaire et de l’accusé.

Lire aussi | Harvey Weinstein ne sera pas jugé à New York avant 2025

Procédure annulée

Harvey Weinstein doit être rejugé pour l’agression sexuelle de l’ancienne assistante de production Mimi Haleyi, en 2006, et le viol de l’aspirante actrice Jessica Mann, en 2013. Il avait été reconnu coupable de ces faits en 2020 et condamné à 23 ans de prison.

Mais en avril 2024, la cour d’appel de New York a annulé toute la procédure, au motif que le tribunal avait laissé témoigner d’autres victimes présumées sur des faits pour lesquels l’ancien producteur n’était pas inculpé. Cette annulation a été vécue comme une gifle pour le mouvement de lutte contre les violences sexuelles et un retour en arrière pour la prise en compte de la parole des victimes par la justice.

Le procès portera aussi sur une nouvelle inculpation pour agression sexuelle en 2006 dans un hôtel de Manhattan, sur une victime présumée qui demeure pour l’instant anonyme, mais qui témoignera sous son nom, a assuré son avocate Lindsay Goldbrum aux journalistes. L’avocate a rendu hommage aux deux autres femmes qui viendront raconter leur histoire une seconde fois. « Cela démontre leur courage absolu », a-t-elle lancé.

Lire aussi | Harvey Weinstein plaide non coupable face à une nouvelle inculpation pour agression sexuelle

« Œil neuf »

Harvey Weinstein, producteur d’innombrables succès du cinéma indépendant (« Sexe mensonges et vidéo », « Pulp Fiction », « Shakespeare in Love ») reste détenu, car il a aussi été condamné en Californie à seize ans de prison en 2023 dans un dossier distinct de viol et agressions sexuelles.

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Il espère que l’affaire sera « regardée avec un œil neuf », plus de sept ans après les enquêtes du New York Times et du New Yorker à l’origine de sa chute et d’une onde de choc planétaire qui a libéré la parole de nombreuses victimes et contraint les sociétés à de profondes remises en question sur la place des femmes.

« Ce sera très différent », veut croire son avocat Arthur Aidala, promettant un procès « sur les faits et pas sur #MeToo ». « Il y a cinq ans (lors de son premier procès en 2020), il y avait des manifestations, des gens qui scandaient “C’est un violeur” (…) les gens étaient à fond contre lui », ajoute-t-il. « Je pense que tout cela est retombé », assure-t-il, se disant optimiste sur un verdict de non-culpabilité.

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Décrit par ses accusatrices comme un prédateur qui jouait de sa stature d’homme tout-puissant du cinéma pour obtenir des faveurs sexuelles d’actrices ou d’assistantes, le plus souvent dans des chambres d’hôtel, Harvey Weinstein n’a jamais reconnu d’agression et a toujours assuré que les relations étaient consenties. Depuis les premières révélations en 2017, Harvey Weinstein a été accusé par plus de 80 femmes de harcèlement, agression sexuelle ou viol, dont les actrices Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Ashley Judd.

Le Monde avec AFP

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Les Etats-Unis lèvent leurs sanctions contre le chef de cabinet de Viktor Orban

Antal Rogan, chef de cabinet du premier ministre hongrois, Viktor Orban, au Parlement, à Budapest, le 26 février 2024. BERNADETT SZABO / REUTERS

Les Etats-Unis ont annoncé, mardi 15 avril, qu’ils levaient leurs sanctions visant un proche de Victor Orban, le premier ministre hongrois, signe des relations étroites entre la Hongrie et l’administration Trump, selon un communiqué du département d’Etat américain. Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a fait part de la décision de retirer Antal Rogan de sa liste noire lors d’un appel à son homologue hongrois, Peter Szijjarto, « notant que le maintien de cette désignation était incompatible avec les intérêts de la politique étrangère des Etats-Unis ». Le premier ministre hongrois est un des rares dirigeants européens proches de Donald Trump.

La précédente administration de Joe Biden avait imposé au début de janvier des sanctions économiques à l’encontre du chef de cabinet du premier ministre hongrois « pour son implication dans la corruption ». Antal Rogan, qui contrôle les services de renseignement et de communication, était accusé d’avoir « orchestré des systèmes de corruption pour contrôler des secteurs stratégiques de l’économie hongroise et en détourner les recettes à son profit et à celui des fidèles de son parti politique », avait alors affirmé le département du Trésor.

Cette levée des sanctions est « le signe clair que le vent a tourné à Washington », a réagi M. Szijjarto, cité par le porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs, sur X. La décision initiale était selon lui le fruit d’une « pure vengeance politique de la part d’un ambassadeur américain frustré », et le président américain Donald Trump « répare cette injustice ».

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La « corruption systémique » dénoncée par l’ancienne administration

Le diplomate David Pressman, en poste en Hongrie de 2022 jusqu’au début de 2025, dénonçait régulièrement « la corruption systémique » et les atteintes à la liberté d’expression ainsi qu’aux droits humains, notamment à l’égard des personnes LGBT+.

Le pays d’Europe centrale de 9,6 millions d’habitants figure au dernier rang du classement de l’ONG Transparency International parmi les 27 Etats membres de l’UE, des soupçons de détournement lui ayant valu le gel de milliards d’euros de fonds européens. Depuis le retour au pouvoir, en 2010, de Viktor Orban, le dirigeant nationaliste a par ailleurs progressivement mis au pas les contre-pouvoirs, qu’il s’agisse des médias ou de la justice.

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Le Monde avec AFP

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L’ex-président argentin Alberto Fernandez sera bien jugé pour violence sur son ex-compagne

L’ancien président argentin Alberto Fernandez et son ex-compagne Fabiola Yanez arrivent à un dîner à l’Elysée, à Paris, le 11 novembre 2022. LUDOVIC MARIN / AFP

L’ex-président argentin Alberto Fernandez (2019-2023) sera bien jugé, a confirmé mardi 15 avril la justice, pour « blessures graves » et « menaces coercitives » sur l’ancienne journaliste et animatrice Fabiola Yañez, qui était sa conjointe pendant sa présidence.

L’ex-chef d’État, âgé de 66 ans, a toujours nié toute violence contre Mme Yañez, avec qui il a été en couple une dizaine d’années, et avait fait appel du renvoi décidé mi-février. Mais deux des juges de la Chambre fédérale d’appel, dans leur décision argumentée de 82 pages à laquelle l’Agence France-Presse (AFP) a eu accès, estiment avérées « les différentes formes de violence de genre que de manière continue, entre 2016 et 2024, l’accusé a exercé sur la victime ».

« L’isolement » auquel a été soumise l’ex-Première dame dans la résidence présidentielle « a été la cause d’une détérioration marquée des conditions de santé de la victime », ont-ils encore conclu. Un troisième juge, minoritaire, a cependant relevé des « biais » dans l’enquête et demandé que M. Fernandez ne soit pas jugé.

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Hématomes sur le visage et le corps

L’ex-président de centre gauche est inculpé depuis août pour coups et blessures, ainsi que pour menaces et coercition à l’encontre de Fabiola Yañez, avec laquelle il a eu un fils né en 2022. L’ex-Première dame, ancienne journaliste et animatrice de télévision de 43 ans, avait déposé plainte et été entendue par visioconférence par un magistrat de Buenos Aires depuis le consulat argentin à Madrid, ville où elle réside avec son fils.

Dans sa déposition écrite, à laquelle l’AFP avait eu accès, elle rapportait que « les abus, le harcèlement, le mépris, les agressions, les coups, se sont avérés être une constante » dans son couple avec Alberto Fernandez. Parmi les éléments du dossier, des photos saisies sur le téléphone de la secrétaire privée de M. Fernandez envoyées par Mme Yañez, où l’ex-Première dame apparaît avec des hématomes sur le visage et le corps.

Entendu début février par un juge d’instruction, M. Fernandez a remis une longue déposition écrite dans laquelle il conteste avoir « jamais exercé de violence physique, psychologique ou économique » sur Fabiola Yañez, dénonce l’absence de témoins directs des faits supposés, et affirme que les hématomes correspondaient à un traitement esthétique. Selon les services du procureur, l’ex-président encourt jusqu’à 18 ans de prison.

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Le Monde avec AFP

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Soudan : les paramilitaires des Forces de soutien rapide annoncent un gouvernement rival, après deux ans de guerre

Vue du camp de réfugiés d’Ourang, à Adré (Tchad), où vivent des personnes ayant fui le conflit au Soudan, le 7 décembre 2023. DENIS SASSOU GUEIPEUR / AFP

Le chef des paramilitaires au Soudan, Mohammed Hamdan Daglo, a annoncé, mardi 15 avril, la mise en place d’un gouvernement rival, au deuxième anniversaire de la guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et plongé une partie du pays dans la famine.

Réunis à Londres, des responsables d’une quinzaine de pays, parmi lesquels l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, et des organisations internationales ont appelé à un « cessez-le-feu immédiat et permanent » au Soudan, et souligné « la nécessité d’empêcher toute partition » de ce pays d’Afrique de l’Est. Cette demande de cessez-le-feu a été réitérée un peu plus tard par les pays du G7, qui demandent également, dans un communiqué, à tous les « acteurs extérieurs de cesser tout soutien qui alimente davantage le conflit ».

La guerre a éclaté le 15 avril 2023 entre l’armée régulière, commandée par le général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, et les Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Daglo, son ancien adjoint. L’armée du général Al-Bourhane, dirigeant de facto du pays depuis un coup d’Etat en 2021, contrôle le Nord et l’Est, tandis que les paramilitaires dominent le Sud et l’Ouest.

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« En cet anniversaire, nous affirmons avec fierté la mise en place d’un gouvernement de paix et d’unité », a déclaré le général Daglo sur son compte Telegram, annonçant notamment une « nouvelle monnaie » et une « nouvelle carte d’identité ». « Ce gouvernement représente le véritable visage du Soudan », a-t-il soutenu.

Plus de deux semaines avant cet anniversaire, l’armée a repris le contrôle de Khartoum, d’où elle avait été chassée par les FSR juste après le début de la guerre. Des centaines de milliers de personnes avaient fui la capitale. Beaucoup de civils ont célébré ce qui était pour eux une « libération » après près de deux ans passés sous l’emprise des paramilitaires, accusés de génocide, de pillages et de violences sexuelles. Zainab Abdelrahim, une femme de 38 ans, est rentrée au début d’avril à Khartoum, avec ses six enfants, où elle a à peine reconnu sa maison pillée : « Nous essayons de rassembler l’essentiel, mais il n’y a ni eau, ni électricité, ni médicaments. » Selon l’ONU, plus de 2,1 millions de déplacés pourraient rentrer à Khartoum au cours des six prochains mois, si les conditions de sécurité et les infrastructures le permettent.

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Appel de l’ONU à stopper le « flux d’armes »

Après la perte de Khartoum, les paramilitaires ont concentré leurs attaques au Darfour pour tenter de s’emparer d’El-Fasher, la dernière capitale provinciale qui leur échappe dans cette région. Dimanche, les FSR, qui contrôlent presque totalement le Darfour, ont ainsi annoncé avoir pris le camp de Zamzam, proche d’El-Facher, où vivaient plus de 500 000 déplacés frappés par la famine, lors d’un assaut qui a fait plus de 400 morts, selon l’ONU. D’après l’Organisation internationale pour les migrations, environ 400 000 civils ont fui ce camp.

« Ils sont entrés à Zamzam et ont commencé à nous tirer dessus », explique à l’Agence France-Presse (AFP) Amna Hussein, 36 ans, qui a été blessée à la main par une balle avant de fuir le camp de Zamzam vers la ville de Tawila, une soixantaine de kilomètres plus loin. « J’ai enveloppé ma main d’un tissu pour stopper le sang, et nous n’avons cessé de courir », témoigne-t-elle, exténuée par trois jours de marche.

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Lundi, Antonio Guterres a appelé à mettre fin « au soutien extérieur et au flux d’armes » qui alimentent la guerre. L’armée soudanaise accuse les Emirats arabes unis de soutenir les paramilitaires en leur livrant des armes, ce que nient les FSR et les Emirats.

Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Le Soudan déchiré par une année de guerre

Plus de 800 millions d’euros supplémentaires de financements

Dans leur communiqué final, les participants à la conférence de Londres se sont engagés à mobiliser plus de 800 millions d’euros supplémentaires pour ce pays enfoncé dans une crise humanitaire catastrophique.

« Beaucoup ont abandonné le Soudan (…). C’est une erreur morale lorsqu’il y a autant de civils décapités, des nourrissons d’à peine un an victimes de violences sexuelles, et plus de personnes menacées de famine que partout ailleurs dans le monde », a dit le chef de la diplomatie britannique, David Lammy, à l’occasion de cette conférence. « Continuer à détourner le regard du Soudan aura des conséquences catastrophiques », a dit le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

La destruction du système de santé au Soudan rend impossible d’établir un bilan exact concernant les victimes. En 2024, l’ex-émissaire de l’ONU au Soudan, Tom Perriello, avait avancé des estimations faisant état de 150 000 morts.

Les belligérants ont été accusés de viser des civils, de bombarder aveuglément des zones habitées et de faire obstacle à l’acheminement de l’aide humanitaire. Près de 25 millions de Soudanais souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, parmi lesquels 8 millions sont au bord de la famine, selon l’ONU.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Guerre au Soudan : « La conférence de Londres doit briser le silence qui entoure ce conflit, et arracher le Soudan à l’indifférence mondiale »

Le Monde avec AFP

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Joe Biden attaque Donald Trump dans son premier discours depuis son départ de la Maison Blanche

L’ancien président américain Joe Biden s’est livré, mardi 15 avril, à une attaque en règle de son successeur Donald Trump, dénonçant les « dégâts » et les « destructions » provoquées par ce dernier, dans son premier discours public depuis qu’il a quitté la Maison Blanche, le 20 janvier.

« Voyez ce qui s’est passé : cela ne fait pas encore cent jours, et cette nouvelle administration a fait tant de dégâts et tant de destructions », a dénoncé l’ex-président, qui s’exprimait lors d’une conférence à Chicago consacrée à la « Sécurité sociale », le système de retraites américain. « Tout cela est arrivé si vite, c’est à couper le souffle », a-t-il ajouté, dans un discours de près d’une demi-heure, parsemé de pointes d’humour.

Mais aussi de quelques moments de flottement, quand Joe Biden a bafouillé ou peiné à conclure certaines anecdotes, abrégées par un « Bref ». Sur son réseau, Truth Social, Donald Trump, souvent prompt à se moquer de son ancien adversaire à la présidentielle, a republié l’extrait de l’une de ces tirades inachevées, sans ajouter de commentaire.

M. Biden, 82 ans, a accusé l’administration Trump de s’en prendre à la Sécurité sociale, agence fédérale chargée notamment de distribuer les retraites publiques ou les pensions d’invalidité à 68 millions de bénéficiaires. « Ils attaquent la Sécurité sociale à coups de hache, licenciant 7 000 fonctionnaires, y compris les plus chevronnés. Ils s’apprêtent à en pousser des milliers d’autres vers la porte », a-t-il dénoncé.

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« Pourquoi veulent-ils la dévaliser ? »

« Pourquoi veulent-ils la dévaliser ? C’est pour offrir d’énormes baisses d’impôts aux milliardaires », a martelé l’ancien président démocrate, accusé d’avoir tardé à céder la place l’an dernier à sa vice-présidente, Kamala Harris, dans la course à la Maison Blanche, donnant ainsi un avantage à son adversaire républicain.

« La Sécurité sociale mérite d’être protégée pour le bien de la nation tout entière, a-t-il rappelé. Il ne s’agit pas seulement de pensions de retraite. Il s’agit d’honorer un lien de confiance fondamental entre l’Etat et le peuple. »

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En février, l’administration Trump a nommé temporairement un « expert antifraude » à la tête de la Sécurité sociale. Elon Musk, chargé par Donald Trump de réduire les dépenses de l’Etat fédéral, affirme que de nombreuses fraudes minent le fonctionnement de la Sécurité sociale, avec notamment plusieurs millions de bénéficiaires âgés de plus de 100 ans, sans avancer de données détaillées et publiques.

Le Monde avec AFP

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