A la Taiwan Week, des spectacles comme autant de porte-voix militants

La chanteuse Wei Hai-min (à gauche), dans « The Queen With No Name » par le metteur en scène Wang Chia-ming, à la Taiwan Week, à Taipei, en avril 2025. KRIS KANG

De claques esthétiques en questionnements historiques, la deuxième édition de la Taiwan Week, une plateforme de spectacles pilotée par le National Theater and Concert Hall (NTCH) de Taipei, participe activement aux débats sociétaux et politiques. « On est sur l’île de Taïwan et l’on ne peut pas échapper à la politique, rappelle Liu Yi-ruu, directrice du NTCH. Les Taïwanais, artistes ou non, sont impliqués dans les questions politiques. Et comme nous sommes des gens libres qui pouvons exprimer notre opinion en toute sécurité et sans être censurés, nous le faisons sur tous les sujets. »

Lire le reportage (en 2023) : Article réservé à nos abonnés Avec sa première Taiwan Week, Taipei opte pour la géopolitique par les arts

Au cœur des quinze productions à l’affiche jusqu’au samedi 19 avril dans cinq salles, une veine militante et engagée s’impose. Déterminés, certains metteurs en scène, chorégraphes, marionnettistes brandissent leurs points de vue dans des pièces palpitantes. A l’opposé de la tendance au divertissement, l’art affirme ici son rôle de porte-voix autour d’enjeux cruciaux dont ceux du féminisme, du genre et de l’histoire de Taïwan.

« C’est notre responsabilité d’exposer, pendant cette Taiwan Week fréquentée par nombre de programmateurs étrangers, des œuvres qui osent se confronter à des thèmes majeurs, insiste Liu Yi-ruu. Il faut secouer le public pour que nous réfléchissions ensemble. C’est une nécessité. » Une cinquantaine de directeurs de salles de 22 pays dont le Canada, les Etats-Unis, le Portugal, l’Allemagne, la France, la Thaïlande, la Corée du Sud, le Japon et l’Australie sont présents.

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Entre l’Italie et la France, itinéraire du « gramscisme de droite »

Ce soir de septembre 2024, à Rome, dans l’enceinte auguste d’un des palais de la capitale, le fantôme d’Antonio Gramsci est en bien étrange compagnie. Sur un écran accroché au mur d’une des vastes salles de la bibliothèque du Sénat de la République italienne, le visuel de la conférence donne à voir, à côté du visage du penseur communiste martyr, celui du philosophe fasciste Giovanni Gentile. Le premier est mort à petit feu dans les geôles mussoliniennes en 1937 ; le second a été tué en 1944 par de jeunes partisans antifascistes.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Giorgia Meloni, prise dans ses contradictions sur la crise de la relation transatlantique, bénéficie des divisions de l’opposition

Etrange effort de réconciliation nationale qui réunit un saint laïque au corps creusé par la misère et le ministre de l’instruction bien cravaté d’un régime totalitaire. Si la fondation postfasciste Alleanza Nazionale, intimement liée à Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni, a convoqué les deux penseurs, c’est pour répondre à une question qui obsède l’extrême droite italienne : « De Gramsci à Gentile : l’hégémonie culturelle existe-t-elle ? » Au cœur des débats figure le concept phare du gramscisme, invoqué avec entrain par une classe politique d’extrême droite animée par la certitude d’avoir une revanche à prendre.

Le raisonnement de ses représentants est simple : perdante de l’histoire après la seconde guerre mondiale, la droite de matrice fasciste a, selon eux, été victime d’une injuste marginalisation. Si elle a reconquis le pouvoir par les urnes, en 2022, avec Giorgia Meloni, les lieux où l’on pense et où l’on crée sont toujours, à leurs yeux, occupés par une gauche dépassée, mais mauvaise perdante. Ils veulent donc y remédier en ajoutant à la domination politique nouvellement acquise une victoire culturelle plus profonde – une nouvelle « hégémonie ».

Trente-trois carnets d’écolier sauvés par sa belle-sœur

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Plus connecté et plus violent : Europol alerte sur la « mutation de l’ADN » de la criminalité organisée

Catherine De Bolle, directrice exécutive d’Europol, lors d’une conférence de presse, à Bruxelles, le 5 avril 2024. VIRGINIA MAYO/AP

A la manière d’un médecin au chevet d’un malade, Europol s’est livré au diagnostic complet de la menace de la criminalité organisée sur l’Europe. Confrontée à des organisations criminelles toujours plus connectées et violentes, l’agence de coopération policière européenne titre sur « la mutation de l’ADN du crime organisé » dans sa publication intitulée Socta 2025 (Serious and Organised Crime Threay Assessment), très attendue, car elle est diffusée seulement tous les quatre ans.

Cette carte d’identité génétique de la criminalité est marquée, selon les experts européens, par trois principales évolutions :un « effet déstabilisateur » sur l’Union européenne et les pays membres, l’omniprésence d’Internet dans les activités criminelles, et l’accélération des menaces liées à l’intelligence artificielle et aux nouvelles technologies.

Mises bout à bout, telles des molécules d’ADN, elles donnent à voir « une menace directe pour notre futur », a constaté Catherine De Bolle, directrice exécutive d’Europol, lors de la conférence de presse accompagnant la publication du rapport, mardi 18 mars, à La Haye (Pays-Bas), évoquant un « signal d’alarme » pour les forces de l’ordre.

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Rétropportuniste (n.m.) comme Donald Trump et son yoyo sur les tarifs douaniers : il n’a pas changé d’avis, c’est « the art of the deal »

Prononciation

[ʁe.tʁo.poʁ.ty.nist]

Définition

Personne qui, après avoir spectaculairement changé d’avis, prétend que ce revirement fait partie d’un plan mûrement réfléchi depuis le départ. Le rétropportuniste ne confesse jamais s’être trompé : il révèle une stratégie.

Exemples

Donald Trump et son yoyo sur les tarifs douaniers : il n’a pas changé d’avis, c’est « the art of the deal » (l’art de la négociation), du nom du livre éponyme signé par ses soins en 1987. Donald Trump (encore lui) et le Covid-19 : s’il a minimisé la gravité de la situation, c’était pour éviter la panique.

Synonymes

Flexidoxe (adj.) : adepte d’une doctrine conçue pour être indéfiniment réinterprétée. Opinioplasticien (n.m.) : expert dans l’art de remodeler ses convictions en fonction des derniers événements.

Usage

Contrairement à la simple girouette, le rétropportuniste ne tourne pas avec le vent : il prétend avoir anticipé la tempête. Il modifie rétrospectivement ses positions passées, tout en conservant une posture d’intégrité inattaquable. Il se réfère volontiers à des phrases qu’il aurait prononcées mais dont personne ne se souvient : « A l’époque, quand j’en parlais, personne ne me prenait au sérieux ! » On pourrait penser que l’existence d’archives numériques limiterait les élans du rétropportuniste, mais il estime, au contraire, que clamer que tout était prévu alors même que des documents accessibles en ligne indiquent l’inverse ne lui donne que plus de panache. S’il se contredit, son imprévisibilité passe pour du génie tactique. Il ne fait pas n’importe quoi : il sème la confusionpour dérouter ses adversaires.

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« Après dix-huit mois, ils vivent littéralement un enfer » : en Israël, la question des otages, poison lent dans la société

Affiche de soutien aux otages, dans un restaurant du marché du Carmel, à Tel-Aviv, le 4 avril 2025. SANDRA MEHL POUR « LE MONDE »

Devant quelques centaines de personnes, mercredi 16 avril, sur la place de Tel-Aviv où se réunissent les familles des otages, Ilana Gritzewsky, 31 ans, a raconté une nouvelle fois son enlèvement, le 7 octobre 2023, les attouchements sexuels pendant son transfert vers Gaza puis les jours et les nuits de terreur. « J’ai perdu 11 kilos en cinquante-cinq jours. Je souffre de gastrite et de colite, et pendant toute la durée de ma captivité, je vomissais, j’avais la diarrhée et je m’évanouissais constamment. » La veille, au même endroit, Moran Stela Yanai, 41 ans, et Noga Weiss, 19 ans, avaient décrit la souffrance psychologique endurée. L’avant-veille, c’était Meirav Tal, 55 ans, les jours d’avant, c’étaient les mères, pères, frères, sœurs d’otages morts ou encore retenus – 24 présumés vivants, 35 présumés morts, sur les 251 enlevés le 7 octobre 2023 par le Hamas et le Jihad islamique palestinien.

Lire aussi | En direct, guerre à Gaza : après le discours de Benyamin Nétanyahou, des familles d’otages réclament un accord pour la libération des Israéliens retenus par le Hamas

La « place des Otages », à Tel-Aviv, demeure le cœur battant d’une mobilisation qui devrait renaître plus fortement après la fin des vacances de Pessah, la Pâque juive, samedi, alors que le compteur des jours – 561 depuis l’attaque terroriste du 7-Octobre – tourne sur les téléviseurs, sur les sites Internet et dans le cerveau de millions de juifs israéliens.

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La réforme des concours de l’enseignement entre en vigueur, avec un premier concours à bac + 3 au printemps 2026

Dans une école de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), le 28 mars 2025. THOMAS SAMSON/AFP

Un an après l’annonce d’une grande réforme des concours de l’enseignement pour tenter de répondre aux difficultés de recrutement de nouveaux professeurs, le décret qui prévoit le recrutement de professeurs du premier comme du second degré après une licence, à bac + 3, contre un master, bac + 5, actuellement, a été publié au Journal officiel, samedi 19 avril.

Emmanuel Macron avait présenté cette réforme l’an passé, avant qu’elle ne soit mise de côté ensuite en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale. Cette nouvelle organisation de la formation initiale des enseignants a finalement été relancée en mars par le premier ministre, François Bayrou, et la ministre de l’éducation nationale, Elisabeth Borne.

La réforme sera mise en œuvre dès l’année prochaine, avec un premier concours rénové au printemps 2026, accessible dès la fin de licence pour les futurs enseignants du premier degré (écoles maternelles et élémentaires) comme du second degré (collèges et lycées). Les deux concours (en fin de master 2 et en fin de licence) coexisteront dans un premier temps aux printemps 2026 et 2027, avant la disparition du concours en fin de master 2 en 2028.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Education : en déplaçant les concours à bac + 3, François Bayrou et Elisabeth Borne relancent la réforme de la formation

Passage « en force » dénoncé par le SNES-FSU

« Ça a quand même, sur la forme, une furieuse allure de 49-3 éducatif », a réagi la secrétaire générale du SNES-FSU, Sophie Vénétitay, sur Franceinfo, samedi. « On est quand même très perplexes face à cette réforme, d’autant plus que la ministre avance très vite et que quelque part elle passe aussi en force »,a-t-elle poursuivi.

Selon la représentante syndicale, « le décret est publié alors même que les discussions avec les organisations syndicales ne sont pas terminées ». Des groupes de travail sur les différents aspects de la réforme – dont plusieurs points sont toujours contestés par une majorité des syndicats – ont en effet commencé début avril et sont prévus pour durer jusqu’à la fin du mois de mai.

Le principal reproche des représentants enseignants tient au calendrier extrêmement contraint dans lequel le ministère de l’éducation a décidé de faire passer cette réforme d’ampleur des concours de l’enseignement – la cinquième en trente ans et la deuxième sous la présidence d’Emmanuel Macron. Depuis l’annonce de la reprise de la réforme en mars par le gouvernement Bayrou, la quasi-totalité d’entre eux avait demandé au ministère de l’éducation de soumettre les projets de textes devant le conseil social d’administration du ministère, principale instance du dialogue social, ce qui n’a pas eu lieu.

Dans le détail, la réforme prévoit qu’une fois le concours en poche, les futurs enseignants suivront une formation professionnalisante en deux ans, en master 1 puis master 2, moyennant une rémunération. Ils deviendront élèves fonctionnaires en master 1 et toucheront 1 400 euros net. Avant de devenir fonctionnaires stagiaires en deuxième année de master, et de gagner 1 800 euros net, dans le premier comme dans le second degré.

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En contrepartie, ils devront s’engager à exercer le métier de professeur pendant une période de quatre ans. Par ailleurs, pour préparer le concours du premier degré, une licence spécifique de préparation au professorat des écoles sera mise en place à partir de la rentrée 2026.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Formation des enseignants : les points de crispation d’une réforme de plus en plus incertaine

Le Monde avec AFP

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Le méthylmercure, poison invisible qui menace les peuples de l’Arctique

Alors que le Groenland cristallise les appétits géostratégiques internationaux, notamment après les velléités d’acquisition manifestées par Donald Trump, la réalité sociale des Inuits demeure largement éclipsée par les perspectives d’exploitation des ressources naturelles. La société groenlandaise se retrouve pourtant en première ligne face au dégel sans précédent du permafrost – une couche de sol gelé recouvrant un quart des terres émergées de l’hémisphère Nord –, qui libère progressivement des substances toxiques longtemps emprisonnées. Doublement victimes, ces populations subissent les conséquences directes du réchauffement climatique tout en restant à la marge des décisions prises par le Danemark concernant leur territoire, le Groenland étant encore largement dépendant des financements danois.

Parmi les substances toxiques libérées par la fonte du permafrost, le méthylmercure inquiète particulièrement les scientifiques. Cette forme organique du mercure, la plus répandue dans les milieux aquatiques, s’accumule dans les organismes vivants, des plus petits insectes jusqu’aux poissons prédateurs, et crée un effet de bioaccumulation le long de la chaîne alimentaire. Pour l’être humain, les conséquences peuvent être graves. Le méthylmercure s’attaque au système nerveux et s’avère particulièrement nocif pour les fœtus et les jeunes enfants, dont le développement neurologique peut être irrémédiablement compromis. Ces risques ont conduit l’Organisation mondiale de la santé à inscrire cette substance parmi les dix polluants les plus préoccupants pour la santé publique.

Au début de l’année 2024, la photographe Juliette Pavy a plongé au cœur des communautés inuites pour documenter les conséquences de la pollution au méthylmercure dans le territoire canadien du Nunavut. Elle explique : « Une étude menée par le toxicologue Brian D. Laird sur près de 36 communautés du Canada a montré que le phoque est la première source d’exposition au mercure des peuples de l’Arctique, représentant près de 59 % des contaminations. » Et de partager le témoignage d’un chasseur du Nuvanut qu’elle a rencontré : « Les Inuits ne mangent pas les phoques les plus âgés. Nous les laissons aux chiens, car ils ont mauvais goût à cause du mercure accumulé. »

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Des robots humanoïdes ont couru un semi-marathon en Chine, une première mondiale

Le robot Tiangong Ultra franchit la ligne d’arrivée lors du semi-marathon E-Town Humanoid Robot, à Pékin, le 19 avril 2025. TINGSHU WANG/REUTERS

Ont-ils rêvé de moutons électriques, lors des 21 kilomètres de course, comme certains coureurs laissent vagabonder leur esprit pendant une course ? Impossible à dire, mais certains ouvrages de science-fiction semblent de plus en plus d’actualité. Samedi 19 avril, le premier semi-marathon du monde ouvert aux robots humanoïdes s’est couru à Pékin, et a été remporté, (en 2 h 40 m 42 s) par le plus grand robot de la compétition, Tiangong Ultra – 1,80 mètre pour 52 kilos. Bien après le vainqueur humain de la course – les êtres humains couraient sur une piste séparée –, qui a bouclé le semi-marathon en 1 h 2 m 36 s.

Au vu de leurs foulées mécaniques parfois pataudes – à l’image de ce petit androïde tombé à terre, avant de se relever finalement seul en quelques minutes –, les machines ne vont pas encore remplacer les athlètes humains. Mais là n’était pas l’objectif de l’événement, organisé dans l’« E-Town », une zone de développement technologique de la capitale chinoise. Ouvert à une vingtaine de robots, venus de tout le pays, le semi-marathon était vu comme l’occasion de pousser ces machines bipèdes dans leurs retranchements. Et une manière pour la Chine d’affirmer ses avancées dans les nouvelles technologies.

« Courir sur une piste, cela peut sembler un petit pas pour un humain. Mais pour un robot humanoïde, c’est véritablement un énorme bond, assurait jeudi le directeur adjoint du comité de gestion de l’E-Town, Liang Liang, interrogé par l’Agence France-Presse. Ce marathon est un pas supplémentaire vers une industrialisation des robots humanoïdes. »

De toute forme et de toute taille – le plus lourd pesait 88 kilos –, les androïdes arboraient pour certains des chaussures de course, quand d’autres avaient des gants de boxe ou le front ceint d’un bandeau. Certains couraient de manière autonome, et d’autres étaient pilotés à distance par leur « entraîneur ». La seule obligation pour pouvoir prendre le départ ? Qu’ils aient un look vaguement humanoïde, donc puissent tenir debout et marcher sur deux jambes. Pour le reste, tant qu’ils entraient dans les clous – entre 50 centimètres et 2 mètres de hauteur – et pouvaient rester en mouvement sur les 21 kilomètres du parcours (sans roues ni courir à quatre pattes), les limites étaient l’imagination de leur inventeur.

Et comme dans toute course, des ravitaillements étaient prévus. Là où les 12 000 coureurs humains du semi-marathon de Pékin avaient la possibilité de s’abreuver ou de se nourrir, les robots pouvaient, eux, changer de batterie pour tenir la distance. Et huit points de ravitaillement, évoquant les pit stops de formule 1, étaient disposés sur le parcours des robots athlètes. Le vainqueur, Tiangong Ultra, n’a ainsi changé de batterie que trois fois lors de la course.

« Se rapprocher au maximum d’un sportif »

« Nous avions trois objectifs : remporter la première place, effectuer l’intégralité du semi-marathon avec un seul robot, et boucler la course en moins de trois heures », s’est congratulé Tang Jian, directeur de la technologie au Centre pékinois d’innovation sur les robots humanoïdes, institution à l’origine du vainqueur. Avant d’expliquer comment avait été entraîné le robot : « Nous avions collecté des données de coureurs professionnels et avions entraîné le robot à adapter sa foulée, sa cadence, son amplitude de pas et sa posture pour se rapprocher au maximum de celle d’un sportif. »

Lors du semi-marathon E-Town Humanoid Robot, à Pékin, le 19 avril 2025. PEDRO PARDO/AFP

Car l’événement était d’abord l’occasion de tester les performances et la fiabilité des androïdes. « C’est une formidable impulsion pour tout le secteur de la robotique, a mis en avant Cui Wenhao, ingénieur de l’entreprise chinoise Noetix Robotics. Le secteur a peu d’occasions de pouvoir faire fonctionner ses machines comme cela, à plein régime, sur une telle distance et une telle durée. C’est un test exigeant pour les batteries, les moteurs, la structure et même les algorithmes. »

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Et tant pis si certains ont titubé et peiné, à l’image d’un humanoïde évoquant un Transformer, ces robots géants belliqueux portés à l’écran par Michael Bay, ayant percuté une barrière après avoir dévié de sa trajectoire. Ces mésaventures arrivent parfois également aux humains. « L’idée [de cette course], c’est que les robots humanoïdes peuvent véritablement s’intégrer à la société humaine et commencer à accomplir des tâches que des humains réalisent », a expliqué Kong Yichang, un ingénieur de l’entreprise DroidUp. Tout en montrant les progrès de la Chine, deuxième économie mondiale, dans le domaine de la robotique, longtemps chasse gardée des Etats-Unis – à l’image des robots de Boston Dynamics, dont certains ont déjà démontré leurs aptitudes sportives.

Ce n’est pas la première fois que les robots investissent le monde du sport. En 2021, lors des Jeux olympiques de Tokyo – privés de tout public en raison de la pandémie liée au Covid-19 –, les Japonais de Toyota avaient profité du tournoi de basket pour présenter un robot basketteur, capable de faire mouche des quatre coins du terrain. Mais comme ses congénères du semi-marathon E-Town, samedi, le grand androïde se distinguait par sa lenteur, et aurait bien peiné à affronter des sportifs en chair et en os. Le grand remplacement des athlètes par des sportifs métalliques n’est sans doute pas encore pour aujourd’hui.

Service Sports (avec AFP)

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Fin de l’ADSL : comment le très haut débit a changé nos vies

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Voyageons dans le temps, direction les années 1980, au cœur de l’âge d’or du Minitel. Innovation majeure de son époque, il freine paradoxalement l’adoption d’Internet en France. Placé sous le contrôle strict des PTT, l’ancêtre de France Télécom et de La Poste, ce réseau télématique bien connu des Français – déjà 1,1 million d’utilisateurs en janvier 1986 – les a habitués à un modèle de connexion centralisé, fermé et régulé, limitant ainsi l’essor d’un Internet ouvert et décentralisé. « Des ingénieurs français avaient perçu le potentiel d’Internet aux Etats-Unis, mais le gouvernement leur a imposé de se taire et de promouvoir le Minitel », se souvient Serge Soudoplatoff, directeur de l’innovation à France Télécom de 1997 à 2002.

Mais Internet ne finit pas de faire parler de lui dans les sphères de l’informatique et des télécommunications. La perspective d’un réseau mondialisé et décentralisé provoque un choc culturel au sein de France Télécom. L’entreprise, investie d’un « rôle noble », celui de connecter les gens entre eux par téléphone, repose sur des infrastructures extrêmement stables et standardisées. En face, Internet s’impose avec une philosophie radicalement opposée : flexibilité, innovation rapide et architecture horizontale. « D’un côté, on a l’idée de la qualité totale, fondamentale dans les télécoms, qui stipule que les services proposés doivent être extrêmement stables, explique Serge Soudoplatoff. De l’autre, Internet est basé sur l’idée du “move fast and break things” [“aller vite et casser des trucs”], c’est-à-dire sur l’expérimentation, quitte à provoquer des erreurs. »

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Jeune homme tué à Vaulx-en-Velin : trois personnes, dont le principal suspect, mises en examen et écrouées

Un véhicule des Compagnies républicaines de sécurité stationné près de l’endroit où un jeune homme de 19 ans a été tué par balle à Vaulx-en-Velin (Rhône), dans la banlieue de Lyon, le 7 avril 2025. JEFF PACHOUD/AFP

Une femme de 18 ans, un homme du même âge – l’auteur présumé des coups de feu mortel – et un autre de 20 ans ont été mis en examen et écroués dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat d’un jeune homme de 19 ans tué par balles le 7 avril près d’une école primaire à Vaulx-en-Velin (Rhône), dans la banlieue est de Lyon, a constaté un correspondant de l’Agence France-Presse au tribunal de Lyon, samedi 19 avril.

Le principal suspect, âgé de 18 ans, est poursuivi pour « meurtre en bande organisée », « association de malfaiteurs » et « détention d’arme ». Les deux autres suspects sont eux mis en examen pour « complicité de meurtre en bande organisée », a précisé le parquet dans un communiqué.

Arrêtés mercredi, ils ont été présentés au magistrat instructeur à l’issue de leur garde à vue puis entendus par un juge des libertés et de la détention du tribunal de Lyon. Lors des débats, qui se sont tenus partiellement à huis clos, le magistrat a évoqué « un meurtre minutieusement organisé, commis à la vue des autres, en pleine ville ».

L’homme de 18 ans suspecté d’avoir tiré les coups de feu mortels a été interpellé à son domicile du Val-d’Oise. Selon le journal Aujourd’hui/Le Parisien, il aurait été recruté « via les réseaux sociaux » pour servir de tueur à gages, et il serait rentré chez lui en train après avoir commis son crime. D’après son avocat, il n’a fourni aucune explication, ni aux enquêteurs ni à la justice.

« On n’a pas de certitude sur tout à ce stade », fait valoir un avocat

« Il faut être très prudent, l’information [judiciaire] va être longue et complexe. Il ne faut pas encore tirer de conclusions hâtives », a déclaré son conseil, Me Naguin Zekkouti, appelant à la prudence sur le mode de recrutement des protagonistes.

« Il faut faire attention que la pression politique qui parle de narcotrafic ne conduise pas à une procédure expéditive. On n’a pas de certitude sur tout à ce stade », a pour sa part réagi Me Elise Rey-Jacquot, qui défend la jeune femme mise en cause, accusée d’avoir rendu des services à l’équipe.

Le troisième suspect, venu d’Avignon et présent sur les lieux lors des faits, dont le rôle n’a pas été explicité à ce stade, nie avoir eu connaissance de l’entreprise criminelle au moment de sa venue dans la région lyonnaise, rapporte son avocat, Me Philippe Duplan.

Le crime a suscité un émoi particulier à Lyon, car il s’est déroulé à proximité d’une école primaire, dont les élèves et le personnel avaient dû être confinés par précaution. Une cellule psychologique avait ensuite été mise en place pour les accompagner.

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La maire Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy (Parti socialiste), s’était rendue immédiatement sur place, ainsi que le préfet délégué à la sécurité. Des renforts avaient été envoyés pour « sécuriser » le quartier.

Les policiers avaient récemment démantelé un important point de deal aux alentours, ce qui pourrait avoir lancé une guerre de territoire, selon une source proche du dossier consultée par l’Agence France-Presse. L’enquête, menée par des policiers spécialisés dans la criminalité organisée, se poursuit, notamment pour identifier le ou les commanditaire(s).

Le Monde avec AFP

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