L’OMS annonce une vaste réorganisation et des licenciements sur fond de réduction des financements américains

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 16 avril 2025. CHRISTOPHER BLACK / AFP

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, mardi 22 avril, que les coupes budgétaires américaines laissaient les comptes de l’agence onusienne dans le rouge, la forçant à réduire ses opérations et à licencier du personnel.

« Le refus des Etats-Unis de verser leurs contributions statutaires pour 2024 et 2025, combiné aux réductions de l’aide publique au développement de certains autres pays, signifie que nous sommes confrontés à un déficit concernant la masse salariale pour l’exercice biennal 2026-2027 compris entre 560 et 650 millions de dollars [entre 490 et 570 millions d’euros] », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus aux Etats membres, selon une transcription de son discours.

L’agence de santé des Nations Unies se prépare depuis un certain temps au retrait total des Etats-Unis, historiquement de loin son plus grand donateur, en janvier 2026.

Incertitude sur le nombre d’emplois supprimés

L’administration du président américain, Donald Trump, a, entre-temps, également refusé de payer les cotisations convenues pour 2024 et 2025, tout en gelant la quasi-totalité de l’aide étrangère américaine, y compris une aide considérable aux projets de santé dans le monde entier. Un certain nombre d’autres pays ont également réduit leurs dépenses d’aide au développement.

Face à cette situation, l’OMS a entamé une réflexion concernant sa nouvelle organisation, que son directeur général a présentée au personnel et aux Etats membres, mardi. Le déficit concernant la masse salariale « représente environ 25 % des coûts du personnel » actuellement, a-t-il précisé, en soulignant toutefois : « Cela ne signifie pas nécessairement une réduction de 25 % du nombre de postes. »

Il n’a pas précisé combien d’emplois seraient supprimés, mais a signifié que l’impact le plus important était attendu au siège de l’organisation à Genève. « Nous commençons par des réductions au sein de la direction », « même si ce sont des décisions très douloureuses pour nous », a-t-il dit. « Nous réduisons l’équipe de direction au siège de douze à sept membres, et le nombre de départements passera de soixante-seize à trente-quatre, soit une réduction de plus de moitié », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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Le Monde avec AFP

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Affaire de Bétharram : la fille de François Bayrou révèle avoir été victime de violences lors d’un camp organisé par la congrégation à laquelle appartient l’établissement

L’école Le Beau-Rameau, précédemment connue sous le nom Notre-Dame de Bétharram, à Lestelle-Bétharram, près de Pau, le 18 mars 2025. GAIZKA IROZ / AFP

La fille de François Bayrou a révélé, mardi 22 avril, avoir été victime, adolescente, de violences physiques lors d’un camp d’été organisé par la même congrégation à laquelle l’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram appartient. Elle assure, cependant, ne pas avoir parlé de cette agression à son père.

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« Dans cette colo, on était une quarantaine, moniteurs inclus. Un soir, alors qu’on déballe nos sacs de couchage, [le père] Lartiguet me saisit tout d’un coup par les cheveux, il me traîne au sol sur plusieurs mètres et me roue de coups de poing, de coups de pied sur tout le corps, surtout dans le ventre. Il pesait environ 120 kilos », raconte Hélène Perlant, âgée de 14 ans au moment des faits, dans un entretien à Paris Match. « Pour parler crûment, je me suis uriné dessus et suis restée toute la nuit, comme ça, humide et prostrée dans mon duvet », ajoute celle qui est aujourd’hui âgée de 53 ans.

« Il ne sait pas que je suis victime et il ne sait pas que je vais témoigner comme victime », assure encore la fille du premier ministre. « Je suis restée trente ans dans le silence. En dehors de ça, pas une allusion, à personne. Mon père, j’ai peut-être voulu le protéger, inconsciemment, je pense, des coups politiques qu’il se prenait localement », relève Hélène Perlant. « Bétharram était organisé comme une secte ou un régime totalitaire exerçant une pression psychologique sur les élèves et les enseignants pour qu’ils se taisent », accuse aussi cette ancienne élève de l’établissement.

Son témoignage est également recueilli dans le livre Le Silence de Bétharram, d’Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes, à paraître jeudi. « On se doutait que [le témoignage d’Hélène Perlant] serait mis en avant, c’est malheureux pour les victimes parce que ça leur vole un peu la vedette », a réagi ce dernier mercredi à l’Agence France-Presse, après la parution de l’article et avoir parlé à cette dernière. Selon lui, elle est « très agacée de cet article publié avant la parution du livre ».

« Plus on est intriqué, moins on voit, moins on comprend »

François Bayrou doit être entendu le 14 mai par la commission d’enquête parlementaire née du scandale de Bétharram. Plus tôt dans le mois, un ancien gendarme et un ancien juge qui ont enquêté sur la première plainte pour viol ayant visé un religieux de cet établissement scolaire catholique du Béarn ont fait savoir que François Bayrou était intervenu dans cette affaire. Des propos fermement démentis par le premier ministre.

L’actuel maire de Pau et ancien député et président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques nie plus largement avoir eu connaissance, dans le passé, des agressions physiques et sexuelles dénoncées aujourd’hui par deux cents anciens élèves de l’établissement. « Evidemment, on peut penser qu’il a eu toutes les infos. Mais lui, comme les autres parents, était très, très intriqué politiquement, localement. Lui, davantage, mais je le mets au même niveau que tous les parents. Plus on est intriqué, moins on voit, moins on comprend. Et plus il y a de témoins, moins ça parle », estime sa fille auprès de Paris Match.

Selon M. Esquerre, c’est Hélène Perlant qui avait pris l’initiative de le contacter, le 21 février dernier. Elle lui a d’emblée précisé qu’elle ne le faisait pas pour parler du « scandale Bayrou », mais pour partager ses réflexions sur le « déni collectif » qui a entouré durant des décennies les violences commises à Bétharram.

Ce même 21 février, une plainte contre François Bayrou avait été déposée pour « non-dénonciation de crime et de délit ».Le plaignant, ancien pensionnaire de Bétharram, y évoquait une scène de violences dont Hélène Perlant avait été témoin dans les années 1980, en estimant qu’elle l’avait forcément relatée à ses parents. L’épisode est également évoqué dans le livre d’Alain Esquerre et cette plainte est toujours en cours de traitement au parquet de Pau.

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« Celui qui me fera mêler mes enfants à tout ça n’est pas né », avait réagi le premier ministre le même jour auprès du quotidien Sud-Ouest. Le 15 février à Pau, à la sortie d’une rencontre avec le collectif des victimes de Bétharram, M. Bayrou avait déclaré « qu’une de ses filles » lui avait parlé « de gifles et de ce genre de choses » dans le passé, « mais de violences sexuelles, jamais ».

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Le Monde avec AFP

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En Italie, François était le « pape des pauvres » et l’allié paradoxal des progressistes

Avec les fêtes de Pâques sont arrivés les beaux jours, et la période de l’année qui s’ouvre est celle où Umberto Tiberi, 87 ans, peut installer tranquillement sa chaise en plastique devant son petit café du quartier périphérique de Tor Bella Monaca, aux ultimes confins de la capitale italienne. Le temps est beau, le printemps s’installe, mais, pour cet ancien ouvrier de l’industrie chimique qui a ouvert son Bar Italia après de longues années d’exil en Allemagne, le fond de l’air a quelque chose de triste.

La veille, lundi 21 avril, le pape François est mort, à l’âge de 88 ans. « C’était le pape des pauvres ! François aimait se trouver simplement parmi nous… un pape humain. Il va beaucoup nous manquer », regrette le cafetier. Chef de l’Eglise universelle, le souverain pontife est aussi l’évêque de Rome et, à l’échelle de la planète comme de son diocèse, François disait vouloir donner la priorité aux périphéries et à ceux qui les peuplent.

En italien, le terme « périphérie » désigne d’ailleurs très concrètement les banlieues des grandes villes, comme Tor Bella Monaca, dont les immeubles sociaux aux silhouettes rectilignes se dressent avec leurs façades fatiguées à 15 kilomètres de la place Saint-Pierre, soit une heure trente de trajet avec les transports en commun.

Comme d’autres habitants d’un quartier qu’il décrit comme souffrant d’une « mauvaise réputation », Umberto Tiberi se souvient avec émotion de ce 8 mars 2015, jour où le pape François s’était déplacé auprès d’eux, au début de son pontificat, pour donner une messe à l’église Santa Maria Madre del Redentore. Tout proche, cet imposant édifice moderne aux faux airs de pagode, bâti dans les années 1980, détonne, entre un hypermarché, des barres d’immeubles et un jardin public aux pelouses incultes.

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Le PSG toujours invincible en Ligue 1, après son match nul face à Nantes

Joao Neves et Vitinha, lors du match du PSG contre Nantes, le 22 avril 2025. STEPHANE MAHE / REUTERS

Traditionnellement, quand les joueurs du Paris Saint-Germain (PSG) foulent les pelouses un mardi, c’est dans le cadre de la Ligue des champions. Mais, ce 22 avril, c’est bien une rencontre de Ligue 1, que les joueurs de Luis Enrique ont disputé contre Nantes, au stade de la Beaujoire.

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Depuis le 5 avril, les Franciliens sont assurés de soulever le trophée de champion de France de football à l’issue de la saison. Pourtant, ce match en retard de la 29e journée n’était pas moins dénué d’enjeu. Car, depuis le début de cet exercice 2024-2025, Marquinhos et ses coéquipiers n’ontpas perdu un seul de leurs duels en championnat.

Une invincibilité qu’ils ont prolongée face aux Canaries, après leur match nul (1-1), portant ainsi leur série à 30 matchs sans défaite. Les Parisiens avaient même ouvert le score grâce à Vitinha (33e minute), mais Douglas Augusto a égalisé à quelques minutes de la fin (83e).

Un cercle très fermé

Dans ce contexte, l’affiche de la soirée était particulièrement symbolique. Quatorzième au classement de la Ligue 1 avant le coup d’envoi et à la lutte pour son maintien dans l’élite, Nantes reste le détenteur du record de rencontres sans défaite en championnat : 32 enchaînées en 1994-1995 sous l’égide de Jean-Claude Suaudeau. Cette saison-là, les Canaries avaient fini par buter contre Strasbourg (2-0), le 15 avril, lors de la 33e journée. Ironie de l’histoire, ce record pourrait être égalé par le PSG le 3 mai à… Strasbourg.

Le club de la capitale peut encore espérer rejoindre le cercle très fermédes équipes issues des six grands championnats européens (Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie, France, Portugal) qui ont réussi à remporter un titre national sans concéder la moindre défaite depuis la seconde guerre mondiale. Elles ne sont que cinq dans l’histoire : l’AC Milan (1991-1992), Porto (2010-2011), la Juventus Turin (2011-2012), le Bayer Leverkusen (2023-2024), et Arsenal (2003-2004), qui sera l’adversaire du PSG en demi-finales de la Ligue des champions.

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Pour leur prochain match de Ligue 1, les hommes de Luis Enrique accueilleront l’OGC Nice, vendredi 25 avril, au Parc des Princes.

Service Sports

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Côte d’Ivoire : Tidjane Thiam éliminé de la course à la présidentielle

Une affiche électorale de Tidjane Thiamn à Abidjan, le 16 avril 2025. ISSOUF SANOGO / AFP

L’annonce est un coup de tonnerre en Côte d’Ivoire, au-dessus de laquelle les nuages s’amoncellent déjà à six mois de l’élection présidentielle du 25 octobre. Tidjane Thiam, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), le principal parti d’opposition, a été radié de la liste électorale par la justice ivoirienne.

L’ancien directeur général de Credit Suisse, qui venait d’être désigné candidat de son parti pour le scrutin d’octobre, se retrouve donc pour l’heure inéligible et ne pourra pas se présenter à la magistrature suprême à cause d’un imbroglio politico-judiciaire autour de sa nationalité. Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro, ayant également été rendus inéligibles un à un depuis 2020 par des condamnations judiciaires, plus aucun poids lourd de l’opposition ne figure sur la liste électorale.

« Je n’accepte pas cette radiation, a réagi Tidjane Thiam auprès du Monde Afrique. J’utiliserai tous les moyens légaux pour être candidat. J’ai été investi d’une mission par le PDCI qui m’a choisi comme son candidat pour l’élection présidentielle. Je suis ivoirien, il n’y a aucune raison de m’empêcher de me présenter à l’élection présidentielle. »

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Les Etats-Unis vont interdire tous les colorants alimentaires artificiels d’ici à la fin de l’année 2026

Le chef de l’agence américaine de contrôle alimentaire et pharmaceutique, Martin Makary, à Washington, le 22 avril 2025. OLIVER CONTRERAS / AFP

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé, mardi 22 avril, son intention de bannir les colorants artificiels actuellement autorisés aux Etats-Unis des denrées alimentaires. Soutenue par les experts sanitaires, la mesure fait aussi objet d’un rare consensus politique.

L’agence américaine de contrôle alimentaire et pharmaceutique (FDA) « supprime de facto tous les colorants alimentaires dérivés du pétrole aux Etats-Unis », a annoncé son nouveau chef, Marty Makary, lors d’une conférence de presse aux côtés du ministre de la santé, Robert Kennedy Jr. En tout, ce sont huit colorants synthétiques, tous dérivés du pétrole et accusés d’effets néfastes sur la santé, qui vont être progressivement interdits d’ici à la fin de 2026, ont-ils précisé, disant compter sur la bonne volonté de l’industrie agroalimentaire.

« Au cours des cinquante dernières années, les enfants américains ont vécu de manière toujours plus importante dans une soupe toxique de produits chimiques artificiels », avait déclaré M. Makary un peu plus tôt, citant des études ayant lié ces additifs à l’hyperactivité, au diabète ou encore à des cas de cancer.

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Un autre colorant interdit en janvier

Cette annonce d’envergure suit celle, à la mi-janvier, de la précédente administration démocrate d’interdire un autre colorant artificiel nommé « Red 3 » en Amérique du Nord et E127 en Europe dans les denrées alimentaires. Cet additif était connu depuis plus de trente ans pour provoquer des cancers chez les animaux.

Parmi les colorants concernés, le rouge « Red 40 » (connu sous le nom de E129 en Europe) et les jaunes « Yellow 5 » (E102) et « Yellow 6 » (E110) sont ceux les plus communément utilisés par l’industrie agroalimentaire, a expliqué à l’Agence France-Presse Peter Lurie, président de l’association de défense des consommateurs Center for Science in the Public Interest (CSPI), qui réclamait leur interdiction.

On les retrouvait jusqu’ici dans des milliers de produits alimentaires variés comme des bonbons, des céréales, des sauces et des boissons. Or, « aucun d’entre eux n’a de valeur nutritionnelle », explique M. Lurie. « Ils ne servent en réalité qu’à induire en erreur, à faire paraître les aliments plus rouges, plus bleus, plus fruités ou plus attrayants qu’ils ne le sont en réalité », et ce dans un objectif commercial.

Selon un communiqué du ministère de la santé, la FDA va d’abord révoquer l’autorisation de deux des huit colorants « dans les prochains mois », puis « travailler avec l’industrie afin d’éliminer » les six restants. En parallèle de ce travail, les autorités sanitaires vont « autoriser quatre nouveaux colorants naturels dans les semaines à venir » et accélérer les processus d’approbation d’autres, détaille le texte.

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« Nous allons nous débarrasser de tous les ingrédients et de tous les additifs alimentaires que nous pouvons légalement réglementer », a promis le ministre de la santé, Robert Kennedy Jr, sous les applaudissements de mères venues pour l’occasion avec leurs enfants.

Selon cet ancien avocat devenu la figure de proue d’un mouvement baptisé « Make America Healthy Again » (« MAHA ») qui vise à « Rendre à l’Amérique sa santé » – une formule calquée sur le célèbre slogan de Donald Trump –, ce plan reposera en grande partie sur la bonne volonté de l’industrie agroalimentaire. « Je pense qu’ils sont prêts à changer », a assuré M. Kennedy, pour qui les colorants et additifs artificiels constituent une menace « existentielle » pour la santé des Américains.

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Des usages restreints en Europe

Sa position sur le sujet est l’une des rares à ne pas être décriée par le milieu scientifique et médical, qui a dénoncé à de multiples reprises ces derniers mois ses propos mettant en cause la vaccination notamment.

Son annonce suit plusieurs mesures similaires prises localement et à l’étranger. En mars, l’Etat républicain de Virginie-Occidentale a ainsi interdit l’utilisation de sept colorants synthétiques dans les denrées alimentaires et médicaments vendus sur son territoire, emboîtant le pas à la Californie démocrate qui a annoncé en 2024 les enlever d’ici à quelques années de la nourriture proposée dans les établissements scolaires.

En Europe, ces colorants ne sont pas totalement interdits, mais leur usage est souvent restreint ou conditionné à l’apposition d’étiquettes d’avertissement sur les produits qui en contiennent – une mesure ayant conduit de nombreuses entreprises à opter pour des solutions naturelles.

Le Monde avec AFP

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Le rétablissement du média Voice of America, que Donald Trump veut démanteler, ordonné par la justice

Devant les bureaux de Voice of America, à Washington, le 16 mars 2025. ANNABELLE GORDON / REUTERS

Un juge fédéral de Washington a ordonné, mardi 22 avril, le rétablissement de certains médias publics américains à l’étranger, dont la plateforme Voice of America (VOA). Après un premier blocage, il s’agit là d’un nouveau revers pour le gouvernement Trump, qui veut les démanteler. Fin mars, un autre magistrat fédéral, siégeant à New York, Paul Oetken, avait en effet déjà suspendu la décision de mettre fin aux activités de ces médias publics.

Mardi, le juge Royce Lamberth, saisi en urgence, a lui enjoint au gouvernement américain de réintégrer les employés de l’agence qui supervise ces médias, l’United States Agency for Global Media (USAGM), ainsi que de reprendre le versement des subventions allouées par le Congrès mais suspendues depuis mars. Il a aussi exigé le rétablissement des programmes de Voice of America, groupe public qui produit du contenu vidéo, radio et écrit à destination de publics non américains.

Créé en 1942, VOA a été conçu comme un média de contre-propagande, destiné notamment aux populations soumises à des régimes autoritaires, en particulier du bloc soviétique de l’Est de l’Europe durant la guerre froide.

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Un combat juridique autour des médias publics

Dans sa décision, le magistrat a estimé que le gouvernement n’avait pas produit d’éléments démontrant que ces médias ne respectaient pas la mission qui leur a été assignée par le Congrès.

Placé par Donald Trump sous l’autorité de l’ultraconservatrice Kari Lake, l’USAGM avait annoncé, en mars, son démantèlement, évoquant une agence qui était devenue, selon le gouvernement, « une pourriture géante et un boulet pour les contribuables américains ». Selon l’administration Trump, l’USAGM, qui s’était rendue coupable de « gâchis, de fraude et d’abus obscènes » présentait également « un risque pour la sécurité nationale ».

Faute de preuves de ces dérives présumées, « il est difficile d’imaginer exemple plus clair d’une décision arbitraire et capricieuse » que celle prise par le gouvernement américain, a considéré le juge Lamberth.

Ce dernier a aussi affirmé que l’administration Trump n’avait pas autorité sur des fonds fédéraux votés par le Congrès et que l’USAGM n’était qu’une courroie de transmission pour transférer cet argent aux médias concernés.

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D’autres médias américains menacés

Parmi ces médias figurent, outre VOA, Radio Free Asia et Middle East Broadcasting Networks (MBN) une plateforme d’information destinée au Moyen-Orient.

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Le juge n’était pas saisi des cas de Radio Free Europe et de Radio Liberty, dont le gouvernement Trump a annulé le démantèlement après une autre décision de justice, en mars.

« L’USAGM doit immédiatement mettre à exécution cette décision », a réagi, dans un communiqué, le directeur de l’antenne américaine de l’organisation Reporters sans frontières (RSF), Clayton Weimers. « Nous savons que ce combat n’est pas terminé », a-t-il cependant ajouté. Sollicité, l’USAGM n’a pas donné suite dans l’immédiat.

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Le Monde avec AFP

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L’administration Trump rétropédale face à la panique mondiale des marchés

Donald Trump, lors de la cérémonie d’investiture de Paul Atkins à la présidence de la Securities and Exchange Commission (SEC), à Washington, le 22 avril 2025. SAUL LOEB / AFP

En plein chaos économique et financier, Donald Trump, Elon Musk et le secrétaire au Trésor, Scott Bessent – les trois figures de la politique économique américaine –, ont annoncé chacun une nouvelle, mardi 22 avril, attestant d’un léger retour à l’orthodoxie économique susceptible de requinquer les marchés financiers.

Le président américain a fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de limoger Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale (Fed) avant la fin de son mandat, en 2026, après l’en avoir menacé depuis quelques jours.

« Non, je n’ai aucune intention de le virer, a-t-il déclaré, après la cérémonie d’investiture de Paul Atkins à la présidence de la Securities and Exchange Commission (SEC). J’aimerais le voir se montrer un peu plus actif dans la mise en œuvre de son projet de baisse des taux d’intérêt. C’est le moment idéal pour baisser les taux d’intérêt. S’il ne le fait pas, est-ce la fin ? Non. Ce n’est pas la fin. »

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Vient le tour d’Elon Musk, patron de Tesla et chargé de sabrer dans les dépenses gouvernementales, qui a expliqué, lors de la présentation des résultats trimestriels de Tesla, en fin d’après-midi, qu’il allait réduire sa présence au DOGE, le département des coupes budgétaires, dès le mois de mai. « La plus importante part du travail nécessaire (…), afin de remettre de l’ordre dans les finances publiques, est en grande partie terminée. Et je pense que, dès le début du mois prochain, le temps que j’y consacrerai diminuera considérablement », a affirmé M. Musk, ajoutant qu’il pensait y consacrer « un jour ou deux par semaine ». « A partir du mois prochain, je consacrerai tout mon temps à Tesla. »

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Voyage au bout de la gnôle : « En France, il y a plus d’alambics clandestins que d’alambics déclarés »

Matinée de distillation dans les Mauges. La grange est envahie d’une fumée que des rayons de soleil matinaux s’évertuent à rendre irréelle. Les murs de parpaing – bruts et recouverts de suie – montent jusqu’à un toit de tôle d’où s’échappent deux cheminées d’acier rouillées par les années. Au-dessus de cette cathédrale iconoclaste : un ciel bleu de fin d’hiver recouvre Saint-Quentin-en-Mauges, ancienne commune du sud-est du Maine-et-Loire, désormais intégrée à Montrevault-sur-Evre. Il est un peu plus de 8 h 30, et Anthony Raimbault surgit sur son vélo sans freins. « C’est vraiment à l’ancienne », déclare ce paysan boulanger de 46 ans, comme pour s’excuser.

Pas grand, les cheveux ras et des lunettes rectangulaires posées sur le nez, ce quadragénaire à la fibre écolo, qui refuse d’avoir un téléphone portable, jette un œil aux deux alambics vieux d’une centaine d’années et dit : « Ça ne vaut plus le coup d’investir dans cette activité-là. La moyenne d’âge des clients, c’est 70 ans. Avant, il y avait un distillateur par village, parfois même deux ! Aujourd’hui, on doit être une dizaine dans le Maine-et-Loire. C’est une activité qui sent le sapin. » Et pourtant…

Quand il ouvre les bidons de plastique bleu, c’est plutôt une odeur de prune qui s’échappe. Petit à petit, semaine après semaine, le sucre des fruits a laissé place à de l’alcool. « Je dis aux gens de mettre un peu de sucre au début : ça aide la fermentation à partir correctement. Quand ça tourne mal, ça donne du vinaigre. Si c’est bien fait, on sort 1 litre d’alcool pour 10 kilos de fruits» Il y a treize ans, Anthony Raimbault a pris la suite de son père dans ce qui est une activité d’appoint pour lui : bouilleur ambulant.

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Peut-on encore faire confiance à Météo-France ?

Salle de prévisions Météo-France, à Toulouse, en mai 2022. DULUC EDDY/MÉTÉO-FRANCE

Cartes de pressions, vents et fronts pluvieux s’affichent sur 50 écrans d’ordinateur.L’atmosphère est étrangement calme dans le vaste open space du centre national de prévisions de Météo-France, niché au cœur du Météopole, dans la banlieue de Toulouse. Ici sont pourtant produits les ingrédients d’une passion nationale : la météo. Aux quatre coins du pays, des agriculteurs dans leur tracteur aux artisans sur leur chantier, des pêcheurs avant la marée aux cyclistes du dimanche, des millions de prévisionnistes amateurs compulsent l’écran de leur smartphone, toujours prêts à râler contre cette satanée météo. Cet indémodable sport se joue aujourd’hui en temps réel.

Si l’ambiance est sereine le jour de notre visite, en mars, l’institut le plus connu de France a récemment traversé du gros temps. Il y eut d’abord des couacs en rafale sur l’application Météo-France : de la neige annoncée à Marseille et Briançon par 7 °C et 11 °C en mars et septembre 2024, 28 °C prévus à Strasbourg le 9 décembre 2023… Les exemples se comptent par dizaines. Et cet épisode aux conséquences bien plus dramatiques : la trajectoire d’une dépression orageuse mal anticipée en Corse le 18 août 2022. La tempête fera cinq morts et des dizaines de bateaux échoués.

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