L’administration Trump enquête sur une revue de Harvard pour « discrimination raciale », nouvel épisode du conflit ouvert avec l’université

L’université Harvard, à Cambridge (Massachusetts), le 15 avril 2025. JOSEPH PREZIOSO / AFP

L’administration Trump a lancé, lundi 28 avril, des investigations sur la prestigieuse Harvard Law Review, expliquant dans un communiqué avoir reçu des notifications de « discrimination raciale » dans le fonctionnement du journal.

Le ministère de l’éducation dit prévoir de se pencher notamment sur le processus de sélection des articles publiés par la revue, qui « paraît choisir les gagnants et les perdants sur la base de l’origine ethnique » de leur auteur.

Les investigations visent également l’université et doivent examiner « la relation entre Harvard et le journal, notamment les liens financiers, les procédures de surveillance, ainsi que les politiques de sélection et autre documentation concernant les participations et les publications », d’après le communiqué.

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« Menace pour la démocratie »

Fondée en 1887, peu après le 250e anniversaire de Harvard, la Harvard Law Review, rédigée par les étudiants de l’université, fait référence en matière d’analyse juridique. Parmi ses anciens rédacteurs en chef ou responsables figurent le 44e président des Etats-Unis, Barack Obama, ainsi que plusieurs ministres ou membres de la Cour suprême.

Donald Trump, en conflit ouvert avec la prestigieuse université, l’a accusée la semaine dernière d’être une « institution antisémite d’extrême gauche » et une « menace pour la démocratie ».

L’université s’est distinguée en attaquant en justice l’administration Trump concernant un gel de plus de 2 milliards de dollars (1,76 milliard d’euros) de subventions fédérales, une mesure prise après que la célèbre institution eut refusé de se plier à une série d’exigences de la Maison Blanche.

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Un autre communiqué du ministère de l’éducation, publié lundi, accuse l’université du Massachusetts d’avoir enfreint un règlement en autorisant des athlètes transgenres à concourir dans des compétitions féminines. L’administration avait lancé des enquêtes au sein de deux universités à ce sujet au mois de février.

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Le président américain, qui reproche aux universités d’être des foyers de contestation progressiste, veut avoir un droit de regard sur les procédures d’admission des étudiants, les embauches d’enseignants et les programmes.

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Le Monde avec AFP

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Le « Wall Street Journal » appelle Donald Trump à « suivre la voie de Mitterrand »

Donald Trump, à son arrivée à l’aéroport de Newark (New Jersey), le 26 avril 2025, après avoir assisté aux funérailles du pape François à Rome. EVAN VUCCI / AP

Le pire est-il passé ? C’est l’espoir ténu auquel se raccrochent les milieux économiques après les cent jours de Donald Trump, lequel a déclenché la défiance et un chaos indescriptibles avec sa guerre commerciale et provoqué une chute de près de 10 % du dollar face à l’euro. Le Wall Street Journal en est tellement abasourdi qu’il invoque les mânes d’un Français, socialiste qui plus est, François Mitterrand.

« Est-ce le moment Mitterrand de Trump ? », titre le comité éditorial du Wall Street Journal le 23 avril. « Les lecteurs d’un certain âge se souviendront de l’arrivée au pouvoir du président socialiste français en 1981, promettant un programme d’extrême gauche de contrôle de l’économie privée par l’Etat. La réaction du marché fut brutale. En un an, il mit le socialisme en pause et, en 1983, il en avait abandonné la majeure partie. Il accomplit ensuite deux mandats », écrit le quotidien qui appelle le président, en perte de vitesse dans l’opinion sur fond de crainte de récession, à suivre cette voie. « Mieux vaut tenir compte des sondages et du verdict d’Adam Smith [économiste écossais du XVIIIe siècle théoricien de la main invisible du marché], et suivre la voie de Mitterrand vers la survie politique », conclut l’éditorial.

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Le fichage d’étrangers en garde à vue suspendu par la justice

Le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, à l’Elysée, à Paris, le 16 avril 2025. LUDOVIC MARIN/AFP

Le combat déclaré du ministre de l’intérieur contre l’« impossibilisme » en matière migratoire semble une nouvelle fois se heurter à l’Etat de droit. Du moins, à l’état du droit. Dans une circulaire d’octobre 2024, visant à renforcer le « pilotage » des préfectures, Bruno Retailleau avait sommé les préfets de veiller à ce que les services de police « portent régulièrement et rigoureusement à [leur] connaissance (…) les éléments susceptibles de caractériser un risque pour l’ordre public ». L’objectif : engager, dès que possible, à l’encontre d’étrangers interpellés des retraits ou des dégradations de titre de séjour.

Pour ce faire, des préfectures semblent user de moyens pas toujours légaux. Exemple, en Loire-Atlantique, où la justice administrative, saisie par deux syndicats et trois associations – parmi lesquels la Cimade, le Syndicat des avocats de France et l’association de défense des libertés constitutionnelles –, a fait suspendre, le 4 avril, une « note » de service du directeur interdépartemental de la police nationale. Pour cause : elle instaurait un fichage illégal. Dans le document attaqué, datant du 20 novembre 2024, il est ainsi demandé aux policiers interpellant un étranger en situation régulière d’adresser par e-mail à la préfecture une fiche comprenant à son sujet les données extraites du fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) et les raisons de son placement en garde à vue et les suites judiciaires données.

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Josep Borrell, ancien haut représentant de l’Union européenne : « Le soutien inconditionnel de l’Europe à Israël risque de nous rendre complices de crimes contre l’humanité »

Benyamin Nétanyahou a rompu le 18 mars la trêve qui avait été instaurée à Gaza quelques jours avant l’investiture de Donald Trump. En quelques heures, les bombardements ont fait plus de 400 morts. Il assurait ainsi sa survie politique : poursuivre la guerre était la condition posée par son partenaire de l’ultradroite, Bezalel Smotrich, pour ne pas renverser la coalition gouvernementale.

Une Palestinienne et son enfant, tué lors d’une frappe israélienne dans la ville de Gaza, le 28 avril 2025. OMAR AL-QATTAA/AFP

Depuis lors, des milliers de civils palestiniens supplémentaires, en grande majorité des femmes et des enfants, ont été tués, et la vie des otages survivants est mise en danger. Le blocus total et la famine généralisée ont aggravé de manière catastrophique une situation déjà dramatique, dans un contexte où la plupart des bâtiments et des infrastructures sont détruits. La dernière usine de dessalement d’eau ne fonctionne plus.

Tous s’accordent sur ce terrible diagnostic. Les Nations unies ont averti que la situation à Gaza avait atteint son pire niveau depuis le début de la guerre. L’ONG Médecins sans frontières a décrit Gaza comme un charnier pour des milliers de Gazaouis, mais « aussi pour ceux qui tentent de leur venir en aide ». Douze des plus grandes ONG d’aide internationale viennent de lancer conjointement un appel désespéré. Personne ne semble les entendre.

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Le travail bouleverse votre sommeil. Racontez-nous

La Société éditrice du Monde souhaite présenter dans ses publications une sélection de témoignages, sous forme d’écrits, de photographies et de vidéos (ci-après désignés ensemble ou séparément « Contribution(s) ») qui lui sont soumis librement par les internautes.

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Quatre-vingtième anniversaire du premier vote des femmes : « Les évolutions du vote féminin accompagnent les changements sociétaux »

Des femmes participent à un vote pour la première fois en France lors des élections municipales, à Paris, le 29 avril 1945. AFP

Sandrine Lévêque est professeure à Sciences Po Lille et spécialiste en sociologie du genre et de la féminisation de la vie politique. Pour le 80e anniversaire de la première participation des Françaises à un scrutin, à l’occasion des élections municipales du 29 avril 1945, elle analyse les mutations du rapport au vote des femmes en comparaison avec celui des hommes : participation, orientation politique…

Comment le vote des femmes a-t-il évolué depuis leur première participation, le 29 avril 1945 pour les élections municipales ? Y a-t-il eu des moments de rupture ?

A partir de la différence de la participation électorale entre les hommes et les femmes et de leurs choix politiques, on discerne trois périodes. De 1945 jusqu’aux années 1970, les femmes votent moins que les hommes et, lorsqu’elles le font, elles donnent leurs voix à des partis conservateurs. Puis, entre les années 1970 et 1980, leur participation électorale se rapproche de celle des hommes, tout comme leur choix. A partir des années 1980, la participation féminine, dans des milieux plus éduqués, dépasse celle des hommes et s’oriente vers des partis plus à gauche. Certains politistes prétendent même que François Mitterrand [président de la République entre 1981 et 1995] aurait été élu grâce à cela. Aux élections présidentielles de 2017 et de 2022, les jeunes femmes ont davantage voté pour le candidat « insoumis » Jean-Luc Mélenchon. Mais il n’y a pas toutefois de rupture nette, ces évolutions accompagnent des changements sociétaux, comme le déclin de la foi catholique chez les femmes qui entraîne une baisse du vote conservateur, ou la hausse du salariat féminin qui conduit à un vote plus à gauche.

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En direct, guerre en Ukraine : après la signature d’un accord de partenariat économique avec les Etats-Unis, Kiev « conserve l’entière propriété et le contrôle de ses ressources », souligne la ministre de l’économie ukrainienne, Ioulia Svyrydenko

Quelle version de l’accord sur les minerais les Ukrainiens s’apprêtent-ils à signer?

inquiet

Le premier ministre ukrainien, Denys Chmyhal, a donné des précisions sur ce document qui, au fil des négociations, a pu être transformé en une version plus acceptable pour Kiev que celle proposée par Washington en mars, version jugée très défavorable par des députés ukrainiens.

Par exemple, contrairement à ce que souhaitait Donald Trump, le texte ne reconnaît pas comme une dette vis-à-vis des Etats-Unis les dizaines de milliards de dollars d’aide militaire et financière américaine accordées à l’Ukraine par son prédécesseur, Joe Biden. « Aucune dette, aucune aide » accordée avant la signature « ne fait partie de cet accord », a assuré Denys Chmyhal à la télévision nationale.

Le texte « garantit l’égalité des parties » et prévoit la mise en place d’un « fonds d’investissement pour la reconstruction » de l’Ukraine ravagée par la guerre, a-t-il précisé. Selon M. Chmyhal, le fonds sera financé et géré à parts égales par les Ukrainiens et les Américains.

L’Ukraine y apportera des redevances tirées de « nouvelles » licences sur ses matières premières (pétrole, gaz, minerais rares…) tout en conservant le contrôle de toutes ses ressources naturelles et infrastructures, a assuré le premier ministre. Les Etats-Unis pourront de leur côté « comptabiliser leur nouvelle aide militaire à l’Ukraine comme contribution à ce fonds », a-t-il précisé.

Pendant les dix premières années, ses bénéfices ne pourront pas être transférés à l’étranger, mais devront être « réinvestis exclusivement en Ukraine », a encore précisé M. Chmyhal.

Interrogé par l’Agence France-Presse au sujet de l’existence de garanties de sécurité américaines face à la Russie dans le texte, un point sur lequel insistait Volodymyr Zelensky, le responsable de la présidence n’a pas répondu.

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Panne électrique en Espagne et au Portugal : la justice espagnole ouvre une enquête, retour progressif à la normale dans les deux pays

Un employé de la compagnie ferroviaire Renfe informe les usagers après qu’une panne électrique massive a perturbé le réseau, dans la gare de Sants, à Barcelone, le 29 avril 2025. JOSEP LAGO / AFP

Vingt-quatre heures après le début de la gigantesque panne électrique qui a paralysé l’Espagne et le Portugal, la justice espagnole a annoncé mardi 29 avril l’ouverture d’une enquête pour déterminer si elle avait été provoquée ou non par un « sabotage informatique ».

« Le juge de l’Audience nationale, José Luis Calama, a ouvert une enquête préliminaire pour déterminer si la panne de courant survenue hier dans le réseau électrique espagnol qui a affecté tout le pays, pourrait être un acte de cybersabotage contre des infrastructures critiques espagnoles et, si tel est le cas, pourrait être qualifiée de délit terroriste », a fait savoir la justice dans un communiqué envoyé à l’Agence France-Presse. Tout au long de la matinée mardi, les autorités portugaises et espagnoles ont fait savoir que la piste de la cyberattaque était écartée pour le moment.

« Au vu des analyses que nous avons pu réaliser jusqu’à présent, nous pouvons écarter un incident de cybersécurité dans les installations du réseau électrique », a assuré à la mi-journée Eduardo Prieto, directeur des opérations du gestionnaire de Red eléctrica de España (REE), le réseau électrique espagnol.

Une piste également exclue par le gouvernement portugais, même si les causes de cet événement inédit restent encore à préciser, REE ayant évoqué une « forte oscillation des flux de puissance » sur le réseau électrique « accompagnée d’une perte de production très importante », un phénomène ayant entraîné la déconnexion du système espagnol du réseau européen.

Selon M. Prieto, le système électrique espagnol, qui avait été remis en marche à plus de 99 % mardi matin, était à la mi-journée pleinement opérationnel, comme le réseau portugais, selon son opérateur, Redes energéticas nacionais (REN).

Des conséquences jusqu’au Groenland

Cette panne géante est survenue à la mi-journée lundi et pourrait avoir eu des conséquences jusqu’au Groenland, dont une partie a été privée lundi soir de tous ses moyens de télécommunications en partie gérés de l’Espagne. Au Maroc, également touché par la panne ibérique, les connexions Internet d’Orange et les systèmes d’enregistrement et d’embarquement des aéroports marocains étaient aussi de nouveau opérationnels mardi.

Après une réunion du conseil de sécurité nationale, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé mardi la mise en place d’une commission d’enquête sur les causes de la gigantesque panne. Celle-ci sera pilotée par le ministère de la transition énergétique. Toutes « les mesures nécessaires seront prises pour que cela ne se reproduise pas », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse, affirmant qu’il allait placer les « opérateurs privés » du secteur électrique devant « leurs responsabilités ».

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M. Sanchez a également salué le civisme des habitants, touchés par cette importante panne. « Ce que l’Espagne a démontré ces dernières vingt-quatre heures, outre la rapidité du rétablissement du réseau électrique, c’est qu’elle dispose d’une population admirable. Hier, notre pays a de nouveau été confronté à une situation critique, et la réponse des citoyens a été à la hauteur », s’est-il réjoui.

Lire notre reportage | Article réservé à nos abonnés Une gigantesque panne d’électricité sème le chaos en Espagne et au Portugal : « C’est dingue de se sentir si vulnérable »

Embouteillages monstres

Le retour du courant a permis de rétablir le trafic ferroviaire sur plusieurs grands axes, dont Madrid-Séville et Madrid-Barcelone, selon la compagnie nationale Renfe. Mais le trafic reste cependant suspendu sur plusieurs autres grandes lignes, les autorités ayant donné la priorité au rétablissement des trains suburbains. D’après le ministre des transports, Oscar Puente, trois trains étaient encore bloqués mardi matin en Espagne avec des passagers à bord. A la gare d’Atocha, à Madrid, la situation restait compliquée avec une foule de passagers attendant désespérément leur train.

A Madrid, bars et magasins ont rouvert progressivement leurs portes mardi matin, reprenant une activité normale après avoir dû pour la plupart fermer leurs portes dans la précipitation lundi. La plupart des écoles ont également accueilli normalement les élèves, même si le système espagnol très décentralisé laisse une grande latitude aux différentes régions pour trancher ces questions.

A Madrid comme à Barcelone, des milliers d’habitants ont dû traverser patiemment la ville lundi, tentant de rentrer chez eux à pied au milieu d’embouteillages monstres. De longues files improvisées se sont étirées sur plusieurs centaines de mètres aux arrêts de bus. Dans la seule région de Madrid, près de 300 personnes se sont retrouvées piégées à l’intérieur des ascenseurs, selon les autorités régionales.

Le Monde avec AFP

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Lutte contre le sida : des associations appellent la France à se mobiliser après les coupes budgétaires américaines

Action menée par l’organisation française Aides pour demander que la France « continue d’assurer le leadership dans la lutte contre le VIH et les autres pandémies », devant l’ambassade des Etats-Unis en France, à Paris, le 29 avril 2025. THIBAUD MORITZ / AFP

« Sida : notre avarice tue »… C’est sous cette bannière qu’une quarantaine de militants et militantes d’Aides, Coalition Plus et Médecins du Monde se sont réunis, mardi 29 avril, devant l’ambassade des Etats-Unis à Paris, sur la place de la Concorde, pour dénoncer le gel de l’aide américaine à la lutte contre le sida et appeler la France à s’engager politiquement et financièrement dans cette cause. Les militants ont brièvement bloqué un axe de circulation dans ce lieu emblématique de la lutte contre le sida, où l’association Act Up avait recouvert l’obélisque d’un préservatif géant en 1993.

L’annonce, fin janvier, par l’administration Trump, de la suspension de la quasi-totalité des financements de l’aide étrangère américaine, y compris du Plan d’urgence du président américain pour la lutte contre le sida (Pepfar), a bouleversé de nombreux programmes dans le monde, Pepfar représentant plus de 50 % du financement mondial public contre la maladie. Depuis, une dérogation a été accordée permettant la reprise limitée de certains services essentiels mais de nombreux programmes ont été fermés, comme en Afrique du Sud, au Kenya, ou au Lesotho, ce pays dont « personne n’a jamais entendu parler » moqué par Donald Trump en mars.

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Affaire Fillon : quatre ans de prison avec sursis requis contre l’ex-premier ministre dans l’affaire des emplois fictifs

François Fillon, au tribunal judiciaire de Paris, le 27 février 2020. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Quatre ans de prison avec sursis intégral, 375 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité ont été requis, mardi 29 avril, contre l’ex-premier ministre François Fillon, dans l’affaire des emplois fictifs de son épouse, Penelope. Les réquisitions de l’avocat général écartent ainsi la partie ferme (un an) de la peine de prison de quatre ans qui avait été prononcée contre M. Fillon, le 9 mai 2022, par la cour d’appel de Paris. L’audience s’est poursuivie dans l’après-midi, avec les plaidoiries de la défense. La décision sera rendue le 17 juin.

François Fillon, 71 ans, est, depuis avril 2024, définitivement coupable, notamment, de détournement de fonds publics, mais la Cour de cassation a ordonné une nouvelle audience consacrée uniquement à la peine, dans cette affaire qui a arrêté net sa course pour l’Elysée.

De retour, mardi, devant la cour d’appel de Paris, François Fillon a évoqué la « blessure morale » que représente pour lui la peine d’inéligibilité qui avait été prononcée contre lui, bien qu’il ne nourrisse aucun projet de retour en politique. « Personne ne m’enlèvera de la tête que j’ai été traité d’une manière un peu particulière », ce qui a « peut-être quelque chose à voir avec le fait que j’aie été candidat à l’élection présidentielle », a-t-il déclaré à la barre.

Détournement de fonds publics

En appel, le 9 mai 2022, l’ancien chef du gouvernement a été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont un an ferme, 375 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, complicité d’abus de biens sociaux, recels. Son épouse, Penelope Fillon, avait été condamnée à deux ans de prison avec sursis, ainsi qu’à 375 000 euros d’amende, et son ex-suppléant Marc Joulaud, à trois ans de prison avec sursis, avec des inéligibilités respectives de deux et cinq ans. Les trois prévenus avaient en outre été condamnés à verser un total d’environ 800 000 euros de dommages et intérêts à l’Assemblée nationale.

Si elle a rejeté les pourvois de Penelope Fillon et Marc Joulaud, rendant leurs peines définitives, la Cour de cassation, dont la tâche est de statuer non sur le fond du dossier, mais sur la bonne application du droit, a estimé que la cour d’appel n’avait pas suffisamment motivé la partie ferme de la peine prononcée contre François Fillon.

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L’affaire avait éclaté en janvier 2017 avec les révélations du Canard enchaîné, amorçant pour François Fillon un calvaire politique et médiatique. Lancés sur la piste des emplois de Mme Fillon, les enquêteurs ont entendu un jardinier, des journalistes locaux, d’anciens collaborateurs et des préfets en poste à l’époque, sans guère trouver de témoignages établissant la réalité du travail de Penelope Fillon. François Fillon sera éliminé au premier tour de la présidentielle, arrivant troisième avec 20,01 % des voix.

Ciblé par une autre enquête ouverte en 2017 pour détournement de fonds publics, François Fillon avait accepté de rembourser près de 70 000 euros, correspondant au salaire et aux cotisations sociales d’un ex-assistant parlementaire, l’écrivain et philosophe Maël Renouard, qui avait contribué à l’écriture d’un de ses livres. Du fait de cette régularisation, le parquet national financier avait classé sans suite cette enquête préliminaire.

Le Monde avec AFP

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