Benyamin Nétanyahou, premier ministre israélien, lors de la cérémonie de la Journée du souvenir des soldats tombés au combat et des victimes du terrorisme, au mémorial Yad Lebanim, à Jérusalem, le 29 avril 2025. ABIR SULTAN / POOL / EPA
Le couperet est tombé, lundi 5 mai, quand Benyamin Nétanyahou a diffusé une allocution sur le réseau social X, pour s’adresser directement aux internautes, « sans le filtre des médias ». Le premier ministre israélien fut, en effet, sans filtre aucun. Dans la foulée d’un rappel des réservistes effectué samedi, il a annoncé que le gouvernement avait décidé d’une « opération musclée à Gaza ». Celle-ci devrait commencer après la tournée du président américain, Donald Trump, dans les pays du Golfe, à la mi-mai, si aucun accord de dernière minute n’est trouvé avec le Hamas.
M. Nétanyahou affirme que cette fois-ci l’armée attaquera pour rester. « Les forces israéliennes n’interviendront pas pour ensuite se retirer, a-t-il déclaré. Nous ne sommes pas là pour ça. L’objectif est tout autre. » Le chef du Likoud envisage une réoccupation directe du territoire côtier, en rupture avec le plan de désengagement de 2005 voulu par l’ancien premier ministre Ariel Sharon, auquel il s’était alors opposé.
A l’époque, ce retrait des troupes et des colons présents dans Gaza avait ouvert une nouvelle page dans l’histoire mouvementée de l’enclave : celle d’une occupation indirecte, Israël conservant le contrôle des frontières terrestre et maritime, de l’espace aérien, de la sphère électromagnétique et même du registre d’état civil du territoire palestinien. Puis, quand le Hamas s’est emparé de la totalité du pouvoir à Gaza, en 2007, en en expulsant par la force ses rivaux du Fatah, Israël a placé la bande de sable sous blocus, avec le concours de l’Egypte.
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Abderrahmane Ouatiki (au centre), veilleur de nuit menotté par les braqueurs lors du vol des bijoux de Kim Kardashian en 2016, arrive au tribunal avec ses avocats, à Paris, le 28 avril 2025. BERTRAND GUAY/AFP
Il y avait un fond de gourmandise dans la voix du chef d’enquête de la brigade de répression du banditisme (BRB) venu rendre compte, lundi 5 mai devant la cour d’assises de Paris, du travail de son équipe dans l’affaire du braquage de Kim Kardashian. On a beau avoir « trente-cinq ans de BRB », comme Michel Malecot, ce n’est pas tous les jours qu’on se retrouve chargé de traquer les hommes encagoulés qui ont séquestré une star américaine de télé-réalité dans la suite d’un hôtel parisien et l’ont dépouillée de9 millions de dollars de bijoux(environ 7,9 millions d’euros).
Du témoignage de Kim Kardashian qui les reçoit, « très choquée », dans sa suite, le 3 octobre 2016, à 4 heures du matin, et de celui du veilleur de nuit de l’hôtel, Abderrahmane Ouatiki, retrouvé menotté dans l’escalier du rez-de-chaussée, il ressort que l’équipe de braqueurs comprenait un « petit nerveux à lunettes épaisses » et un autre « plus gentil », qui sont montés à l’étage, tandis que trois complices restaient dans le hall. Le veilleur de nuit ajoute un précieux détail : il a aperçu des vélos, dont un pliable, à petites roues.
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Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a officiellement nommé, mardi 6 mai, Friedrich Merz chancelier, après son élection au deuxième tour par les députés du Bundestag avec 325 voix sur un total de 630 députés. Deux mois et demi après sa victoire aux législatives, le chef des conservateurs succède au social-démocrate Olaf Scholz, à la tête d’un gouvernement de coalition nommé pour quatre ans.
En début de soirée, dans la foulée de sa nomination, M. Merz a assuré vouloir « tout faire » pour « regagner la confiance » des électeurs actuels du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, AfD, en plein essor et désormais le premier groupe d’opposition au Bundestag. Dans sa première interview télévisée, sur la chaîne ARD, il a également souligné qu’avec une éventuelle procédure d’interdiction de ce parti, récemment classé comme « extrémiste de droite » par les services de renseignement, le « problème » de fond ne serait « pas résolu ».
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a « félicité » M. Merz pour son élection et espéré voir « davantage le leadership allemand » sur le Vieux Continent et dans les relations avec les Etats-Unis, « alors que l’avenir de l’Europe est en jeu ».
De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué un « connaisseur de l’Europe ». « Ensemble, nous travaillerons pour une Europe forte et plus compétitive », a-t-elle déclaré sur le réseau social X. « Je me réjouis de notre collaboration sur un ambitieux agenda européen commun », a renchéri le président du Conseil, Antonio Costa.
Dans la foulée, Emmanuel Macron a donné « rendez-vous » à M. Merz mercredi à Paris pour « rendre le moteur et le réflexe franco-allemand plus forts que jamais ». « A nous d’accélérer sur notre agenda européen de souveraineté, de sécurité et de compétitivité. Pour les Français, pour les Allemands et pour tous les Européens », a déclaré le président français sur X.
« Nous félicitonsFriedrich Merz pour son élection au poste de chancelier en Allemagne », a dit, de son côté, Tammy Bruce, la porte-parole du département d’Etat américain, dans une courte déclaration. « Nous continuerons à travailler avec l’Allemagne et son prochain gouvernement pour assurer la sécurité des Etats-Unis et de l’Europe. »
A la surprise générale, M. Merz avait échoué, mardi matin, à être élu par les députés, alors qu’il disposait sur le papier d’une majorité suffisante des élus de son camp et des sociaux-démocrates. Il n’avait obtenu que 310 voix sur 621 exprimées et 630 députés au total, selon la présidente du Bundestag, le parlement allemand − il devait en avoir 316 pour être élu.
Un faux départ
Jamais dans l’histoire d’après-guerre de la République fédérale d’Allemagne un candidat chancelier a ainsi échoué à être élu dès le premier tour, suscitant les réactions de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). « J’espère que nous aurons [mardi] soir un chancelier qui s’appelle Friedrich Merz », avait dit plus tôt le secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann, aux télévisions allemandes, Phoenix et NTV. Sur X, la CDU avait appelé à la tenue d’un second tour « rapidement », assurant M. Merz du soutien du groupe parlementaire et affirmant que ce dernier avait reçu « une ovation » lors d’une réunion du groupe.
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C’est un faux départ pour le vainqueur des élections législatives de février, attendu avec espoir en Europe. Il illustre sa position politique d’emblée fragile. Il est peu populaire dans l’opinion et contesté dans une partie de son propre camp conservateur pour avoir récemment assoupli les règles nationales très strictes en matière de déficit public, afin de pouvoir financer son programme de réarmement national et de modernisation du pays.
« Non reçu », a immédiatement réagi le journal populaire Bild, le comparant à un étudiant passant un examen. Le parti d’extrême droite AfD en a profité pour réclamer de nouvelles élections législatives. « Nous sommes prêts à assumer la responsabilité gouvernementale (…). M. Merz devrait démissionner immédiatement et la voie devrait être ouverte à de nouvelles élections dans notre pays », avait déclaré pour sa part Alice Weidel, codirigeante de ce parti arrivé en deuxième position aux législatives du 23 février et qui fait actuellement jeu égal dans les sondages avec les conservateurs.
Le député Olivier Falorni (Charente-Maritime), membre du groupe MoDem, rapporteur général du projet de loi sur la fin de vie, lors de l’examen du texte à l’Assemblée nationale, le 29 mai 2024. AMAURY CORNU/HANS LUCAS
Le temps qu’il reste à vivre à un malade incurable est impossible à évaluer. La « prédiction » du « pronostic temporel individuel » ne pouvant être déterminée « avec une certitude scientifique suffisante », tout médecin saisi d’une demande d’aide à mourir (euthanasie ou suicide assisté) d’un patient doit savoir apprécier « la subjectivité » de la personne souffrante, « seule légitime pour dire ce qui relève pour elle de l’insupportable ». Telle est la position de la Haute Autorité de santé (HAS) rendue publique mardi 6 mai. Un avis consigné dans une note de trois pages assortie d’un argumentaire d’une centaine de pages.
L’expertise était attendue avec impatience par les députés appelés à entamer, en séance publique le 12 mai, l’examen de la proposition de loi qui dépénalise l’aide à mourir. L’avis de la HAS, s’il éclaire le débat à venir, ne suffira pas à mettre d’accord partisans et opposants de ce nouveau « droit ». Chaque camp rode déjà ses arguments pour en faire une lecture qui conforte sa position respective.
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Le premier ministre, François Bayrou, lors d’un débat parlementaire sur la souveraineté énergétique, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 28 avril 2025. LUDOVIC MARIN/AFP
Lundi 28 avril, François Bayrou a dû entendre un léger écho lors de son discours sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) face à l’Assemblée nationale. « L’importance de ce débat n’échappe à personne. Il nous suffit de jeter un coup d’œil périphérique pour comprendre à quel point nous sommes, les uns et les autres, préoccupés par la question centrale de notre souveraineté énergétique », s’est amusé le premier ministre devant une dizaine de députés, tout au plus, présents dans l’Hémicycle.
Les rangs seront sans doute plus garnis, mardi 6 mai, au Sénat, pour le retour des discussions autour de la PPE. Mais la teneur des débats devrait être assez semblable après la décision du gouvernement de réviser par décret cette programmation, qui doit permettre à la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050, et ainsi d’esquiver la voie parlementaire. « On peut regretter l’absence des députés la semaine dernière sur un sujet aussi majeur, mais le premier ministre a largement récolté ce qu’il a semé », résume le sénateur (Les Républicains, LR) Max Brisson.
Comme 164 de ses homologues de droite et du centre, l’élu des Pyrénées-Atlantiques avait signé un courrier, à la mi-mars, appelant l’exécutif à renoncer à la publication immédiate d’un décret sur cette PPE et à ouvrir, au minimum, un débat au Parlement. Un souhait exaucé par le gouvernement, mais sans permettre à la représentation nationale de voter, ce qui a braqué bon nombre de parlementaires.
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Le président togolais, Faure Gnassingbé, lors d’un meeting à Dapaong (nord), le 16 février 2020. PIUS UTOMI EKPEI / AFP
Faure Gnassingbé a changé de titre, mais il n’a rien cédé de son pouvoir. Président de la République depuis vingt ans, il est en un instant devenu, samedi 3 mai, président du conseil des ministres par désignation de l’Assemblée nationale. Cet homme de 58 ans, qui a succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma, à sa mort en 2005, est désormais assuré de pouvoir se maintenir à la tête du Togo durant au moins six ans, renouvelables sans limitation de mandat. S’il était resté chef de l’Etat, M. Gnassingbé aurait dû se soumettre au suffrage universel en 2025 et n’aurait eu le droit qu’à un ultime mandat.
Un « coup d’Etat constitutionnel », dénonce l’opposition depuis l’adoption d’une nouvelle Loi fondamentale, en avril 2024, qui instaure un régime parlementaire – et non plus présidentiel – dans ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé par la même famille depuis 1967. Le texte prévoit que la plus haute fonction de l’Etat soit celle de président du conseil des ministres et que celui-ci soit le chef du parti majoritaire à l’Assemblée, ce qui ne laissait aucun doute sur l’issue du vote de samedi. En effet, 108 des 113 députés togolais sont membres de l’Union pour la République (UNIR), le parti de Faure Gnassingbé.
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Fabien Roussel, à Paris, le 20 février 2025. LUDOVIC MARIN / AFP
Le secrétaire général du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a dénoncé mardi 6 mai le manque de « démocratie à l’intérieur » de La France insoumise (LFI), en comparant ce parti politique à « une secte sous l’emprise d’un couple », à la suite des révélations sur les pratiques internes à LFI d’un livre-enquête à paraître mercredi.
« J’ai cru comprendre que les comportements de la direction de La France insoumise se rapprochaient des comportements d’une secte sous l’emprise d’un couple, celui de Jean-Luc Mélenchon et de sa compagne, Sophia Chikirou », elle-même députée de Paris, a commenté le responsable communiste sur BFM-TV/RMC.
Les journalistes Charlotte Belaïch (Libération) et Olivier Pérou (Le Monde) publient mercredi une enquête sur le mouvement créé par l’ancien socialiste en 2016, intitulé La Meute (Flammarion), dont Le Monde a publié de longs extraits.
« C’est pas joli à voir », a estimé Fabien Roussel, pour qui est soulevé là « un vrai sujet » pour la gauche, d’autant plus dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. « Il y a besoin de beaucoup de démocratie dans le mouvement de La France insoumise, mais aussi en France », a complété le secrétaire national du PCF, qui affirme que Jean-Luc Mélenchon « n’est pas un bon candidat, un bon choix pour la France ».
Fabien Roussel, dont le parti s’est allié à LFI pour les élections législatives de 2022 (dans le cadre de la Nouvelle Union populaire, écologiste et sociale) et de 2024 (au sein du Nouveau Front populaire), n’a jamais caché ses réserves quant à la personnalité de Jean-Luc Mélenchon. Il a rappelé avoir décidé de se présenter face à lui au premier tour de la dernière élection présidentielle pour cette raison.
Cependant, il a assuré faire « confiance à la démocratie, aux électeurs, aux électrices, aux Français, à ceux qui votent justement pour avoir la lucidité de faire en sorte que, au second tour de l’élection présidentielle, il y ait un candidat d’une gauche sincère, démocratique, républicaine, laïque, qui portera enfin les espoirs d’un vrai changement ».
Les nouvelles révélations de ce livre-enquête s’ajoutent aux témoignages déjà recueillis, notamment après l’exclusion, lors des dernières élections législatives, de plusieurs anciens proches de Jean-Luc Mélenchon, accusés de s’opposer à certains positionnements du parti.
Dans la cour de Matignon, où il s’est rendu dans le cadre de la concertation sur la proportionnelle voulue par le premier ministre, le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a commenté La Meute auprès de journalistes. « C’est un collage de ragots, de fausses informations, que je prends avec un peu de légèreté (…). J’ai détecté à peu près à toutes les pages des informations qui sont des informations inexactes », a-t-il déclaré.
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« De ce que j’ai lu me concernant c’est exact. Indiscutablement il y a un problème de fonctionnement dans ce mouvement », a assuré sur Franceinfo le député du groupe écologiste Alexis Corbière. « On ne fait pas la VIe République et une société plus démocratique quand on fonctionne en interne comme un mouvement qui ne tolère pas le désaccord », a ajouté cet ancien proche parmi les proches de Jean-Luc Mélenchon, évincé lors de la dernière purge.
« Je ne pense pas que ce livre change l’opinion des Français sur Jean-Luc Mélenchon. Ce sont des travers qui sont connus », a estimé pour sa part la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier.
Déjà condamné pour pratiques commerciales trompeuses, Sadri Fegaier, dirigeant du groupe Indexia (SFAM, AMP Serena, Cyrana, Foriou, Hubside et SFK Group), n’en a peut-être pas fini avec la justice. Son procès, devant la 31e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, n’avait visé que des résiliations et demandes de remboursement volontairement non traitées entre 2017 et 2024.
Sadri Fegaier, président fondateur d’Indexia, à Romans-sur-Isère en 2022. JEFF PACHOUD / AFP
Des personnes ayant acheté un smartphone ou un ordinateur et ayant souscrit une assurance pour couvrir ces objets (« affinitaire ») n’arrivaient pas à faire arrêter les prélèvements, bien que les téléconseillers les aient assurés du contraire.
L’homme d’affaires a été condamné à deux ans de prison, dont seize mois ferme, mais sans exécution provisoire, une peine dont il a fait appel. L’examen des demandes des 2 575 personnes qui se sont constituées parties civiles, prévu pour le 10 avril 2025, a, de ce fait, été renvoyé au 9 avril 2026.
Mais d’autres agissements mis en œuvre au préjudice des consommateurs ont été signalés à l’UFC-Que choisir qui a annoncé, mardi 6 mai, déposer le jour même une nouvelle plainte auprès du parquet de Paris, pour escroquerie, faux et usage de faux, abus de confiance, traitement illicite de données personnelles et association de malfaiteurs.
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Le rappeur et producteur américain Sean Combs, alias Diddy, à Newark (Etats-Unis), le 12 septembre 2023. ANGELA WEISS / AFP
Après huit mois de détention provisoire, l’heure est à la bataille devant les tribunaux. Lundi 5 mai, le procès du producteur de musique Sean Combs, dit Diddy, P. Diddy ou encore Puff Daddy, s’est ouvert à Manhattan (New York). Au terme d’une première phase de sélection des jurés, les avocats prononceront leurs déclarations liminaires à partir du lundi 12 mai.
Le musicien, producteur, entrepreneur et philanthrope multimillionnaire a été écroué et placé sous surveillance anti-suicide depuis son arrestation, en septembre 2024. Ses nombreuses demandes de libération sous caution ont toutes été refusées.
Outre cette plainte au pénal, il fait également l’objet de plus d’une centaine de plaintes au civil pour violence sexuelle, dont certaines incriminent par ailleurs d’autres membres de son entourage, notamment deux de ses fils. Selon un décompte du Washington Post, au 1er mai, 78 avaient donné lieu à une action en justice, la plupart encore en cours, malgré les requêtes en rejet déposées par le rappeur.
Sean Combs, de son vrai nom, est un influent rappeur et producteur de hip-hop new-yorkais, connu successivement sous les pseudonymes Puff Daddy, Puffy, P. Diddy ou plus simplement Diddy. Né en 1969, il se fraie un chemin dans l’industrie musicale en cofondant, en 1993, le label Bad Boy Records, qui lance notamment The Notorious B.I.G., future icône du rap new-yorkais.
Il se lance à son tour dans la chanson en 1997, sous le nom de Puff Daddy, et connaît le succès avec I’ll Be Missing You, titre dédié à The Notorious B.I.G., assassiné la même année. Le rappeur change de surnom à plusieurs reprises, jusqu’à adopter celui de Diddy, en 2005. Il remporte au cours de sa carrière trois Grammy Awards et une étoile à son nom gravée, depuis 2008, sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles.
Le musicien et producteur est aussi un homme d’affaires à succès, à l’initiative d’une marque de vêtements (Sean John, lancée en 2004), d’une chaîne de télévision (Revolt TV, créée en 2013) ou encored’un partenariat avec une marque de vodka produite en France. En 2024, le magazine Forbes estimait sa fortune à 400 millions de dollars (353 millions d’euros, au cours actuel).
Depuis ses débuts, Sean Combs a également été associé à diverses affaires de violence. Il a ainsi étéimpliqué, en 1999, dans une fusillade au sein d’une boîte de nuit new-yorkaise où il passait la soirée avec sa compagne de l’époque, l’actrice Jennifer Lopez. Il a été inculpé pour possession d’arme à feu et corruption, mais n’a pas été condamné.
De quoi est-il accusé ?
La star du raporganisait, depuis les années 1990, des orgies fastueuses dans ses résidences, les « soirées blanches », qui réunissaient de grands noms de l’industrie du divertissement. Celles-ci prenaient régulièrement la forme d’orgies sexuelles, sous drogues, de parfois plusieurs jours, en présence de prostitués hommes et femmes. Depuis 2024, plusieurs dizaines de participants, souvent des jeunes femmes, affirment y avoir été forcés à avoir des rapports sexuels non consentis.
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Diddy fait aujourd’hui face à cinq chefs d’accusation : un pour extorsion et association de malfaiteurs (racketeering conspiracy,en anglais), deux pour trafic sexuel, et deux autres pour transport d’êtres humains à des fins de prostitution. La principale accusation, celle pour extorsion, recouvre des allégations graves de kidnapping, consommation forcée de drogue et relations sexuelles imposées, sous la menace de violence ou d’armes à feu.
« Pendant des décennies, [il] a abusé, menacé et contraint des femmes à satisfaire ses désirs sexuels, protéger sa réputation et cacher ses actes », selon l’acte d’inculpation du parquet fédéral de Manhattan. Diddy a plaidé non coupable à deux reprises, en septembre 2024 puis en avril 2025, et continue de nier les faits. « Au tribunal, la vérité l’emportera : M. Combs n’a jamais agressé sexuellement ni exploité qui que ce soit – homme ou femme, adulte ou mineur », ont assuré à la BBC ses avocats, qui présentent leur client comme un honnête libertin.
Quatre témoignages de victimes ont été retenus par les procureurs fédéraux, notamment celui de son ancienne petite amie Cassie Ventura. Une vidéo de 2016 des coups portés par le rappeur contre cette dernière doit être diffusée au cours du procès, d’après la chaîne CNN. La justice a par ailleurs saisi à son domicile de grandes quantités de preuves filmées, de jouets sexuels et de drogues.
Plusieurs autres noms ont été évoqués dans des plaintes et dans la presse, accusés de complicité dans les agressions, soit en raison de leur simple participation aux soirées de Diddy (comme Leonardo DiCaprio ou le prince William), soit pour des soupçons d’agressions ou de complicité (comme Kristina Khorram, son ancienne assistante). Mais, à ce jour, aucun n’a été inquiété par la justice dans ce dossier, et Diddy est le seul prévenu du procès qui s’est ouvert le 5 mai.
Quelle peine encourt-il ?
M. Combs risque la prison à vie s’il est jugé coupable d’extorsion et association de malfaiteurs. Il encourt également une peine plancher de quinze ans d’emprisonnement pour le chef d’accusation de trafic sexuel et de dix ans maximum pour le transport d’êtres humains à des fins de prostitution.
A titre de comparaison, le gourou américain Keith Raniere a été condamné, en décembre 2024, par un tribunal de New York à cent vingt ans de prison pour avoir établi un harem d’esclaves sexuelles, dont l’une était mineure (aux Etats-Unis, contrairement à la France, les peines peuvent se cumuler). Il avait été jugé coupable de sept chefs d’accusation, dont extorsion et association de malfaiteurs et trafic sexuel.
Berlin soutiendra Kiev « aussi longtemps que nécessaire », assure le chancelier sortant, Olaf Scholz, à Volodymyr Zelensky
L’Allemagne poursuivra son soutien à l’Ukraine « aussi longtemps que nécessaire », a assuré, lundi, le chancelier sortant, Olaf Scholz, qui doit laisser mardi la place à Friedrich Merz, lors d’un dernier entretien avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
Lors de cet échange téléphonique, le dirigeant social-démocrate a réaffirmé « la solidarité continue et indéfectible de l’Allemagne avec l’Ukraine », a affirmé son porte-parole, Steffen Hebestreit, dans un communiqué. Olaf Scholz a aussi souligné que « l’Allemagne continuerait à soutenir l’Ukraine, en étroite coordination avec ses partenaires européens et internationaux, et aussi longtemps que nécessaire ».
Lancée en février 2022, soit deux mois après son arrivée à la chancellerie, « la guerre d’agression russe contre l’Ukraine et ses conséquences ont marqué » le mandat d’Olaf Scholz « comme peu d’autres événements », a déclaré son porte-parole.
Depuis l’invasion russe, l’Allemagne est le deuxième fournisseur d’aide militaire à Kiev, après les Etats-Unis. Mais malgré les demandes répétées de Volodymyr Zelensky, Olaf Scholz a toujours refusé de fournir à Kiev des missiles de croisière longue portée Taurus, expliquant vouloir éviter une escalade avec Moscou. S’affichant comme un soutien sans faille à Kiev, Friedrich Merz s’est positionné différemment, se disant ouvert, sous conditions, à la livraison de ces missiles.
Lors de ce dernier entretien, M. Scholz a aussi assuré que la proposition récente de Kiev d’un cessez-le-feu d’au moins un mois montrait « que personne ne souhaite la paix plus que l’Ukraine ». Il a exigé de Vladimir Poutine qu’il « réponde enfin » à cette proposition, fustigeant la « tactique cynique de temporisation » du président russe. Ce dernier a annoncé une trêve sur le front en Ukraine durant trois jours, du 8 au 10 mai, à l’occasion de la commémoration de la victoire sur l’Allemagne nazie.