« Vous voulez voir des trésors ? » Laurel Parker contourne un établi, déplace quelques tabourets pour accéder au dernier tiroir d’un meuble à plans. Avec précaution, elle sort d’un carton à dessin de grandes feuilles aux reflets d’argent et de cuivre, parcourues de rainures. Ces trésors-là sont du genre à s’écorner à la moindre maladresse.
« Regardez cette finesse… Un tel papier n’existe quasiment plus aujourd’hui : ce sont des lames de bois raboté, collées ensemble selon une méthode japonaise. Le bois brille naturellement et dessine comme des motifs. Je tiens ces raretés d’une ancienne fournisseuse qui me les a léguées il y a plus de vingt ans », commente la cinquantenaire dans un français où roule un léger accent qui dit ses origines américaines. Il y a quelques années, la fondatrice de l’atelier de reliure artisanale Laurel Parker Book a utilisé une partie de ce précieux stock pour protéger les collections de la bibliothèque littéraire parisienne Jacques-Doucet, institution de la place du Panthéon.
« Ce qui reste, on le garde ! », sourit cette native de La Nouvelle-Orléans, entrée dans la fabrication du livre par la voie de l’art. Diplômée de la School of the Museum of Fine Arts de Boston et du Center for Book Arts de New York, elle débute, entre Paris et New York, comme assistante d’artistes pour lesquels elle conçoit ses premiers ouvrages, avant de s’installer en France, en 2003.
Paul Chamard et Laurel Parker devant une presse à percussion du XIXᵉ siècle, dans leur atelier de Romainville, le 8 avril 2025. TERENCE BIKOUMOU POUR M LE MAGAZINE DU MONDE
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Un bureau de France Travail, à Paris, le 16 avril 2025. SARAH MEYSSONNIER / REUTERS
L’importante baisse du chômage entre 2015 et 2022 en France n’a pas fait reculer la pauvreté, constate le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) dans une étude publiée mercredi 7 mai.
Tandis que le taux de chômage a reculé de 10,3 % à 7,3 % sur la période, le taux de pauvreté monétaire, défini comme la part des personnes gagnant moins de 60 % du revenu médian, a très légèrement augmenté de 14,2 % à 14,4 %, selon les données recueillies par le comité scientifique du CNLE.
Le taux de privation matérielle et sociale est, lui, passé de 12,1 % à 13,1 % de la population sur la période. Il mesure la part des personnes qui ne peuvent pas couvrir au moins cinq dépenses de la vie courante sur une liste de treize, comme avoir une voiture personnelle, chauffer son logement, s’offrir une semaine de vacances ou avoir une activité de loisirs régulière.
La part des personnes se considérant comme pauvres a fortement augmenté sur la période, passant de 12,4 % à 18,7 %. Le sentiment de pauvreté a gagné du terrain chez les 20 % de la population aux niveaux de vie les plus modestes, mais aussi dans le deuxième quintile, relève l’étude.
« Les remontées des acteurs de terrain convergent sur un diagnostic de montée des tensions et de l’agressivité du corps social en lien notamment avec la dématérialisation de l’accès aux droits et l’inadéquation des barèmes des aides aux besoins, y compris pour des personnes en emploi », relève la présidente du comité scientifique, Muriel Pucci.
Le CNLE a identifié trois principales raisons à la déconnexion entre l’évolution du chômage et celle de la pauvreté : certains des emplois créés n’ont pas entraîné de sortie de la pauvreté, la dégradation de la situation des inactifs retraités ou invalides, et un niveau de vie des ménages les plus modestes qui a moins progressé que le seuil de pauvreté monétaire.
Le taux de pauvreté des retraités est, lui, en hausse depuis 2017 et atteint 10,8 % en 2022, alors que contrairement à ce qui se passait auparavant, la pension des nouveaux retraités est depuis 2017 « légèrement inférieure à celle de l’ensemble des retraités », selon l’étude.
Le CNLE est composé des principaux acteurs institutionnels et associatifs impliqués dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Il est chargé de fournir des avis au gouvernement, d’assurer une concertation entre les différents acteurs et d’établir des indicateurs de suivi.
Les urgences pédiatriques de Lubbock, au Texas, le 26 février 2025. MARY CONLON / AP
Plus de 1 000 cas de rougeole ont été enregistrés depuis le début de l’année aux Etats-Unis, selon un décompte de l’Agence France-Presse (AFP) révélé vendredi 9 mai. Cette maladie grave et contagieuse opère un retour en force, notamment aux Etats-Unis, sur fond de défiance croissante envers les vaccins.
« La situation est hors de contrôle », tonne le pédiatre infectiologue américain Paul Offit, pour qui il s’agit de la pire épidémie de rougeole dans le pays en « probablement trente ans ».
Une crise sanitaire d’ampleur à laquelle le ministre de la santé américain de Donald Trump, le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr, est accusé de largement contribuer en alimentant les craintes à l’égard du vaccin.
Depuis le début de l’année, au moins 1 012 cas ont été confirmés à travers trente des cinquante Etats américains, celui du Texas représentant plus de 70 % des cas, selon un bilan réalisé par l’AFP à partir des données publiques de ministères locaux.
Trois personnes sont mortes, dont deux jeunes enfants, dans le sud-ouest du pays, épicentre de l’épidémie. Le dernier décès infantile dû à la rougeole aux Etats-Unis remontait avant cela à 2003, trois ans après que la rougeole y a été déclarée officiellement éradiquée grâce à la vaccination.
La rougeole provoque de la fièvre, des symptômes respiratoires et des éruptions cutanées, et dans certains cas des complications plus graves, comme une pneumonie et une inflammation du cerveau pouvant occasionner de graves séquelles et la mort.
« C’est la maladie infectieuse la plus contagieuse au monde et elle se répand maintenant comme une traînée de poudre », alerte le docteur Offit, pour qui l’ampleur de l’épidémie est largement sous-estimée. D’après les témoignages de multiples soignants, « le nombre de cas aux Etats-Unis pourrait en réalité être proche de 3 000, voire plus », rapporte-t-il.
De nombreuses personnes infectées ne vont pas voir de médecin « par crainte de se voir imposer un vaccin ou encore parce qu’elles ne pensent pas se sentir assez mal », explique la pédiatre Tammy Camp, de l’ouest du Texas, où la majorité des cas ont été comptabilisés. Une sous-déclaration à laquelle s’ajoute le récent licenciement de milliers de fonctionnaires du ministère américain de la santé et des coupes financières drastiques compliquant les efforts de diagnostics, pointe M. Offit.
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L’épidémie a éclaté fin janvier dans une zone rurale texane où vit une communauté religieuse mennonite, une population ultraconservatrice et peu vaccinée, rappelant la précédente grande épidémie de 2019 – avec plus de 1 200 cas mais pas de décès – survenue dans des communautés juives orthodoxes de New York et du New Jersey.
Si le vaccin contre la rougeole est obligatoire aux Etats-Unis, les Américains peuvent dans une grande partie du pays comme au Texas, deuxième Etat le plus peuplé, invoquer une raison religieuse ou autre pour obtenir une dérogation.
Et le recours à ces exemptions vaccinales n’a cessé d’augmenter ces dernières années, en particulier depuis la pandémie de Covid-19, alimenté par une défiance grandissante de la population à l’égard des autorités sanitaires et des laboratoires pharmaceutiques.
Le ministre de la santé américain, Robert Kennedy Jr, est accusé de jeter de l’huile sur le feu en répandant de fausses informations, comme quand il a assuré en mars sur la chaîne Fox News que le vaccin était à « l’origine de toutes les maladies que la rougeole elle-même provoque : encéphalite, cécité, etc. » Dans un autre gouvernement, « on lui aurait demandé de quitter son poste avant que d’autres enfants ne meurent », fulmine le professeur Offit.
Sur le terrain, ses propos oscillant entre minimisation de la gravité de la situation, remise en cause du bénéfice de la vaccination et promotion de remèdes alternatifs comme la vitamine A provoquent une certaine confusion, confirme la pédiatre Tammy Camp.
Certains des enfants qu’elle ausculte présentent des symptômes liés à une prise excessive de vitamine A, un complément qui réduit le risque de complication chez les personnes souffrant de malnutrition, mais peut s’avérer dangereux en cas d’excès, explique-t-elle. « Nous voyons de plus en plus de cas de maladies pouvant être évitées grâce aux vaccins et cela ne va pas s’arrêter à la rougeole », prévient-elle, citant la récente résurgence de cas de coqueluche, autre maladie infectieuse grave.
Avant la mise au point d’un vaccin au début des années 1960, la rougeole tuait des centaines d’enfants chaque année aux Etats-Unis, et continue de faire des dizaines de milliers de morts à travers le monde.
Caroline Guiela Nguyen, directrice du Théâtre national de Strasbourg, à Strasbourg, le 25 janvier 2025. SMITH/MODDS
Du 10 au 15 mai, le Théâtre national de Strasbourg (TNS) ouvre ses portes au stand-up, avec le TNS Comedy Club. Cette initiative inédite, voulue par la directrice de cette institution théâtrale, Caroline Guiela Nguyen, marque une étape importante dans la reconnaissance de cet art de la parole et de la vanne, souvent considéré comme un sous-genre par les théâtreux.
Le programme, composé en collaboration avec l’équipe de Madame Sarfati, le comedy club parisien créé par l’humoriste Fary, offre un échantillon éclectique de la scène actuelle du stand-up. Laura Domenge, Panayotis Pascot et Merwane Benlazar y présenteront leur spectacle. Le Plato, comedy club strasbourgeois, organisera une soirée mêlant artistes émergents et confirmés. Enfin, des élèves de l’école du TNS qui ont suivi un module consacré à l’écriture du stand-up roderont leurs blagues devant le public.
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La rescapée de la Shoah Margot Friedlander à Berlin, le 24 juin 2021. ANDREW HARNIK / AP
Margot Friedländer, rescapée de la Shoah et l’une des témoins les plus éminents en Allemagne des horreurs du nazisme, est morte vendredi 9 mai à 103 ans dans sa ville de Berlin, a annoncé sa fondation. « Avec sa mort, l’Allemagne perd une voix importante de l’histoire contemporaine », a estimé la fondation.
« Depuis son retour dans sa ville natale, après six décennies d’exil à New York, cette citoyenne d’honneur de Berlin s’était engagée sans relâche en faveur de la réconciliation et de la mémoire », a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Margot Friedländer aurait dû recevoir ce vendredi l’une des plus hautes décorations allemandes des mains du chef de l’Etat, Frank-Walter Steinmeier, mais la cérémonie avait été annulée au dernier moment en raison de sa santé.
« La nouvelle du décès de Margot Friedländer m’emplit d’une profonde tristesse », a déclaré ce dernier. « Elle a offert la réconciliation à notre pays, malgré tout ce que les Allemands lui ont fait subir lorsqu’elle était jeune. Nous ne saurions trop lui être reconnaissants pour ce cadeau », a-t-il dit dans un communiqué. « Nous nous inclinons devant Margot Friedländer, cette merveilleuse juive allemande de Berlin », a-t-il ajouté.
Cette femme d’apparence frêle toujours élégamment vêtue − elle avait posé en une du magazine de mode Vogue en 2024 − était revenue dans sa ville natale de Berlin pour la première fois en 2003.
Elle avait alors consacré sa vie à aller à la rencontre des jeunes pour raconter son histoire et prôner l’empathie comme antidote contre la haine. « Ne regardez pas ce qui vous sépare. Regardez ce qui vous unit. Soyez humains », avait-elle encore plaidé l’an passé.
Née Margot Bendheim en 1921 dans une famille de fabricants de boutons, elle a suivi une formation de couturière. Sous le nazisme, elle a perdu ses parents et son jeune frère, assassinés dans les camps de concentration.
Elle-même fut envoyée en 1944 dans celui de Theresienstadt, en actuelle République tchèque, où elle rencontra son futur mari, Adolf Friedländer. Tous deux ont survécu, se sont mariés et sont partis faire leur vie aux Etats-Unis.
Après le décès d’Adolf en 1997, elle avait rencontré le producteur allemand Thomas Halaczinsky qui lui avait proposé de venir à Berlin pour tourner un documentaire sur sa vie. En 2010, elle décidera finalement de s’installer définitivement dans sa ville natale.
La police surveille les analyses médico-légales pour retirer les corps d’une rue de Culiacan, dans l’Etat de Sinaloa, au Mexique, le 17 septembre 2024. AP
Au moins 39 mineurs ont été assassinés et 97 sont portés disparus au Mexique dans la guerre que se livrent depuis septembre deux factions du cartel de Sinaloa, l’un des groupes de narcotrafiquants les plus puissants du pays, a dénoncé, vendredi 9 mai, Oscar Loza, président de la Commission des droits humains de l’Etat de Sinaloa, en citant des données du parquet régional.
Le cartel de Sinaloa a été fondé par Joaquin « El Chapo » Guzman, qui purge une peine de prison à vie aux Etats-Unis, et Ismael « El Mayo » Zambada, arrêté au Texas en juillet. Les partisans du « Mayo » accusent les fils du « Chapo », surnommés « los Chapitos », d’avoir participé à sa remise aux autorités américaines.
Le dernier incident s’est produit lundi, lorsque deux petites filles de 7 et 12 ans sont mortes après s’être retrouvées coincées dans un affrontement entre des membres de la garde nationale et un groupe armé. La fusillade a eu lieu dans la municipalité de Badiraguato, berceau de « El Chapo » Guzman et d’autres chefs du cartel de Sinaloa, selon les autorités. Lors de l’incident, un autre enfant de 12 ans, ses parents et deux autres membres de la famille ont été blessés par balle.
« Quand la société pourra-t-elle se remettre d’une blessure aussi profonde et douloureuse que celle-ci ? Jamais. Elles seront toujours présentes, pas les chiffres, mais ces sourires qui se sont éteints », a déclaré M. Loza.
La guerre entre les héritiers d’« El Chapo » et la faction d’« El Mayo » a causé plus de 1 200 morts et la disparition de 1 400 autres personnes, en plus d’avoir un impact profond sur l’économie et la vie quotidienne dans la capitale Culiacan et dans d’autres localités de Sinaloa.
A son arrivée au palais de justice de Nîmes, Olivier Hadzovic a été présenté au juge d’instruction chargé de l’enquête pour son interrogatoire de première comparution. Il n’a pas été en mesure de faire des déclarations et sera interrogé ultérieurement, précise le parquet. Il a été placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet.
Plus tôt lundi, la procureure de Nîmes, Cécile Gensac, avait annoncé le transfert vers la France de ce mis en cause dans l’affaire de La Grand-Combe, un Français de 20 ans qui aurait agi, selon de précédentes déclarations de la magistrate, en raison d’une « envie obsessionnelle de tuer une personne ». « Il a été remis ce matin aux autorités françaises », avait confirmé à l’Agence France-Presse son avocat italien, Giovanni Salvietti. Interrogé sur l’état d’esprit de son client, Me Salvietti a ajouté : « Comme d’habitude, il s’exprime très peu. »
Ce silence n’est « en aucune manière une quelconque velléité d’obstruction ou de soustraction, mais une incapacité, à l’heure où je vous parle, de s’exprimer », a déclaré aux journalistes Adrien Gabeaud, un des avocats du jeune homme. Il n’a pas donné plus de détails, évoquant « notamment des raisons médicales » et « liées à son psychisme », et soulignant qu’il allait demander « un certain nombre d’expertises ». M. Gabeaud s’est refusé à « donner davantage d’éléments sur le fond du dossier », relevant toutefois « qu’aucune connotation à caractère terroriste n’a jamais été juridiquement envisagée ».
En fuite pendant près de trois jours, le meurtrier d’Aboubakar Cissé, frappé de 57 coups de couteau le 25 avril dans la salle de prière de la mosquée Khadidja à La Grand-Combe, s’était finalement rendu à la police italienne à Pistoia, près de Florence. Sous le coup d’un mandat d’arrêt européen, il a consenti à être remis à la France dans le cadre d’une procédure accélérée.
« Meurtre aggravé par préméditation en raison de la race »
Une cérémonie de prière a eu lieu le 8 mai à Bamako en hommage à Aboubakar Cissé, dont le corps a été rapatrié dans son pays d’origine pour y être inhumé, en présence de proches et de responsables qui ont demandé aux autorités françaises que « la justice aboutisse » sur cet assassinat.
En France, des organisations et personnalités appellent à une marche dimanche à Paris pour dénoncer « la progression de l’islamophobie » et rendre hommage au jeune homme, arrivé en France vers l’âge de 15 ans et qui vivait depuis plusieurs années dans des conditions précaires à La Grand-Combe. « Il faut que tout le monde prenne part au combat pour protéger les musulmans de France », assure Sofia Tizaoui, secrétaire syndicale de l’Union syndicale lycéenne, une des organisations à l’initiative de la mobilisation.
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Olivier Hadzovic a « agi dans un contexte isolé, sans revendication idéologique ou lien avec une organisation (…). Les ressorts pour agir de l’agresseur sont très vite apparus comme profondément personnels, l’envie de tuer quelqu’un, quelle que soit la cible », sur fond de « fascination morbide », avait déclaré Mme Gensac le 2 mai lors de son unique conférence de presse jusqu’à présent sur ce dossier sensible.
Rien ne permet pour l’heure d’expliquer pourquoi « il entre dans cette mosquée » et agresse cette personne précise, a insisté la magistrate, rappelant le témoignage d’une jeune femme qui avait signalé les contenus en ligne du futur meurtrier, où il avait fait part, depuis un an déjà, « d’envies de viol de femmes, de meurtres ou de viols de cadavre ».
Le président de la République, Emmanuel Macron, à Paris, le 8 mai 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »
Invité d’une émission spéciale mardi soir sur TF1, Emmanuel Macron débattra notamment avec la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et le maire de Béziers, Robert Ménard, et répondra également à une interpellation du youtubeur Tibo InShape, a précisé la chaîne, vendredi 9 mai.
« En immersion totale au milieu de plus de 100 m² d’écrans, le président de la République sera interpellé par des personnalités issues de la société civile, en plateau et en vidéo », a déclaré TF1 dans un communiqué. Titrée « Emmanuel Macron – Les défis de la France » et démarrant à 20 h 10, l’émission sera animée par Gilles Bouleau et portera sur l’actualité nationale et internationale.
Des débats de quinze minutes opposeront le président et Sophie Binet sur le sujet des retraites, Robert Ménard sur la sécurité, l’essayiste libérale Agnès Verdier-Molinié sur les finances publiques, ainsi que la spécialiste de l’environnement Salomé Saqué sur la jeunesse, a-t-on précisé chez TF1, confirmant une information du Parisien.
En outre, plusieurs figures interpelleront Emmanuel Macron par vidéo, dont Tibo InShape mais aussi le journaliste Charles Biétry, atteint de la maladie de Charcot et dont la voix sera reproduite par l’intelligence artificielle.
De plus, le chef de l’Etat répondra à des questions de Français, envoyées notamment via un formulaire disponible sur le site, l’application et les réseaux sociaux TF1 Info ainsi que sur TF1+. Il sera amené à réagir à des reportages réalisés dans toute la France par François-Xavier Ménage.
La chaîne révélera mardi soir les résultats d’une consultation des Français sur « le bilan du chef de l’Etat et leurs priorités pour les deux ans à venir ».
Emmanuel Macron pourrait évoquer sur TF1 des projets de référendums, selon une source proche du président. Il avait déclaré lors de ses vœux pour l’année 2025 que les Français seraient amenés à « trancher » sur des sujets déterminants.
Le stade Neo Quimica Arena à Sao Paulo, au Brésil, qui accueillera les matchs de la Coupe du monde féminine de football 2027, le 7 mai 2025. NELSON ALMEIDA / AFP
Le format de la Coupe du monde féminine de football évolue. A compter de l’édition 2031, qui a été pré-attribuée aux Etats-Unis, 48 sélections vont prendre part au tournoi, a fait savoir la Fédération internationale de football (FIFA), vendredi 9 mai, dans un communiqué.
La décision a été prise à l’unanimité par le conseil de l’instance, précise le texte, « compte tenu des progrès remarquables réalisés récemment par le football féminin à travers le monde ». Cette extension n’est pas vraiment une surprise : le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait fait part de son intention de la rendre effective lors du congrès de la fédération européenne, l’UEFA, en avril à Belgrade.
« Il ne s’agit pas seulement d’avoir 16 équipes supplémentaires (…) mais de franchir une nouvelle étape dans le développement du football féminin en général », a plaidé le dirigeant, cité dans le communiqué. Elargir l’accès à « la compétition d’élite » à plus de nations permettra d’« accélérer les investissements » dans ce secteur, estime-t-il.
Un élargissement dès 2026 pour les hommes
Le Mondial 2023, organisé en Australie et en Nouvelle-Zélande et remporté par l’Espagne, avait été le premier à accueillir 32 équipes. Il en sera donc encore de même en 2027, au Brésil, avant l’entrée en vigueur de cette extension.
Les premières éditions de l’épreuve, en 1991 et 1995, ne comptaient que 12 participants, avant d’être étendues à 16 (1999, 2003, 2007, 2011), puis à 24 (2015, 2019).
Le passage de 32 à 48 sélections avait, lui, déjà été entériné pour les hommes dès la prochaine Coupe du monde, qui doit se tenir au Canada, au Mexique et aux Etats-Unis, du 11 juin au 19 juillet 2026.
Un juge des référés du tribunal a en revanche suspendu l’interdiction d’une manifestation à l’appel du Comité du 9 mai, un groupe néofasciste de l’ultradroite. Il a également suspendu celle d’un rassemblement prévu, le même jour, place du Panthéon, à l’appel de l’Union syndicale Solidaires, qui a pour mot d’ordre de « dénoncer la manifestation du Comité du 9 mai ».
Selon un communiqué du tribunal administratif, le juge des référés a estimé que l’interdiction de la manifestation « antifasciste et antiraciste » n’était « pas manifestement illégale ».
Il a notamment argué que cette contre-manifestation était prévue sur le même parcours que la manifestation organisée par le Comité du 9 mai et « aurait conduit à mêler les participants à chacune de ces manifestations dont les antagonismes idéologiques sont forts ». Le juge a également « tenu compte du fait que des membres des organisations ayant soutenu la manifestation avaient commis des actes de violence par le passé ».
Le même juge a en revanche considéré que l’interdiction des deux autres manifestations − aux termes d’arrêtés publiés mercredi par la préfecture de police de Paris − portait « une atteinte manifestement illégale à la liberté de manifestation ».
Un rassemblement statique au Panthéon autorisé
Concernant la manifestation du Comité du 9 mai, le juge a relevé que « la même manifestation organisée l’année dernière n’avait donné lieu à aucune poursuite de manifestants en raison d’une dissimulation illicite de leurs visages ou de propos constitutifs d’appel à la haine ou à la discrimination ».
Le Comité du 9 maimanifeste tous les ans pour l’anniversaire de la mort d’un militant d’extrême droite, Sébastien Deyzieu, mort accidentellement en 1994. Ce jeune militant de l’Œuvre française, groupuscule pétainiste et antisémite, chuta d’un toit le 7 mai 1994 lors d’une poursuite avec les forces de l’ordre à l’occasion d’une manifestation convoquée « contre l’impérialisme américain » interdite par la préfecture.
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Le juge administratif a estimé que les risques de heurts avec des contre-manifestants n’étaient « pas établis » dans la mesure où le rassemblement statique, dénommé « village antifasciste » avait lieu à 1,2 kilomètre du parcours, place du Panthéon. Laurent Nuñez, qui évoquait des risques de troubles à l’ordre public, n’a pas justifié selon le tribunal administratif que les organisateurs de ce rassemblement statique ont été impliqués par le passé dans des actes de violence.
En 2024, déjà, plusieurs centaines de membres du groupuscule Comité du 9 mai, dont les chants nationalistes, les provocations et les tatouages nazis avaient choqué en 2023, avaient pu défiler en toute impunité lors d’une manifestation autorisée par le tribunal administratif.