La gouvernance du pape François vue par son successeur

Parmi les nombreux commentaires qui ont accompagné le décès du pape François, auquel a succédé Léon XIV, l’un est revenu de manière récurrente : ce pape réformateur, critique de la centralisation romaine et du pouvoir de la curie, aurait gouverné lui-même de manière centralisatrice, voire autoritaire, pour imposer ses vues. On a dénoncé alors la contradiction entre les principes proclamés – collégialité, décentralisation, synodalité – et une pratique de gouvernement qui a concentré les décisions importantes dans les mains du pape.

Lire l’analyse | Article réservé à nos abonnés Ce que le pape François lègue à travers ses écrits politiques, fraternels et poétiques

Ce paradoxe n’est pourtant ni inédit ni propre à François. Il est bien connu des sciences sociales, et il a été formulé dès les origines de la sociologie historique par Max Weber (Economie et société, 1921). Toute transformation profonde d’une société ou d’une organisation – qu’elle repose sur des logiques traditionnelles ou modernes et bureaucratiques – exige l’autorité d’un leader charismatique.

Il serait en effet naïf de croire que les élites en place peuvent modifier les routines organisationnelles, non seulement parce qu’elles n’y ont vraisemblablement pas intérêt, mais aussi – et peut-être surtout – parce qu’elles manquent des catégories culturelles ou cognitives qui leur permettraient de les mettre en cause. D’où ce constat, chez Weber, que toute révolution commence ou s’achève avec un leader charismatique fort, dont l’autorité centralisatrice amorce ou confirme la rupture.

Culture du soupçon

Cette thèse a longtemps été jugée suspecte dans les démocraties libérales, car l’expérience des régimes totalitaires, dans la première moitié du XXe siècle, a déprécié durablement toute forme d’exercice du pouvoir personnel d’un « chef ». La figure du leader charismatique a été associée à l’oppression autocratique. Seul a échappé à la critique le leader communiste ou postcolonial. Mais les dérives autoritaires de ces figures ont fini par les délégitimer à leur tour. Dans les sociétés occidentales, une culture du soupçon s’est ainsi imposée à l’égard de toute incarnation de l’autorité par une personne charismatique, autant dans les institutions politiques ou religieuses que dans les entreprises.

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« Les mathématiques semblent être le seul repère pour les sciences dans notre pays »

Cette tribune paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien.

La ministre de l’éducation nationale, Elisabeth Borne, a présenté le 7 mai un plan global Filles et mathspour augmenter le nombre de filles dans les filières de sciences et technologies. Nous sommes très étonnés de voir que, une fois encore, les mathématiques semblent être le seul repère pour les sciences dans notre pays. Pensons aussi aux autres disciplines scientifiques comme la biologie et la géologie qui sont tout aussi fondamentales pour comprendre et agir sur le monde.

Beaucoup de femmes scientifiques dans ces branches, notamment françaises, porteuses de grandes découvertes, ont suscité inspiration et vocations scientifiques. Citons Françoise Barré-Sinoussi, découvreuse du virus du sida, Marie-Antoinette de Lumley, paléoanthropologue, Katia Krafft (1942-1991), volcanologue, Madeleine Brès (1842-1921), première femme à accéder aux études médicales, Valérie Masson-Delmotte, figure emblématique et combative du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Marthe Gautier (1925-2022), découvreuse du syndrome de Down [trisomie 21], sans parler des très nombreuses découvreuses étrangères.

Certes, ce projet prévoit de lutter contre les stéréotypes en mettant en place un plan de formation pour les enseignants, cela est tout à fait louable et nécessaire. Cependant, en se fixant pour 2030 l’objectif d’augmenter de 30 000 le nombre de filles qui conservent la spécialité mathématiques en terminale, il est certain que cela impactera les autres spécialités, et bien évidemment les sciences de la vie et de la Terre (SVT). En effet, depuis 2019, les élèves de 1re doivent abandonner une de leurs trois spécialités en accédant à la terminale.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Elisabeth Borne veut augmenter le nombre de filles dans les études scientifiques, dont la proportion stagne depuis 20 ans

Les SVT sont des vraies sciences expérimentales dont la France a besoin pour l’avenir de la recherche scientifique dans les domaines hautement importants et urgents comme la transition écologique, la santé, la gestion des ressources avec les géosciences, les sciences biologiques.

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Gérard Depardieu condamné à dix-huit mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles sur le tournage du film « Les Volets verts »

L’acteur français Gérard Depardieu, au Palais de justice de Paris, le 27 mars 2025. GONZALO FUENTES / REUTERS

Il est la plus grande figure du cinéma français rattrapée par #MeToo : Gérard Depardieu a été reconnu coupable d’avoir agressé sexuellement deux femmes lors du tournage du film Les Volets verts, en 2021, et condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, mardi 13 mai. Le tribunal correctionnel a, en outre, prononcé une peine d’inéligibilité de deux ans et son inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais), conformément aux réquisitions du parquet.

L’avocat du comédien a immédiatement annoncé qu’il allait interjeter appel. « A partir du moment où vous êtes mis en cause aujourd’hui dans une affaire dite d’agression sexuelle, vous êtes automatiquement condamné », a estimé Jérémie Assous. Gérard Depardieu, actuellement en tournage au Portugal pour un film dirigé par Fanny Ardant, n’était pas présent au délibéré, contrairement à ce qu’avait assuré Me Assous.

Le tribunal a motivé sa décision par la constance et la cohérence des propos des plaignantes alors que les « déclarations de Gérard Depardieu ont évolué significativement entre sa garde à vue et l’audience ». Le président du tribunal a regretté lors de la lecture du jugement « la dureté excessive des débats » à l’encontre des parties civiles de la part de la défense de Gérard Depardieu. « Des propos qui, par leur nature, sont constitutifs d’une victimisation secondaire », a-t-il ajouté.

Victimisation secondaire

Gérard Depardieu devra verser à Amélie 4 000 euros de dommages et intérêts au titre de son préjudice moral et 2 000 euros à Sarah pour le même motif (les prénoms ont été modifiés). Il devra aussi leur verser 1 000 euros à chacune au titre du préjudice de victimisation secondaire. Me Assous avait notamment crié « menteuse, hystérique ! » ou encore « allez pleurer ! » à Amélie et Sarah, s’approchant de leur banc en les pointant du doigt. « Cette reconnaissance de la maltraitance de prétoire est très importante pour nous. J’espère que ça découragera les agresseurs », a insisté Carine Durrieu Diebolt, l’avocate d’une des parties civiles.

Lire le récit | Article réservé à nos abonnés Procès de Gérard Depardieu : dix-huit mois avec sursis requis et les méthodes de son avocat en débat

La victimisation secondaire est une double peine pour les victimes de violences sexistes et sexuelles qui, après avoir subi une première agression, sont confrontées à des préjugés, à des questions déplacées et à des remarques culpabilisantes par les acteurs d’un système judiciaire supposé les protéger.

A l’issue des quatre jours de procès, le procureur de la République, pour qui la culpabilité de l’acteur ne fait aucun doute, avait requis « une peine qui prenne en compte l’absence totale de remise en cause » du prévenu.

« Une agression, c’est plus grave que ça, je crois »

L’avocat de l’acteur avait, quant à lui, plaidé la relaxe pour son client, victime, selon lui, de « harcèlement ». Sa très longue plaidoirie avait été marquée par des passages survoltés à l’encontre des plaignantes. Amélie, la seule partie civile présente pour entendre le jugement, s’est dite soulagée après avoir traversé « un ascenseur émotionnel » : « Justice a été rendue », a-t-elle déclaré.

Lors du procès, elle avait raconté en détail cette journée de septembre 2021, dans un appartement du 16e arrondissement de Paris où se déroulait le tournage. La décoratrice avait expliqué avoir évoqué le décor du film avec Gérard Depardieu et sa recherche de parasols des années 1970 pour la suite du tournage dans le sud de la France.

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Ensuite, « il referme les jambes, il m’attrape les hanches », avait-elle mimé à la barre. « Il me coince, il a beaucoup de force et il malaxe », avait poursuivi Amélie, se remémorant « son gros visage », « ses yeux rouges, très excités » et les propos de Gérard Depardieu : « Viens toucher mon gros parasol, je vais te le mettre dans la chatte ! »

« Je conteste les faits ! », avait vivement réagi Gérard Depardieu devant le tribunal, constamment assis sur un tabouret. « Il y a des vices que je ne connais pas », s’était exclamé l’acteur. « Je ne vois pas pourquoi je m’amuserais à peloter une femme, des fesses, des seins, je ne suis pas un frotteur dans le métro », s’était-il défendu.

« J’adore les femmes »

Gérard Depardieu avait également nié avoir agressé Sarah, 34 ans aujourd’hui. L’assistante sur le film avait raconté avoir accompagné l’acteur de la loge au plateau. « Il faisait nuit et au bout de la rue, il a mis la main sur ma fesse, il l’a posée tranquillement », avait-elle expliqué à la barre, à quelques mètres de Gérard Depardieu, ajoutant avoir été agressée à deux autres reprises les jours suivants.

« Je l’ai peut-être frôlée avec le dos dans le couloir, mais je ne l’ai pas touchée !, avait affirmé à la barre Gérard Depardieu. Je n’ai pas fait d’agression sexuelle, une agression, c’est plus grave que ça, je crois. »

« Plus grave que quoi ? », l’avait interpellé l’avocate de Sarah, Claude Vincent. « Plus grave qu’une main aux fesses. Enfin, je n’ai pas mis de main aux fesses ! », s’est empressé d’ajouter l’acteur, qui a affirmé être « d’un autre temps ». Gérard Depardieu avait admis pouvoir être « grossier, vulgaire », regrettant « les temps anciens ». Un temps où les femmes « ne parlaient pas », « ne déposaient pas plainte » quand un homme les touchait, avaient rappelé les parties civiles, dénonçant « l’apologie du sexisme ».

« J’adore les femmes », avait déclaré l’acteur, opposant « la féminité », qu’il respecte, aux « femmes qui sont dans l’hystérie », faisant référence aux manifestantes ayant perturbé les représentations de son spectacle Depardieu chante Barbara, en 2023, après des accusations de violences sexistes et sexuelles.

Lire le récit | Article réservé à nos abonnés Au procès de Gérard Depardieu, le crépuscule d’un monument de « l’ancien monde »

Pendant le procès, quatre femmes en plus des plaignantes sont venues témoigner d’agressions sexuelles subies entre 2007 et 2015. Chaque fois, elles ont évoqué « les mains sur les seins », « la main dans la culotte » et aussi le silence gardé, « parce qu’à 20 ans, c’est difficile d’aller au commissariat et de porter plainte contre M. Depardieu », a témoigné l’une d’elles.

Ces dernières années, Gérard Depardieu a été accusé d’agressions sexuelles par une vingtaine de femmes mais plusieurs procédures ont été classées pour cause de prescription des faits. L’acteur n’en a cependant pas fini avec la justice. Le parquet de Paris a requis un procès à son encontre, après sa mise en examen faisant suite à une plainte de l’actrice Charlotte Arnould pour viol, en 2018.

Lire l’enquête (2023) : Article réservé à nos abonnés Gérard Depardieu, le crépuscule d’un monstre sacré du cinéma rattrapé par ses dérives

Le Monde avec AFP

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Grève de la fonction publique : cinq syndicats dénoncent la politique budgétaire du gouvernement

A Dunkerque (Nord), lors de la manifestation du 1ᵉʳ-Mai 2025. AIMÉE THIRION POUR « LE MONDE »

Cinq des huit syndicats représentatifs de la fonction publique appellent à la mobilisation et à la grève, mardi 13 mai, notamment pour réclamer de meilleures rémunérations et dénoncer des débats budgétaires qui, selon eux, « s’engagent de la pire des manières » pour les agents.

La CGT, principale organisation, l’UNSA, la FSU, Solidaires et la CFE-CGC ont déploré lors d’une conférence la semaine dernière une « politique de l’offre qui assèche les ressources fiscales », l’absence de « mesures générales sur les salaires » et une « stigmatisation » des agents.

A Paris, une conférence de presse est prévue mardi à 13 h 30 près du ministère de l’économie, en présence, entre autres, de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Un cortège doit ensuite s’élancer à 14 heures vers la place de la Nation.

Les syndicats dénoncent les 40 milliards d’euros d’économies prévus par le gouvernement dans le budget 2026, et les conséquences sur l’emploi de la fusion annoncée d’un tiers des agences et opérateurs de l’Etat, selon un communiqué commun.

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Coupes budgétaires

Dans une circulaire à la fin d’avril, le premier ministre, François Bayrou, a exhorté son gouvernement à la « maîtrise » de la masse salariale dans la fonction publique, qui a crû de 6,7 % en 2024.

Cette journée d’action survient un peu plus d’un mois après une mobilisation modeste, où moins de 2 % du personnel était en grève dans chacune des branches de la fonction publique (Etat, territoriale et hospitalière).

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Une mobilisation sans commune mesure avec celle du 5 décembre 2024, quand près de 20 % des agents de la fonction publique d’Etat étaient en grève, éducation nationale en tête, et que des dizaines de milliers de personnes avaient défilé dans toute la France contre des mesures d’économies.

L’université est particulièrement touchée par les ajustements budgétaires, avec des coupes dans les crédits pour l’enseignement supérieur et la recherche annoncées le 25 avril.

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« Bien que le budget total alloué aux universités et aux écoles augmente de plus de 300 millions d’euros en 2025, c’est insuffisant au regard des dépenses nouvelles (masse salariale, inflation dont le gaz et l’électricité) qui s’imposent et qui sont de l’ordre de plus de 600 millions d’euros en 2025 » pour les universités, a déploré Dean Lewis, président de l’université de Bordeaux.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Budget 2026 : le débat sur la hausse des impôts des plus riches resurgit au sein du gouvernement

Le Monde avec AFP

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Bordeaux : une rixe éclate en plein tribunal, sur fond de rivalités entre quartiers

Une violente bagarre a éclaté, lundi 12 mai au soir, dans l’enceinte de la cour d’assises de la Gironde lors du procès de trois jeunes hommes, jugés pour la mort de Lionel, 16 ans, mortellement blessé lors d’une fusillade, sur fond de rivalités entre quartiers bordelais.

« A l’issue de la première journée d’audience, des incidents graves ont eu lieu dans la salle d’audience et la salle des pas perdus de la cour d’appel, entraînant en particulier des blessures sur les fonctionnaires de police intervenus pour ramener l’ordre », écrit la cour d’appel dans un communiqué. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de la rixe, de même source.

« L’atmosphère était étonnamment calme toute la journée. Puis, en fin d’audience, on a vu arriver au compte-gouttes une vingtaine de jeunes habillés de noir, qui se sont assis sur un banc au fond de la salle », décrit Me Yann Herrera, qui défend les proches de Lionel Sess. Alors que la salle se vidait, « des dizaines de personnes ont commencé à se battre, dont certaines portaient des gants coqués, dans un sas entre la salle d’audience et la salle des pas perdus, puis dans la salle d’audience elle-même », détaille l’avocat.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A Bordeaux, jusqu’à dix ans de prison pour « Barbeu », « La Faucheuse » et le « clan Corleone », au cœur d’un trafic d’armes

« Une horde d’une vingtaine de personnes se sont notamment ruées sur mon client, qui a été blessé à l’épaule », décrit à son tour Me Grégoire Mouly, l’avocat de l’un des accusés, qui comparaissait libre. « De ma vie d’avocat, je n’ai jamais vu un tel déferlement de violence dans une salle d’audience », pointe ce dernier.

« Vous voulez la guerre ? Vous l’aurez »

La cour d’appel de Bordeaux a fait savoir que l’audience, qui doit durer jusqu’au 23 mai, « se poursuivra[it] jusqu’à son terme sous surveillance renforcée ».

Le samedi 2 janvier 2021, peu après 22 heures, au pied d’un immeuble du quartier des Aubiers, dans le nord de Bordeaux, Lionel vendait des pâtisseries pour partir au ski grâce à ses recettes, lorsque des tireurs ont ouvert le feu au fusil automatique au pied de son immeuble.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Gironde, la crainte d’une affaire de viols collectifs de grande ampleur : « C’était comme faire passer sa femme à l’abattoir »

« Vous voulez la guerre ? Vous l’aurez », lance l’un d’eux, d’après des témoins. Un homme encagoulé poursuivra les adolescents en fuite, sous les cris de « Fumez les petits ! », ont raconté victimes et riverains aux enquêteurs.

Trois mineurs, âgée de 13 à 16 ans, se réfugient alors, grièvement blessés, dans les bâtiments alentour. Lionel, touché par deux balles dont une dans le thorax, succombera à ses blessures.

Lire notre enquête (2021) : Article réservé à nos abonnés Mourir pour son quartier : la guerre des bandes à Evry

Le Monde avec AFP

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La lente évolution des supermarchés, acteurs incontournables pour faire évoluer les assiettes des Français

Dans un supermarché, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), le 16 mai 2024. JOEL SAGET/AFP

Elles façonnent en grande partie l’alimentation des Français. Les enseignes de grande distribution sont un maillon incontournable, où s’effectuent les trois quarts des achats alimentaires. Deux ans après une première étude sur le rôle des supermarchés dans la transition alimentaire, alors que nos assiettes pèsent pour près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre, le Réseau Action Climat (RAC) réitère et complète son étude. La grande distribution, écrit le RAC, est « un acteur central dans le paysage économique, symbolique et politique, mais qui ne suscite guère de discussions dans le débat public ».

Ce nouveau rapport, publié mardi 13 mai, vise à y remédier. En 2025, les enseignes ont progressé en matière de transparence et d’engagements en faveur du climat, mais dans la pratique, elles continuent de favoriser l’achat de viande premier prix issue d’élevages industriels, au détriment d’une alimentation plus végétale et d’une viande sous label de qualité, biologique ou Label rouge entre autres.

L’analyse, qui porte sur les principales enseignes couvrant 90 % du marché (Aldi, Carrefour, Casino/Monoprix, E.Leclerc, Lidl, Les Mousquetaires/Intermarché), s’appuie sur plusieurs sources de données : rapports publics, visites dans plus de 200 magasins, questionnaires envoyés aux distributeurs, entretiens avec des représentants du secteur, ainsi qu’une analyse des pratiques à l’étranger. Une grille de notation a été établie, évaluant les engagements et la transparence, la mise en avant dans les rayons, les catalogues de promotion, les politiques de prix, etc. Les entretiens avec les représentants du secteur ont permis quant à eux d’identifier les principaux freins à la transition.

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Allemagne : les autorités prononcent la dissolution d’une association complotiste du Mouvement des citoyens de l’empire ; des perquisitions dans sept régions

Le ministère de l’intérieur allemand a annoncé, mardi 13 mai, avoir procédé à des perquisitions d’ampleur et avoir prononcé la dissolution de l’association Empire allemand, qui fait partie du réseau complotiste et extrémiste Mouvement des citoyens de l’empire, désireux de rétablir l’empire de 1871. Selon le communiqué, les perquisitions ont eu lieu mardi dans sept régions, en Bade-Würtenberg, Basse-Saxe, Rhénanie du Nord-Westphalie, Rhénanie-Palatinat, Saxe, Saxe-Anhalt et Thuringe.

L’association est « la plus grande organisation » du Mouvement des citoyens de l’empire (Reichsbürgerbewegung), précise le ministère allemand, avec environ 6 000 partisans. Accusée d’« attaquer l’ordre démocratique libéral », elle « nie l’existence de la République fédérale d’Allemagne et rejette son système juridique ».

A Berlin, en mai 2025. FABRIZIO BENSCH / REUTERS

« Aujourd’hui, un revers significatif a été infligé aux soi-disant “citoyens de l’empire” », a salué le ministre fédéral de l’intérieur, Alexander Dobrindt. « Les membres de cette association ont créé un “contre-Etat” dans notre pays et ont établi des structures économiques criminelles. Ils étayent leur prétention au pouvoir par des théories du complot antisémites. Cela est intolérable dans notre Etat de droit », a-t-il poursuivi, promettant des « mesures décisives contre ceux qui attaquent [l’]ordre constitutionnel démocratique et libre ».

Le Monde avec AFP

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« Quand les peuples se droitisent, l’argent public peut-il encore être monopolisé par des œuvres de gauche ? »

Une digue culturelle est en train d’être dynamitée partout dans le monde occidental. Résumons brutalement : quand les peuples se droitisent, l’argent public peut-il encore être monopolisé par des artistes et des œuvres de gauche ? Ces derniers doivent-ils être « loyaux » envers ceux qui les financent ? Il y a dix ans à peine, ces questions étaient inimaginables, absurdes. Beaucoup les posent, aujourd’hui.

Une fois de plus, c’est Donald Trump qui montre le chemin, affirmant haut et fort que l’argent de l’Etat ne doit plus financer des expositions qui « dégradent les valeurs américaines », notamment celles qui dénoncent un pays raciste et sexiste. Il en a assez de l’autoflagellation. Quand il annonce, le 4 mai, des droits de douane de 100 % sur les films produits à l’étranger, c’est pour favoriser la production made in America, mais aussi pour limiter l’entrée sur le territoire d’œuvres de « propagande », dit-il,contre son pays.

Selon le président américain, l’art coûte déjà cher, on ne va pas en plus financer celui qui nous insulte. Cette posture se répand partout. En France, par exemple. Pour comprendre la bascule chez nous, il faut revenir aux années 1980 et 1990, quand le socialiste Jack Lang, outre une pléiade de mesures portées par un budget doublé, signe des dizaines de conventions avec des villes, départements et régions, beaucoup de droite, chaque collectivité mettant de l’argent avec l’Etat pour faire vivre des théâtres ou des musées.

Ce fut un coup de génie que d’impliquer des élus de tous bords dans un projet culturel de gauche. Le consensus a donné l’illusion que la création n’était pas guidée par l’idéologie et profitait à tous. Seul le Front national hurlait contre une culture gauchiste et élitiste, recevant en retour le mépris.

« Séparatisme » et « prosélytisme »

Ce consensus est balayé. Une bonne partie des élus locaux de droite, un peu de gauche aussi, regardent autrement. Ils sont moins dans la pensée novatrice que dans l’air du temps. Déjà la coupe budgétaire fait office de politique culturelle, ce qui n’est pas constructif mais très concret. Surtout, des élus substituent au dogme de « non-ingérence » celui de subvention sous « conditions » afin d’imposer des choix : une culture enracinée localement, ouverte au divertissement « apolitique », diverse tout en écartant les radicalités. Cette bascule fut abordée lors du Congrès des maires, en novembre 2024.

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Retraites : la controverse sur la méthode de calcul du déficit rebondit

Le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lors d’une audition devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, à Paris, le 16 avril 2025. BERTRAND GUAY/AFP

Si Pierre Moscovici manifeste son agacement par le biais d’un réseau social – un jour férié, qui plus est –, c’est que la coupe n’est pas loin d’être pleine. Jeudi 8 mai, le premier président de la Cour des comptes a déclaré, sur X, qu’il « commence à [se] lasser sérieusement » face à la « croisade obsessionnelle et égocentrée » dont la haute juridiction et lui-même font les frais depuis près de deux mois et demi. Des mots vifs en réaction aux énièmes critiques formulées à son encontre par un homme qu’il connaît bien : Jean-Pascal Beaufret.

Lire aussi l’enquête : Article réservé à nos abonnés Controverse autour du « déficit caché » du système des retraites

La veille – sur X, également –, cet ancien inspecteur des finances avait jugé « consternante » une intervention de M. Moscovici, mardi, à l’Assemblée nationale, au sujet du déficit des caisses de retraite. Ce nouveau coup de boutoir de M. Beaufret n’est pas totalement anecdotique, car il bénéficie du soutien de parlementaires et d’économistes qui considèrent que les magistrats de la rue Cambon n’ont pas dit toute la vérité sur la question.

A l’origine de cette passe d’armes, il y a les deux rapports que la Cour des comptes a rendus, le 20 février et le 10 avril, sur nos régimes de pension. Dans ces audits, réalisés à la demande du premier ministre, François Bayrou, il est écrit que notre système par répartition a, avant de replonger dans le rouge, dégagé un excédent durant quelques années (notamment de 8,5 milliards d’euros en 2023).

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Le Mexique lance des poursuites contre Google pour avoir changé le nom du golfe du Mexique en golfe d’Amérique

Une carte de Google Maps mise à jour montre le « golfe d’Amérique », aux Etats-Unis, le 10 février 2025 JUSTIN SULLIVAN / AFP

Le Mexique a lancé des poursuites contre Google pour avoir changé le nom du golfe du Mexique en golfe d’Amérique pour les utilisateurs de l’application Google Maps aux Etats-Unis, a annoncé vendredi 9 mai la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum.

Lire la tribune | Article réservé à nos abonnés Nouvelle dénomination du golfe du Mexique : « La toponymie est à l’avant-garde d’un projet impérialiste aux conséquences incommensurables »

« La plainte a déjà été déposée », a déclaré Mme Sheinbaum lors de sa conférence de presse matinale, sans préciser la date ni la juridiction. Dès le 20 janvier, premier jour de son retour à la Maison Blanche, le président Donald Trump avait signé un décret changeant le nom du golfe du Mexique en « golfe d’Amérique ».

Depuis février, Google Maps, service de cartographie ultradominant, affiche désormais « golfe d’Amérique » au sud-est des Etats-Unis, sur la mer encadrée par la Floride, la Louisiane, le Texas, le Mexique et Cuba, pour les usagers situés aux Etats-Unis.

Les utilisateurs basés au Mexique ont, eux, conservé « Golfo de Mexico », conformément à la volonté du gouvernement mexicain. Et les personnes situées dans d’autres pays, en Colombie par exemple, voient les deux noms – « golfe du Mexique (golfe d’Amérique) » – comme c’est le cas pour les lieux contestés.

Un changement de nom officialisé

La Chambre des représentants américaine a adopté jeudi un texte pour officialiser ce changement de nom et donner ainsi force de loi à ce décret.

Mme Sheinbaum avait averti Google, filiale d’Alphabet, en février, qu’elle envisageait une action en justice à moins que le géant technologique ne revienne sur sa décision. Le gouvernement mexicain de gauche nationaliste soutient que le décret de Donald Trump ne s’applique qu’à la partie du plateau continental appartenant aux Etats-Unis.

« Tout ce que nous voulons, c’est que le décret émis par le gouvernement américain soit respecté », a déclaré Mme Sheinbaum. « Le gouvernement américain n’appelle que la portion du plateau continental américain le golfe d’Amérique, pas l’ensemble du golfe, car il n’aurait pas l’autorité de nommer l’ensemble du golfe », a-t-elle ajouté.

Mme Sheinbaum avait en retour suggéré de renommer les Etats-Unis « l’Amérique mexicaine », se référant à une carte géographique datant d’avant 1848, lorsque le tiers du Mexique avait été cédé aux Etats-Unis par le traité de Guadalupe Hidalgo.

Le golfe Persique bientôt rebaptisé ?

Google avait expliqué à la fin de janvier que les changements de nom étaient appliqués suivant les sources gouvernementales officielles, en l’occurrence le Geographic Names Information System (GNIS) aux Etats-Unis. Sur l’application concurrente d’Apple, Maps, le nom est toujours « golfe du Mexique ».

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Après le golfe du Mexique, plusieurs médias américains, dont Associated Press, ont prêté au président américain l’intention de renommer également le golfe Persique lors de son voyage dans trois pays de la région, prévu du lundi 12 au jeudi 15 mai, en utilisant plutôt l’expression « golfe d’Arabie ». Si Donald Trump a précisé qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise concernant un éventuel changement d’appellation dans les documents officiels américains, cette éventualité a entraîné la colère des Iraniens, qui y voient une question de fierté nationale.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Donald Trump fâche les Iraniens de tous bords en envisageant de rebaptiser le golfe Persique

Le Monde avec AFP

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