Une cinquantaine d’Afrikaners accueillis avec le statut de réfugiés aux Etats-Unis

Un rassemblement de soutien au président américain, Donald Trump, et au milliardaire sud-africain et américain Elon Musk, devant l’ambassade des Etats-Unis, à Pretoria, le 15 février 2025. MARCO LONGARI / AFP

A peine quatre-vingt-dix jours. C’est le temps extraordinairement court qu’il aura fallu aux Etats-Unis pour accueillir les premiers « réfugiés » sud-africains invités par Donald Trump. Début février, alors qu’il venait de suspendre le programme américain d’accueil, le président des Etats-Unis faisait une exception en signant un décret visant à « promouvoir la réinstallation de réfugiés afrikaners fuyant la discrimination raciale ». Une annonce qui avait stupéfié l’Afrique du Sud, où trente ans après la fin de l’apartheid, la minorité blanche reste, de loin, la plus favorisée du pays le plus inégalitaire au monde.

D’après les autorités sud-africaines, dimanche 11 mai, aux alentours de 20 heures, 49 personnes ont donc embarqué pour Washington. A l’aéroport international OR Tambo de Johannesburg, plus d’une douzaine de familles, parfois accompagnées d’enfants en bas âge, ont été aperçues enregistrant leurs bagages pour un vol charter affrété par le département d’Etat américain. Conformément aux instructions de l’ambassade des Etats-Unis, aucune ne s’est adressée aux médias.

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Les séries de la semaine : « Duster », « Au fond du trou », « Malditos »…

LA LISTE DE LA MATINALE

Image extraite de la série « Malditos », créée par Jean-Charles Hue et Olivier Prieur. HBO MAX

Votre parcours cette semaine vous conduira dans l’Arizona des années 1970, à travers la Camargue menacée par la montée des eaux et aux confins de l’espace intergalactique. Entre chaque voyage, vous serez autorisé à faire un parcours de minigolf.

« Duster » : un retour à la télévision en petite forme

Avant de s’aventurer, avec plus ou moins de réussite, dans la science-fiction franchisée, J. J. Abrams fut, avec Felicity, Aliasou encore Lost, l’un des scénaristes et producteurs les plus prometteurs de la télévision américaine. Duster signe son retour sur le petit écran près de quinze ans après le demi-échec d’Undercover, série annulée après une seule saison, pour un polar au charme vintage coécrit avec LaToya Morgan (The Walking Dead).

La série se déroule en 1972 sur les terres poussiéreuses de l’Arizona. Jim (Josh Holloway, qui fut Sawyer dans Lost) y travaille comme chauffeur pour Ezra Saxton (Keith David), un chef de gang afro-américain, quand débarque une jeune agente du FBI noire, Nina Hayes (Rachel Hilson), tout juste sortie de formation et décidée à gagner le respect de ses congénères en faisant tomber Saxton et sa bande.

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Le Brésil se redécouvre comme un pays de fromages

LETTRE DU MINAS GERAIS

L’assortiment de fromages brésiliens offerts par Lula à Emmanuel Macron, en mars 2024. LUDOVIC MARIN / AFP

Pour son « époux » du jour, ce 28 mars 2024, le président Lula a prévu un cadeau soigneusement réfléchi. Dans le salon du somptueux ministère des affaires étrangères, à Brasilia, il accueille son homologue français Emmanuel Macron. D’une chaleur rare, la rencontre est vite qualifiée de « mariage » par la presse. Quand soudain, le Brésilien s’avance, un carton dans les bras. A l’intérieur, point de maillot de la Seleçao ni de bouteille de cachaça, mais un inattendu assortiment de six fromages 100 % do Brasil.

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L’ensemble a été composé la veille et dans l’urgence par Rosanna Tarsitano. « La présidence m’a appelée le matin et ne m’a donné que quelques heures pour finaliser une liste ! », se souvient la volubile fondatrice de l’Association des fromagers du Brésil. Le défi est de taille : « Il fallait trouver des produits primés représentant la diversité du Brésil. » Au final, six sont retenus, du Minas Gerais, de Sao Paulo et même d’Amazonie. « Je suis convaincu qu’Emmanuel Macron appréciera », proclame Lula, rayonnant.

« Cet événement a été une consécration, l’aboutissement de décennies d’efforts », s’émeut Rosanna Tarsitano. Le queijo brasileiro propulsé en outil de soft power : c’est du jamais-vu dans un pays dont l’image est davantage associée au ballon rond et à la musique qu’aux produits laitiers, et où le fromage au lait cru a longtemps eu mauvaise presse. « Durant des décennies, nous avons vécu dans l’ombre et les préjugés… », rappelle-t-elle.

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MH17 abattu en Ukraine : la Russie responsable, selon l’agence de l’ONU pour l’aviation

Des magistrats et des avocats examinent les restes du vol MH17 de la Malaysia Airlines, sur la base aérienne de Gilze-Rijen, aux Pays-Bas, le 26 mai 2021. PETER DEJONG / AP

L’agence de l’ONU pour l’aviation civile, l’OACI, a estimé, lundi 12 mai, que la Russie était responsable de l’accident du MH17, abattu il y a dix ans au-dessus de l’Ukraine, tuant 298 passagers et membres d’équipage. Il s’agit de la première décision du conseil de l’organisation « sur le bien-fondé d’un différend entre Etats membres ».

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Le conseil, établi à Montréal au Canada, a estimé que les plaintes déposées par l’Australie et les Pays-Bas sur le vol de la Malaysia Airlines étaient « fondées en fait et en droit ». « La Fédération de Russie n’a pas respecté ses obligations en vertu du droit aérien international lors de la destruction du MH17 de la Malaysia Airlines en 2014 », précise l’organisation dans un communiqué publié lundi.

Le 17 juillet 2014, le Boeing 777, qui reliait Amsterdam à Kuala Lumpur, a été abattu par un missile sol-air BUK de fabrication russe au-dessus du territoire aux mains des séparatistes prorusses. L’ensemble des 298 passagers et membres d’équipage de l’appareil ont été tués, parmi eux, 196 Néerlandais, 43 Malaisiens et 38 Australiens.

« Moment historique »

La justice néerlandaise a condamné, en 2022, trois hommes à la prison à vie pour leur rôle dans le drame, dont deux Russes, mais Moscou a toujours refusé d’extrader tout suspect. La Russie a toujours nié toute implication dans l’incident.

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« Il s’agit d’un moment historique dans la quête de vérité, de justice et de responsabilité pour les victimes de l’accident du vol MH17, leurs familles et leurs proches », a déclaré le gouvernement australien dans un communiqué après l’annonce de l’OACI.

Le gouvernement australien demande de prendre rapidement des mesures pour remédier à cette violation. « Nous demandons à la Russie d’assumer enfin sa responsabilité dans cet horrible acte de violence et de réparer sa conduite flagrante, comme l’exige le droit international », a-t-il ajouté.

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De son côté, le ministre des affaires étrangères néerlandais, Caspar Veldkamp, s’est félicité de cette décision, estimant que cela ne pourrait pas « effacer le chagrin et la souffrance » des proches des victimes mais qu’il s’agissait d’« un pas important vers la vérité et la justice ».

En 2023, les enquêteurs internationaux ont suspendu leurs investigations, estimant qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour poursuivre plus de suspects.

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Le Monde avec AFP

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Réchauffement climatique : au niveau mondial, les 10 % les plus riches sont responsables des deux tiers du phénomène

Incendie dans la forêt nationale de Sierra, dans le comté de Fresno, en Californie, le 26 juin 2024. DAVID SWANSON / AFP

Onze minutes dans l’espace et des dizaines de tonnes de CO2 brûlées. Le vol à 100 kilomètres de la Terre de la chanteuse Katy Perry en compagnie de cinq autres femmes, en avril, a irrité les écologistes et, plus largement, nombre d’internautes, accusant les « millionnaires de tout cramer ». Au-delà de la question du bilan carbone du tourisme spatial, la controverse illustre l’enjeu crucial des inégalités climatiques. Les 10 % les plus aisés au monde sont responsables des deux tiers du réchauffement climatique depuis 1990 et d’une augmentation significative des événements extrêmes, particulièrement dans les pays les plus vulnérables, affirme une étude publiée dans Nature Climate Change, mercredi 7 mai.

L’empreinte carbone disproportionnée des plus hauts revenusest bien connue et établie. Les travaux de l’économiste Lucas Chancel montraient, en 2022, que les 10 % les plus fortunés ont émis 48 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2019, tandis que les 50 % les plus pauvres n’étaient responsables que de 12 % de ces émissions. La nouvelle analyse va un cran plus loin : elle quantifie, pour la première fois, à quel point la consommation et les investissements financiers contribuent à accroître les vagues de chaleur et les sécheresses.

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En direct, guerre en Ukraine : les premières discussions directes entre la Russie et Kiev depuis 2022 débuteront en Turquie dans l’après-midi, annonce Moscou

Des pourparlers de paix directs entre Moscou et Kiev jeudi, une première depuis le printemps 2022

Plus de trois ans après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, Kiev et Moscou vont relancer jeudi des pourparlers de paix directs (c’est-à-dire sans intermédiaire) à Istanbul, en Turquie, une première depuis le printemps 2022.

L’Ukraine n’a pas dévoilé la composition de sa délégation. En l’absence de Vladimir Poutine, la présence du président ukrainien aux pourparlers d’Istanbul n’est pas assurée. Le ministre des affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, a, pour sa part, annoncé mardi qu’il se rendrait à Antalya, dans le sud-ouest de la Turquie, où se tient la réunion des ministres des affaires étrangères de l’OTAN au même moment.

M. Zelensky avait exhorté Donald Trump à se rendre aux pourparlers, disant que cela « donnerait un élan supplémentaire » à la venue de M. Poutine. Le président américain avait évoqué la « possibilité » de se rendre en Turquie si le président russe se déplaçait pour les pourparlers. A ce stade, c’est le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, qui est attendu à Istanbul vendredi, selon un haut responsable du département d’Etat.

Quant à Vladimir Poutine, sa présence est donc, a priori, exclue. La délégation russe, révélée mercredi soir par le Kremlin, est de moindre envergure : elle sera menée par le conseiller présidentiel, Vladimir Medinski, le vice-ministre des affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine, et le vice-ministre de la défense, Alexandre Fomine. La présence d’Igor Kostioukov, le chef de la direction principale de l’état-major général, était également annoncée par le Kremlin mercredi soir.

  • Quelle est la position des parties ?

Kiev, ses alliés européens et Washington désirent un cessez-le-feu total et inconditionnel de 30 jours avant de possibles négociations. Samedi, Vladimir Poutine n’a « pas exclu » qu’une trêve soit discutée lors de pourparlers, mais a souligné que ces discussions devraient porter sur « les causes profondes du conflit ». Avant cela, Moscou s’était montré réticent à accepter un cessez-le-feu prolongé, estimant qu’il permettrait à Kiev de se renforcer en recevant des armes occidentales.

Le Kremlin garde depuis le début de l’invasion des exigences maximalistes : que l’Ukraine renonce à rejoindre l’OTAN, abandonne quatre de ses régions partiellement contrôlées par la Russie, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que cessent les livraisons d’armes occidentales. Des exigences inacceptables pour Kiev, qui demande depuis des mois des « garanties de sécurité » solides, via une adhésion à l’OTAN ou le déploiement d’un contingent militaire européen.

Le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov, a dit s’attendre à des pourparlers au cours desquels des questions « politiques » et « techniques » seront au menu.

Les alliés européens de Kiev ont menacé la Russie de « sanctions massives » si elle n’acceptait pas une trêve prolongée dans les prochains jours et M. Zelensky a appelé aux sanctions « les plus fortes » jamais prises contre Moscou si M. Poutine refusait de le rencontrer. L’UE a adopté mercredi un 17e paquet de sanctions contre la Russie ciblant les pétroliers de sa « flotte fantôme » lui permettant de contourner les restrictions.

Au-delà des efforts pour trouver une issue diplomatique, la Russie, qui se vante de la résilience de son économie face aux sanctions, a répété à plusieurs reprises qu’elle entendait poursuivre les « objectifs » de son invasion de l’Ukraine.

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Donald Trump, en tournée au Moyen-Orient, privilégie la diplomatie économique

Le président Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman Al Saoud au terminal royal de l’aéroport international King-Khalid à Riyad, le 13 mai 2025. ALEX BRANDON/AP

Faire des affaires, pas la guerre. L’ambition de Donald Trump peut se résumer ainsi, à l’heure de sa première tournée à l’étranger depuis son investiture, en janvier.

Le président américain, qui se rêve à la fois en faiseur de paix et en aimant à investissements, a embarqué à bord de l’Air Force One, lundi 12 mai, en direction du Moyen-Orient. Il doit se rendre en Arabie saoudite, au Qatar et aux Emirats arabes unis. Dans un mélange détonant de promesses économiques, de questions sécuritaires et d’intérêts familiaux, Donald Trump parlera un langage qui lui sied : celui de la transaction. Chacun de ces pays s’engage à consentir des centaines de milliards de dollars d’investissements aux Etats-Unis, des chiffres considérables dont la réalité devra être vérifiée au fil des ans.

Pour l’heure, un sujet a accaparé l’attention des médias américains : l’avion d’une valeur de 400 millions de dollars (360 millions d’euros) que le Qatar s’engagerait à mettre à la disposition de Donald Trump. Irrité par les questions éthiques à propos de ce cadeau hors norme de Doha, le président américain a salué, lundi, un « très beau geste du Qatar ». Il a ajouté : « Je ne serai jamais de ceux qui rejetteraient une telle offre. Je veux dire, je pourrais être une personne stupide, et dire : “Non, nous ne voulons pas d’un avion gratuit, très cher.” »

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Au Festival de Cannes 2025, le fabuleux destin d’Amélie Bonnin

Amélie Bonnin, à Pantin (Seine-Saint-Denis), en 2021. MARIE LEVI

C’est l’inconnue du bataillon. Wes Anderson, Jafar Panahi, Kelly Reichardt, Joachim Trier, Julia Ducournau, les frères Dardenne… Vingt-deux réalisateurs chevronnés, vingt-deux films en compétition officielle et, pour ouvrir (hors compétition) ce défilé de stars que s’apprête à accueillir le 78e Festival de Cannes, un nom sorti de nulle part : Amélie Bonnin, pour un premier film, Partir un jour.

Le geste est sans précédent au Festival, où le film d’ouverture est, en règle générale, un long-métrage grand public, au succès populaire annoncé. « On espérait trouver une place dans une sélection parallèle, convient la réalisatrice, les yeux écarquillés comme l’agneau de Pâques prêt à être sacrifié sur l’autel de la critique. Le 9 avril, la veille de la conférence de presse officielle du Festival, Sylvie Pialat, qui coproduit le film, nous appelle : “Est-ce que ça vous dit de faire l’ouverture ?” »

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Immobilier : des acheteurs prudents, qui se rétractent davantage

Une fois une offre d’achat ou une promesse de vente signée, le vendeur et son agent immobilier ne sont pas au bout de leurs peines. L’acheteur peut, en effet, se rétracter à plusieurs moments. Certains agents immobiliers rapportent être particulièrement confrontés à cette situation actuellement. « Les acquéreurs signent des offres qu’on arrive à leur faire accepter, puis ils se désistent quelques jours avant la signature de l’avant-contrat chez le notaire », témoigne Caroline Louboutin, responsable de l’agence Sotheby’s International Realty de Nantes, qui constate que cette pratique est, depuis quelques mois, plus courante qu’auparavant.

Une des explications qu’elle avance est que les stocks de biens à vendre sont élevés dans certaines villes, ce qui renforce les hésitations. « Les acheteurs sont plus fébriles et prudents qu’il y a quelques années, ils ont peur de se tromper, et le climat anxiogène n’arrange rien », ajoute Eric Allouche, directeur exécutif d’ERA France. Le moindre doute sur le voisinage ou encore sur la copropriété les fait renoncer.

Pour Olivier Kretz, directeur associé de Kretz Real Estate, qui constate également plus d’hésitations, l’explication vient peut-être également du financement : « Les banques étant un peu plus souples sur l’accès au crédit, les agents immobiliers sont moins sélectifsen amont qu’il y a quelques mois. Les acheteurs se rendent compte que la banque ne les suivra pas et ils reviennent en arrière », explique M. Kretz. Enfin, l’augmentation du coût des travaux, qui empêche de boucler les budgets, peut aussi expliquer une partie des désistements.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Marché immobilier : l’embellie est fragile

Les sommes en jeu étant très importantes pour un achat immobilier, la réglementation prévoit un processus avec différentes étapes, au cours desquelles l’acheteur peut changer d’avis. Une fois l’offre d’achat signée par l’acheteur, ce dernier peut renoncer tant que le vendeur ne l’a pas reçue ou encore s’il n’accepte pas le prix proposé par l’acheteur. Même s’il est théoriquement engagé, dans la pratique, il n’y a aucune sanction si un acheteur se désiste après avoir signé une offre. « Certains signent parfois plusieurs offres à la fois puis renoncent ensuite », tempête Mme Louboutin.

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« Les annonces d’Emmanuel Macron sur TF1 risquent d’apparaître comme de la diversion si un chemin crédible n’est pas tracé pour réduire les déficits et la dette publique »

Le retour du président de la République sur le devant de la scène intérieure est à la fois compréhensible et ambigu. Compréhensible parce que le décalage entre l’accélération des bouleversements dans le monde et la quasi-paralysie de la vie politique française a de quoi rendre perplexe. Si le pays ne muscle pas rapidement sa défense ainsi que son appareil de production, et s’il ne réinterroge pas le concept de citoyenneté à l’heure de l’essor des régimes autoritaires, il se met en grand danger. Fortement impliqué dans la riposte européenne aux foucades de Donald Trump, face au risque de désengagement militaire américain du continent européen et à la menace russe, le président français a toute légitimité pour jouer les éclaireurs.

Mais ce retour, concrétisé par une longue intervention télévisée, mardi 13 mai sur TF1, est en même temps ambigu. Le principal défi auquel est confronté le pays pour regagner en souveraineté est de parvenir à réduire le poids des remboursements de sa dette publique, dont le montant croissant obère ses marges de manœuvre. Or, il n’est pas certain que, sur ce chapitre, le chef de l’Etat soit dans la disposition d’esprit ou capable de voler au secours de son premier ministre.

Le récent différend apparu entre les deux têtes de l’exécutif à propos de l’usage du référendum éclaire l’impasse dans laquelle risque de se trouver François Bayrou lorsqu’il présentera, à l’été, son plan de redressement des finances publiques. A l’Assemblée nationale, son sort dépend étroitement du comportement du groupe socialiste, qui l’a sauvé à deux reprises en refusant de voter la motion de censure déposée par La France insoumise contre les projets de budget pour 2025 et de loi de financement de la Sécurité sociale.

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Seule la neutralité durable de ce groupe peut lui garantir, à l’avenir, d’échapper à la coalition des oppositions (gauche, extrême droite) qui avait eu raison du gouvernement Barnier. Celle-ci est loin de lui être acquise pour trois raisons : quel que soit le résultat de son congrès en juin, le Parti socialiste continuera de se situer dans l’opposition ; le montant de l’effort à fournir – soit 40 milliards d’euros à trouver en 2026, près de 100 milliards d’euros d’ici à 2029 – pour simplement stopper la progression de la dette est si important qu’il oblige à réinterroger les politiques publiques et le modèle social alors qu’il n’existe aucun consensus sur le nouveau modèle à construire.

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