De jeunes Israéliens fêtent l’anniversaire de la prise de Jérusalem-Est en 1967 par l’armée israélienne lors de la guerre des Six-Jours, dans la Vieille Ville, à Jérusalem, le 26 mai 2025. AMMAR AWAD/REUTERS
Les deux garçons doivent avoir une petite douzaine d’années, et leur visage transpire la puberté. Dans la via Dolorosa, une ruelle commerçante de la Vieille Ville à Jérusalem, au cœur du quartier musulman, les adolescents croisent une femme voilée. Une jeune adulte. Ils s’arrêtent : des crachats en plein visage. La femme continue courageusement et remonte le flux incessant des adolescents. Des insultes encore. D’autres crachats. Des regards de haine. Jusqu’au moment où elle préfère disparaître dans une ruelle.
La « marche des drapeaux » de Jérusalem, qui s’apparente à une marche de la fierté raciste, n’a pas encore commencé, mais dans ces heures qui précèdent la célébration annuelle de la conquête de Jérusalem-Est par Israël en 1967 et son annexion en 1980 – non reconnues par la communauté internationale –, les bandes de jeunes juifs nationalistes et religieux, presque exclusivement des hommes, parcourent les ruelles de la Vieille Ville en criant des slogans hostiles aux « Arabes ».
Un rituel raciste et joyeux, pour ses promoteurs, effrayant pour tous les autres, dans un quartier où les commerçants avaient fermé boutique par crainte des violences et des dégradations. Toute la journée, des « Mort aux Arabes » ou des « Que vos villages brûlent » ont résonné dans la ville. Rassemblée par yeshiva (école talmudique) ou par colonie implantée en Cisjordanie occupée, encadrée par des rabbins et des adultes, cette jeunesse a chanté et dansé sous haute surveillance policière et militaire.
Il vous reste 60.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Un panneau routier numérique annonce la mobilisation des chauffeurs de taxi sur l’autoroute A1 vers le centre de Paris, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 21 mai 2025. THOMAS SAMSON/AFP
Christophe Hernandez, 41 ans, a tout prévu, lundi 26 mai : deux matelas en mousse empilés, un duvet, une couette et un oreiller, de quoi dormir confortablement à l’arrière de sa Tesla pour les prochains jours. Il s’est garé durant la nuit du lundi 26 mai boulevard Raspail à Paris, à deux pas du ministère de l’aménagement du territoire chargé des transports. C’est ici qu’ont élu domicile des centaines de taxis venus des quatre coins de la France, entre détonations de pétards, klaxons et odeurs de merguez.
Les chauffeurs de taxi sont mobilisés depuis le lundi 19 mai contre une convention établie par l’Assurance-maladie qui va modifier leur rémunération pour le transport sanitaire, qui consiste à amener des personnes malades se faire soigner, effectué par 40 000 conducteurs sur les 62 000 taxis exerçant en France.
Le nouveau système prévoit une unification des tarifs, aujourd’hui hétérogènes selon les départements, avec une prise en charge de 13 euros par l’Assurance-maladie, sur laquelle viendra s’ajouter un tarif kilométrique. Le forfait de prise en charge sera majoré de 15 euros dans les grandes agglomérations pour tenir compte des embouteillages. L’objectif affiché est de freiner de 300 millions d’euros par an, d’ici à trois ans, la croissance des frais de transport sanitaires dans leur ensemble. Ils ont atteint 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés, soit 45 % de plus qu’en 2019. Ainsi, d’après les calculs de l’Union nationale des taxis (UNT), cette nouvelle tarification ferait chuter le chiffre d’affaires des taxis de 30 %.
Il vous reste 64.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Le Français Richard Gasquet, lors de sa victoire face à Térence Atmane, au premier tour de Roland-Garros, lundi 26 mai 2025. LISI NIESNER / REUTERS
Pour sa 22e et dernière participation à Roland-Garros, Richard Gasquet sait que ses chances de remporter le tournoi sont à peu près aussi élevées que celles de Rafael Nadal, jeune retraité qui ne s’est rendu porte d’Auteuil, dimanche 25 mai, que pour une cérémonie en son honneur. Mais l’important est ailleurs pour le Bitterois. L’ex-« petit Mozart » du tennis tricolore est parvenu à « faire durer le plaisir », lundi, en venant à bout de son compatriote Térence Atmane au premier tour, en quatre manches (6-2, 2-6, 6-3, 6-0).
Au petit jeu des symboles, le vétéran français de 38 ans pourra se dire que cette rencontre est un beau résumé de sa carrière. Comme à ses débuts, Gasquet a démarré à toute allure face à un adversaire un peu dépassé par les événements dans l’immensité du court Philippe-Chatrier. L’échauffement était terminé depuis moins d’une demi-heure que les deux joueurs allaient déjà se rasseoir après un premier set conclu 6-2 sur une dernière attaque de coup droit.
Mais Richard Gasquet – à qui l’on promettait pléthore de titres dans sa jeunesse – le sait mieux que quiconque : il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives. Un changement de tee-shirt plus tard, son adversaire usait de son jeu de gaucher pour lui rendre la pareille et prendre la deuxième manche sur le même score. « Je sentais qu’il jouait mieux que moi, a admis Gasquet après la rencontre. Tu sais que ça peut être la dernière, et j’y ai pensé plusieurs fois pendant le match. »
Il vous reste 73.09% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, célèbre sa victoire à l’élection présidentielle, à Caracas, le 25 mai 2025. FEDERICO PARRA/AFP
Sans surprise, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, s’est offert une victoire écrasante à l’occasion du scrutin législatif et régional, dimanche 25 mai, qu’une partie de l’opposition avait appelé à boycotter. Avec plus de 90 % des bulletins dépouillés, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) remporte 23 des 24 postes de gouverneurs du pays et une immense majorité à l’Assemblée nationale. Le « chavisme » a obtenu 82,68 % des suffrages, ce qui lui assure 40 des 50 sièges de la circonscription nationale – les circonscriptions régionales n’ont pas encore été attribuées. Selon le conseil national électoral (CNE), le taux de participation a atteint 42,6 %. L’opposition abstentionniste conteste ce dernier chiffre, souligne ses incohérences (le total des voix exprimées ne correspond pas à la participation annoncée) et interprète comme un triomphe la faible mobilisation des électeurs constatée sur le terrain.
Ce scrutin régional et législatif était le premier à être organisé depuis la présidentielle du 28 juillet 2024 et la réélection très contestée de Nicolas Maduro. La victoire que remporte le chavisme ne peut faire oublier le déficit de légitimité du président et les défis économiques qui l’attendent.
Il vous reste 76.22% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Les 53 premiers lots de la première émission de France (1849) de la vente sur offres Roumet, qui en compte 3 500, clôturée le mardi 3 juin, totalisent 246 940 euros de mises à prix, parmi lesquels un bloc de quatre exemplaires oblitérés du 1 franc vermillon, au prix de départ de 100 000 euros, pour une cote affichée de 575 000 euros.
Bloc de quatre, oblitéré, du 1 franc vermillon, prix de départ de 100 000 euros. DR/ROUMET
Une bande de quatre « vermillon » oblitérés avait été adjugée à 104 000 euros chez Behr, en 2024.
Un exemplaire du 1 franc vermillon vif neuf, présenté par le vendeur comme une « pièce exceptionnelle, d’une nuance particulièrement intense » est à 70 000 euros. La même maison en avait proposé un en 2024, avec une « belle marge qui mord sur le timbre voisin », au prix de départ de 90 000 euros, resté invendu.
1 franc vermillon vif neuf, 70 000 euros. DR/ROUMET
Une paire tête-bêche du 80 centimes rose de l’Empire, non dentelé, est au prix de départ de 40 000 euros.
« Empire » non dentelé, paire tête-bêche du 80 centimes rose, 40 000 euros. DR/ROUMET
Le Timbre classique en avait mis un en vente au prix de départ de 35 000 euros en 2021.
« Empire » non dentelé encore, un bloc de quatre du 1 franc carmin avec un tête-bêche, coin de feuille et filet d’encadrement (« paire supérieure trace de charnière et aminci ») démarre à 60 000 euros (pour une cote de 435 000 euros).
« Empire » non dentelé, bloc de quatre du 1 franc carmin avec un tête-bêche, 60 000 euros. DR/ROUMET
« Empire » lauré, une pièce étonnante, une moitié de 5 francs (sans « 5 » et sans « F ») imprimé au verso d’un 2 centimes rouge-brun est affiché à 30 000 euros, une « pièce rarissime connue à deux exemplaires, reproduite en page 78 du catalogue de cotation des timbres de France Yvert et Tellier ».
Moitié de 5 francs (côté droit du timbre, sans « 5 » et sans « F ») imprimé au verso d’un 2 centimes rouge-brun, à partir de 30 000 euros. DR/ROUMET
« Classique » enfin, avec un 20 centimes bleu au type « Sage », non émis, proposé à partir de 30 000 euros (pour une cote de 60 000 euros). En 2020, Behr en proposait un à 55 000 euros, tout comme Roumet déjà, en 2022, Behr réussissant 61 293 euros pour ce timbre dans sa dernière vente du 15 mai.
20 centimes bleu au type « Sage », non émis, 30 000 euros. DR/ROUMET
Pour les semi-modernes, un rarissime carnet « 2e série “Arc de Triomphe”, timbres surchargés “SPECIMEN”, carnet de 10 feuilles des 10 timbres de la série, 12 septembre 1944 », pointe à 10 000 euros. « Trente-six carnets émis mais seuls deux complets sont connus », précise le vendeur.
Carnet « 2e série “Arc de Triomphe”, timbres surchargés “SPECIMEN”, carnet de 10 feuilles des 10 timbres de la série, 12 septembre 1944 », dont on voit ici la couverture, 10 000 euros. DR/ROUMET
Guerre toujours, un timbre et sa vignette attenante de la base navale atlantique italienne de Bordeaux (1943-1944) sont à 12 000 euros.
Timbre et vignette attenante de la base navale atlantique italienne de Bordeaux (1943-1944), 12 000 euros. DR/ROUMET
Au rayon des timbres de poste aérienne, une belle paire verticale, bord de feuille, du 1,50 franc « Pasteur » surchargé 10 francs, utilisé pour le courrier transporté par l’Ile-de-France en 1928, « surcharge espacée tenant à normal »,est au prix de départ de 13 000 euros (quand La Postale philatélie proposait une pièce semblable l’an passé à 27 000 euros, invendue), une paire du « Berthelot » étant à 3 500 euros.
Paire verticale, bord de feuille, du 1,50 franc « Pasteur » surchargé 10 francs, utilisé pour le courrier transporté par l’« Ile-de-France » en 1928, 13 000 euros. DR/ROUMET
On passe aux ex-colonies françaises.
Au sein d’une belle rubrique consacrée aux timbres de Castellorizo, un 5 centimes vert au type « Blanc » avec une faute d’orthographe « CASETLLORIZO » au lieu de « CASTELLORIZO », ne fera pas moins de 6 000 euros.
Castellorizo, 5 centimes vert au type « Blanc » avec une faute d’orthographe « CASETLLORIZO » au lieu de « CASTELLORIZO », en ouverture du catalogue, 6 000 euros. DR/ROUMET
Ensuite :
– Gabon, type « Paix et commerce », paire du 2 francs mauve surchargé « 01 » au lieu de « 10 » (surcharge renversée), millésime « 4 », 6 000 euros ;
Gabon, type « Paix et commerce », paire du 2 francs mauve surchargé « 01 » au lieu de « 10 » (surcharge renversée), millésime « 4 », 6 000 euros. DR/ROUMET
– Guyane, lettre, bel affranchissement dont un bloc de 22 timbres « TAG » (Transports aériens guyanais) comète stylisée, 75 centimes rouge, de 1921, et un exemplaire isolé (numéro 2 du catalogue Yvert et Tellier) sur grand devant d’enveloppe recommandée de Saint-Laurent-du-Maroni du 8 juillet 1921 pour Cayenne. « Un des plus grands affranchissements et le plus grand bloc connu sur lettre », 24 000 euros ;
Guyane, un bel affranchissement dont un bloc de 22 timbres « TAG » (Transports aériens guyanais) comète stylisée, 75 centimes rouge, de 1921, sur grand devant d’enveloppe recommandée de Saint-Laurent-du-Maroni du 8 juillet 1921 pour Cayenne, 24 000 euros DR/ROUMET
– Saint-Pierre-et-Miquelon, surcharge renversée « FRANCE LIBRE/F.N.F.L. », 70 centimes jaune-orange « Port de Saint-Pierre », timbre de 1939 surchargé en 1942, gomme d’origine intacte, « cinq pièces connues », 6 000 euros ;
Saint-Pierre-et-Miquelon, surcharge renversée « FRANCE LIBRE/F.N.F.L. », 70 centimes jaune-orange « Port de Saint-Pierre », 6 000 euros. DR/ROUMET
– bureau français de Zanzibar (qui fut fermé en 1904), tirage sur bristol, panneau complet de l’exposition de 1900 (plié en 3), 44 x 61 cm, composé des N° 1 à 5 et 8 à 11 du catalogue Yvert et Tellier, type « Paix et commerce », timbres de France de 1876-1884 avec valeurs en annas surchargées en bleu, en rouge ou en noir, en blocs de 25 exemplaires, 2 000 euros.
Bureau français de Zanzibar, tirage sur bristol, panneau complet de l’exposition de 1900, composé des N ° 1 à 5 et 8 à 11 du catalogue Yvert et Tellier, type « Paix et commerce », timbres de France de 1876-1884 avec valeurs en annas surchargées en bleu, en rouge ou en noir, en blocs de 25 exemplaires, 2 000 euros (dernière page du catalogue). DR/ROUMET
La vente se termine que quelques lots du monde entier :
Australie, bloc-feuillet « First Aerial Post », Londres-Melbourne, par Ross Smith, 10 000 euros ;
Australie, bloc-feuillet « First Aerial Post England-Australia » 1919, Londres-Melbourne, 10 000 euros. DR/ROUMET
Chine, bureau italien, timbre surchargé « 2/DOLLARI/Pechino » (1919), 5 lires rose et outremer, dont on ne connaît qu’une quinzaine d’exemplaires (« ex-collection du roi Carol de Roumanie »), 50 000 euros (73 994 euros chez Behr en mai) ;
Chine, bureau italien, timbre surchargé « 2/DOLLARI/Pechino » (1919), 5 lires rose et outremer, 50 000 euros. DR/ROUMET
Timbre-télégraphe de Russie, 5 000 euros. DR/ROUMET
Terre-Neuve, timbre de poste aérienne, timbre de 1919 (« Trail of the Caribou ») surchargé sur cinq lignes « FIRST TRANS-ATLANTIC AIR POST April, 1919. », 20 000 euros pour cette vedette de la poste aérienne.
Terre-Neuve, timbre de poste aérienne, timbre de 1919 (« Trail of the Caribou ») surchargé sur cinq lignes « FIRST TRANS-ATLANTIC AIR POST April, 1919. », 20 000 euros DR/ROUMET
Les amateurs de documents historiques ne manqueront pas les signatures manuscrites autographes de grands pilotes sur des cartes postales, des lettres, ou des plis transportés par avion, tels Henri Farman (dans un ensemble, 300 euros), Jean Mermoz (700 et 800 euros), Jean Dagnaux (200 euros), Charles Nungesser (480 euros), texte de Dieudonné Costes pour sa mère, vol Tokyo-Paris (1928), 800 euros, Joseph Marie Le Brix (200 euros), etc.
Epreuve d’artiste en noir signée Raoul Serres d’un timbre non émis à 500 francs sur l’Union postale universelle, 500 euros. DR/ROUMET
Et puisqu’on est dans la poste aérienne, on termine avec une épreuve d’artiste en noir (parmi de nombreuses pièces de ce type), signée Raoul Serres, d’un timbre non émis à 500 francs sur l’Union postale universelle…
Prix atteint lors de la dernière vente Spink, lettre de Guyane britannique, de Berbice (3 novembre 1851, pour Demerara), 240 000 livres (environ 285 450 euros). DR/SPINK
Du côté des résultats, les ventes aux enchères Spink des 13 et 14 mai n’ont pas déçu, avec une lettre de Guyane britannique, de Berbice (3 novembre 1851, pour Demerara), estimée de 100 000 à 150 000 livres, qui culmine à 240 000 livres (environ 285 450 euros). Enfin, une belle erreur de conception sur le 6 pence « 50 th Anniversary of the battle of the Falkland Islands » (Falkland, 1964) représentant le HMS Glasgow, au lieu du HMS Kent, est adjugée 23 000 livres.
L’opposant politique russe Ilia Iachine, à Berlin, le 17 novembre 2024. NIKITA MOURAVIEFF
Figure de l’opposition libérale à Vladimir Poutine depuis les années 2000, Ilia Iachine, 41 ans, était élu municipal à Moscou quand il a été arrêté, en juin 2022, puis condamné à huit ans et demi de prison, en décembre 2022, pour avoir critiqué l’invasion de l’Ukraine par la Russie et dénoncé les crimes commis à l’encontre de civils ukrainiens à Boutcha, près de Kiev. Libéré le 1er août 2024 dans le cadre du plus important échange de prisonniers organisé entre la Russie et des pays occidentaux depuis la fin de la guerre froide, il vit aujourd’hui à Berlin. De passage à Paris pour des rendez-vous à l’Elysée et au Quai d’Orsay, il a rencontré Le Monde, lundi 26 mai.
Le Kremlin vous a pris plus de deux ans de votre vie. Ces vingt-cinq mois en prison ont-ils changé votre positionnement face à Vladimir Poutine ?
C’est un sentiment lourd. C’est très dur pour la santé, physique et psychologique. Mais le régime a tué plusieurs de mes amis, autres figures de l’opposition anti-Kremlin, notamment Boris Nemtsov et Alexeï Navalny[le plus célèbre leader de l’opposition mort en détention le 16 février 2024]. Ces deux assassinats m’ont été beaucoup plus douloureux que ma propre incarcération. Vladimir Poutine a commencé la guerre en Ukraine qui, chaque jour, tue des innocents et prive des familles de leur foyer : cela aussi me marque bien plus profondément que le souvenir de la prison.
Il vous reste 83.15% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, et un agriculteur, lors d’une manifestation de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, devant l’Assemblée nationale, à Paris, le 26 mai 2025. THOMAS SAMSON/AFP
Moins de dix tracteurs venus des Yvelines et une centaine d’agriculteurs. La manifestation organisée par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes Agriculteurs, devant l’Assemblée nationale, lundi 26 mai, n’avait rien d’une démonstration de force. Mais elle a suffi à plier le match. La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a d’ailleurs fait le détour, côté Seine, accompagnée du ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, pour rencontrer ce petit groupe syndical, avant d’entrer dans l’Hémicycle peu après 16 heures.
Devant les députés présents, elle a soutenu la motion de rejet du projet de loi « visant à lever les contraintes au métier d’agriculteur » déposée par son propre rapporteur, Julien Dive (Aisne, Les Républicains). Cette manœuvre, inédite à l’Assemblée nationale, avait pour but d’envoyer directement le texte en commission mixte paritaire, sans débat en séance publique. Une tactique finalement approuvée par une majorité de députés, du centre jusqu’à l’extrême droite.
La FNSEA, qui avait prévu une relève de tracteurs jusqu’à mercredi pour manifester devant le Palais-Bourbon, n’aura donc pas besoin de mobiliser ses bataillons. « Nous levons le dispositif, affirme Hervé Lapie, secrétaire général de la fédération. Le vote de la motion de rejet, que la FNSEA a porté, est une satisfaction par rapport à l’obstruction menée par La France insoumise et les Ecologistes. Le travail de notre réseau auprès de chaque député a été efficace. C’est un premier combat réussi. Il faut maintenant aller chercher la commission mixte paritaire pour faire aboutir le texte. »
Il vous reste 63.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Le PS, le PCF et Les Ecologistes réunis lundi soir, sans LFI, pour dénoncer un « génocide » dans la bande de Gaza
Les dirigeants du Parti communiste français, Fabien Roussel, des Ecologistes, Marine Tondelier, et du Parti socialiste, Olivier Faure, se sont réunis, lundi soir à Paris, pour dénoncer le « génocide » commis actuellement selon eux par Israël à Gaza.
« Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou commet un génocide », a déclaré Olivier Faure devant les centaines de militants de gauche présents au Trocadéro à Paris. Un terme que le patron du PS n’utilisait pas directement jusqu’ici, et qu’il a assumé, lundi, de dire « haut et fort ». « Le génocide est caractérisé dès lors qu’il y a une intentionnalité. Les membres du gouvernement israélien multiplient les déclarations en ce sens (…) Cette politique est hélas pensée, planifiée et même revendiquée », a expliqué M. Faure.
« Non au nettoyage ethnique à Gaza et au génocide du peuple palestinien », a lancé à ses côtés Fabien Roussel, qui était à l’origine de ce rassemblement. Le fait que la France ne reconnaisse pas un Etat de Palestine est « une honte faite à l’histoire diplomatique de notre pays », a martelé le patron du PCF, qui a appelé Emmanuel Macron à se rendre « aux portes de Gaza, comme il a su le faire à Kiev ».
« Ce qui se joue à Gaza, c’est l’image que l’humanité se fait d’elle-même », a pour sa part déclaré Marine Tondelier. « Je ne comprends pas que, dans ce genre de situation, on coupe les cheveux en quatre. La France, dans son histoire, a été capable d’avoir des mots très forts et une voix singulière sur la scène internationale », a-t-elle ajouté.
Aucun élu de La France insoumise, très impliquée dans la défense de la cause palestinienne, n’était présent aux côtés des trois dirigeants de gauche, lundi soir. « Heureux de voir toutes les tendances du PS rallier notre position contre le génocide à Gaza (…) Mieux vaut tard que jamais », a ironisé en réaction le leader « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, sur X.
À Gboko (Etat de Benue, Nigeria), en 2017. Illustration. DOTUN55 / CC BY-SA 4.0
Plus de trente personnes ont été tuées lors d’attaques distinctes ces derniers jours dans le centre du Nigeria, a déclaré, lundi 26 mai, un responsable de la région, théâtre de conflits violents entre éleveurs et agriculteurs pour l’accès aux terres.
Les attaques sont survenues dans trois villages entre vendredi et dimanche, a précisé, auprès de l’Agence France-Presse (AFP), Ormin Torsar Victor, chef du gouvernement local de Gwer West, dans l’Etat de Benue. « Pas moins de vingt personnes ont été tuées dimanche dans le village d’Aondana », a-t-il dit par téléphone, ajoutant que plus de dix autres avaient péri dans un autre village.
« Vingt personnes ont été tuées ici à Aondona », a témoigné à l’AFP, Ruthie Dan Sam, une habitante du village. « Des enfants de moins de deux ans sont tués. Le pire spectacle, c’est un bébé victime d’un coup de machette à la bouche », a-t-elle décrit. D’autres personnes ont été tuées dans les villages voisins, a-t-elle ajouté, sans pouvoir donner de chiffres.
Ormin Torsar Victor a fait savoir que lui et d’autres habitants avaient enterré cinq personnes, dont un père et deux de ses fils, tués dans une autre zone « tout près d’une base militaire ».
La porte-parole de la police de l’Etat de Benue, Anene Sewuese Catherine, a confirmé deux attaques dans la région, mais a déclaré que son bureau n’avait reçu « aucun rapport faisant état de vingt personnes [tuées] ». Elle a également précisé qu’un assaut avait entraîné la mort d’un policier qui avait « repoussé une attaque » et que « trois corps avaient été découverts ».
Un conflit ancien entre éleveurs et agriculteurs
Les motifs des attaques restent flous, mais Ormin Torsar Victor a imputé ces « attaques coordonnées » aux éleveurs de bétail peuls (fulani) musulmans.
Dans la région, les éleveurs nomades peuls sont depuis longtemps en conflit avec les agriculteurs sédentaires, dont beaucoup sont chrétiens, pour l’accès aux terres et aux ressources.
Newsletter
« Le Monde Afrique »
Chaque samedi, retrouvez une semaine d’actualité et de débats, par la rédaction du « Monde Afrique »
S’inscrire
L’Etat de Benue est situé dans la région de Middle Belt, secouée depuis des années par des affrontements meurtriers entre éleveurs nomades et agriculteurs locaux, qui accusent les éleveurs de détruire les terres agricoles avec leur bétail.
Charlotte Chopin, professeure de yoga, dans la posture de la demi-lune, à la maison des associations de Léré (Cher), le 13 mai 2025. ANNE-CLAIRE HÉRAUD POUR « LE MONDE »
Il n’y a pas d’âge requis pour tenir une posture de lotus ou de chien tête en bas. A 102 ans, Charlotte Chopin en est la preuve vivante. Trois fois par semaine, cette professeure de yoga à la souplesse de roseau dispense ses cours à Léré, un village du nord du Cher, aux confins de la Nièvre et du Loiret. Les séances se déroulent dans l’ancienne gendarmerie, transformée en maison des associations. Une moquette usagée tapisse la pièce principale d’à peine 20 mètres carrés, des bancs de méditation sont alignés dans ce qui était autrefois une cellule. « Ici, on souffre en douceur », dit en grimaçant Laurence Motje, la présidente de la petite association (25 adhérents) qui chapeaute l’activité. Le yoga près de chez vous, à la campagne.
La modestie des lieux n’empêche pas les grands destins. Celui de Charlotte Chopin sort du commun, et nul en dehors du nord du Berry n’en aurait eu connaissance si cette ancienne secrétaire bilingue n’avait pas crevé l’écran, en novembre 2022, sur le plateau de « La France a un incroyable talent », surM6. Trois minutes de gloire durant lesquelles elle avait enchaîné une dizaine de postures et déclenché les vivats du public. Cela n’avait pas été suffisant pour se qualifier pour le tour suivant, mais l’essentiel n’était pas là : « Je voulais juste faire une surprise à ma famille en participant à une émission que je ne connaissais pas », rappelle-t-elle. Mère de quatre enfants déjà bien avancés en âge (de 65 à 78 ans), Charlotte Chopin est aussi huit fois grand-mère et neuf fois arrière-grand-mère.
Il vous reste 85.32% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.