Une « peau électronique » créée pour mieux voir dans la nuit

Une équipe de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) a fabriqué une membrane ultrafine de quelques dizaines de nanomètres (nm), véritable « peau électronique » qui pourrait équiper des lunettes ou un système de pilotage de véhicule autonome afin de pouvoir détecter à distance des sources de chaleur ou voir des objets dans l’obscurité totale.

La recherche, présentée dans Nature, offre une solution « aux limites actuelles de détection dans le spectre de l’infrarouge lointain », explique l’auteur principal, Xinyuan Zhang. L’infrarouge, cette lumière invisible à l’œil nu et pourtant omniprésente, est émise en particulier par les objets chauds. Actuellement, « les détecteurs très sensibles HgCdTe [tellurure de mercure-cadmium] qui réagissent aux photons infrarouges ne fonctionnent que dans une portion limitée du spectre infrarouge – jusqu’à 15 micromètres – et doivent être refroidis à − 196 ºC par des systèmes volumineux et coûteux ».

Les autres détecteurs, appelés « pyroélectriques »,car ils captent la chaleur dégagée d’un objet pour la transformer en courant électrique, n’ont pas besoin d’être refroidis, « mais ils sont moins sensibles, car constitués de cristaux massifs », ajoute le scientifique. D’où ce projet de créer une membrane monocristalline pyroélectrique fonctionnant à température ambiante – les travaux sont financés par le bureau de recherche scientifique de l’armée de l’air américaine.

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« En inscrivant durablement la classe dehors dans le système éducatif, il s’agit de rendre effectif le droit des enfants à grandir au contact de la nature »

Une aventure civique et politique s’est engagée en 2023 à Poitiers, à l’occasion de la première édition des Rencontres internationales de la classe dehors : celle d’écrire collectivement une loi pour inscrire durablement l’éducation au-dehors et au contact de la nature dans notre système éducatif.

Cette proposition de loi, fruit du travail commun entre la société civile et un groupe transpartisan de parlementaires, est sur le point d’être déposée à l’Assemblée nationale et au Sénat. Elle vise un objectif simple et ambitieux : changer la vie de 12 millions d’élèves.

Des élèves et leurs professeurs en cours « dehors ». GRAHAM OLIVER/PANTHER MEDIA / GRAPHICOBSESSION

A Marseille, à l’occasion de la seconde édition de l’événement qui rassemblait enseignants, éducateurs, élus et chercheurs engagés, cette dynamique a pris un nouvel élan. Elle repose sur un constat partagé : face au réchauffement climatique, à l’effondrement de la biodiversité et à la crise sanitaire et sociale que traversent nos enfants, le lien au vivant – humain et non humain – n’est plus un luxe, mais une nécessité.

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PSG-Inter Milan : 5 400 policiers mobilisés à Paris pour la finale de la Ligue des champions

Des CRS sur les Champs-Elysées, après la demi-finale PSG-Arsenal, le 7 mai 2025. THOMAS PADILLA/AP

La Préfecture de police anticipe des scènes de célébration dans Paris, en cas de victoire du Paris Saint-Germain (PSG) en finale de la Ligue des champions, samedi 31 mai à Munich, face à l’Inter Milan. Dans une interview au Parisien, publiée vendredi, Laurent Nuñez, le préfet de police de Paris, détaille les mesures prises pour prévenir tout débordement : « Un dispositif massif dans la capitale et son agglomération avec 5 400 effectifs mobilisés – contre 2 000 pour la demi-finale –, c’est énorme », fait-il valoir, en précisant qu’une « bonne partie [des forces de l’ordre] sera mobilisée sur les Champs-Elysées et autour du Parc des Princes ».

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La circulation sur les Champs-Elysées sera interdite à partir de midi « autour de l’Etoile », et à partir de 18 heures sur les parties basses de l’avenue, a détaillé M. Nuñez. Dès ce vendredi matin, « des mesures d’interdiction de stationnement sont prises à l’intérieur du périmètre où se dérouleront des rassemblements le soir et la potentielle parade dimanche », en cas de victoire des Parisiens à Munich. « Nous sanctuarisons l’Etoile. Elle sera gelée, personne ne rentre, même les piétons, dès samedi 18 heures », a insisté le préfet. « Tous les commerces, sauf les hôtels », seront fermés « de samedi 19 heures à lundi zéro heure ». Il y aura toutefois « une dérogation » le dimanche dans une zone située au bas des Champs.

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Une parade des Champs-Elysées à l’Etoile en cas de victoire

Sur Europe 1-CNews, vendredi, Laurent Nuñez a rappelé qu’« en août 2020, après la finale perdue, le bilan de la soirée était de 11 commerces pillés, 17 dégradés, et 45 feux de poubelles ou voitures ». Il a ajouté : « Pendant le match, il y a aura beaucoup de monde sur l’espace public », évoquant la retransmission dans des bars, les restaurants, et que « la menace terroriste est toujours présente, comme le risque délictuel ». Des effectifs seront partout dans l’agglomération parisienne : dans Paris autour des bars du centre, à République et à Bastille notamment, et autour des fan-zones, ainsi qu’« une quinzaine en Seine-Saint-Denis ».

Par ailleurs, en cas de victoire du PSG, une parade des joueurs sera organisée dimanche à Paris à partir de 17 heures. La parade se déroulera du rond-point des Champs-Elysées jusqu’à la place de l’Etoile. Les joueurs seront à bord d’un bus à impériale qui circulera sur un tiers de la chaussée, du côté pair, du bas vers le haut de l’avenue, a détaillé Laurent Nuñez au Parisien.

Des box pour le public seront installés des façades jusqu’aux deux tiers de la chaussée, du côté impair. Des barrières seront installées de 6 heures à 14 heures. Trois box sont prévus, avec une « jauge d’environ 35 000 personnes chacun, pour une jauge globale estimée à 110 000 personnes ». Les spectateurs pourront assister au trajet des joueurs à partir de l’aéroport grâce à six écrans géants installés en face d’eux. Un périmètre de protection sera mis en place dès 6 heures autour de l’avenue. « Personne n’entre sauf les riverains et les spectateurs de la parade », a prévenu M. Nuñez. L’ouverture des box aura lieu à partir de 14 h 30, uniquement du côté sud. Après leur remontée des Champs, les joueurs se rendront « possiblement à l’Elysée », selon le préfet.

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Le Monde avec AFP

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En Malaisie, un Français emprisonné depuis vingt et un mois attend toujours son procès dans des conditions dénoncées comme « inhumaines »

Jean-Luc et Sylvie Félix, parents de Tom Félix, détenu en Malaisie, montrent une photo de leur fils dans leur appartement à Singapour, le 21 mai 2025. ROSLAN RAHMAN / AFP

Emprisonné depuis plus de vingt et un mois dans une prison reculée de l’Etat de Perlis, dans le nord-ouest de la Malaisie, Tom Félix, un Français de 34 ans, vit dans l’attente éprouvante d’un procès incertain. Accusé de détention et de trafic de stupéfiants, il clame son innocence, dans un pays où la peine de mort reste appliquée dans les affaires de drogue. En attendant, il endure des conditions de détention qualifiées par ses proches d’« inhumaines ».

« Tom partage sa cellule avec 37 autres détenus. Ils dorment à même le ciment, sur des tapis de yoga, sans ventilateur. Les toilettes sont un trou dans la cellule, la douche un tuyau. Ils n’ont droit à aucune promenade, aucune sortie », témoigne Sylvie Félix, sa mère, de retour, avec son époux, Jean-Luc, d’une visite, le 24 mai, dans la prison de Perlis, où Tom est détenu. Tous deux sont enseignants à Singapour. « Nous avons pu lui parler quarante-cinq minutes, à travers une vitre, par téléphone. Nous lui apportons des livres. C’est sa seule échappatoire, avec la distribution de repas aux autres détenus » poursuit Sylvie Félix.

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Roland-Garros 2025, les résultats du vendredi 30 mai : Swiatek, Alcaraz et Sabalenka tiennent leurs rangs, Fils forfait et Halys éliminé, plus de Français dans le tableau masculin

Roland-Garros, jour 6 ! C’est le début du troisième tour sur le Grand Chelem parisien, vendredi 30 mai. La météo est au beau fixe et nous devrions connaître les premières fortes chaleurs annonçant le mois de juin. En milieu d’après-midi, la température pourrait atteindre jusqu’à 30 °C (34 °C ressentis) à Paris, une donnée avec laquelle joueuses et joueurs devront composer.

Les têtes d’affiche du jour

Du côté des favoris, la Biélorusse Aryna Sabalenka, la Polonaise Iga Swiatek ou encore l’Espagnol Carlos Alcaraz fouleront la terre battue de la porte d’Auteuil dans la journée. Jasmine Paolini, tête de série numéro 4 et finaliste en 2024, affrontera l’Ukrainienne Yulia Starodubtseva (81e). L’Italien Lorenzo Musetti, tête de série numéro 8, sera également de retour

face à l’Argentin Mariano Navone (97e). Elena Rybakina, tête de série numéro 12, jouera contre la Lettone Jelena Ostapenko, tête de série numéro 21. La championne olympique Qinwen Zheng rencontrera la Canadienne Victoria Mboko (120e).

Le coin des Français

Parmi les affiches les plus attendues de ce vendredi, le duel entre Quentin Halys et Holger Rune. Le Français aura fort à faire face au Danois, tête de série numéro 10.

Demandez le programme… Les prochains lives sport du « Monde »

Sur quelle chaîne ? France 2, France 3, France 4 et sur la plateforme numérique France.tv. Et sur Prime Video pour la session nocturne.

Et parce qu’il n’y a pas que le tennis dans la vie… Le télescope James-Webb capture une nouvelle image de l’Univers profond, dévoilant les toutes premières galaxies

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Columbo, sa Peugeot et la lutte des classes

Peter Falk, interprète du lieutenant Columbo. GROUPE TF1 TV BREIZH

Sur BFM-TV, mardi 27 mai, vers 13 heures, quelqu’un, sur le plateau, conclut que « la “Sécu”, c’est foutu ». Sur Canal+, dans le dernier épisode de la dernière saison de The Handmaid’s Tale (La Servante écarlate), Elisabeth Moss nous prévient avec un regard revenu de tout : la pire des dictatures, cela peut arriver demain, chez vous. Pendant que, sur Arte, Chaplin fait du patin à roulettes les yeux bandés.

Et puis surgit Peter Falk, sur TMC, sortant de sa vieille Peugeot 403. Nous sommes dans une villa cossue de Los Angeles, dans les années 1970. Le lieutenant Frank Columbo tire sur son cigare, se gratte le front, jette un œil (de verre) circonspect sur la scène de crime. John Cassavetes arrive dans le champ. Pas de suspense, c’est lui le méchant (il n’aurait pas été embauché pour jouer le jardinier). Sur l’écran, les couleurs sont saturées, la définition est imparfaite. Comme si on regardait une vieille VHS. Peter Falk parle comme Serge Sauvion (son doubleur officiel). Les acteurs ont une diction typique des Parisiens des années 1970-1980.

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Droits de douane : l’instabilité américaine plonge les entreprises dans le brouillard

Des conteneurs maritimes, sur un quai du port d’Oakland (Californie), aux Etats-Unis, le 28 avril 2025. JUSTIN SULLIVAN/GETTY IMAGES VIA AFP

C’est une réaction fatiguée, un brin désabusée, d’un diplomate européen : « Il faut s’attendre à ce qu’il y ait tout le temps de l’incertitude. » Dans la nuit de mercredi 28 à jeudi 29 mai, une cour de justice américaine a provoqué la surprise en jugeant illégale une partie des droits de douane imposés par Donald Trump. Quelques heures plus tard, une cour d’appel américaine suspendait en référé la décision prise en première instance. Sans se prononcer sur le fond, elle a remis en place les droits de douane, le temps de prononcer elle-même son jugement.

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Pour Bruxelles, Tokyo ou Pékin, comment négocier dans ces conditions ? D’un côté, Donald Trump rêve d’afficher des « great deals » avec ses partenaires commerciaux. De l’autre, la base même des négociations commerciales change en permanence. La séquence de ces derniers jours est venue l’illustrer de manière spectaculaire.

Le 23 mai, Donald Trump menaçait d’imposer à 50 % les importations de l’Union européenne (UE) d’ici au 1er juin. Dimanche 25 mai, après un coup de téléphone avec Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, il a reporté la date au 9 juillet. Mercredi, la base légale des droits de douane s’effondrait. Jeudi, le référé en appel remettait en place les droits de douane, au moins temporairement. « Tout peut encore arriver. Ce n’est pas la fin de l’histoire », commentait, prudent, un haut fonctionnaire européen avant la décision en référé.

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L’imam de la mosquée des Bleuets à Marseille condamné à six mois de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme »

Smaïn Bendjilali, l’imam de la mosquée des Bleuets, entouré des ses avocats, lors d’une conférence de presse à Marseille, le 9 septembre 2024. MIGUEL MEDINA/AFP

Un imam marseillais controversé, cité dans le récent rapport sur les Frères musulmans, a été condamné, vendredi 30 mai, à six mois de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme », à la suite d’une publication sur le réseau social X en lien avec l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023, en Israël. Le tribunal correctionnel de Marseille a également condamné l’imam Ismail – Smaïn Bendjilali, de son vrai nom – à 2 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civiques, avec inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait).

Il a été reconnu coupable d’avoir republié en juillet 2024 sur son compte, suivi par 10 800 personnes, une vidéo accompagnée d’un commentaire qualifiant de « légitime défense » l’attaque terroriste du 7-Octobre, qui a fait plus de 1 200 morts du côté israélien. Il a, en revanche, été relaxé pour une autre publication, dans laquelle il a reposté une vidéo accusant des soldats israéliens de torture sur un Palestinien, y ajoutant ce commentaire : « Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] à côté, ce sont des enfants de chœur. »

Le tribunal correctionnel de Marseille a ainsi suivi les réquisitions du parquet, à l’exception d’une demande de bannissement du réseau social X pour six mois et d’une interdiction définitive d’exercer en tant que salarié au sein de la mosquée des Bleuets.

L’imam et sa mosquée cités dans le rapport sur les Frères musulmans

Après ce jugement, l’imam a déclaré à la presse qu’il entendait reprendre « avec fierté » ses activités religieuses dès le prêche de vendredi. « Relayer ce n’est pas y adhérer, et je n’adhérais pas à ces propos-là », a-t-il répété, comme lors de l’audience, à la fin de mars. « Forcément, dès qu’on défend les Palestiens, on est antisémite ou terroriste », a-t-il également accusé, tout en assurant : « Ça ne nous fera pas taire. »

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Son avocat, Sefen Guez Guez, qui n’a pas exclu de faire appel, a salué une « relaxe partielle » et « un désaveu après les réquisitions du procureur de la République, qui avait demandé l’interdiction définitive d’exercer la fonction d’imamat ». Il a mis en avant les « connexions entre une volonté du ministère de l’intérieur de faire fermer cette mosquée et cette condamnation de M. Bendjilali ».

La mosquée et son imam avaient été au centre d’une bataille administrative à la fin de l’été, le préfet de police des Bouches-du-Rhône ayant menacé de fermer la mosquée des Bleuets, située dans les quartiers Nord, à la demande de l’ancien ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, justement en raison des propos et publications en ligne de l’imam. La procédure avait finalement été suspendue, après le retrait « temporaire » de ce dernier, le temps pour lui de passer un diplôme universitaire sur la laïcité, et la suppression de ses tweets.

L’imam Ismail et la mosquée des Bleuets sont cités dans le rapport sur les Frères musulmans commandé par le gouvernement et rendu public la semaine dernière. L’imam, de nationalité française, y est décrit « de sensibilité plutôt salafiste mais usant des codes du frérisme ». « Il jouit d’une grande popularité auprès des jeunes musulmans en raison notamment de sa maîtrise des réseaux sociaux », et « au fil des années, la mosquée des Bleuets et ses associations satellites sont devenues très influentes dans le quartier », selon le rapport.

Interrogé par l’Agence France-Presse, l’imam a dénoncé « l’incompétence du gouvernement, qui ne sait pas dans quelle case nous mettre : salafisme, maintenant frérisme, alors que ce sont des trajectoires opposées (…) ». « J’ai appris aussi que je faisais de l’entrisme à travers mes actions sociales, de charité (…). Maintenant, même lorsqu’on veut faire le bien, c’est considéré comme de l’entrisme », a-t-il ironisé. « Ils nous mettent des cibles dans le dos », a-t-il encore affirmé, estimant que « ce rapport jette la suspicion sur les musulmans » et que « le gouvernement actuel prend une trajectoire qui est vraiment inquiétante pour l’avenir ».

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Le Monde avec AFP

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Pour Michael O’Leary, patron de Ryanair, « un bonus bien parti pour être l’un des plus plantureux jamais alloués en Europe »

Michael O’Leary, PDG de Ryanair, à Bruxelles, le 27 mars 2025. YVES HERMAN/REUTERS

En fait de transparence, les rémunérations des patrons se cachent bien souvent derrière des formules si alambiquées qu’il devient impossible de les calculer sans un doctorat en droit et en mathématiques appliquées. Mais, en 2019 – puis en 2022 –, le conseil d’administration de Ryanair avait promis au directeur général, Michael O’Leary, une gratification exceptionnelle sur la base d’un indicateur simple : il fallait que l’action de la compagnie aérienne low cost irlandaise clôture pendant vingt-huit jours consécutifs au-dessus de 21 euros. Bingo ! Le patron de Ryanair vient de décrocher un bonus de 100 millions d’euros et il peut remercier Donald Trump.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés « Ryanair, plus que ses concurrents, a balayé les illusions d’un “monde d’après” pandémie plus sobre »

Jeudi 29 mai, en effet, l’action Ryanair a clôturé à 23,7 euros, marquant le 28e jour d’un survol au-dessus de 21 euros. Cela donne le droit à M. O’Leary, 64 ans, d’acheter des actions de l’entreprise à prix low cost, mais sans frais additionnels.

L’emblématique dirigeant, crédité pour avoir transformé, depuis 1994, une petite compagnie régionale en leader européen, devra toutefois attendre la fin de son contrat, en juillet 2028, pour empocher le pactole, dont le montant exact dépendra de la valeur de l’action Ryanair dans les mois qui suivront. Un bonus bien parti pour être l’un des plus plantureux jamais alloués dans une entreprise en Europe.

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Les ventes de tabac ont chuté de 11,5 % en 2024 en France, où le tabagisme s’établit à un « niveau historiquement bas »

A Paris, en 2014. THOMAS SAMSON / AFP

Les ventes de tabac ont chuté de plus de 11 % l’an dernier en France, tandis que le tabagisme est en « diminution continue », souligne l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) dans son bilan annuel, publié vendredi 30 mai, au lendemain de l’annonce du gouvernement de l’interdiction de la cigarette dans certains lieux publics à partir de cet été.

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« Les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 11,5 % en 2024 par rapport à 2023 », écrit l’OFDT dans une note qui détaille une baisse de 12,3 % pour les cigarettes et de 13,2 % pour le tabac à rouler. Cette baisse – de 7 % en moyenne entre 2017 et 2024 – est continue depuis plusieurs années, et aujourd’hui observable uniformément sur le territoire.

La Belgique a appliqué une hausse de 25 % des prix du tabac depuis janvier 2024, or les auteurs relèvent une baisse sur l’ensemble du territoire français similaire à celle que l’on observe dans les départements frontaliers de notre voisin du nord, là où elle est d’ordinaire plus marquée.

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Une baisse du tabagisme chez les jeunes

Au total, en 2024, les ventes de tabac chez les buralistes en France « continentale » s’élèvent à 32 846 tonnes. La baisse des ventes « s’accompagne d’une diminution continue du tabagisme », qui se situe à un « niveau historiquement bas », estime l’OFDT, lequel se réfère sur ce point à des données de 2023. Moins d’un quart des 18-75 ans déclaraient fumer quotidiennement, selon ces dernières données, soit « la prévalence la plus faible jamais enregistrée depuis 2000 ».

Cette baisse de la consommation est encore plus marquée chez les jeunes de 17 ans, avec une baisse de 15,9 points en ce qui concerne le tabagisme quotidien par rapport à 2011, note l’OFDT. En parallèle, le vapotage progresse, et particulièrement au sein de cette population : 6 % des jeunes de 17 ans vapotaient quotidiennement en 2022, deux fois plus qu’en 2014.

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Malgré tout, « le chiffre d’affaires global du tabac atteint 19,3 milliards d’euros, avec une croissance moyenne de 0,9 % par an depuis 2017, portée par la hausse des prix », pointe l’Observatoire. Entre 2017 et 2024, le prix moyen du tabac à rouler a presque doublé, passant de 11,47 euros à 20,60 euros, tandis que les cigarettes sont passées de 7,05 euros à 10,92 euros.

Le Monde avec AFP

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