Le jour où Elon Musk est devenu le premier opposant à Donald Trump

Le président américain, Donald Trump, et Elon Musk, à la Maison Blanche, à Washington, le 14 mars 2025. ROBERTO SCHMIDT / AFP

Alliance ou amitié virile, convergence d’intérêts ou fascination mutuelle : tout cela est fini. La relation unique entre Donald Trump et Elon Musk a explosé à ciel ouvert, jeudi 5 juin, dans une escalade verbale d’une rare violence entre deux ego sans limites, finissant en menaces. Le patron de SpaceX et du constructeur automobile Tesla se trouvait encore dans le bureau Ovale, six jours plus tôt, pour une sorte de pot de départ chaleureux avec le président. Sa mission officielle à la tête du département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) prenait fin. Ses entreprises, en souffrance à l’image de Tesla, réclamaient toute son attention. Ce jour-là, Donald Trump saluait son travail et son sacrifice pour débusquer la gabegie et les fraudes dans les agences fédérales.

Mais, déjà, les critiques d’Elon Musk contre le projet de loi majeur du président, le « Big Beautiful Bill », s’aiguisaient. Ce train de dépenses, prévoyant notamment des baisses d’impôts massives et de nouveaux moyens pour la politique migratoire, a passé d’un rien l’épreuve du vote à la Chambre des représentants, mais doit être à présent examiné au Sénat. Or certains républicains se montrent réservés, au nom de l’accroissement de la dette publique, qui approche déjà 37 000 milliards de dollars (32 300 milliards d’euros).

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Orages : vigilance orange pour sept départements d’Auvergne-Rhône-Alpes

Cinq départements d’Auvergne-Rhône-Alpes ont été placés en alerte orange pour des orages. JEAN-BAPTISTE BELLET / CC BY 2.0

Météo-France a annoncé, vendredi 6 juin à l’aube, le placement de cinq départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes – Haute-Loire, Loire, Rhône, Isère et Ain – en vigilance orange en raison d’un « épisode orageux marqué ». Dans son bulletin publié à 10 heures, l’institut de météorologie a étendu la vigilance orange à deux départements : la Savoie et la Haute-Savoie.

Les orages commenceront à partir de 16 heures, et plusieurs salves pluvio-orageuses successives concerneront la région jusque dans la nuit de vendredi à samedi. Cette vigilance doit se terminer à minuit en Haute-Loire, dans la Loire et dans le Rhône. En Savoie, Haute-Savoie, dans l’Ain et l’Isère, elle durera jusqu’à 6 heures samedi matin.

Les habitants de ces départements peuvent s’attendre à de la grêle, avec des grêlons de « plusieurs centimètres de diamètre », des pluies intenses « en très peu de temps » et quelques rafales sous orages, « voire quelques phénomènes tourbillonnaires », selon Météo-France. « Cette dégradation orageuse n’est pas à proprement parler généralisée, ainsi c’est surtout le nord de l’Isère qui devrait être concerné », précise l’institut.

Les départements voisins de ceux qui se trouvent en vigilance orange, qui pour certains doivent être placés en vigilance jaune dans l’après-midi, sont aussi « susceptibles d’être concernés par le risque de phénomènes violents », en particulier la Drôme et l’Ardèche, prévient Météo-France.

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Le Monde avec AFP

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Finales NBA : un panier à l’ultime seconde offre la victoire aux Pacers dans le premier match face au Thunder

Le joueur des Indiana Pacers Tyrese Haliburton s’élève pour inscrire le panier de la victoire, à moins d’une seconde de la fin du match face au Thunder, jeudi 5 juin, à Oklahoma City, aux Etats-Unis. MATTHEW STOCKMAN / AFP

Le joueur des Indiana Pacers Tyrese Haliburton a signé, à la dernière seconde, le panier de la victoire pour permettre à son équipe d’empocher, jeudi 5 juin, la première manche des finales NBA, sur le parquet de l’Oklahoma City Thunder (111-110).

« Le basket, c’est génial. Gagner est génial », s’est exclamé le héros du soir après son exploit. Et c’est probablement encore plus fort quand une équipe a été menée durant l’intégralité de la rencontre. Après avoir vu leur avion dérouté mardi soir, puis un déluge s’abattre sur la ville mercredi après-midi, les Pacers ont longtemps pris la tempête dans le boucan d’enfer du Paycom Center, finalement réduit au silence par ce tir assassin.

Le meneur des Pacers, qui avait éteint de façon similaire le Madison Square Garden de New York lors du match numéro un de la finale de Conférence Est, continue de se forger une réputation de super-méchant dans les salles les plus chaudes de la ligue nord-américaine de basket. Spécialistes des renversements de situation et des fins de partie improbables, les joueurs d’Indiana ont bien gagné cette première rencontre d’une série au meilleur des sept matchs, en ayant été en tête pendant au total trois dixièmes de seconde. Les trois derniers.

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Gilgeous-Alexander rate sa chance

Le Thunder, qui menait encore de 15 points à 9 minutes de la sirène, semblait avoir pris un départ parfait dans le sillage de sa défense étouffante, qui a contraint des Pacers par ailleurs un peu balourds à 24 pertes de balle, dont 19 avant la pause.

Surtout, le MVP (most valuable player, « meilleur joueur ») de la saison régulière, Shai Gilgeous-Alexander, semblait sur un nuage, lui qui a compilé 38 points, 5 rebonds et 3 passes, et avait marqué le premier panier d’un match qui devait être le sien. Mais « SGA » a raté, comme cela lui arrive rarement, un tir à mi-distance qui aurait pu donner 3 points d’avance au Thunder à 11 secondes de la sirène.

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Dans la foulée, Tyrese Haliburton, lui, n’a pas manqué cette occasion en or. « On devait juste tenir. Notre première période a été dure avec 19 balles perdues, heureusement on avait que 9 points de retard » à la pause, a commenté l’entraîneur des Pacers, Rick Carlisle, en conférence de presse. « On a vécu beaucoup de ce genre de matchs. Les gars savent ce qu’il faut faire pour se donner une chance. On a eu un peu de réussite », a-t-il avoué.

Cette finale inédite va offrir un premier titre NBA à l’une des deux franchises, même si les ancêtres du Thunder, les Seattle SuperSonics, avaient été sacrés en 1979.

« Un match dure quarante-huit minutes »

Les Pacers ont ainsi pris la main avant le deuxième match, dimanche, toujours dans l’Oklahoma, où le Thunder s’est installé en 2008, rassemblant un public fidèle autour d’un joyau que peu avaient vu venir, Gilgeous-Alexander. Mais les appuis de dragster du meneur canadien, aidé par Jalen Williams (17 points) et Luguentz Dort (15 points, tous de loin), n’ont pas suffi jeudi, plusieurs coéquipiers ne se montrant pas au niveau en attaque, comme Chet Holmgren (6 points).

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Malgré la prière d’avant-match au micro du stade, ponctuée par un « amen » collectif, malgré la reprise à tue-tête par les 18 200 spectateurs de Titanium de David Guetta et Sia dans le quatrième quart-temps, les Pacers ont fini par revenir grâce à leur adresse de loin (18 sur 39 à 46,2 %).

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Pascal Siakam (19 points, 10 rebonds), déjà champion avec les Toronto Raptors en 2019, a aussi tenu le choc, avant que des tirs de loin d’Obi Toppin (17 points), Myles Turner (15 points) et Andrew Nembhard (14 points) ne rapprochent Indiana avant le dernier tir d’Haliburton (14 points, 10 rebonds, 6 passes).

« On a contrôlé la majeure partie du match », a déclaré Gilgeous-Alexander. « Mais un match dure quarante-huit minutes. Et personne ne vous fait apprendre cette leçon mieux qu’eux. De la manière la plus dure », a-t-il reconnu. Le joueur canadien devra se montrer, dimanche, bon élève et prouver qu’il l’a bien retenue.

Le Monde avec AFP

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TOI-421b, une mini-Neptune à l’atmosphère si particulière

S’il y a un type d’exoplanètes que les astronomes ne s’attendaient pas à observer il y a trente ans, c’est bien celui des mini-Neptune. Et pourtant, à force d’accumuler les observations, ceux-ci ont dû se rendre à l’évidence : ces mini-Neptune sont partout. Sur les 7 464 exoplanètes recensées dans la base de données du site Exoplanet.eu au 2 avril 2025, 1 568 (soit 21 %) sont des mini-Neptune. Une part qui monte à 26,5 % si l’on exclut les planètes non classables, ce qui en fait le type le plus courant des planètes observées jusqu’ici. Une « bizarrerie » que les astronomes, qui vivent dans un Système solaire qui n’en compte aucune, ne s’expliquent pas toujours très bien.

Pour répondre à leurs questions, les scientifiques comptent depuis 2021 sur le télescope spatial James-Webb (JWST) et ses capacités d’observation inédites dans l’infrarouge et le proche infrarouge. C’est ce qu’a notamment fait une équipe américaine qui a publié, le 5 mai, dans The Astrophysical Journal Letters, l’étude de l’atmosphère d’une mini-Neptune, TOI-421b.

A leur grand étonnement, les résultats diffèrent nettement de ceux obtenus sur d’autres mini-Neptune observées par le JWST jusqu’ici. Ces petites planètes gazeuses ont un rayon compris entre 1,9 et 3 fois celui de la Terre (Neptune, en comparaison, est 3,9 fois plus large que notre planète).

Bien plus chaude

Si les résultats doivent être considérés avec prudence, puisque le signal est faible et le « bruit » difficile à réduire, les chercheurs ont mis en évidence des traces de monoxyde de carbone et de dioxyde de soufre, mais, plus important encore, n’ont trouvé aucun signe de dioxyde de carbone ou de méthane. Des données qui suggèrent donc que TOI-421b est une mini-Neptune pauvre en méthane, contrairement aux six autres mini-Neptune que le JWST a étudiées.

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Qu’est-ce que l’Aïd-el-Kébir, la « grande fête » des musulmans ?

Les musulmans du monde entier doivent célébrer, à partir du vendredi 6 juin, l’Aïd-el-Kébir, littéralement la « grande fête », également appelée « Aïd el-Adha » (fête du sacrifice) ou « Tabaski », qui correspond aussi au pèlerinage à La Mecque, le hadj.

Une date qui change chaque année

L’Aïd-el-Kébir, célébrée à partir du dixième jour du mois lunaire de dhou al hijja, dure trois jours et débuteau lendemain du rassemblement rituel sacré des pèlerins au mont Arafat, situé à une vingtaine de kilomètres de La Mecque. La date est décalée de onze jours environ chaque année, car le calendrier de l’hégire, qui considère que nous sommes en 1444, ne comporte que 354 ou 355 jours.

Cette fête est à distinguer de l’Aïd-el-Fitr, ou « fête de la rupture du jeûne », qui marque la fin du mois de ramadan.

Lors de l’Aïd-el-Kébir à Djakarta, en Indonésie, le 1er septembre. ANTARA FOTO / REUTERS

Commémorer le sacrifice d’Abraham

L’Aïd-el-Kébir célèbre un épisode relaté à la fois dans le Coran et dans l’Ancien Testament, sous une forme un peu différente. Selon le texte musulman, Dieu demanda à Abraham (ou Ibrahim) de sacrifier son fils Ismaël pour éprouver sa foi – selon l’Ancien Testament, l’enfant du sacrifice est Isaac. Alors que l’homme s’apprêtait à immoler l’enfant avec un couteau, l’ange Gabriel (ou Jibril) arrêta son geste et remplaça l’enfant par un bélier. Cet événement est désormais commémoré par les musulmans sous la forme d’un sacrifice animal.

Les fidèles, habillés de leurs plus beaux vêtements, se rassemblent tôt le matin dans des lieux de prière. A l’issue de l’office, ceux qui en ont les moyens égorgent ou font abattre par un sacrificateur une bête (mouton, vache, chèvre…) dont la viande sera partagée en trois : un tiers pour la famille, un tiers pour les amis et voisins et le dernier pour les pauvres.

L’expression « aïd mabrouk » – ou « aïd moubarak » – est utilisée pour féliciter et souhaiter ses vœux à ses proches, comme on dirait « joyeux Noël » ou « meilleurs vœux » dans la tradition chrétienne.

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Les musulmans célèbrent à partir de vendredi l’Aïd-el-Kébir, comme, sur cette image, à Gumuk Pasir Parangkusumo, en Indonésie. ANTARA FOTO / REUTERS

Un abattage rituel très encadré en France

Traditionnellement, c’est le chef de famille qui accomplissait le sacrifice de l’animal, mais pour des raisons sanitaires et de bien-être animal, l’abattage rituel a été progressivement encadré, et est désormais interdit en dehors des abattoirs.

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Un guide pratique, publié en 2016 par les ministères de l’intérieur et de l’agriculture, après la création d’une instance de dialogue avec les responsables musulmans, rappelle les sanctions encourues : 450 euros pour la détention non déclarée d’animaux vivants, 7 500 euros et six mois de prison pour le transport d’animaux vivants, et jusqu’à 15 000 euros d’amende et six mois de prison pour l’abattage clandestin hors de structures agréées. Une circulaire est également établie chaque année à destination des préfets, consultable sur le site du ministère de l’agriculture.

En France, ces festivités se traduisent chaque année par l’abattage de plus de 100 000 moutons, sur une période d’un à trois jours. Ce surcroît d’activité entraîne la mise en place d’abattoirs temporaires, dont une liste a été publiée le 1er juin au Journal officiel.

Des pratiques de substitution possibles

La célébration de l’Aïd-el-Kébir, et en particulier le sacrifice animal, est une tradition bien ancrée chez les musulmans. Toutefois, elle ne constitue pas un des cinq piliers de l’islam, contrairement à la prière, au pèlerinage à La Mecque ou au jeûne du ramadan (les deux derniers étant la charité et la profession de foi).

Si les musulmans de Turquie considèrent ce rituel comme obligatoire, d’autres branches précisent que le sacrifice doit être réalisé dans la mesure des moyens des croyants. Un mouton coûte environ 200 à 250 euros et peut être abattu pour une à sept familles.

Pour des raisons d’organisation (manque d’abattoirs), il est possible d’acheter en boucherie halal des moutons sacrifiés après la prière de l’Aïd-el-Kébir. Par ailleurs, en signe de fraternité et de solidarité, des responsables religieux proposent des alternatives au sacrifice, par des dons aux pauvres ou aux migrants. Le Conseil français du culte musulman a rappelé que « le sacrifice par délégation est autorisé de façon unanime ».

Mise à jour le 5 juin : actualisation des dates de la fête pour l’année 2025.

Anne-Aël Durand

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Congrès du PS : Olivier Faure, gagnant en trompe-l’œil, voit ses marges de manœuvre se réduire

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, à Dunkerque, le 1ᵉʳ mai 2025. AIMÉE THIRION POUR « LE MONDE »

Comme une ritournelle socialiste… Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol se l’étaient pourtant promis en démarrant ce 81e congrès du Parti socialiste (PS) : ne surtout pas reproduire le scénario catastrophe de Marseille en 2023 qui avait laissé le PS coupé en deux, au bord de l’implosion. C’est le même film qui se rejoue. Selon des résultats provisoires publiés dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 juin, le premier secrétaire sortant a été réélu à la tête du parti avec 50,9 % des bulletins, contre 49,1 % pour le maire de Rouen. Quelque 500 voix d’écart sépareraient les deux hommes, déjà adversaires il y a deux ans.

Alors que le camp d’Olivier Faure a très vite revendiqué la victoire peu après minuit, les soutiens de Nicolas Mayer-Rossignol ont tenté de temporiser le récit triomphateur de leurs concurrents en organisant une conférence de presse au débotté, dans la nuit. « Ce n’est pas la réalité. Il y a moins de 200 voix d’écart. Nous sommes dans la marge d’erreur et personne ne peut dire qu’il a gagné », ont assuré Hélène Geoffroy et David Assouline, lieutenants de Nicolas Mayer-Rossignol. Un résultat plus serré que prévu, ce que confirme également l’entourage de Boris Vallaud, arrivé troisième lors du premier tour, le 27 mai.

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Corse : Gérald Darmanin annonce la création d’un pôle antimafia

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, pendant une séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, le 3 juin 2025. THOMAS SAMSON/AFP

La politique est souvent adepte du temps court au détriment du temps long. Serait-elle, en Corse, enfin, en phase avec le sens de l’histoire ? Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, en déplacement à Bastia, jeudi 5 juin, a annoncé la création d’un pôle antimafia. Une structure unique en France, a-t-il assuré, qui sera chargée d’enquêter sur les incendies criminels, les extorsions ou les trafics de stupéfiants sur l’île. Les règlements de comptes resteront dans le champ de compétence de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, chargée de lutter contre le crime organisé.

Il ne s’agit pas d’une simple réorganisation administrative, a-t-il insisté. C’est une véritable offensive de l’Etat pour reconquérir un territoire perdu de la République au profit d’un phénomène mafieux qui a pris en otage une population et une économie. « C’est un message pour dire que l’Etat n’a pas peur de juger en Corse »,a relevé le ministre, qui a souligné « le caractère singulier de l’île et le mal qui peut la ronger ».

S’il a acté l’installation, en Corse, de renforts au parquet comme au siège, il est resté flou sur l’affectation de ceux-ci : « 57 membres du ministère de la justice d’ici à 2027, dont 17 magistrats et des arrivées dès septembre (…) ainsi que des places supplémentaires de prison. » Enfin, il a tenu à rappeler que le « nouveau statut du repenti à l’italienne », adopté dans la loi sur le narcotrafic d’avril, permettait aux candidats d’échapper au « régime carcéral extrêmement difficile mis en place » contre le crime organisé.

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En Chine, l’essor des gigaporcheries, ces fermes-usines verticales aux milliers de cochons

Le village de Hongqiao, dans le Hubei, en Chine, avec en arrière-plan la ferme verticale de cochons, en mai 2025. JORDAN POUILLE/« LE MONDE »

Une poussière grise plane sur le village de Hongqiao (« Pont arc-en-ciel »), à 10 kilomètres au sud-ouest d’Ezhou, dans la province du Hubei. Des camions rouges aux pneus lisses convergent en continu vers un étrange édifice, un gratte-ciel noir vrombissant au milieu de champs en gradins. Tout près, un couple de vieillards draine une rizière. La moisson est dans un mois. « Tu n’aimes pas ça, n’est-ce pas ? », interpelle l’homme qui a requis l’anonymat.Silence songeur. « Cette puanteur, cette odeur de pollution, de merde ! Personne n’aime ça au village. » Il s’éloigne, puis se retourne : « On compte sur toi pour faire un rapport là-dessus ! »

Dans les maisonnettes de Hongqiao, le portrait de Mao trône encore au-dessus des tables à manger. Mme Zhang fait remarquer que chez elle, le portrait du Christ l’a remplacé depuis quarante ans. Sa belle-fille au teint de porcelaine part se cacher. Mme Zhang veut s’assurer que le visiteur a mangé avant de formuler ses griefs : « Pourquoi on n’aime pas ? Parce que ça pue ! On ne supporte pas. Nous, on est pauvres, on ne peut pas quitter notre maison car personne ne viendra jamais s’installer ici. Ceux qui ont de l’argent sont déjà partis à la ville. Hier, ça puait à des kilomètres mais aujourd’hui, ça va un peu mieux, on respire. »

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Jeanne Guien, philosophe : « Les discours de nouveauté légitiment la prédation »

YANN LEGENDRE

Après Le Consumérisme à travers ses objets (Divergences, 2021) et Une histoire des produits menstruels (Divergences, 2023), Jeanne Guien, docteure en philosophie et chercheuse indépendante, déconstruit le fétichisme pour la nouveauté appréhendé comme un moteur du consumérisme dans Le Désir de nouveautés. L’obsolescence au cœur du capitalisme (XVe-XXIe siècle) (La Découverte, 350 pages, 23 euros).

En quoi s’attaquer aux discours de nouveauté est-il un enjeu dans le cadre de la critique du consumérisme que vous bâtissez ?

Il n’y a pas de produits sans discours qui les accompagnent, et réciproquement : ils sont toujours liés à des supports, qui s’incarnent eux-mêmes dans des produits, par exemple des emballages. Les discours de nouveauté sont rendus nécessaires par la surproduction structurelle du capitalisme, qui nécessite un renouvellement constant de l’acte d’achat pour maintenir la demande, c’est-à-dire le consumérisme.

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Entre l’Europe et les Etats-Unis, Giorgia Meloni cherche sa voie

La présidente d’extrême droite du conseil italien, Giorgia Meloni, voulait faire office de pont entre les deux rives de l’Atlantique, dans le monde bouleversé qui est né de la victoire de Donald Trump et du changement de régime en cours à Washington. Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, elle est parvenue à obtenir la confiance d’une partie de l’establishment européen, entretenant notamment une relation suivie avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. D’un autre côté, elle a su plus tard se rendre identifiable à la Maison Blanche, très appréciée des cercles conservateurs. De là, elle a conquis l’amitié d’Elon Musk et une certaine attention de la part de Donald Trump.

Cependant, la dirigeante italienne a semblé en retrait au cours de la séquence ouverte par l’investiture du président américain, menée au pas de course au fil des coups de boutoir diplomatiques et des atermoiements de Washington sur le commerce international, sur l’Ukraine et sa relation avec Vladimir Poutine, ou des menaces proférées contre ses alliés canadiens et danois.

Très méfiante à l’égard des initiatives françaises, malgré la dynamique lancée au sein de la « coalition des volontaires » impliquant l’Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni, Giorgia Meloni a mené son action diplomatique à part, animée par deux impératifs : refuser au nom de « l’unité de l’Occident » toute hausse de ton face à une administration Trump dont elle est idéologiquement proche, et assurer son opinion publique profondément pacifiste qu’aucun soldat italien ne foulera le sol ukrainien.

Le vice-président américain, J. D. Vance, la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Rome, le 18 mai 2025. JACQUELYN MARTIN / VIA REUTERS

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