La Française Loïs Boisson lors de sa demi-finale de Roland-Garros face à l’Américaine Coco Gauff, jeudi 5 juin 2025. JULIEN DE ROSA / AFP
Ils sont au moins trois spectateurs à n’avoir été qu’à moitié surpris. Eux, ce sont les trois donateurs qui ont offert quelques dizaines d’euros à Loïs Boisson en début d’année 2025, quand la tenniswoman dijonnaise avait lancé une cagnotte en ligne pour l’aider à financer sa saison. Quelques mois plus tard, ils peuvent considérer avoir eu le nez creux. Jeudi 5 juin, la Française de 22 ans a conclu son premier Roland-Garros par une défaite sèche mais pleine de promesses en demi-finales, face à l’Américaine Coco Gauff (1-6, 2-6).
Loïs Boisson, invitée par les organisateurs, avait beau avoir renversé sur sa route l’Américaine Jessica Pegula (3e mondiale) et la Russe Mirra Andreeva (6e), la marche était cette fois un peu haute face à la vainqueure de l’US Open 2023, qui défiera la Biélorusse Aryna Sabalenka en finale, samedi.
Devant sa télé ou loin d’une quelconque raquette ce jour-là, la 361e joueuse mondiale – plus pour longtemps, elle sera aux alentours de la 65e place lundi – pourra, elle, rembobiner le fil d’un tournoi qui l’a fait entrer dans le salon des Français et dans le cœur des supporteurs jour après jour.
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Dans un terminal vide, fermé en raison d’une grève du syndicat allemand Verdi, à l’aéroport Willy-Brandt de Berlin-Brandebourg (Allemagne), le 10 mars 2025. RALF HIRSCHBERGER/AFP
Une fois n’est pas coutume, les Vingt-Sept se sont entendus, jeudi 5 juin, sur un sujet qui parle à des millions d’Européens : l’indemnisation en cas de retard d’avion ou d’annulation de leur vol. Le sujet est à haut risque politique, tant il est grand public. Il a aussi de lourdes implications économiques pour les compagnies aériennes. Il est tellement inflammable que les pays membres auront mis plus de dix ans pour s’entendre. Et encore, il s’en est fallu de peu que la réunion des ministres des transports, qui se tenait jeudi à Luxembourg, vire au fiasco.
Aujourd’hui, dès qu’un vol a au moins trois heures de retard, les passagers peuvent se faire indemniser jusqu’à 600 euros. Dans la pratique, les transporteurs informent rarement leurs clients de leurs droits, se reposant sur un règlement communautaire, qui date de 2004 et que les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne (UE) ont précisé au fil des années. Un maquis juridique sur lequel ont prospéré les agences de recouvrement.
Les Etats membres ont relevé ces seuils. A l’avenir, il faudra plus de quatre heures de retard pour toucher une compensation financière de 300 euros sur un trajet intra-européen. Si le voyage dépasse les 3 500 kilomètres, les indemnités monteront à 500 euros et seront exigibles au-delà de six heures de retard. Les vols à destination des territoires d’outre-mer sont traités comme des vols intra-européens, mais leur retard donne lieu à la compensation prévue pour les long-courriers.
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Des personnes évacuées restent dans un abri après avoir fui leur village, à Santa Lucia Cotzumalguapa, au Guatemala, le 5 juin 2025. JOHAN ORDONEZ / AFP
Plus de 500 personnes ont été évacuées, jeudi 5 juin, au Guatemala après le rejet de fumée et de cendres par le volcan le plus actif d’Amérique centrale, le volcan de Fuego, ont annoncé les autorités.
Les habitants de plusieurs villages proches du volcan, situé à 35 kilomètres de la capitale, Guatemala, ont été déplacés vers des abris. « Nous préférons partir plutôt que pleurer la mort de tout le village plus tard », a confié à l’Agence France-Presse (AFP) Celsa Perez, 25 ans, évacuée avec sa famille.
Le gouvernement a suspendu les activités scolaires dans la zone et fermé une route reliant le sud du pays à la ville coloniale d’Antigua, principal site touristique du Guatemala classé par l’Unesco depuis 1979, a précisé l’agence de coordination des catastrophes Conred.
Plusieurs évacuations similaires ont eu lieu ces dernières années en raison des éruptions récurrentes du volcan de Fuego, notamment en mars dernier. En juin 2018, l’éruption de ce volcan qui culmine à une altitude de 3 763 mètres avait généré des avalanches de lave et de cendres ardentes et dévasté un village, faisant 215 morts et autant de disparus.
Lamine Yamal marque le cinquième but de l’équipe espagnole lors de la demi-finale de la Ligue des nations, à Stuttgart (Allemagne), le 5 juin 2025. KAI PFAFFENBACH / REUTERS
Un score final qui ne reflète pas le scénario d’une rencontre ayant vu les Bleus menés 0-4, puis 1-5 en seconde période, avant d’espérer refaire leur retard dans une folle fin de match. Une remontée – finalement incomplète – insufflée par Rayan Cherki, brillant pour sa première sélection. Si Kylian Mbappé a inscrit le premier but français, réduisant l’écart alors abyssal entre les deux voisins pyrénéens, en moins de quinze minutes, le jeune attaquant lyonnais (21 ans) a marqué – une sublime reprise de volée –, provoqué un but contre son camp, puis délivré une passe décisive pour Randal Kolo Muani, ramenant les Bleus sur les talons de la Roja dans le temps additionnel.
Ce pic d’adrénaline en fin de rencontre n’a pas suffi à en inverser le scénario. Car jeudi, l’Espagne a longtemps fait cavalier seul. Tour à tour, Nico Williams, Mikel Merino ou encore Pedri ont profité des errements d’une défense française aux abois. Privée de trois de ses quatre titulaires habituels – William Saliba, Jules Koundé et Dayot Upamecano –, cette arrière-garde expérimentale, formée entre autres joueurs du néophyte Pierre Kalulu et du revenant Clément Lenglet, plus appelé depuis 2021, a été bringuebalée tout le match.
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Le siège de la Cour pénale internationale, à La Haye, aux Pays-Bas, le 16 janvier 2019. PIROSCHKA VAN DE WOUW / REUTERS
Washington a sanctionné, jeudi 5 juin, quatre magistrates de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que leurs procédures visant des soldats américains ou l’exécutif israélien étaient « illégitimes » et « politisées », une initiative réprouvée par l’institution de La Haye, mais qui a suscité des remerciements de la part du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
Les mesures annoncées – interdiction d’entrée sur le sol américain, gel des avoirs détenus aux Etats-Unis – visent d’ordinaire des criminels ou des dirigeants politiques de pays adverses, plutôt que des magistrats.
« Nous n’avons pas pris cette décision à la légère. Cela reflète la menace sérieuse que représentent la politisation et l’abus de pouvoir de la CPI », affirme le ministère des affaires étrangères américain dans un communiqué. « Ces quatre personnes participent activement aux actions illégitimes et infondées de la CPI ciblant les Etats-Unis et notre proche allié », Israël, ajoute le département d’Etat.
Les magistrates visées sont Solomy Balungi Bossa et Luz del Carmen Ibanez Carranza, à l’origine d’enquêtes de la CPI sur des crimes de guerre présumés de soldats américains en Afghanistan. Mais aussi Reine Alapini Gansou et Beti Hohler, qui ont autorisé la CPI à émettre des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et son ancien ministre de la défense, Yoav Gallant. Les juges avaient estimé qu’il y avait des « motifs raisonnables » de soupçonner les deux hommes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans la guerre à Gaza.
Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé les Etats-Unis, vendredi, à retirer ces sanctions, se disant « profondément troublé ». « De telles attaques sont profondément nuisibles à la bonne gouvernance et à la bonne administration de la justice », affirme M. Türk dans une déclaration envoyée aux médias.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a remercié, vendredi, Donald Trump et son administration pour cette décision. « Merci au président Trump et au secrétaire d’Etat Rubio d’avoir imposé des sanctions contre les juges politisés de la CPI. Vous avez défendu à juste titre le droit d’Israël, des Etats-Unis et de toutes les démocraties à se défendre contre le terrorisme sauvage », a écrit le dirigeant sur X.
« Ces mesures constituent une tentative manifeste de porter atteinte à l’indépendance d’une institution judiciaire internationale qui opère sous le mandat de 125 Etats du monde entier », avait plus tôt réagi la Cour dans un communiqué. « La CPI soutient pleinement son personnel et poursuivra son travail sans se laisser décourager, a ajouté l’institution. Cibler ceux qui œuvrent pour la justice ne contribue en rien à aider les civils pris au piège des conflits. Cela ne fait qu’enhardir ceux qui croient pouvoir agir en toute impunité. »
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Selon Liz Evenson, de l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch, les sanctions américaines « visent à dissuader la CPI de désigner les responsables des crimes graves commis en Israël et en Palestine au moment où les atrocités israéliennes se multiplient à Gaza, y compris avec la complicité des Etats-Unis ». « Les sanctions doivent servir à mettre fin à des violations des droits de l’homme, pas à punir ceux qui cherchent à rendre justice pour les crimes les plus graves », a-t-elle ajouté dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse.
Ni les Etats-Unis ni Israël ne sont membres de la CPI, juridiction permanente chargée de poursuivre et juger des individus accusés de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre. Ils ne reconnaissent pas sa capacité à poursuivre leurs ressortissants.
Au cours du premier mandat de Donald Trump, la CPI, en particulier sa procureure d’alors, Fatou Bensouda, avait déjà été la cible de sanctions américaines – levées par Joe Biden peu après son arrivée au pouvoir en 2021.
Quatre fois depuis sa rupture avec Jérôme Tonneau, en février 2019, Nathalie Debaillie avait alerté la police du harcèlement et des menaces qu’elle subissait de la part de son ancien compagnon. Trois mains courantes et une plainte déposées dans le même commissariat de Lille par cette femme de 47 ans sont restées sans suite.
Le 27 mai 2019, Nathalie Debaillie était enlevée par des hommes de main sur son lieu de travail, emmenée au domicile de son ancien compagnon et égorgée par ce dernier. Jérôme Tonneau a été condamné en 2024 à trente ans de réclusion criminelle. Mais l’inaction des services de police aussi a été fatale à Nathalie Debaillie, a reconnu la justice mercredi 4 juin, en condamnant l’Etat pour faute lourde. Il y a bien eu, à ses yeux, « un dysfonctionnement traduisant l’inaptitude du service public de la justice à remplir la mission qui lui était confiée ».
Dans son jugement, la première chambre civile du tribunal de Paris note qu’après les divers signalements effectués par la victime, « les enquêteurs disposaient de nombreuses informations de nature à démontrer le harcèlement subi par Mme Debaillie et la potentielle dangerosité de M. Tonneau », qui avait par ailleurs déjà été visé par une plainte et une main courante de deux anciennes compagnes.
Une « avancée »
« A la suite du dépôt de plainte [du 9 mars 2019] dénonçant des faits de menaces de mort et de harcèlement particulièrement circonstanciés, étayés par les mains courantes enregistrées quelques semaines avant, à recouper avec le profil et les antécédents judiciaires de l’ancien compagnon de Mme Debaillie, les enquêteurs auraient dû réaliser des actes d’enquête, procéder à toutes vérifications utiles et à l’audition du mis en cause », estime le tribunal. Ils auraient aussi dû informer le procureur de la République de la situation, ce qui « aurait pu permettre un déferrement et d’éventuelles mesures coercitives telles qu’un contrôle judiciaire avec interdiction de contact et de séjour, voire un placement en détention ou une comparution devant un tribunal ».
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Dans un grand magasin de Nantes, en avril 2016. LOIC VENANCE/AFP
Vendredi 6 juin, vingt ans après l’avènement de la télévision numérique terrestre (TNT) en France, une petite révolution s’opère au bout de la télécommande. Prêt pour un exercice de bonneteau ? Canal+, sortant de son plein gré de la TNT, cède le canal 4 à la chaîne familiale et culturelle France 4. C8 évacuée du canal 8 à la suite de son éviction par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), les chaînes parlementaires LCP-AN et Public Sénat se le partagent. Même cas de figure avec NRJ 12, qui voit la chaîne pour enfants Gulli s’installer à sa place. Les canaux 13 et 14, libérés par LCP et France 4, accueillent BFM-TV et CNews, qui laissent à leur tour les numéros 15 et 16 respectivement à LCI et à Franceinfo. Gulli ayant déserté le compartiment 18, T18 (CMI Média) y fait son apparition. Prière d’attendre le 1er septembre pour découvrir Novo 19 (groupe Ouest-France) sur le canal qui lui a inspiré son nom.
Vu du canapé, deux blocs se détachent du tableau de service. Désormais réunies du numéro 2 au numéro 5, les chaînes publiques en profitent pour effacer leurs logos chiffrés (France 2, France 3, etc.) au profit de celui du groupe (france.tv). Estimant en effet que « le “.2” ne veut rien dire » pour les adolescents, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a saisi l’occasion de ce regroupement pour « faire la révolution de la marque » France Télévisions – plus évidente à défendre à l’international, estime-t-elle. France 4 reste cependant France 4.
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Un mort dans des frappes d’ampleur sans précédent sur Kharkiv, selon le maire de la ville
Une personne a été tuée et plusieurs autres blessées dans des frappes russes d’une ampleur sans précédent sur Kharkiv, a annoncé samedi Ihor Terekhov, maire de la deuxième ville d’Ukraine.
La cité a subi « l’attaque la plus puissante depuis le début de la guerre », en février 2022, a annoncé l’édile, faisant état d’« au moins quarante explosions » en un bref laps de temps. « L’ennemi frappe simultanément avec des missiles, des drones Shahed et des bombes aériennes guidées », a détaillé M. Terekhov, selon lequel au moins 48 drones Shahed, deux missiles et quatre bombes guidées ont été employés.
Une personne a été tuée et une autre blessée dans une frappe sur une maison particulière du district de Kyivsky, et six autres ont été blessées dans le centre-ville, selon le maire. Au total, douze personnes ont été blessées, dont deux enfants, a quant à lui rapporté le chef de l’administration militaire de l’oblast, Oleh Synehoubov.
Ville à majorité russophone de plus de 1,4 million d’habitants avant la guerre, Kharkiv est située à moins de cinquante kilomètres de la frontière russe, dans le nord-est de l’Ukraine, et fait régulièrement l’objet de frappes nocturnes, comme la plupart des autres villes du pays. Jeudi, dix-huit personnes dont quatre enfants avaient été blessées dans des frappes russes sur Kharkiv.
Un incendie dans une tour d’habitation à Reims a coûté la vie à quatre personnes dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 juin et une enquête a été ouverte pour établir les causes du drame. Deux adultes et deux adolescents sont morts, a détaillé la préfecture de la Marne.
Cet incendie a une « origine accidentelle très probable », a rapporté à la mi-journée le procureur de la République de Reims, François Schneider. Parmi les victimes se trouvent « probablement » deux frères âgés de 13 et 15 ans « habitant l’appartement avec leur beau-père : l’un décédé de brûlures, l’autre de défenestration », a précisé le procureur.
Le corps du plus jeune, qui s’était défenestré face à la furie des flammes, a été reconnu par sa famille. Un second corps, retrouvé calciné dans l’appartement, est probablement celui de son frère aîné mais n’a pas encore pu être « formellement identifié » pour l’instant, a détaillé le procureur. « Les deux autres victimes sont un homme âgé de 59 ans et sa mère de 87 ans asphyxiés tous les deux », a ajouté le magistrat, précisant que ces deux personnes habitaient au 7e et au 10e étage.
Deux adultes gravement blessés, classés en urgence absolue, ont été transportés à l’hôpital, « possiblement » le beau-père des deux adolescents, « atteint de brûlures graves », et une autre personne asphyxiée, toujours selon M. Schneider. Douze autres personnes, enfants et adultes, ont été plus légèrement touchées. Le maire de Reims, Arnaud Robinet, avait dit dans la matinée que les pompiers n’avaient pas trouvé de corps supplémentaire lors de leurs opérations de reconnaissance.
Une quarantaine de sinistrés pris en charge
L’incendie s’est déclaré vers 0 h 30 au quatrième étage de cet immeuble HLM et s’est rapidement propagé aux étages supérieurs, notamment par la façade. Une journaliste de l’AFP a constaté que ce quartier, Croix-Rouge, mêlant hauts immeubles et maisons dans le sud-ouest de Reims, était entièrement bouclé, l’accès à la tour sinistrée interdit par de la rubalise.
L’immeuble où le drame s’est produit compte onze niveaux, comportant quatre appartements chacun. Selon M. Robinet, il ne posait pas de problème de salubrité et avait fait l’objet d’un programme de rénovation thermique. L’immeuble voisin avait été touché par un incendie en février, causé par un « feu de cuisine », selon M. Robinet.
Des policiers patrouillant dans ce quartier pendant la nuit sont intervenus les premiers après le départ de feu et ont évacué des personnes qui se trouvaient dans les escaliers « avec un énorme courage », a rapporté M. Robinet.
Sur place, l’intervention s’est révélée « difficile », a précisé le préfet Henri Prévost, en raison de la taille de l’immeuble, mais aussi des conditions météorologiques. « Il y avait beaucoup de vent sur Reims dans la nuit, et les fumées avaient tendance à se rabattre vers l’intérieur », ce qui compliquait l’évacuation, a-t-il expliqué.
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La préfecture a listé 15 véhicules du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) et 62 sapeurs-pompiers mobilisés, ainsi que 20 policiers nationaux, 20 policiers municipaux et neuf soignants du SMUR. Une quarantaine de personnes sinistrées ont été prises en charge par la Croix-Rouge dans un gymnase mis à disposition par la municipalité.
Fin mai, un incendie dans une maison à Attiches, dans le Nord, avait fait trois morts, un homme et deux petits garçons, tandis qu’une femme et deux autres enfants avaient réussi à échapper aux flammes avec l’aide d’une voisine.
Soignant son profil de ministre de la culture qui ne fait pas comme les autres, ignorant au passage superbement les casseroles qu’elle traîne derrière elle, Rachida Dati vient de lancer un « plan camping ». Oui, de l’art sous la tente et entre les piquets. Elle propose pour l’été des animations, spectacles, lectures – à la mer et à la campagne. Au plus près des vacances populaires. Un objectif est déjà atteint : énerver les décideurs culturels. La ministre les rend fous. Et ça la ravit, comme si indigner faisait programme.
Dans une vidéo postée le 23 mai sur son compte Instagram, Rachida Dati est filmée au camping de La Marina, à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), puis s’adresse à la caméra : « C’est une première… Alors je n’ai qu’une chose à dire : Rejoignez-nous ! »
Les campings attirent chaque année 28 millions de vacanciers. C’est le premier logement touristique du pays. Dati y fonce, tant le lieu colle à son mantra : « La culture doit aller partout où sont les Français. » Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, elle a choisi pour parrains Fabien Onteniente, le réalisateur de Camping, Camping 2, Camping 3, qui a lâché un « Pastis à La Marina, pastis avec Rachida », et l’acteur phare de la saga, Franck Dubosc, adepte de la formule rustique en slip de bain cintré.
Enième provocation
Sans doute le terme de « plan » est un chouia grandiloquent, et Rachida Dati s’enivre quand elle écrit que les campings serontles « plus grandes scènes culturelles » de l’été. Il existe 7 000 campings dans l’Hexagone, mais l’opération n’en touchera que 500. L’Etat y « met » 1,8 million d’euros, ce qui est mince pour sensibiliser à l’art les masses. Il faudra voir aussi comment les projections de films, les spectacles, les prêts de livres ou les ateliers de sculpture trouveront leur place au milieu des soirées dansantes, karaokés, repas à thème et apéro-spectacles.
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