Vie chère en Nouvelle-Calédonie : tensions entre producteurs locaux et importateurs autour de la lutte contre l’inflation

Un piéton transporte des légumes près d’un barrage de la gendarmerie française, à Saint-Louis, en Nouvelle-Calédonie, le 23 septembre 2024. SEBASTIEN BOZON / AFP

Des tomates à près de 10 euros le kilo, du dentifrice à 8, du jus d’orange pas loin de 7 euros… Passer en caisse est devenu une épreuve pour beaucoup de Calédoniens. « Tout monte : le riz, le pain… les gens n’y arrivent plus. C’était déjà la galère, mais aujourd’hui, c’est encore plus la galère », témoigne Gaëtan (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille) sur le seuil de son immeuble d’un quartier populaire, sa dernière née dans les bras. Chaque mois, le foyer de six personnes de ce trentenaire doit composer avec un budget d’à peine 700 euros. Lui a perdu son travail, seules sa femme et sa mère font entrer encore un peu d’argent, en faisant des ménages.

Face à des prix qui atteignent des sommets – en moyenne 30 % plus élevés qu’en métropole, et l’écart grimpe à 78 % pour l’alimentaire – le gouvernement calédonien a engagé une série de réformes sur le pouvoir d’achat. Mais celles-ci ravivent les tensions entre producteurs locaux et importateurs distributeurs.

Tout commence le 16 mai, lorsque l’exécutif calédonien acte la fin des mesures de régulation de marché protégeant la production locale comme des restrictions d’importation et des taxes à sur les produits achetés à l’étranger. Face à la levée de boucliers d’industriels et d’élus, le Congrès adopte finalement, le 2 juin, un amendement prolongeant ces dispositifs.

Il vous reste 78.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

L’extrême droite européenne s’en prend à l’UE, lors d’un rassemblement dans le Loiret

Le premier ministre hongrois Viktor Orban à Mormant-sur-Vernisson, le 9 juin 2025. CYRIL BITTON/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Le premier ministre hongrois Viktor Orban a comparé la politique migratoire européenne à « un échange organisé de populations pour remplacer le socle culturel » du continent, lundi 9 juin, dans un discours devant des militants de l’extrême droite européenne réunis dans le Loiret, à l’invitation du Rassemblement national.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le « grand remplacement », généalogie d’un complotisme caméléon

Cet événement, baptisé la « Fête de la victoire », se tient un an après les élections européennes lors desquelles le RN est arrivé en tête.

Se targuant d’avoir su « repousser les migrants » dans son pays, quitte à encourir des sanctions de Bruxelles, M. Orban a clamé devant plusieurs milliers de personnes : « Nous ne les laisserons pas détruire nos villes, violer nos filles et nos femmes, tuer des citoyens pacifiques. »

Dans ce discours prononcé en hongrois et traduit en direct en français pour les militants présents à Mormant-sur-Vernisson, le premier ministre hongrois a clairement ciblé l’UE, assumant son rôle de « brebis galeuse de l’Union européenne », de « cauchemar de Bruxelles ».

Il a exhorté le Rassemblement national à s’imposer dans les prochaines échéances électorales. « Sans vous, nous ne pourrons pas occuper Bruxelles (…) Nous ne pourrons pas sauver la Hongrie de la guillotine bruxelloise », a lancéM. Orban.

De nombreux dirigeants d’extrême droite

Il s’est exprimé au milieu de nombreux dirigeants européens d’extrême droite, parmi lesquels le vice-président du conseil des ministres italien Matteo Salvini, le leader du parti espagnol Vox, Santiago Abascal, ainsi que les dirigeants des partis alliés tchèque, Andrej Babis, grec, Afroditi Latinopoulou, polonais, Krzysztof Bosak, estonien, Martin Helme, et belge, Tom Van Grieken. Le dirigeant d’extrême droite néerlandais Geert Wilders a, lui, adressé un message vidéo enregistré.

Dans la même veine que M. Orban sur l’immigration, M. Salvini a insisté sur la « menace » pesant sur l’Europe : « La menace pour nos enfants est une invasion de clandestins, principalement islamistes, financés et organisés dans le silence de Bruxelles », a-t-il affirmé à la tribune, appelant les « patriotes » européens à « travailler ensemble » pour « reprendre en main le destin et l’avenir de l’Europe ». M. Abascal a de son côté plaidé pour « redevenir souverains de décider qui entre sur notre territoire, souverains pour accompagner les familles européennes, pas pour les remplacer ».

Marine Le Pen, à Mormant-sur-Vernisson, le 9 juin 2025. CYRIL BITTON/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

De son côté, Marine Le Pen a, elle aussi, déclamé un discours offensif contre l’Union européenne, « empire marchand, wokiste, ultralibéral » où elle entend « remettre de l’ordre ». « Nous ne voulons pas quitter la table. Nous voulons finir la partie et la gagner, prendre le pouvoir en France et en Europe pour le rendre aux peuples », a-t-elle insisté, s’attaquant comme ses prédécesseurs à la tribune à la politique migratoire européenne.

Newsletter

« Politique »

Chaque semaine, « Le Monde » analyse pour vous les enjeux de l’actualité politique

S’inscrire

Un projet qui revient, selon elle, « à dessaisir les Etats de leur droit le plus sacré, celui de décider qui entre et qui reste sur leur sol ». « Un pacte avec le diable, un pacte de submersion migratoire de l’Europe, un pacte de dilution démographique, un pacte de disparition culturelle de l’Europe », a-t-elle encore lancé.

« Le pire de l’extrême droite européenne »

Plus tôt, lundi, responsables de gauche, associations et syndicats ont manifesté à Montargis, à quelques kilomètres de Mormant-sur-Vernisson, pour s’opposer à cette grand-messe organisée par le Rassemblement national et ses alliés européens.

4 000 personnes, selon les organisateurs, ont défilé dans le calme, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse. Parmi elles, les parlementaires Chloé Ridel (Parti socialiste), Ian Brossat (Parti communiste), Manon Aubry et Louis Boyard (La France insoumise), ainsi que plusieurs leaders syndicaux dont Sophie Binet (CGT) et Marylise Léon (CFDT).

« Je crois important qu’il y ait aujourd’hui un contre-rassemblement des forces politiques, des forces syndicales, des forces de gauche pour montrer qu’on n’est pas condamné à subir l’extrême droite (…) On peut construire la résistance, la contre-offensive antifasciste », a lancé l’eurodéputée Insoumise Manon Aubry, affirmant que les leaders européens invités par le RN n’étaient « pas les bienvenus ». « Vous avez le pire de l’extrême droite européenne raciste et xénophobe que l’on connaît bien », a tancé Mme Aubry.

Présentes côte à côte, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et celle de la CFDT, Marylise Léon, ont également appelé à « ne pas laisser faire l’extrême droite ». « Il n’y a aucun territoire que nous laissons à l’extrême droite », a souligné la première. « On ne peut pas se taire et ne rien dire » alors que les démocraties européennes sont « menacées », a renchéri la seconde.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Un an après la dissolution de l’Assemblée nationale, que reste-t-il du front républicain ?

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

Carlos Alcaraz face à Jannik Sinner, une finale « digne d’un film » pour la presse étrangère

Le vainqueur espagnol Carlos Alcaraz, à droite, et l’Italien Jannik Sinner après la finale du tournoi de tennis de Roland-Garros, à Paris, dimanche 8 juin 2025. THIBAULT CAMUS / AP

« Non. Ce n’était pas un match de tennis. » Pour le quotidien italien Il Corriere della Sera, dimanche 8 juin, « à la tombée de la nuit, alors que Paris s’illumine de mille feux, [s’est] achev[ée] une histoire qui a parfois échappé aux lois du réel ». Dans un ultime passing long de ligne, Carlos Alcaraz vient de s’offrir le sacre à Roland-Garros aux dépens de Jannik Sinner (4-6, 6-7, 6-4, 7-6, 7-6).L’horloge indique 5 h 29. Jamais, depuis le début de l’ère Open, la finale messieurs des Internationaux de France n’a duré aussi longtemps. « Plus de cinq heures de légende », résume le journal espagnol El Pais, avec un scénario « digne d’un film ».

Le duel entre le numéro 1 mondial, Jannik Sinner, et son dauphin au classement ATP et tenant du titre, Carlos Alcaraz, a tenu toutes ses promesses, laissant les médias étrangers admiratifs. Au terme d’une rencontre qui l’aura vu être mené de deux sets, puis sauver trois balles de match dans la quatrième manche, l’Espagnol a conservé sa couronne au super tie-break, pour s’adjuger, à seulement 22 ans, le cinquième sacre en Grand Chelem de sa carrière.

Il vous reste 79.65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

En direct, guerre en Ukraine : plusieurs localités du raïon de Koupiansk évacuées en raison de l’intensification des attaques russes

Selon le chef des services secrets allemands, les Russes soutiennent la guerre

Bruno Kahl, le président du service fédéral de renseignement allemand (BND), en est convaincu : la population russe soutient largement Vladimir Poutine et sa guerre contre l’Ukraine. On a longtemps pensé, en Occident, que l’invasion de l’Ukraine par la Russie était la « guerre de Poutine » et que le peuple russe ne la soutenait pas vraiment. « Nous avons l’impression que tout le peuple russe est prêt à suivre Poutine, que cette guerre est nécessaire, et que le méchant OTAN est l’agresseur », a-t-il expliqué dans le podcast « Table Today ».

Selon Bruno Kahl, le soutien indéfectible à Poutine s’explique par le fait que le chef du Kremlin dispose de tout l’appareil de propagande. Cela lui permet de « manipuler l’ensemble du pays, d’ouest en est, dans cette direction ». Bien qu’il existe « de légères divergences d’opinion au sein des cercles du pouvoir et de la politique quant à la pertinence de telle ou telle action militaire », a souligné le chef du BND, « aucune opposition ne pourrait, de quelque manière que ce soit, faire obstacle à Poutine ».

Pour le responsable, « [Vladimir] Poutine exige une reddition et rien d’autre, (…), les négociations sont des diktats. Le dernier document remis à Istanbul est la meilleure preuve que ce qui est en réalité exigé est une capitulation, et rien d’autre ».

Bruno Kahl croit également que la Russie a l’intention de tester la détermination de l’OTAN, en particulier en étendant sa confrontation avec l’Occident au-delà de l’Ukraine. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré, lundi, que la Russie renforce son potentiel militaire et sera prête à utiliser la force militaire contre les Etats membres de l’OTAN dans les cinq ans.

Source

En Espagne, la directrice du quotidien « El Pais » limogée, dans un contexte de bataille actionnariale chez Prisa

La journaliste Pepa Bueno à Madrid, le 24 octobre 2022. MARISCAL/EFE/MAXPPP

La directrice du quotidien espagnol El Pais est la dernière victime de la bataille actionnariale qui se déroule au sein du conseil d’administration du groupe de médias Prisa (également actionnaire minoritaire de la holding propriétaire du Groupe Le Monde).

Le 4 juin, Pepa Bueno, 61 ans, qui occupait ce poste depuis 2021, a été limogée sans explication, si ce n’est l’ouverture d’une nouvelle étape au sein du quotidien de référence en espagnol. « Pepa quitte El Pais avec plus de 400 000 abonnés et six éditions en Amérique. Son mandat a été clé pour consolider le changement stratégique du journal », a annoncé le conseil d’administration, présidé par le financier français Joseph Oughourlian, premier actionnaire par le biais de son fonds d’investissement, Amber Capital, avec 29,9 %.

Seule femme à diriger un grand journal en Espagne, elle a été remplacée par le directeur des éditions américaines d’El Pais, Jan Martinez Ahrens, 59 ans. « Son expérience en Amérique est essentielle pour récupérer l’importance de notre journal dans ces temps où le contexte géostratégique mondial marque l’actualité », a commenté M. Oughourlian.

Il vous reste 69.5% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

On a testé… « Mario Kart World » : un road trip divertissant, entre virée bucolique et tohu-bohu infernal

« Eh, mais c’est la même affluence qu’à la cantine à midi trente ici ! », s’exclame Michaël, un collègue (le prénom n’a pas été modifié). La même affluence, et surtout, la même cohue infernale qu’au stand frites.

Ici un crabe engoncé dans son kart joue des coudes (?!) en balançant des peaux de banane, là un Mario géant en chemise hawaïenne écrase nonchalamment ses adversaires, tandis qu’un bébé Luigi en costume de chantier pose une bombe devant un quarterback monté sur une abeille à roulettes, le tout pendant qu’une vache dans son nuage multiplie les pirouettes de skater sur une voie ferrée.

Mario Kart World, sorti le 5 juin sur la nouvelle Switch 2 de Nintendo, est plus que jamais cette métaphore géante de la vie en société, avec sa concurrence pour les ressources et l’infatigable vigilance du karma, cette sorte d’impôt sur la vacherie que l’on finit toujours par payer avec les intérêts. Pas de doute : nous sommes bien à la cantine à midi trente.

Pandémonium à roulettes

Bref, souffrez les colères des dieux, les vengeances bananières, les pluies d’éclairs, les outrages au talent, Mario Kart est de retour. Comme depuis le premier épisode, en 1992, les aventures à roulettes de Mario réservent (parfois) de divins miracles, comme une victoire inespérée acquise sur un enchaînement de circonstances favorables, tout comme il assure (souvent) le sentiment désagréable d’être maudit, harcelé ou poissard – ou les trois en même temps.

Sauf que cette fois, ce n’est plus 8, ni 12, mais 24 pilotes aux dents longues qui s’y bousculent, donnant au tohu-bohu habituel des airs de pandémonium à roulettes. Si le périphérique parisien à 19 heures vous semblait encombré, imaginez-vous y être entouré d’une vingtaine d’automobilistes surcaféinés qui, de concert, vous rentreraient dedans la bave aux lèvres et le pare-chocs bardé d’armes par destination.

Il faut vite apprendre à apprécier l’idée de déguster cinq projectiles d’affilée (généralement des carapaces de tortue) entre deux explosions. « Les emmerdes (…), ça vole toujours en escadrille », disait Jacques Chirac, dont on a trop sous-estimé le talent de commentateur de Mario Kart.

Monotonie du macadam

Autre nouveauté, les pilotes ne s’affrontent plus sur des circuits fermés indépendants les uns des autres, mais sur des langues de macadam, qui prennent parfois la forme de chemins enneigés ou de routes aquatiques houleuses, au milieu d’un vaste monde ouvert.

Dans un exercice de style étonnant, Nintendo s’est en effet échiné à répondre à cette question que personne, jamais, ne s’était posée : si le stade Wario, la prairie Meuh Meuh et la montagne Choco appartiennent au même pays, à quoi ressemble la départementale qui les relie ? (Autres questions existentielles que pose Mario Kart World : comment fait un cactus pour tourner le volant ? et un dauphin pour appuyer sur l’accélérateur ?)

Les autoroutes Vinci auraient fort à gagner à s’inspirer de celles du royaume Champignon, où pièces d’or, pizzas et T-rex viennent égayer le trajet des automobilistes. NINTENDO

Chaque course n’est plus une immersion dans un concentré d’atmosphère exotique, mais la lente hypnose d’un dégradé allant d’une ambiance à une autre. « Hey, mais en fait c’est un trajet Waze », maugrée Michaël.

Suivez-nous sur WhatsApp

Restez informés

Retrouvez la sélection de la rédaction sur notre chaîne

Rejoindre

Lors des premières heures, il évoque l’un des circuits les plus fades de la série, l’autoroute Toad, un ovale sans passion, avec du trafic automobile comme seule faible animation. Parfois, on jurerait avoir entendu à l’arrière : « dis papa, c’est quand qu’on arrive ? », malgré tout le zèle que mettent les T-rex, les boulets de canon géants ou encore les troupeaux de zèbre à rompre la monotonie des lignes droites.

Et soudain le vertige d’un grand huit

Et puis arrive la mer, ou plutôt la plage Peach, ou mieux, l’inévitable château de Bowser, et soudain la magie d’un circuit à l’ancienne s’arrache à la plaine, avec ses rampes, ses contreforts et ses tours autour desquels la piste s’élève et virevolte, dans une vertigineuse gerbe de rubans d’asphalte. Mario Kart World est un Disneyland en petite cylindrée, capable de rendre la calme platitude des allées comme l’exaltation et l’apesanteur des meilleures montagnes russes.

Quel automobiliste sérieux n’a jamais roulé dans un circuit constitué entièrement de cônes de glace et de friandises ?

D’autant que lorsque Mario Kart World propose des courses inédites, ce qu’il fait dans un tracé sur deux, il atteint parfois des sommets d’inventivité. Le spatioport Kong, géniale immersion dans les charpentes obliques du Donkey Kong de 1980 ; le cinéma Boo, théâtre hanté ayant pour piste une pellicule de film d’épouvante des années 1930 ; ou encore l’inévitable Rainbow Road, envolée féerique vertigineuse de plusieurs minutes, s’imposent parmi les circuits les plus marquants de la série.

Et même quand le jeu s’affaire à dépoussiérer l’ancien, il le fait avec un savoir-faire évident, et un goût du clin d’œil qui ravira les amateurs de mariobrosseries. Album de reprises, il se fait ainsi tantôt remix – comme sur la plage Koopa du Super Mario Kart de 1992, devenue une parodie d’Ibiza où la tortue DJette remixe sa samba d’antan –, tantôt il se fait medley, comme sur ces pistes vintage Mario Circuit 1, 2 et 3, réunies en un tracé unique dont chaque virage convoque la nostalgie.

Christian Prudhomme du royaume Champignon

A force d’errer sur les autoroutes du royaume Champignon, on finit par se prendre d’affection pour ce monde atypique, qui de prime abord a des airs de carapace vide, mais réserve à l’usage son lot de chemins dérobés, de rebords bondissants et de possibilités inattendues.

Favori de cette édition 2025, Tadej Pogacar a déjà coché l’arrivée au sommet des Alpes DK. NINTENDO

Plus que dans le mode Grand Prix, succession de quatre courses, c’est dans les modes Survie, course à élimination à travers plusieurs régions successives, sans halte, et Course VS, coffre à jouets entièrement réglable, que l’on apprend à dompter ce bac à sable. Mario Kart World attend de nous d’être un Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, et de penser ses hauts lieux comme des étapes, avec la liberté d’en choisir le point de départ et d’arrivée : à partir de 32 circuits, c’est près de 200 itinéraires qui sont possibles.

Il y aura ainsi les inévitables étapes de plaine, forcément un peu plates, mais aussi des sommets. L’attente pour atteindre ces derniers est longue, mais ils en valent l’effort. La Rainbow Road, c’est le col du Galibier, mais en mieux, sous champignon.

En bref

On a aimé :

  • Une efficacité indéniable pour animer les soirées ;
  • Un monde à la carte rempli de tracés possibles ;
  • Quelques circuits mémorables ;
  • Des personnages irrésistibles, comme la vache.

On n’a pas aimé :

  • Le manque de coupes, de modes bataille, et l’absence de mode 200cc pour l’instant ;
  • Parfois une impression de lenteur et de monotonie ;
  • Un monde ouvert mignon, mais sous-exploité.

C’est plutôt pour vous si…

  • Vous êtes un féru de l’univers Mario ;
  • Vous vous demandiez quelle départementale relie Alpes DK à Cité Sorbet ;
  • Vous aimez rouler sans rien faire.

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

  • Vous recherchez de la vitesse ;
  • Vous attendiez un jeu aussi riche et complet que Mario Kart 8 Deluxe.

La note de Pixels

La cantine à midi trente/la cantine à midi quarante

Source

« Contrairement à ce que soutient Eric Zemmour, Vichy a aussi ciblé les Français juifs »

Le 2 avril, dans un rebondissement spectaculaire, la cour d’appel de Paris a finalement condamné Eric Zemmour à 10 000 euros d’amende pour « contestation de crime contre l’humanité ». Motif : avoir soutenu, le 21 octobre 2019, sur un plateau télévisé, que Pétain avait « sauvé les juifs français » sous l’Occupation. Rappelons les chiffres de la déportation en France : sur une population de près de 300 000 individus en France métropolitaine à la veille de la seconde guerre mondiale, 74 150 furent déportés sous l’Occupation – parmi eux, un tiers de Français.

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’impuissance de cet arrêt à clore un débat engagé depuis plusieurs années devant les tribunaux : relaxé en première instance en 2021 puis en appel en 2022, Eric Zemmour a fait face en 2023 à l’annulation de sa relaxe par la Cour de cassation, qui a ordonné contre lui ce nouveau procès. L’affaire connaîtra un nouveau développement puisque, dès le 2 avril, il annonçait se pourvoir en cassation contre sa condamnation.

Si la longueur de la procédure n’a rien d’exceptionnel – le pourvoi constitue un recours normal à disposition des justiciables –, elle se révèle intéressante en ce qu’elle renvoie à un malaise persistant dans la société française face à cette question d’histoire. En effet, en dépit du sérieux des démonstrations faites depuis 2022 par les historiens les plus compétents – Laurent Joly en tête, avec son livre La Falsification de l’histoire. Eric Zemmour, l’extrême droite, Vichy et les juifs (Flammarion, 2023) – pour démonter énergiquement la tentative de réhabilitation par Eric Zemmour de la thèse du « moindre mal », l’opinion publique semble encore figée dans un rôle de spectateur face à un débat réservé aux experts.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La Cour de cassation se penche sur les propos de Zemmour sur Pétain, « sauveur » des juifs français

Ces derniers pointent, quant à eux, la responsabilité de Vichy avant tout sur le plan des rafles antijuives, ces arrestations de masse qui en sont peu à peu venues à symboliser la Shoah en France. Et, de ce point de vue, on est parfois encore surpris aujourd’hui d’apprendre que les juifs ne formèrent pas un groupe homogène aux yeux des persécuteurs. En effet, si les Allemands voulaient arrêter tous les juifs présents sur le sol français sans distinction de nationalité, les autorités françaises à la manœuvre firent une différence et n’acceptèrent jamais de rafler les nationaux à Paris (hormis les 4 100 enfants du Vél’d’Hiv, nés en France de parents étrangers). Quelque 30 000 juifs vivaient encore dans la capitale en juin 1944.

Il vous reste 76.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

En direct, guerre à Gaza : les passagers du navire « Madleen » transférés à l’aéroport de Tel-Aviv pour être rapatriés, annonce Israël

La défense civile de Gaza annonce de nouveaux morts près d’un centre d’aide

Selon la défense civile de la bande de Gaza, dix personnes ont été tuées et plus de 30 blessées, lundi, par des tirs israéliens en tentant d’accéder à des centres de distribution d’aide.

Ces événements sont les derniers en date d’une série de tirs ayant coûté la vie, selon la défense civile et la Croix-Rouge internationale, à plusieurs dizaines de Palestiniens à proximité de centres de distribution d’aide gérés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF) depuis que celle-ci a commencé fin mai à distribuer des colis repas dans le territoire palestinien.

Mahmoud Bassal, porte-parole de la défense civile, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que l’armée israélienne avait tiré « à plusieurs reprises » sur des personnes attendant de pouvoir atteindre ce centre. Ces tirs ont fait six morts vers 6 h 30 (5 h 30 à Paris) et quatre autres vers 14 h 30 (13 h 30 à Paris), a-t-il dit.

Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne a déclaré que dans la nuit de dimanche à lundi, « plusieurs individus » avaient tenté de s’approcher de ses troupes dans la région de Rafah, « représentant une menace pour les soldats ». Ceux-ci « ont tiré des coups de semonce pour éloigner » ces individus, a ajouté l’armée, disant examiner des informations selon lesquelles il y aurait eu « plusieurs individus blessés ».

M. Bassal a également fait état d’un événement similaire près d’un centre GHF plus au nord, à proximité de la zone dite du « couloir de Netzarim » au sud de Gaza-ville, et où selon lui 31 personnes ont été blessées par des tirs israéliens vers 6 heures (5 heures à Paris).

Interrogée, l’armée israélienne a déclaré à l’AFP que « des milliers de civils palestiniens (…) avaient tenté de pénétrer dans le centre de distribution d’aide » dans la nuit de dimanche à lundi « dans le secteur du couloir de Netzarim ». Face à des « suspects » qui « continuaient à avancer d’une manière qui mettait en danger les soldats, ces derniers ont réagi par des tirs de semonce », a ajouté l’armée, disant « ne pas être au courant d’informations sur des personnes blessées » du fait de ces tirs.

Compte tenu des restrictions imposées aux médias dans la bande de Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de confirmer de façon indépendante les bilans des morts annoncés par la défense civile.

Source

« Mr Wolff² », sur Prime Video : la mutation comique du comptable de la pègre

Jon Bernthal (Braxton Wolff) et Ben Affleck (Christian Wolff) dans « Mr Wolff² », de Gavin O’Connor. PRIME VIDEO

PRIME VIDEO – À LA DEMANDE – FILM

Des retrouvailles avec Christian Wolff, comptable de la pègre, autiste et combattant d’élite, on n’attendait pas grand-chose. Du personnage créé par Ben Affleck en 2015 il restait le souvenir imprécis d’une machine à tuer morose, dotée par ses créateurs (Affleck, le producteur ; Bill Dubuque, le scénariste ; Gavin O’Connor, le réalisateur) d’une caractéristique – ici la neurodivergence – qui permet de la distinguer de l’innombrable cohorte de ses collègues.

Lire la critique (en 2016) : Article réservé à nos abonnés Dans « Mr Wolff », une comptabilité à double détente

Pour ranimer Mr Wolff, ses géniteurs lui ont injecté une dose d’humour qui lui fait un bien fou. Après l’indispensable massacre de prégénérique (au long duquel notre héros brille par son absence), on retrouve le comptable perdu dans le Midwest, où il tente sa chance lors d’une soirée de speed dating, persuadé qu’il est d’avoir craqué l’algorithme des organisateurs. Un peu empâté, Ben Affleck exagère la gaucherie du personnage, sans crainte du ridicule.

Cette dimension quasi burlesque (pour la sophistication, mieux vaut voir ailleurs) court tout au long du film. Appelé à la rescousse par Marybeth Medina (Cynthia Addai-Robinson), une haute fonctionnaire américaine qui veut retrouver les auteurs de la tuerie évoquée plus haut, Christian Wolff fait à son tour appel à son frère Braxton (Jon Bernthal), tueur à gages que son âge mental (environ 8 ans) n’a pas empêché de devenir l’une des sommités de sa profession.

Il vous reste 52.65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Le projet de relance de la papeterie Chapelle-Darblay obtient le soutien de l’Etat, « étape-clé » dans un dossier industriel à rebondissements

L’usine de Chapelle-Darblay, à Grand-Couronne (Seine-maritime), le 22 septembre 2022. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

La route est encore longue jusqu’à la reprise de l’activité de la papeterie Chapelle-Darblay à Grand-Couronne (Seine-Maritime), mais ses soutiens veulent croire qu’une « étape-clé » vient enfin d’être franchie. Après des mois de lobbying de la CGT et des collectivités locales, et un ultimatum de l’industriel Fibre Excellence menaçant de jeter l’éponge d’ici au mardi 10 juin, l’Etat s’est finalement engagé par écrit à soutenir financièrement ce projet emblématique à plus d’un titre, lors d’une énième réunion à Bercy, vendredi 6 juin.

Une « magnifique victoire », preuve que « la lutte syndicale paie », a salué la CGT dans un communiqué, rappelant « le temps qu’il aura fallu pour éviter la destruction de ce fleuron industriel » : « 2 096 jours, soit 5 ans, 8 mois et 26 jours ».

Le projet est en effet porté depuis l’origine par les représentants CGT de l’usine, seuls rescapés de la fermeture du site annoncée fin 2019 par son propriétaire UPM (228 licenciements). L’usine nonagénaire qui produit alors du papier 100 % recyclé à partir de 480 000 tonnes de déchets de papier par an – l’équivalent de ce que rejettent 24 millions d’habitants – n’est pas jugée assez compétitive, et la demande de papier journal décline. Alors qu’un consortium d’acheteurs propose une reconversion dans l’hydrogène vert, la CGT bâtit un plan alternatif et en fait le projet phare de son alliance « Plus jamais ça » avec les organisations Attac et Greenpeace, pour une réindustrialisation respectueuse de l’environnement.

Il vous reste 73.07% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source