La défense civile annonce 22 morts dans des bombardements israéliens, dont 16 qui ont été tuées alors qu’elles attendaient des distributions d’aide alimentaire
« Il y a eu 22 martyrs à la suite de bombardements israéliens, lesquels se poursuivent depuis l’aube » dans la bande de Gaza, a déclaré à l’Agence France-Presse Mohammed Al-Moughayir, l’un des responsables de la défense civile de la bande de Gaza.
L’hôpital Al-Awda a reçu 10 morts et environ 200 blessés, dont des femmes et des enfants, « après que des drones israéliens eurent largué plusieurs bombes sur des rassemblements de civils près d’un point de distribution d’aide humanitaire » dans le centre de la bande de Gaza, selon la défense civile.
Dans le nord du territoire palestinien, l’hôpital Al-Chifa, dans la ville de Gaza, a reçu six morts après des attaques israéliennes sur des personnes ayant formé des files d’attente pour obtenir de l’aide alimentaire, selon la même source.
Sollicitée par l’Agence France-Presse, l’armée israélienne a déclaré que ses soldats avaient « tiré des coups de semonce » sur des personnes qui s’étaient rassemblées près d’un site de distribution et constituaient selon eux « une menace pour les troupes », sans préciser d’endroit. Elle a affirmé que le secteur où les tirs avaient eu lieu avait été déclaré « zone de combat », et a accusé le Hamas, au pouvoir dans le territoire palestinien, « d’empêcher les distributions » d’aide.
M. Al-Moughayir a ajouté que six personnes avaient été tuées dans le nord et dans le sud de la bande de Gaza, au cours de différentes attaques de l’armée israélienne, dont un enfant et ses deux parents qui se trouvaient dans une tente de déplacés à Al-Mawassi, près de Khan Younès.
Jean-Luc Godard (à gauche) et François Truffaut (à droite), sur le plateau de « Farenheit 451 », en 1966. PROD DB/NORMAN HARGOOD – ANGLO ENTERPRISES – VINEYARD/DR
« Correspondance avec des cinéastes. 1954-1984 », de François Truffaut, édité par Bernard Bastide, Gallimard, 528 p., 25 €, numérique 18 €.
Le 10 novembre 1948, à seulement 16 ans, François Truffaut (1932-1984) écrit au poète et cinéaste Jean Cocteau (1889-1963) pour l’inviter à son ciné-club parisien, où il projette le film Le Sang d’un poète (1932). « Ici, pas de flatteries, pas de bla-bla-bla d’usage, pas non plus de ces formules clichées qui n’ont pour résultat que de dissimuler la véritable personnalité de celui qui les emploie. » Si la voix de Truffaut, au cinéma, emprunte souvent les détours de la fiction, couchée par écrit, elle ne cesse de vouloir se tenir au plus près de la vie.
Après un passionnant volume consacré à la correspondance de François Truffaut avec des écrivains (Gallimard, 2022) – où il apparaissait que son amour de la littérature avait précédé sa passion pour le cinéma –, Bernard Bastide, journaliste et historien du cinéma, rassemble les lettres échangées entre Truffaut et d’autres cinéastes entre 1954 et 1984.
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Météo-France a annoncé le passage de 17 départements du sud-ouest et du nord-ouest de la France en vigilance orange à partir de vendredi 13 juin après-midi en raison d’une « dégradation orageuse », avec un fort risque de phénomènes localement violents.
Huit départements du Sud-Ouest (la Dordogne, la Haute-Garonne, le Gers, la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées) et neuf du Nord-Ouest (toute la région Normandie et Mayenne, le Pas-de-Calais, la Sarthe, la Somme) seront concernés progressivement à partir de 16 heures, selon un bulletin de Météo-France publié vendredi matin.
Sur le Nord-Ouest, les prévisionnistes anticipent dans l’après-midi et en soirée « de fortes rafales de vent, de l’ordre de 100 kilomètres à l’heure, localement 110 à 120 kilomètres à l’heure, de fortes précipitations (jusqu’à 30-50 millimètres en deux à trois heures) et de chutes de grêle moyenne à grosse ».
Dans le Sud-Ouest, « de fortes chutes de grêle (diamètre souvent supérieur à 2 centimètres), ainsi que de fortes rafales, de l’ordre de 100 kilomètres à l’heure localement », sont attendues par endroits sur l’ouest de l’Occitanie et le sud de la Nouvelle-Aquitaine.
« Sur la Nouvelle-Aquitaine, par ailleurs, les cumuls de pluie pourront devenir importants, de l’ordre de 30 à 50 millimètres en une à trois heures », ajoute Météo-France, précisant que « l’activité électrique sera intense ».
« Sur les départements limitrophes de ceux placés en vigilance orange, compte tenu des incertitudes inhérentes à la situation, des phénomènes localement violents sont également possibles », prévient l’agence météorologique.
Des forces de l’ordre tirent des gaz lacrymogènes et des grenades à percussion sur une bretelle d’autoroute, lors d’une manifestation contre la politique migratoire de l’administration Trump, à Los Angeles, en Californie, le 8 juin 2025. OMAR YOUNIS / REUTERS
Des affrontements ont opposé, dimanche 8 juin, à Los Angeles les forces de sécurité aux manifestants contre la politique migratoire de Donald Trump.
Plusieurs dizaines de protestataires bloquaient, dimanche après-midi, une autoroute de la mégapole californienne dans un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, qui ont procédé à quelques arrestations et fait usage de gaz lacrymogènes, y compris contre des journalistes. Au moins trois voitures ont été incendiées et deux autres vandalisées.
La garde nationale avait commencé, dimanche, à se déployer dans la deuxième plus grande ville américaine, après deux jours de manifestations contre les opérations menées par la police de l’immigration (ICE). Le président américain avait ordonné l’envoi de troupes fédérales, samedi, sans avoir été sollicité sur ce point par le gouverneur démocrate de l’Etat, Gavin Newsom – une initiative extrêmement rare.
Sur la chaîne de télévision MSNBC, le gouverneur a annoncé qu’il intenterait une action en justice contre l’administration de M. Trump lundi après un « acte illégal, un acte immoral, un acte inconstitutionnel », a-t-il déclaré. « Nous sommes confiants dans nos chances de succès », a-t-il ajouté dans un autre entretien, accordé à Fox 11.
Des manifestants face aux forces de l’ordre dans les rues à Los Angeles, en Californie, le 8 juin 2025. RINGO CHIU / AFP
« Si nous n’avions pas fait ça, Los Angeles aurait été rayée de la carte », a affirmé, lundi, le président américain sur son réseau Truth Social, en attaquant, à nouveau, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, et la maire de Los Angeles, Karen Bass, jugés « très incompétents ».
Dimanche en fin d’après-midi, l’essentiel de la manifestation était terminé, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse, mais des affrontements étaient encore en cours entre quelques dizaines de protestataires et les forces de sécurité. A l’exception de heurts au niveau d’un centre de détention entre protestataires et agents fédéraux du ministère de la sécurité intérieure, les affrontements ont tous impliqué les forces de l’ordre locales.
La police de Los Angeles a annoncé, dans la nuit, que le centre-ville avait été déclaré zone de rassemblement interdit. Une zone du quartier d’affaires, Civic Center, a aussi été déclarée zone interdite de rassemblement.
Une décision « délibérément incendiaire »
« Vous avez des gens violents et nous n’allons pas les laisser s’en sortir », a déclaré le président américain à des journalistes, dimanche. « Nous aurons un retour à l’ordre », a-t-il promis, disant, en outre, envisager l’envoi de troupes ailleurs. « Nous n’allons pas laisser ce genre de choses arriver à notre pays. » « Ç’a l’air d’aller vraiment mal à L. A. ENVOYEZ LA TROUPE !!! », a posté Donald Trump, lundi matin, sur son réseau, Truth Social, lançant aussi : « ARRETEZ LES GENS MASQUÉS, MAINTENANT. »
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Dénonçant la prétendue « anarchie » en cours à Los Angeles, M. Trump avait ordonné, samedi, le déploiement de 2 000 membres de cette force armée de réserve, principalement mobilisée lors de catastrophes naturelles. Une décision qualifiée de « délibérément incendiaire » par M. Newsom, qui a prévenu qu’elle ne ferait « qu’aggraver les tensions ».
Le gouverneur démocrate a annoncé, dimanche sur X, avoir « officiellement demandé à l’administration Trump d’annuler son déploiement illégal de troupes dans le comté de Los Angeles et de les remettre sous [son] commandement ». « Nous n’avions aucun problème avant l’intervention de Trump. Il s’agit d’une grave atteinte à la souveraineté de l’Etat […]. Annulez cet ordre. Restituez le contrôle à la Californie », a-t-il ajouté. Environ 300 gardes nationaux ont été positionnés dans la ville, a annoncé, dimanche matin, le commandement militaire.
« Des hommes et des femmes honnêtes »
Ce déploiement survient après deux journées de manifestations marquées par des heurts et des violences dans la mégapole californienne, où réside une importante communauté hispanique, alors que des habitants tentaient de s’interposer face aux arrestations musclées de travailleurs immigrés menées par la police fédérale de l’immigration. Un important leader syndical, qui protestait contre les agissements de l’ICE, a été arrêté vendredi, et blessé lors de son interpellation, suscitant l’indignation.
De son côté, la police de San Francisco a annoncé avoir interpellé, dimanche en fin de journée, une soixantaine de personnes lors de heurts avec des manifestants opposés à la politique américaine de lutte contre l’immigration.
Quarante-deux ressortissants mexicains ont été arrêtés au cours des opérations, a annoncé, lundi, le ministre des affaires étrangères mexicain, Juan Ramon de la Fuente, ajoutant que quatre d’entre eux ont été expulsés. La veille, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, avait appelé les Etats-Unis à les traiter avec dignité. Ce sont « des hommes et des femmes honnêtes qui sont allés chercher une vie meilleure (…) Ce ne sont pas des criminels ».
Le lendemain, la présidente mexicaine a appelé au « respect de la dignité humaine et de la loi ». tout en « condamn[ant] la violence, quelle que soit son origine ». « Le gouvernement mexicain continuera d’utiliser tous les moyens diplomatiques et légaux à sa disposition » face à « des pratiques qui criminalisent la migration et mettent en danger la sécurité et le bien-être des communautés [mexicaines] aux Etats-Unis », a dit Mme Sheinbaum.
La police du comté de Los Angeles fait face aux manifestants qui s’opposent aux actions de la police de l’immigration, à Compton (Californie), le 7 juin 2025. BARBARA DAVIDSON / REUTERS
Evoquant une « invasion » des Etats-Unis par des « criminels venus de l’étranger », M. Trump a érigé la lutte contre l’immigration clandestine en priorité absolue et communique abondamment sur les arrestations et les expulsions d’immigrés. Menées jusque dans des tribunaux du pays, ces dernières ont plongé dans la terreur des millions d’immigrés sans statut légal.
Les gouverneurs démocrates dénoncent un « abus de pouvoir »
A Los Angeles, d’importantes opérations, vendredi et samedi, des agents de l’ICE, parfois en civil, ont donné lieu à des heurts entre manifestants et forces de l’ordre. A Paramount, dans le sud de l’agglomération, les affrontements ont été violents, samedi. Selon le directeur adjoint de la police fédérale, Dan Bongino, plusieurs personnes ont été arrêtées, ainsi qu’à New York, lors de manifestations similaires.
Interrogée, dimanche matin, par une télévision locale, la maire de Los Angeles, Karen Bass, a fait état d’« actes de vandalisme » dans la nuit, mais a assuré que la situation était sous contrôle. Tout en condamnant les violences, elle a regretté la décision de Donald Trump d’envoyer la garde nationale. « Pour moi, ce n’est que de la politique », a-t-elle fustigé.
Les gouverneurs démocrates américains ont dénoncé, dimanche, le déploiement des soldats de la garde nationale à Los Angeles. « La décision du président Trump est un abus de pouvoir alarmant », ont-ils déclaré, dans un communiqué commun. « Il est important que nous respections l’autorité exécutive des gouverneurs de notre pays pour gérer leurs gardes nationaux », ont-ils ajouté, insistant sur leur soutien à Gavin Newsom.
« Ville sanctuaire » pour les immigrés
Le gouvernement fédéral est engagé dans un bras de fer avec la Californie, bastion de l’opposition progressiste et « Etat sanctuaire » protégeant les migrants. Ce mouvement consiste, notamment, à limiter les informations que les autorités locales partagent avec les autorités fédérales. Dans certains cas, les polices locales ont pour interdiction d’interpeller un immigré en situation irrégulière sur la seule base de son statut migratoire.
Los Angeles a adopté ce statut en novembre 2024, dans la foulée de l’élection de Donald Trump, s’engageant à ne pas utiliser les ressources de la municipalité contre les personnes immigrées. Une politique dénoncée par l’administration Trump, qui souhaite priver de subventions fédérales les villes sanctuaires – décision invalidée en justice. M. Trump « espère du chaos pour pouvoir justifier plus de répression, plus de peur, plus de contrôle », a accusé, dimanche sur X, M. Newsom, appelant au calme.
Portraits de combattants ukrainiens décolorés par le temps au mémorial pour les soldats morts en service sur le place de l’Indépendance dans le centre de Kiev, le 24 février 2025. RAFAEL YAGHOBZADEH POUR «LE MONDE»
Des corps sauvagement éparpillés dans les rues de Boutcha aux victimes civiles des bombardements de l’armée russe, des bâtiments touchés par des missiles aux conséquences environnementales du conflit, rares sont les aspects de la guerre qui échappent à la volonté de la société ukrainienne de tout recenser, documenter, archiver. Les initiatives se comptent par centaines. Et elles ne se limitent pas à l’actuel conflit armé avec la Russie : d’innombrables projets revisitent l’histoire de l’Ukraine, la culture et les arts autant que la cuisine, la faune ou la flore.
Les Ukrainiens ne sont certes pas les premiers à s’être pris de passion pour la documentation de leur propre guerre en temps réel. Depuis une quinzaine d’années, par conscience historique, soif d’information ou espoir de justice, et grâce au développement des moyens de communication et des technologies, les protestataires des pays arabes, les révoltés iraniens, les assiégés syriens et jusqu’aux Gazaouis actuellement coupés du monde, des activistes ont ouvert la voie à la documentation d’un conflit au jour le jour. Mais l’Ukraine franchit sans doute un palier, jamais vu auparavant, par son ampleur.
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A l’été 2019, des milliers de personnes ont campé pendant des semaines au pied du célèbre volcan hawaïen Mauna Kea pour empêcher qu’y soit construit un nouveau télescope géant, le Thirty Meter Telescope (TMT). Fin mai, l’administration Trump a annoncé qu’elle renonçait définitivement à financer le projet contesté.
Depuis quinze ans que durait leur mouvement, les opposants au TMT pointaient du doigt, avec raison, le peu de respect que les astronomes avaient manifesté par le passé pour les richesses naturelles et l’importance culturelle de cette montagne pour les Hawaïens autochtones. Ils soulignaient aussi que les scientifiques bénéficient de la situation coloniale d’Hawaï, qui leur garantit un usage gratuit de terres pourtant parmi les plus précieuses de l’ancien royaume annexé par les Etats-Unis en 1898.
Trump et ses alliés se sont-ils convertis subitement à l’écologie et à la justice décoloniale ? Il n’en est rien, évidemment. L’annulation du financement public au TMT s’inscrit dans le cadre plus large de l’attaque sans précédent du nouveau régime contre toutes les sciences, avec une agressivité particulière réservée à l’astrophysique. Le trumpisme n’accepte pas que la vérité puisse être énoncée ailleurs que sur le réseau social Truth Social.
Des sites revendus à la découpe
Avec la présentation fin mai des budgets 2026 pour la National Science Foundation (NSF) et la NASA, le ciel s’est assombri pour l’astronomie états-unienne. Au-delà du TMT, les télescopes Gemini vont devoir fonctionner à 50 % ; les sites historiques encore bien actifs de Kitt Peak (Arizona) et Cerro Tololo (Chili) vont être revendus à la découpe (à qui ?) ; l’un des deux détecteurs d’ondes gravitationnelles LIGO va être mis en sommeil peu après sa construction, malgré la promesse de l’astronomie dite « multimessager », couronnée par le prix Nobel de physique en 2017. Quant aux missions de recherche de la NASA, c’est l’hécatombe, qu’elles concernent Mars, Vénus ou Jupiter, y compris pour de nombreuses sondes déjà lancées.
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Des joueurs de dominos, installés par groupes de trois ou quatre autour de tables en béton construites à cet effet, profitent de la douceur d’un début de soirée de la mi-mai, sur la place Antonio Barcelo, à San Juan, la capitale de Porto Rico. Un air de bachata, provenant de la terrasse d’un bar jouxtant la place, rend presque inaudibles leurs conversations.
Malgré la quiétude apparente, les habitués ne s’y trompent pas : depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, la peur rôde autour de cette petite esplanade triangulaire, agrémentée d’arbres et de sculptures, située au cœur du Barrio Obrero (« quartier ouvrier ») de la capitale portoricaine. Ce secteur populaire du district de Santurce est emblématique de la longue tradition d’immigration en provenance des pays voisins des Caraïbes et d’Amérique latine sur cette île hispanophone. Peuplée de 3,2 millions d’habitants, cette dernière se trouve sous souveraineté américaine, avec le statut ambigu d’« Etat libre associé ». Et ici plus qu’ailleurs, sur ce territoire grand comme la Corse, le durcissement de la politique migratoire de Washington s’est brutalement fait ressentir.
« La vie a changé ici. Il n’y a plus d’ambiance », grimace Filès, un demandeur d’asile haïtien de 40 ans, attablé avec son ami Eriel, 37 ans. Originaires de Jacmel, ville du sud d’Haïti, les deux hommes n’ont pas souhaité révéler leur identité complète. Arrivés à Porto Rico début 2024, au terme d’une périlleuse traversée d’une journée en yole depuis les rivages de la République dominicaine, où ils ont laissé leur compagne et leurs enfants, ils travaillent désormais sur les chantiers de San Juan, à l’instar d’un grand nombre d’immigrés. Eriel acquiesce en désignant les tables vides autour de lui. « Avant, il y avait beaucoup plus d’animation, des stands de nourriture, de la musique », se remémore le trentenaire.
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Les trois spéléologues bloqués depuis dimanche dans une grotte de Saint-Pierre-de-Chartreuse ont pu en être extraits, a annoncé, lundi 9 juin, la préfecture de l’Isère.
Deux d’entre eux l’ont été dimanche soir, et le troisième, blessé à un bras, vers 7 heures lundi. Conscient, il a été transporté par hélicoptère à l’hôpital.
Une vaste opération de secours avait été lancée dimanche pour venir en aide à ces trois spéléologues bloqués par des blocs de pierre dans la grotte de Guiers-Mort.
Le plan Orsec (Organisation de la réponse de sécurité civile) avait été activé vers 14 h 30. Vers 19 h 30, deux médecins et une infirmière étaient parvenus à rejoindre le blessé et avaient procédé aux premiers soins. Tous trois se trouvaient à une heure trente de l’entrée de la grotte, et c’est une quatrième personne postée à l’entrée qui avait alerté les secours.
Près de 80 personnes ont été impliquées dans cette opération, dont 50 sapeurs-pompiers du service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de l’Isère, 10 spécialistes du secours en milieux périlleux et en montagne, sept membres de la CRS Alpes, cinq de la gendarmerie, 15 de l’association Spéléo secours Isère et deux médecins, appuyés par un hélicoptère.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et Emmanuel Macron, à Nice, le 8 juin 2025. CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS
« Si la terre se réchauffe, l’océan, quant à lui, est en ébullition » : Emmanuel Macron a appelé à la « mobilisation », lundi 9 juin, en ouverture de la Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC) à Nice.
Plus de soixante chefs d’Etat et de gouvernement sont réunis, jusqu’au 13 juin, sur la Côte d’Azur, dont de nombreux dirigeants du Pacifique et d’Amérique latine, pour cette troisième conférence visant à mieux protéger un océan surchauffé, pollué et surpêché.
« La première réponse, c’est donc le multilatéralisme », a déclaré le président français. « Le climat, comme la biodiversité, ce n’est pas une question d’opinion, c’est une question de faits scientifiquement établis », a-t-il aussi insisté. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, est également allé dans ce sens, dénonçant « la menace de l’unilatéralisme » planant sur les océans : « Nous ne pouvons pas permettre qu’il arrive à la mer ce qui est arrivé au commerce international », a lancé le président Lula, en appelant à des « actes clairs » de la part de l’Autorité internationale des fonds marins, alors que Donald Trump prévoit d’autoriser unilatéralement l’exploitation industrielle des minerais au fond du Pacifique.
Emmanuel Macron a également martelé que le Groenland, où il doit se rendre en fin de semaine, mais qui est convoité par les Etats-Unis de Donald Trump, n’était « pas à vendre ». « Les abysses ne sont pas à vendre, et pas plus que le Groenland n’est à vendre, pas plus que l’Antarctique ou la haute mer ne sont à vendre », a lancé le président français.
Pas un « Far West »
Peu après, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré que les grands fonds marins ne devaient pas devenir un « Far West ». « J’espère que nous pourrons redresser la situation. Que nous pourrons remplacer le pillage par la protection », a ajouté le secrétaire général de l’ONU.
M. Macron a également assuré que le traité sur la haute mer serait ratifié par suffisamment de pays pour pouvoir entrer en vigueur. « A la cinquantaine de ratifications déjà déposées ici même ces dernières heures, quinze pays se sont formellement engagés à les rejoindre », a déclaré Emmanuel Macron. « Ce qui fait que l’accord politique est obtenu, qui nous permet de dire que ce traité sur la haute mer sera bien mis en œuvre. C’est donc gagné », a-t-il ajouté, sans préciser de calendrier. Le traité, signé en 2023, entrera en vigueur cent vingt jours après la soixantième ratification. La France souhaitait initialement obtenir ces soixante ratifications d’ici à la conférence de Nice.
Plusieurs pays pourraient également profiter du sommet de Nice pour annoncer la création de nouvelles aires marines protégées ou l’interdiction de certaines pratiques de pêche, comme le chalutage de fond, dans certaines d’entre elles. La France a annoncé dès samedi, par la voix d’Emmanuel Macron, une limitation du chalutage de fond dans ses aires marines protégées (AMP) pour préserver les fonds marins, sans toutefois parvenir à convaincre les ONG, qui ont critiqué le « manque d’ambition » de ces annonces. Mis en lumière dans le film Ocean, du Britannique David Attenborough, le chalutage de fond est critiqué pour son impact carbone et les dommages qu’il engendre sur les habitats marins sensibles (herbiers, coraux, etc.).
Annonces scientifiques
La communauté internationale s’est fixé un objectif de 30 % de protection en 2030 (objectif « 30 × 30 »). Seulement 8,36 % des océans sont protégés à ce jour, et, au rythme actuel, cet objectif ne sera pas atteint avant 2107, selon Greenpeace. Les annonces attendues à Nice devraient permettre de dépasser 10 % de protection au niveau mondial, selon le ministère de la transition écologique.
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La première journée de la conférence doit également être ponctuée d’annonces scientifiques, avec le lancement de l’International Platform for Ocean Sustainability (IPOS – « Plateforme internationale pour la durabilité des océans »), une plateforme conçue pour conseiller les Etats sur leurs engagements liés au développement durable de l’océan.
La société Mercator, qui surveille l’état de l’océan depuis plus de vingt ans, doit, elle, être transformée en organisation internationale, à l’occasion de la signature d’un traité. Mercator œuvre notamment à concevoir un « jumeau numérique » de l’océan, qui pourrait aider en particulier pour la compréhension des cyclones.
Enfin une coalition spatiale pour l’océan (Space4Ocean) devrait voir le jour afin de renforcer des efforts de préservation et de conservation des océans.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent (à gauche), et le secrétaire au commerce américain, Howard Lutnick, à Washington, le 30 mai 2025. NATHAN HOWARD / REUTERS
Un mois après leur rencontre à Genève, les Etats-Unis et la Chine entament, lundi 9 juin, à Londres une nouvelle série de négociations dans le plus grand secret, avec l’espoir de prolonger leur fragile trêve commerciale, malgré des tensions persistantes.
Les Etats-Unis et la Chine se sont refusés, lundi matin, à révéler le lieu de ce second round de négociations, ainsi qu’à toute indication sur leur déroulement. Vers 14 h 20 (heure de Paris), l’agence de presse Xinhua (« Chine nouvelle ») a rapporté que « le vice-premier ministre He Lifeng (…) a commencé à tenir la première réunion sur le mécanisme de consultation commerciale avec la partie américaine à Londres ».
La délégation américaine est composée du secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de celui au commerce, Howard Lutnick, et du représentant de la Maison Blanche pour le commerce, Jamieson Greer, a affirmé Donald Trump vendredi. Quant à la délégation chinoise, elle sera comme en Suisse menée par le vice-premier ministre chinois, He Lifeng, selon Pékin. « Cette réunion devrait bien se passer », a assuré sur son réseau social, Truth Social, le président américain.
Accès de tension
Cette rencontre survient après un échange téléphonique jeudi entre les présidents américain et chinois, conversation qualifiée de « très positive » par Donald Trump, tandis que Xi Jinping a demandé à son homologue américain de « redresser la trajectoire du grand navire des relations sino-américaines », selon la presse chinoise.
Elles font également suite à un brusque accès de tension la semaine passée, Donald Trump ayant accusé Pékin de ne pas respecter les termes de l’accord de désescalade signé à Genève. « Nous souhaitons que la Chine applique sa part de l’accord. Et c’est sur quoi notre équipe compte discuter » à Londres, a insisté, dimanche la porte-parole, de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, sur Fox News.
Les expéditions de terres rares de Pékin, source de discorde entre les deux pays, devraient constituer un enjeu-clé des négociations. Ces matières premières sont cruciales pour toute une gamme de produits, dont les batteries de véhicules électriques.
Selon Kathleen Brooks, directrice de recherche pour XTB, « les Etats-Unis souhaitent que soit rétabli » le rythme des expéditions de ces métaux stratégiques, qui a ralenti depuis le lancement par Donald Trump de la guerre commerciale. Quant à la Chine, elle aimerait « que les Etats-Unis reconsidèrent les restrictions à l’immigration des étudiants, les limitations d’accès aux technologies avancées, notamment aux microprocesseurs, et facilitent l’accès des fournisseurs technologiques chinois aux consommateurs américains », ajoute-t-elle. « L’issue de ces discussions sera cruciale. »
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Les exportations chinoises vers les Etats-Unis ont ainsi baissé de 12,7 % en mai par rapport à avril, selon des statistiques officielles publiées lundi, à 28,8 milliards de dollars (25,2 milliards d’euros), contre 33 milliards (29 milliards d’euros).
Tout en travaillant à la normalisation de ses relations avec Washington, le gouvernement chinois s’est lancé dans une série de discussions avec ses autres partenaires commerciaux pour constituer un front commun face aux Etats-Unis, en commençant par les autres pays asiatiques, Japon et Corée du Sud en tête.
Il s’est aussi tourné jeudi dernier vers le Canada, avec qui les liens bilatéraux sont tendus depuis de nombreuses années, avec un appel entre le premier ministre chinois, Le Qiang, et son homologue canadien, Mark Carney. Pékin a également proposé à l’Union européenne un « canal vert » afin de faciliter les exportations de terres rares vers le bloc, alors que se profile en juillet un sommet entre l’Union européenne et la Chine.