Affaire du petit Grégory : la grand-tante de l’enfant réaffirme son innocence, la justice envisage une nouvelle mise en examen quarante ans après le drame

Jacqueline Jacob, à Epinal (Vosges), le 28 janvier 2021. JÉRÔME HUMBRECHT / PHOTOPQR/« L’EST REPUBLICAIN »/MAXPPP

La grand-tante de Grégory Villemin, qui doit être convoquée devant la justice en vue d’une possible mise en examen quarante ans après le meurtre du garçonnet, a réaffirmé jeudi 19 juin « sa totale innocence », selon un communiqué de ses avocats.

Jacqueline Jacob, 80 ans, sera interrogée dans les prochains mois en vue d’une possible mise en examen pour association de malfaiteurs criminelle, avait annoncé mercredi le procureur général près la cour d’appel de Dijon, Philippe Astruc.

Mme Jacob, qui avait déjà été mise en examen en 2017 avant que les poursuites ne soient abandonnées pour un problème de procédure, « réaffirme sa totale innocence et souhaite que sa présomption d’innocence ainsi que sa vie privée soient respectées », écrivent ses trois avocats dans un communiqué.

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Ils rappellent que le parquet général considère « qu’aucun élément n’est de nature à constituer des indices graves ou concordants dans l’implication » de la grand-tante et soulignent « partager » cette position.

Stéphane Giuranna, Frédéric Berna et Alexandre Bouthier « s’étonnent de la qualification de mise en examen envisagée ». L’association de malfaiteurs criminelle ne figurait pas dans le code pénal au moment du meurtre de Grégory Villemin, âgé de 4 ans, retrouvé noyé et ligoté le 16 octobre 1984 dans une rivière des Vosges : ce chef d’accusation avait été aboli en 1983 avant d’être réintroduit en 1986. « Il ne peut y avoir ni infraction ni peine sans qu’un texte ne les prévoie », soulignent les trois avocats.

Un dossier marqué par de nombreux rebondissements

La mort du petit Grégory a suscité beaucoup d’émotions et l’enquête, chaotique, n’a jamais permis d’éclaircir ses circonstances. Le jour du meurtre, une lettre anonyme est adressée au père par un corbeau qui harcèle depuis plusieurs années la famille. Bernard Laroche, un cousin du père, est rapidement mis en cause sur la base d’accusations de sa belle-sœur, une adolescente de 15 ans, qui reviendra ensuite sur ses propos. Inculpé d’assassinat et écroué, il est remis en liberté mais Jean-Marie Villemin, convaincu de sa culpabilité, le tue en mars 1985.

La mère de Grégory, Christine Villemin, sera à son tour poursuivie, avant de bénéficier d’un non-lieu. En 2017, Jacqueline Jacob, qu’une expertise en graphologie a désignée comme l’autrice d’une lettre anonyme menaçante adressée en 1983 aux parents du petit Grégory, est interpellée avec son époux, Marcel.

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Le couple est mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort. Les poursuites sont finalement annulées pour vice de forme.

Depuis, de nouvelles expertises ont eu lieu et la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon, qui supervise le dossier, a listé en début d’année tous les « éléments qui concernent Jacqueline Jacob », a fait savoir mercredi le procureur général, sans donner de détails.

Le Monde avec AFP

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Au Groenland, Emmanuel Macron exprime la solidarité européenne et critique la volonté d’annexion de Donald Trump

Emmanuel Macron, à Nuuk (Groenland), le 15 juin 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

Emmanuel Macron a exprimé, dimanche 15 juin, à son arrivée pour une visite du territoire autonome danois, son désaccord avec la volonté de Donald Trump d’annexer le Groenland. M. Macron a également fait part de la « solidarité européenne » envers ce territoire, lors de sa visite de l’île arctique.

M. Macron est le premier chef d’Etat étranger à mettre le pied sur ce territoire, grand comme quatre fois la France et couvert à 80 % de glace, depuis les menaces d’annexion de M. Trump. Le président français est arrivé vers 11 h 20 (14 h 20, heure de Paris) à Nuuk, où des dizaines de Groenlandais l’attendaient à sa descente d’avion en agitant un drapeau du Groenland.

« Je viens (…) dire la solidarité de la France et de l’Union européenne pour la souveraineté et l’intégrité territoriale de ce territoire et pour relever les défis qui sont les siens qui sont ceux de la croissance économique, de l’urgence climatique, de l’éducation », a dit M. Macron, en présence de la première ministre danoise, Mette Frederiksen, et du chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.

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Il a exprimé devant les journalistes son désaccord avec la volonté de M. Trump de s’emparer du territoire autonome, estimant : « Ce n’est pas ce qui se fait entre alliés. » Le président des Etats-Unis, invoquant des raisons de « sécurité internationale », ambitionne de faire main basse sur cette île, la plus grande du monde, riche en métaux rares, par tous les moyens, y compris militaires s’il le faut.

« Accélérer la mise en œuvre » du partenariat sur les métaux

Personne en Europe ne pense que le Groenland est « à vendre ou à prendre », a déclaré Emmanuel Macron dimanche sous les applaudissements du public à Nuuk. La France est également prête à organiser « des exercices conjoints » avec les autres pays du sud de l’Arctique pour renforcer la sécurité de la région, a-t-il ajouté, insistant sur « l’intégrité territoriale » et « l’intangibilité » des frontières de la région.

Les Européens veulent « accélérer la mise en œuvre » du partenariat avec le Groenland sur les métaux stratégiques, a annoncé dimanche M. Macron, lors d’un déplacement dans le territoire autonome danois.

Le « partenariat stratégique signé en 2023 entre l’Union européenne et le Groenland (…) doit permettre de développer des chaînes de valeur durables dans le secteur des matières premières stratégiques », a-t-il ajouté. Vingt-cinq minéraux sont considérés par l’Union européenne comme des matières premières critiques, notamment les terres rares et le graphite se trouvant au Groenland.

Un enjeu de sécurité

M. Macron a commencé par visiter une frégate danoise, où il a passé en revue les troupes danoises avant un entretien avec les dirigeants danois et groenlandais. La première ministre danoise s’est félicitée de ce « témoignage concret de l’unité européenne ». La visite d’une centrale hydroélectrique financée par l’Union européenne a dû être annulée en raison du mauvais temps.

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L’accueil dont a bénéficié le président de la République française tranche avec celui réservé au vice-président américain, J. D. Vance, le 28 mars. Ce dernier avait été contraint de se cantonner à la base militaire américaine de Pituffik, sur la côte nord-ouest du Groenland, face au tollé suscité par sa venue.

La population – 57 000 habitants –, majoritairement inuite, rejette toute perspective de devenir américaine. Le Danemark répète que le Groenland « n’est pas à vendre ». J. D. Vance avait accusé, lors de sa visite, le Danemark de n’avoir « pas fait du bon travail pour le peuple du Groenland », notamment en matière économique, et « pas bien assuré sa sécurité ».

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La base de Pituffik, qui se situe sur la trajectoire la plus courte des missiles entre la Russie et les Etats-Unis, constitue un maillon crucial de la défense antimissile américaine. L’Arctique devient aussi un enjeu de sécurité dans la course aux terres rares et aux nouvelles routes maritimes rendues possibles par le réchauffement climatique.

Face aux visées de tous bords, le Danemark a annoncé qu’il allait consacrer 2 milliards d’euros au renforcement de la sécurité dans l’Arctique. L’OTAN va, de son côté, installer un centre de commandement et de contrôle des opérations aériennes (CAOC) en Norvège, au-dessus du cercle polaire, alors que la Russie cherche à conforter sa puissance militaire dans la région.

Très exposé au réchauffement climatique

Quelques jours avant la visite présidentielle, deux bâtiments de la marine française ont longé le Groenland en direction du Grand Nord afin de se familiariser avec les opérations en zone arctique. Si les conditions météo le permettent, M. Macron doit se rendre compte par lui-même de l’impact grandissant du réchauffement climatique sur un glacier du mont Nunatarsuaq, à une trentaine de kilomètres de Nuuk.

La glace a fondu 17 fois plus vite que la moyenne historique entre le 15 et le 21 mai au Groenland, résultat d’une vague de chaleur record. La France entend « réinvestir massivement dans les connaissances de ces écosystèmes », dans la tradition de l’explorateur Paul-Emile Victor, qui effectua de multiples expéditions sur l’île, souligne l’Elysée.

Les autorités groenlandaises ont récemment classé son refuge, le « camp de base des Expéditions polaires françaises » construit en 1950 dans la baie de Quervain (Nord), comme bâtiment historique.

Contrairement au Danemark, le Groenland ne fait pas partie de l’Union européenne, mais il est inscrit sur la liste des territoires d’outre-mer associés à l’UE. « Ce sera l’occasion d’évoquer la meilleure architecture possible, la meilleure place possible ou le meilleur schéma de coopération possible entre l’Union européenne et le Groenland », relève l’Elysée.

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Le Monde avec AFP

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La désindustrialisation en Allemagne, un bouleversement historique pour les syndicats

Nous l’appellerons Frank Müller. Ce technicien d’une trentaine d’années travaille dans le saint des saints de l’industrie automobile allemande : l’usine historique de Porsche de Zuffenhausen, à Stuttgart (Bade-Wurtemberg), le lieu d’où proviennent les mythiques 911 au moteur vrombissant. Il a requis un strict anonymat : en principe, rien ne doit sortir du site qui ne soit validé par le service communication. Difficile, pourtant, de cacher le malaise qui se répand, depuis quelques mois, derrière les murs de Zuffenhausen.

« L’ambiance s’est beaucoup dégradée sur les lignes de montage depuis que la direction a annoncé la suppression de 1 900 emplois. Ils ne vont pas renouveler les contrats à durée déterminée. Cela a fait s’effondrer l’engagement des collègues. Beaucoup sont absents, raconte Frank Müller. C’était le rêve de ma vie de travailler ici. Maintenant, je me demande s’il y a encore des perspectives. Je ne me vois plus rester là très longtemps. »

On peine à y croire. Les techniciens de Porsche, comme ceux de son voisin Mercedes, ou du géant Volkswagen, forment l’aristocratie du « made in Germany ». Ils font partie des techniciens les mieux payés au monde, avec un prestige jusqu’ici sans égal. En Bade-Wurtemberg, le revenu annuel brut moyen dans l’industrie du métal et de l’électronique est de 76 000 euros. Chez Porsche, un technicien peut gagner jusqu’à 80 000 euros par an grâce aux bonus, souvent équivalents à un mois de salaire.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Porsche subit une chute des ventes en Chine et l’incertitude aux Etats-Unis

Ces rémunérations incarnent à elles seules l’idéal social allemand, un mythe central de l’identité du pays depuis la seconde guerre mondiale : celle d’emplois de production très bien payés et protégés, répartis sur le territoire, grâce à des produits vendus à forte marge dans le monde entier, fabriqués par des entreprises où un syndicat organise le partage de la valeur ajoutée, défend les emplois et les postes d’apprenti, dans une certaine idée de l’ascension sociale. Ce contre-pouvoir construit sur l’industrie, qui représente un élément majeur du modèle social allemand, peut-il survivre au choc économique en cours ?

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« Les Gardiens du droit », sur France Culture : une immersion instructive dans les arcanes de la justice

L’entrée de la Cour de cassation, à Paris, en 2017. THOMAS SAMSON/AFP

FRANCE CULTURE – À LA DEMANDE – SÉRIE DOCUMENTAIRE

Le sujet – les gardiens du droit – peut paraître aride. Il n’en est pas moins passionnant. D’autant qu’il est conçu pour que les auditeurs en aient littéralement non pas plein mais pour leurs oreilles.

Episode 1 : la Cour de cassation. Grâce aux micros savamment embarqués et perchés, grâce, aussi, à l’éclairage savant de Philippe Galanopoulos, conservateur des bibliothèques de la Cour de cassation, l’auditeur est embarqué pour une visite si immersive que l’on pourrait croire que ce sont nos pas qui font grincer les parquets ou nous qui empruntons l’escalier en colimaçon pour accéder à la conciergerie.

Alors que deux professeures et sociologues en droit (Pascale Deumier et Liora Israël) se relaient pour nous expliquer le rôle de cette institution (dernier recours d’une personne condamnée au pénal ou déboutée d’une demande en réparation), est donné en exemple le cas des époux Mennesson : après un combat judiciaire de près de dix-huit ans, la Cour de cassation a reconnu, en 2019, la filiation de ces derniers avec leurs deux filles, nées par gestation pour autrui à l’étranger, et ce malgré l’interdiction de cette pratique par la loi française.

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Climat : à Bonn, les pays relancent les négociations dans un « nouvel ordre mondial »

Affiche de la 30ᵉ conférence mondiale sur le climat (COP30) à Belem, au Brésil, le 23 mars 2025. JORGE SAENZ/AP

Les Brésiliens l’appellent le « ​​mutirão », soit une mobilisation collective en vue d’atteindre un objectif. Le but que vise la présidence de la 30e Conférence des parties sur le climat (COP30), qui se tiendra à Belem (Brésil) en novembre, est l’un des plus complexes du moment : accélérer la lutte contre le changement climatique et renforcer le multilatéralisme.

C’est avec ce mot d’ordre que s’ouvrent les négociations climatiques intermédiaires de Bonn (Allemagne) du 16 au 26 juin, qui préparent la COP30. Une gageure alors que ces pourparlers internationaux, les premiers organisés depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, se tiennent dans un monde plus que jamais fragmenté, bousculé par les multiples crises et guerres. « Un nouvel ordre mondial en matière de climat », résume Li Shuo, directeur pour la politique climatique chinoise à l’Asia Society Policy Institute.

Ces négociations techniques et procédurales ne déboucheront pas sur des décisions, étant donné que les ministres n’y prennent pas part. Mais elles seront importantes pour « prendre la température », « voir là où les pays sont prêts à avancer » en dépit de l’absence des Américains, et « clarifier les attentes de la présidence brésilienne », explique Lola Vallejo, directrice de l’équipe climat de la Fondation européenne pour le climat. Alors que la COP29, à Bakou, en Azerbaïdjan, s’est achevée fin 2024 dans la division, avec un accord au goût très amer pour les pays du Sud, « le principal enjeu de Bonn sera de restaurer la confiance entre les pays », ajoute Hélène Van Rossum, chercheuse à l’Institut du développement durable et des relations internationales.

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Ce qu’il ne fallait pas rater de l’actualité ce week-end

L’Iran a bombardé Israël en riposte à l’attaque massive déclenchée le 13 juin

Une résidente de Bat Yam, près de Tel-Aviv, en Israël, récupère des affaires dans son appartement après un bombardement de l’Iran sur son immeuble, le 15 juin 2025. BAZ RATNER / AP

Israël, qui soupçonne l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique, a mené samedi et dimanche de nouvelles frappes contre des sites militaires et nucléaires dans le pays. L’armée israélienne a infligé un « coup réel au programme » nucléaire de Téhéran, a affirmé le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui assure qu’elle va frapper « tous les sites du régime » iranien.

L’Iran a riposté et dix personnes ont été tuées et plus de 200 blessées en Israël depuis samedi soir, selon les services de secours israéliens. La France n’a pas, « à ce stade », mobilisé ses moyens militaires pour aider Israël, a dit le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dimanche. En Iran, les attaques israéliennes ont fait au moins 78 morts et de plus de 320 blessés depuis vendredi, selon les autorités.

Lire aussi | En direct, Israël-Iran : Israël a « détruit la principale installation » du site nucléaire de Natanz, en Iran, affirme Benyamin Netanyahou

Aux Etats-Unis, une élue locale démocrate tuée, un autre blessé

Des agents du FBI à proximité du domicile de l’élue démocrate Melissa Hortman, à Brooklyn Park, dans le Minnesota, le 14 juin 2025. ALEX KORMANN / AP

La police américaine recherchait toujours dimanche le suspect du meurtre de Melissa Hortman, une élue locale du Minnesota, et de son mari, tués chez eux samedi dans ce qui « semble être un assassinat politiquement motivé » selon Tim Walz, gouverneur de cet Etat du nord des Etats-Unis. Un autre élu local démocrate, John Hoffman, et sa femme, également visés, ont été gravement blessés.

La mort de Melissa Hortman et celle de son époux interviennent dans un contexte particulièrement tendu aux Etats-Unis, entre déploiement de soldats à Los Angeles pour réprimer les manifestations contre les arrestations d’immigrés clandestins, parade militaire voulue par Donald Trump à Washington et rassemblements contre lui à travers le pays.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Assassinat d’une élue démocrate dans le Minnesota : faux policier, faux pasteur, le profil hors norme du suspect

Au congrès du Parti socialiste, pas d’accord sur la relation avec LFI

Olivier Faure au congrès du Parti socialiste, à Nancy, le 14 juin 2025. CYRIL BITTON/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, et son concurrent, Nicolas Mayer-Rossignol, ne feront pas la synthèse tant attendue pour tenter de rassembler le parti, ont annoncé les opposants à M. Faure dimanche 15 juin, au dernier jour du congrès à Nancy. Au cours de ce congrès, la direction du premier secrétaire réélu et ses opposants, menés par le maire de Rouen, se sont écharpés sur la relation que le PS doit entretenir avec La France insoumise (LFI).

Les deux courants étaient proches d’un accord sur un texte de synthèse, mais le camp de M. Mayer-Rossignol, qui a échoué de peu à ravir la tête du parti, a voulu faire insérer dans la nuit de samedi à dimanche la phrase suivante : « Nous ne ferons pas d’accord national et programmatique aux législatives avec LFI. » Ce que le camp de M. Faure a refusé de faire.

Les orages font deux morts dans les Yvelines et à Paris

De violents orages se sont abattus sur une grande partie de la France entre vendredi et samedi, provoquant la mort de deux personnes. A Grandchamp (Yvelines), un homme de 68 ans, qui s’était réfugié dans un pavillon de chasse avec six personnes, est mort après qu’un arbre frappé par la foudre s’est effondré sur la bâtisse.

Une jeune femme, qui avait été grièvement blessée à Paris dans la nuit de vendredi à samedi, est également morte, a signalé dimanche le parquet de Paris à l’Agence France-Presse. Elle passait la soirée avec des amis dans le 5e arrondissement quand l’arbre sous lequel elle se trouvait a été frappé par la foudre, provoquant la chute d’une branche qui l’a touchée à la tête, selon la brigade des sapeurs-pompiers de Paris.

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Dimanche, six départements de l’est du pays ont été placés en vigilance orange pour les orages, selon un bulletin de Météo-France.

Nicolas Sarkozy se voit retirer la Légion d’honneur

Nicolas Sarkozy s’est vu retirer sa Légion d’honneur, comme le prévoit le code qui régit l’ordre de la plus haute distinction nationale, à la suite de sa condamnation, devenue définitive, à un an de prison ferme pour corruption dans l’affaire des écoutes, selon un arrêté publié dimanche 15 juin au Journal officiel. L’ancien président de la République (2007-2012) se voit également retirer l’ordre national du Mérite.

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Rachida Dati : « Pour l’audiovisuel public, le statu quo n’est pas une option »

La ministre de la culture, Rachida Dati, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 4 mars 2025. EDOUARD MONFRAIS-ALBERTINI/HANS LUCAS/AFP

Même ses partisans l’ont surnommée« la réforme maudite ». Après deux tentatives avortées en juin et décembre 2024 (pour cause de dissolution de l’Assemblée nationale, d’abord, en raison de la chute du gouvernement Barnier, ensuite), puis celle d’avril (le texte avait été retiré de l’ordre du jour faute de temps pour l’examiner), la ministre de la culture, Rachida Dati, s’apprête, à partir du 30 juin, à défendre dans l’Hémicycle le texte portant la réforme de l’audiovisuel public. Objectif : constituer, dès le 1er janvier 2026, une holding exécutive, appelée « France Médias », qui réunirait France Télévisions, Radio France et l’Institut national de l’audiovisuel (INA).

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Réforme de l’audiovisuel public : Rachida Dati devra encore attendre

Déterminée à venir à bout du rejet que cette proposition de loi suscite parmi les députés de gauche, mais aussi, parfois, du centre, la ministre de la culture a confié, en mars, une mission d’accompagnement à une alliée de poids. Laurence Bloch, ex-directrice de France Inter, est en effet convaincue que l’audiovisuel public périra de n’être pas réuni. Elle a donc mis toute son énergie, ces derniers mois, dans l’exécution d’un rapport qui doit être remis aux députés lundi 16 juin. C’est là, dans ces dix-sept pages (une trentaine avec les annexes) que ceux-ci trouveront les justifications à cette organisation en entreprise unique, dans laquelle France Télévisions et Radio France seront des filiales, au même titre que l’information de proximité (Ici) et l’information en continu (Franceinfo).

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Les brèves critiques du « Monde des livres » : Julien Barret, Yann Diener, Karin Serres…

Deux romans, un récit, une étude littéraire, un essai d’histoire, un de linguistique, un autre de psychanalyse (de l’IA !)… Voici les brèves critiques de sept ouvrages notables en cette vingt-quatrième semaine de l’année.

Linguistique. « Retour à la parole », de Julien Barret

On n’a jamais autant parlé, au téléphone, dans des vocaux, des vidéos, pour passer des examens, présenter ses travaux, débattre, s’amuser, se défier dans des jeux… Mais que sait-on au juste de la machine qu’on met alors en branle ? En s’appuyant sur la vogue des concours d’éloquence, dont il analyse le récent retour, le linguiste Julien Barret, lui-même formateur en art oratoire, livre un plaidoyer convaincant, très documenté, pour une réévaluation des enjeux techniques, esthétiques, moraux ou politiques de la prise de parole. Seul le savoir libère, démontre-t-il à mesure qu’il examine l’histoire de la rhétorique, de l’Antiquité à la fin du XIXe siècle, qui marque sa disparition dans l’enseignement à peu près partout en Europe. La richesse de cet outil dont nous nous servons trop souvent sans le connaître reste encore à découvrir. Fl. Go

« Retour à la parole. De la rhétorique antique aux concours d’éloquence », de Julien Barret, Actes Sud, « La compagnie des langues », 166 p., 19 €, numérique 14 €.

Histoire. « “Signalé comme suspect” », de Vincent Bollenot

L’histoire contemporaine de la France ne peut plus se diviser commodément entre deux espaces étanches, la métropole et son empire. Le livre issu de la thèse de l’historien Vincent Bollenot, qui porte sur le service de contrôle et d’assistance des indigènes en France, est une nouvelle et puissante démonstration des liens indémêlables entre le colonial et le national dans la première moitié du XXe siècle. Cette institution est en effet née durant la Grande Guerre, en raison de la présence accrue sur le sol français de soldats et travailleurs venus de l’empire. Mais elle ne disparaît pas en 1918, pas plus que ne disparaissent du territoire les « impérialisés », et se reconfigure au contraire comme instrument de surveillance paternaliste. Si les colonies sont aux marges géographiques de la IIIe République, elles n’en sont pas moins au cœur de l’Etat. A. Lo.

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Luca de Meo, le directeur général de Renault, quitte ses fonctions

Le directeur général de Renault, Luca de Meo, à Paris, le 11 juin 2025. GONZALO FUENTES / REUTERS

Le directeur général de Renault, Luca de Meo, va quitter son poste le 15 juillet, a annoncé le groupe dans un communiqué dimanche 15 juin. Le dirigeant italien, en poste depuis juillet 2020, « a fait part de sa décision de quitter ses fonctions afin de relever de nouveaux défis en dehors du secteur automobile », écrit le constructeur automobile.

« Le conseil d’administration a lancé le processus de désignation d’un nouveau directeur général sur la base du plan de succession déjà défini », écrit encore Renault Group.

D’après les informations du Figaro, le dirigeant de 58 ans va prendre la direction générale du groupe de luxe Kering, dont l’actionnaire majoritaire, François-Henri Pinault, a décidé de remanier la direction et ne conserver que la présidence. Interrogé par l’Agence France-Presse, le groupe de luxe n’a pas commenté cette information.

Lire aussi (2023) : Article réservé à nos abonnés Luca de Meo, le mécano du néo-Renault

« Pendant cinq ans, Luca de Meo a œuvré pour remettre Renault Group là où est sa place. Sous son leadership, notre entreprise a retrouvé une base saine, elle dispose aujourd’hui d’une magnifique gamme de produits et a renoué avec la croissance », a affirmé Jean-Dominique Senard, le président du conseil d’administration de Renault, cité dans le communiqué du groupe.

Luca de Meo a démarré sa carrière chez Renault. Il est ensuite passé à la direction de Fiat, où il a relancé avec succès la petite 500, avant de redynamiser Seat pour le groupe Volkswagen.

Excellent communicant, pro du marketing, cet Italien francophone est arrivé à la direction générale d’une entreprise traumatisée par plus d’un an de crise, dans le sillage de l’affaire Carlos Ghosn, entre ventes en chute et cadres dépités qui claquaient la porte.

Il a accéléré l’électrification de Renault et sa montée en gamme pour tenter de sortir le constructeur de l’ornière.

Le Monde avec AFP

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« Fière d’avoir la peau brune » : à Los Angeles, le sursaut de solidarité de la jeunesse latino

Des manifestants brandissent des drapeaux des Etats-Unis et du Mexique contre la politique du président Donald Trump, à Los Angeles, en Californie, le 14 juin 2025. MIKE BLAKE / REUTERS

Les jeunes latinos ont montré samedi 14 juin à Los Angeles qu’ils n’avaient pas peur de descendre dans la rue pour défendre leur communauté. Donald Trump est prévenu. « Tu t’attaques à la mauvaise génération », lançait une pancarte brandie par une étudiante d’ascendance mexicaine, dans le rassemblement organisé dans la deuxième ville du pays.

Dans tout le pays, la « No Kings day » (« la journée sans roi »), a dépassé les attentes. Le groupe 50501, l’un des organisateurs, a estimé le nombre des manifestants à 11 millions dans plus de 2000 localités. A Los Angeles, quelque 20 000 personnes se sont pressées dans Downtown, le centre-ville, entre la mairie et le Centre de détention fédéral où sont conduits les sans papiers arrêtés depuis le 6 juin. Une autre Amérique existe. Au premier rang, celle des jeunes issus de l’immigration.

Les jeunes sont venus en force. En groupe, avec banderoles et drapeaux, dans une atmosphère pleine d’énergie et de klaxons. L’un porte le jersey de l’équipe mexicaine de foot. Un autre sa planche de surf, barrée d’une inscription réclamant le départ de la police de l’immigration du paysage de Los Angeles, et celui de Trump, de Washington.

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