Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’alimentation est la principale voie d’exposition de la population aux polluants éternels. Pourtant, à la différence de l’eau potable, les données font encore largement défaut sur la présence des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans les denrées. Un rapport publié jeudi 19 juin par l’association Générations futures comble ce vide. Il révèle une contamination quasi généralisée de la chaîne alimentaire et une réglementation inadéquate, qui tolère des niveaux de concentration de PFAS dans les aliments bien trop élevés au regard des seuils de risques établis par l’EFSA.
D’autres travaux, conduits par l’association autrichienne Global 2000 et le réseau Pesticide Action Network Europe (PAN Europe) indiquent en outre que cette situation n’est que la partie visible du problème : le plus répandu des polluants éternels, l’acide trifluoroacétique (TFA), n’est pas suivi, en dépit de fortes suspicions de toxicité pour la reproduction, et d’une présence dans des aliments de consommation courante comme le pain, les pâtes et les céréales du petit déjeuner à des niveaux parfois spectaculaires.
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La journaliste Léa Salamé, lors de la cérémonie des Victoires de la musique, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 14 février 2025. BERTRAND GUAY/AFP
Un changement majeur va secouer la matinale de France Inter. Après onze ans de présence, Léa Salamé ne signera pas pour une nouvelle saison derrière le micro rouge. Ces derniers jours, les rumeurs autour du casting composant la matinale la plus écoutée – près de 4,9 millions d’auditeurs quotidiens, selon la dernière vague Médiamétrie – avaient à nouveau enflé. Les possibles évolutions des prochaines grilles de rentrée étaient au centre des discussions jeudi 12 juin, lors de la fête de fin d’année de Radio France, qui se déroulait au bord de la Seine, à quelques centaines de mètres de la Maison de la radio.
Le siège d’Interpol à Lyon (Rhône), le 30 septembre 2023. GONZALO FUENTES / REUTERS
C’était une opération hautement sensible pour Interpol, l’agence de coopération policière internationale installée à Lyon. Un ancien cadre moldave de l’organisation a été arrêté, dimanche 15 juin, par la police des Emirats arabes unis, dans le cadre d’un mandat d’arrêt émis par des juges d’instruction français, a appris Le Monde, de source judiciaire. « Cette arrestation s’inscrit dans le cadre d’une collaboration soutenue et stratégique avec les organismes internationaux chargés de l’application de la loi », a confirmé le ministère de l’interieur émirati dans un communiqué publié jeudi sur Facebook.
Vitalie Pirlog est au cœur d’une procédure judiciaire française visant des faits de corruption d’agent public étranger, d’escroquerie en bande organisée, d’usage de faux, et de trafic d’influence passif. La procédure porte sur un « schéma de corruption pour permettre à des fugitifs de bloquer et d’effacer les notices rouges qui les visent, en versant des pots-de-vin à des agents publics, notamment en Moldavie », selon un communiqué publié par le Parquet national financier (PNF) en juin 2024.
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Pavel Durov, cofondateur de la messagerie Telegram, au tribunal de Paris, le 6 décembre 2024. THOMAS SAMSON/AFP
Pavel Durov commence à trouver le temps long. Contraint de rester à titre principal en France depuis sa mise en examen à la fin d’août 2024 pour une douzaine d’infractions, essentiellement liées à la quasi-absence de modération de sa messagerie et à ses refus de coopération avec les autorités judiciaires françaises, le cofondateur de Telegram avait déposé, le 3 juin, une demande de levée de son contrôle judiciaire.
Jeudi 19 juin, la décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris est tombée : selon les informations du Monde, le multimilliardaire sera autorisé à quitter la France hexagonale à compter du 10 juillet, pour quatorze jours consécutifs au maximum, et uniquement pour se rendre à Dubaï (Emirats arabes unis), où résident ses proches et où Telegram possède des bureaux. Il devra, par ailleurs, informer à l’avance le juge d’instruction de son départ.
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Londres estime qu’une « fenêtre existe » pour une « solution diplomatique » avec l’Iran
Le ministre des affaires étrangères britannique, David Lammy, était à Washington, jeudi, où il a notamment rencontré le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, avec qui il a pu évoquer la situation en Iran.
« Lors de notre rencontre avec le secrétaire d’Etat Rubio et l’émissaire [américain] pour le Moyen-Orient Steve Witkoff à la Maison Blanche aujourd’hui, nous avons discuté de la nécessité pour l’Iran de conclure un accord pour éviter l’aggravation du conflit. Une fenêtre existe maintenant dans les deux prochaines semaines pour parvenir à une solution diplomatique », a déclaré David Lammy dans un communiqué de l’ambassade britannique à Washington.
« Il est temps de mettre un terme aux scènes dramatiques au Moyen-Orient et d’éviter une escalade régionale qui ne bénéficierait à personne », a-t-il insisté. « Demain [vendredi], je me rendrai à Genève pour rencontrer le ministre des affaires étrangères iranien aux côtés de mes homologues français, allemand et de l’Union européenne », a poursuivi le ministre britannique.
Les trois ministres, ainsi que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, doivent rencontrer Abbas Araghtchi en Suisse, au moment où les pays européens multiplient les appels à la désescalade entre Israël et Iran.
La défense civile de Gaza a affirmé que 72 personnes, dont 21 venues chercher de l’aide humanitaire, avaient été tuées par l’armée israélienne jeudi 19 juin dans le territoire palestinien ravagé et affamé par plus de vingt mois de guerre.
Dix personnes ont été tuées alors qu’elles attendaient de l’aide près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, et 15 autres dans le corridor de Netzarim, dans le centre de la bande de Gaza, où des milliers de personnes viennent chaque jour dans l’espoir de recevoir de la nourriture, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le porte-parole de la défense civile, Mahmoud Bassal. Selon lui, 51 autres personnes ont été tuées jeudi lors de neuf frappes israéliennes dans la ville de Gaza et le nord du territoire assiégé.
Israël a imposé début mars un blocus humanitaire au territoire gazaoui, partiellement assoupli fin mai, qui a entraîné de très graves pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres biens de première nécessité. La Gaza Humanitarian Foundation (GHF), soutenue par Washington et Israël, au financement opaque, a commencé à distribuer de l’aide fin mai, mais ses distributions ont été marquées par des scènes chaotiques et meurtrières.
Le corps d’un Palestinien tué lors d’une attaque israélienne, conduit en direction de l’hôpital Al-Shifa, à Gaza, le 19 juin 2025. MAHMOUD ISSA/REUTERS Aux funérailles de Palestiniens tués lors d’une attaque israélienne, à l’hôpital Al-Shifa, à Gaza, le 19 juin 2025. MAHMOUD ISSA/REUTERS
Près de 400 morts depuis fin mai
Depuis lors, 397 personnes ont été tuées et plus de 3 000 autres blessées en tentant d’atteindre les points de distribution d’aide à Gaza, selon le dernier bilan actualisé du ministère de la santé de l’enclave contrôlé par le Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.
Concernant les tirs mortels dans le corridor de Netzarim, jeudi, l’armée israélienne a déclaré à l’Agence France-Presse que ses soldats avaient tiré des « coups de semonce » sur des « suspects » qui s’approchaient d’eux, mais qu’elle n’avait « pas connaissance de blessés ».
Bassam Abu Shaar, un déplacé palestinien, a rapporté à l’AFP que des milliers de personnes s’étaient rassemblées dans la nuit dans l’espoir de récupérer des vivres sur le site de distribution d’aide géré par la GHF.
« Vers 1 heure du matin, ils ont commencé à nous tirer dessus. Les tirs provenant de chars, d’avions et de bombes lancées par des drones se sont intensifiés », a-t-il déclaré par téléphone. Il affirme avoir vu des morts et des blessés gisant au sol à quelques pas du centre de la GHF. « Nous n’avons pas pu les aider, ni même nous échapper », a-t-il ajouté, affirmant s’être trouvé piégé au milieu d’une foule dense.
Les victimes ont été transportées vers les hôpitaux Al-Awda et Al-Aqsa, dans le nord et le centre du territoire, a affirmé un responsable de la défense civile palestinienne, Mohammad Al-Mughayyir. Des dizaines de Palestiniens ont été tués ces dernières semaines en tentant d’atteindre les points de distribution d’aide à Gaza, menacée de famine selon l’ONU.
Compte tenu des restrictions imposées par Israël aux médias à Gaza et des difficultés d’accès en zone de guerre, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans de la défense civile.
L’ambassadeur de Russie au Royaume-Uni évoque les pertes de Moscou en Ukraine
Au cours d’une interview accordée à CNN le 18 juin, Andreï Keline, l’ambassadeur de Russie au Royaume-Uni, a été interrogé sur les objectifs maximalistes du Kremlin en Ukraine. Pour les atteindre, il est revenu sur la capacité de Moscou à recruter suffisamment de soldats, et a notamment évoqué les pertes subies par l’armée russe depuis le début de son invasion de l’Ukraine.
Il a insisté à plusieurs reprises sur le fait que le conflit entre la Russie et l’Ukraine n’était pas une « guerre » – le Kremlin qualifiant son invasion de l’Ukraine d’« opération militaire spéciale » depuis le début. Selon lui, « la guerre est menée avec toute la capacité d’un Etat ; il doit fournir 40 % de son revenu national. Pour cette guerre, ce n’est pas le cas. [La Russie a] environ 5 % à 7 % de [son] budget qui est alloué à la guerre. [Elle a] une armée bien plus petite que l’Ukraine engagée [dans les combats] », a-t-il affirmé, précisant que la Russie ne dispose que de 600 000 soldats, contre 1 million en Ukraine. Ce chiffre correspond aux estimations ukrainiennes de janvier, mais est inférieur à celui de 700 000 soldats revendiqué par Vladimir Poutine en juin 2024.
Interrogé sur le recrutement militaire pour compenser les pertes, Andreï Keline a répondu : « Je ne suis pas un spécialiste dans ce domaine, mais d’après ce que je comprends, nous avons environ 50 000 à 60 000 volontaires par mois qui s’enrôlent, postulent, et souhaitent participer à cette affaire [la guerre en Ukraine]. » Il n’a pas expliqué pourquoi le nombre total de soldats russes sur le front a diminué malgré l’arrivée théorique de 250 000 recrues supplémentaires depuis le début de l’année. Selon l’état-major ukrainien, la Russie a perdu 217 440 soldats entre le 1er janvier et le 19 juin 2025.
Ce décalage semble confirmer l’analyse occidentale sur l’ampleur des pertes russes. « Ils perdent environ 35 000 à 45 000 soldats par mois, et recrutent probablement un peu plus que ça », explique George Barros, de l’Institute for the Study of War (ISW), au quotidien Kyiv Independent.
La Russie – comme l’Ukraine – n’a pas publié de bilan officiel récent des soldats blessés ou tués sur le front. Mais selon les estimations de Kiev, les Russes ont perdu plus de 1 million de soldats, tués ou blessés, depuis le début de l’invasion, chiffre rejeté par l’ambassadeur. Le média russe indépendant Mediazona, en collaboration avec le service russe de la BBC et une équipe de volontaires, a chiffré le nombre de militaires russes tués depuis le début de la guerre en Ukraine à 111 387, en date du 6 juin. Le média déclare s’appuyer sur les publications des réseaux sociaux, les articles des médias régionaux et les publications des sites Internet gouvernementaux pour son recensement.
L’étude du think tank américain Center for Strategic and International Studies (CSIS, Washington), publiée début juin, estime qu’environ 1 million de militaires russes et 400 000 militaires ukrainiens ont été blessés ou tués au cours de la guerre en Ukraine.
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L’Ukraine et la Russie annoncent avoir effectué un nouvel échange de prisonniers
L’Ukraine et la Russie ont annoncé, jeudi, avoir effectué un nouvel échange de prisonniers dans le cadre de l’accord conclu le 2 juin à Istanbul. Le nombre de militaires impliqués dans ce nouvel échange, comme lors des précédents, n’a pas été révélé.
« Nos hommes rentrent chez eux après avoir été capturés par les Russes », s’est félicité sur Telegram le président ukrainien. Volodymyr Zelensky a accompagné sa publication de photos d’hommes, le visage marqué et le crâne rasé, la plupart enveloppés dans des drapeaux ukrainiens. Ces soldats, « gravement malades ou blessés », avaient été, pour nombre d’entre eux, faits prisonniers en 2022, a précisé le ministre de l’intérieur ukrainien, Ihor Klymenko, sur Telegram.
De son côté, le ministère de la défense russe a confirmé l’échange, en publiant des photos de soldats russes, souriants et enveloppés dans des drapeaux de leur pays. « Conformément aux accords russo-ukrainiens obtenus le 2 juin à Istanbul, un groupe de militaires russes est revenu du territoire contrôlé par le régime de Kiev », a écrit l’armée russe dans un communiqué. Elle a également confirmé qu’un groupe « de prisonniers de guerre ukrainiens » avait été remis en échange. « Actuellement, les militaires russes se trouvent sur le territoire de la Biélorussie, où toute l’assistance psychologique et médicale leur est apportée », a précisé cette même source.
Le rapatriement de corps, notamment de soldats, et les échanges de prisonniers de guerre sont les rares domaines dans lesquels Kiev et Moscou coopèrent.
Ce qu’il faut retenir du 19 juin en milieu de journée
Andreï Keline, l’ambassadeur de Russie au Royaume-Uni, a lancé un ultimatum à Kiev : « Pour l’Ukraine, il y a un choix : soit elle accepte nos conditions maintenant… soit nous poursuivrons notre avancée et l’Ukraine devra capituler dans des conditions bien pires ».
Andrii Sybiha, le ministre des affaires étrangères ukrainien, reproche à la Russie de refuser depuis plus de trois mois les appels à la résolution du conflit, lancés à l’initiative des Etats-Unis, pour mettre fin à trois années de guerre.
Lors de son échange avec des représentants d’agences de presse étrangères, Vladimir Poutine a affirmé que le réarmement de l’OTAN n’est pas une « menace » pour la Russie, a estimé nécessaire de « trouver une solution » qui réglerait durablement le « conflit », a dit qu’une rencontre avec Volodymyr Zelensky était possible à la fin des négociations et qu’une éventuelle livraison de missiles allemands Taurus à Kiev « ruinerait complètement » les relations avec Berlin.
En raison de l’escalade du conflit entre l’Iran et Israël, qui est actuellement une priorité pour Washington, le Sénat américain a décidé de reporter jusqu’au moins juillet l’examen d’un projet de loi sur des sanctions contre la Russie, rapporte le média américain Semafor.
Après ses alliés baltes, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, la Finlande a approuvé le retrait du pays de la convention d’Ottawa, qui interdit les mines antipersonnel. Les députés finlandais ont voté à 157 voix contre 18 en faveur de la proposition du gouvernement.
Les partis politiques représentés au Parlement en Suède se sont accordés, jeudi, sur une hausse de 300 milliards de couronnes (environ 27 milliards d’euros) sur dix ans des dépenses destinées à la défense.
L’économie russe est sur le point de tomber en récession, a déclaré Maxime Rechetnikov, le ministre de l’économie russe lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg.
Les Russes ont attaqué l’Ukraine avec 104 drones de type Shahed et des drones leurres de divers types dans la nuit du 18 au 19 juin, rapporte l’armée de l’air ukrainienne. La défense aérienne ukrainienne a réussi à abattre 88 drones.
L’Argentine affirme avoir détecté un groupe d’espions russes qui menaient des « activités suspectes » dans le pays afin de promouvoir les intérêts de Moscou en fabriquant de fausses informations, a déclaré mercredi le porte-parole de la présidence, Manuel Adorni.
Le conflit entre Israël et l’Iran présente pour la Russie à la fois des défis et des perspectives, selon les services de renseignement britanniques
Dans son analyse, les services de renseignement du ministère de la défense britannique rappelle que « la Russie n’a aucune obligation formelle de fournir une assistance militaire à l’Iran dans son conflit avec Israël. L’accord de partenariat stratégique global signé entre la Russie et l’Iran en janvier 2025 couvre une coopération dans divers domaines, y compris la défense et la sécurité, mais n’inclut pas de clause de défense mutuelle. Cela contraste avec les accords conclus par la Russie avec la République populaire démocratique de Corée [Corée du Nord] et la Biélorussie ».
Londres ajoute que « la Russie perçoit presque certainement un certain avantage dans ce conflit, car il détourne l’attention internationale de sa guerre contre l’Ukraine ».
Cependant, « ce conflit pourrait nuire à l’approvisionnement futur de la Russie en matériel militaire iranien. L’Iran a fourni à la Russie des grosses quantités de drones kamikazes, un soutien technique important à leur production locale, ainsi que des missiles balistiques et des munitions d’artillerie ».
Le Parlement finlandais approuve le retrait du pays de la convention d’Ottawa, qui interdit les mines antipersonnel
Après ses alliés baltes, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, le Parlement finlandais a approuvé le retrait du pays de la convention d’Ottawa, qui interdit les mines antipersonnel. Les députés à Helsinki ont voté à 157 voix contre 18 en faveur de la proposition du gouvernement, jeudi.
La Finlande qui partage la plus longue frontière de l’OTAN avec la Russie – 1 300 kilomètres –, a plusieurs fois affronté Moscou. « La réalité, en fin de compte, c’est que nous avons comme voisin un Etat agressif et impérialiste appelé la Russie, qui n’est pas membre du traité d’Ottawa et qui utilise lui-même les mines terrestres sans pitié », a déclaré le président finlandais Alexander Stubb.
Le retrait de la convention d’Ottawa doit encore être confirmé par le président, Alexander Stubb, et nécessite le dépôt formel de l’instrument de retrait auprès du secrétaire général des Nations unies. Le pays pourra commencer à stocker des mines terrestres six mois après avoir officiellement notifié son retrait.
La Russie est au bord de la récession, dit le ministre de l’économie russe
Maxime Rechetnikov, le ministre de l’économie, a déclaré, jeudi, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg que l’économie russe était sur le point de tomber en récession.
La Russie a réduit ses taux d’intérêt ce mois-ci pour la première fois depuis 2022, les ramenant de 21 % à 20 %, et les entreprises se plaignent depuis des mois que les coûts d’emprunt élevés étouffent les investissements et que la croissance économique commence à ralentir.
« D’après les chiffres, il y a un refroidissement, mais tous nos chiffres sont dans le rétroviseur », a dit Maxime Rechetnikov. « D’après les sentiments actuels des entreprises et les indicateurs de conjoncture, nous sommes déjà, me semble-t-il, sur le point d’entrer en récession. Au bord », a-t-il ajouté.
Lors de la même session du Forum, la gouverneure de la Banque centrale de la Fédération de Russie, Elvira Nabioullina, a déclaré que le ralentissement de la croissance du PIB était « un moyen de sortir de la surchauffe ».
Cité par l’agence de presse RIA, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé jeudi que la récente baisse d’un point de pourcentage des taux d’intérêt n’était pas suffisante et que le taux actuel ralentissait l’économie, mais que ce ralentissement était « conscient ».
Alexandre Vediakhine, premier directeur général adjoint de Sberbank, la plus grande banque russe, a dit dans une interview accordée à Reuters cette semaine que la politique monétaire restrictive créait des risques de surchauffe et a estimé que les taux d’intérêt acceptables pour stimuler les prêts à l’investissement devraient se situer dans une fourchette de 12 % à 14 %. « Il y a un risque de refroidissement excessif de l’économie, que nous ne soyons pas en mesure de sortir de ce creux et que la croissance future soit modérée », a-t-il dit.
L’ambassadeur de Russie au Royaume-Uni lance un ultimatum à Kiev
La Russie fait preuve de constance. Après avoir présenté à Istanbul des exigences maximalistes lors des négociations de paix avec l’Ukraine Andreï Keline, l’ambassadeur de Russie au Royaume-Uni les a rappelées, au cours d’une interview accordée à CNN le 18 juin.
L’ambassadeur a lancé un ultimatum à Kiev : « Pour l’Ukraine, il y a un choix : soit elle accepte nos conditions maintenant… soit nous poursuivrons notre avancée et l’Ukraine devra capituler dans des conditions bien pires », a-t-il déclaré. « Nous sommes actuellement à l’offensive et l’Ukraine est en retraite », a-t-il déclaré. « En mai, nous avons pris environ 600 kilomètres carrés du territoire ukrainien, et nous continuons à progresser », a-t-il dit, reconnaissant le peu de cas que Moscou fait des efforts de Donald Trump pour trouver une issue au conflit.
Selon le groupe de renseignement ukrainien en source ouverte DeepState, les Russes ont pris environ 449 kilomètres carrés en mai — le chiffre mensuel le plus élevé cette année — en deçà des chiffres avancés par l’ambassadeur russe.
L’ambassadeur a tenu ces propos alors que des préparatifs sont en cours pour un troisième cycle de négociations après le 22 juin, bien qu’aucune date officielle n’ait été confirmée.
Suède : accord unanime pour une hausse de 27 milliards d’euros des dépenses de défense
Les partis politiques représentés au Parlement en Suède se sont accordés, jeudi, sur une hausse de 300 milliards de couronnes (environ 27 milliards d’euros) sur dix ans des dépenses destinées à la défense.
Annoncé à la fin de mars par le gouvernement, cet investissement, le plus grand effort de réarmement du pays depuis la guerre froide, doit permettre de porter à 3,5 % du PIB les dépenses de défense d’ici à 2030, contre 2,4 % actuellement.
Les 300 milliards de couronnes seront financées par des prêts : la dette augmentera de trois points de pourcentage, a souligné la ministre des finances Elisabeth Svantesson en conférence de presse, saluant « l’unité des partis politiques » à ce sujet. La dette publique suédoise atteint 33,7 % du PIB, selon le FMI.
« Ce large consensus qui règne au Parlement suédois est quasi unique » dans le contexte international et européen, a ajouté le ministre de la défense, Pal Jonson, lors de cette même conférence, en présence des représentants des partis politiques suédois.
La Suède avait considérablement réduit ses dépenses de défense après la fin de la guerre froide et au début des années 2000, avant d’opérer un revirement après l’annexion de la Crimée par Moscou, en 2014. En devenant le 32e membre de l’OTAN en mars 2024 à l’aune de l’invasion russe de l’Ukraine, le pays a mis fin à deux cents ans de non-alignement militaire. « Au fond, pour parler clairement, il s’agit aussi de faire en sorte que nos enfants et petits-enfants n’aient pas à apprendre le russe. Merci », a lancé la ministre des finances.
Les 32 pays de l’Alliance atlantique vont s’efforcer les 24 et 25 juin aux Pays-Bas de se mettre d’accord pour consacrer au moins 5 % de leur Produit intérieur brut (PIB) à leur sécurité au cours des prochaines années. Il s’agirait de porter le niveau des dépenses militaires stricto sensu à 3,5 % du PIB d’ici à 2032, et dans le même temps de consacrer 1,5 % du PIB à celles liées à la sécurité au sens large, comme la protection aux frontières, la mobilité militaire ou encore la cybersécurité.
A Khotine avec les White Angels, brigade d’exfiltration des civils ukrainiens pris au piège des combats
L’avancée russe dans la région de Soumy pousse de nombreux habitants à se déplacer. L’unité de police des Whites Angels de Soumy évacue un couple et leurs biens de leur maison, à Khotine, à quelques kilomètres de la frontrière avec la Russie, le 19 juin 2025. ADRIEN VAUTIER/LE PICTORIUM POUR « LE MONDE » Alyona, membre des Whites Angels de Soumy, lors de l’évacuation d’un couple résidant dans la ville de Khotine, le 19 juin 2025. ADRIEN VAUTIER/LE PICTORIUM POUR « LE MONDE » La petite ville de Khotine comptait 2 290 habitants en janvier 2022. Il n’en restait moins de 700 en mars, selon le média public Suspline. ADRIEN VAUTIER/LE PICTORIUM POUR « LE MONDE » Le front n’étant plus qu’à 7 kilomètres de la ville de Khotine, les « White Angels » organisent l’évacuation de la région. ADRIEN VAUTIER/LE PICTORIUM POUR « LE MONDE » Dans le fourgon des White Angels, cette habitante de Khotine est évacuée vers une zone où les déplacés sont relogés. ADRIEN VAUTIER/LE PICTORIUM POUR « LE MONDE »
Volodymyr Zelensky dans le quartier Solomiansky où 23 personnes ont été tuées par un missile russe
A son retour du G7 au Canada, le président ukrainien s’est rendu dans le quartier Solomiansky, où un missile russe a détruit un immeuble de neuf étages où 23 personnes ont été tuées. Au total, 28 personnes ont péri dans la capitale du fait des bombardements russes du 17 juin, et plus de 140 ont été blessées, selon les services de secours ukrainiens. « Ce bombardement est un rappel au monde entier que la Russie rejette le cessez-le-feu et choisit de tuer », a écrit le président ukrainien dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Le Sénat américain reporte les sanctions contre la Russie à juillet au plus tôt
De gauche à droite, le sénateur républicain Lindsey Graham, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le sénateur démocrate Richard Blumenthal à Kiev, le 30 mai 2025, à Kiev. UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SER / VIA REUTERS
En raison de l’escalade du conflit entre l’Iran et Israël, qui est actuellement une priorité pour Washington, le Sénat américain a décidé de reporter jusqu’au moins juillet l’examen d’un projet de loi sur des sanctions contre la Russie, rapporte le média américain Semafor.
Le chef de la majorité au Sénat, le républicain John Thune, a confirmé mardi que « juillet » était désormais le plus probable concernant l’examen des sanctions contre la Russie et Lindsey Graham, l’un des deux architectes du projet – avec le démocrate Richard Blumenthal – a déclaré à Semafor que le Sénat allait « devoir patienter un peu » concernant les sanctions contre la Russie, sans donner de date précise. « Les choses évoluent rapidement avec l’Iran…, mais cela ne veut pas dire que j’ai oublié la Russie ou l’Ukraine, pas du tout. L’Iran est au centre de l’attention, mais ce n’est qu’une question de temps », dit Lindsey Graham.
Certains démocrates perdent patience et souhaitent voir le Sénat adopter les sanctions maintenant, et aller encore plus loin avec une aide militaire accrue à l’Ukraine. « Je voterais pour tout : plus d’aide militaire, des sanctions plus dures. Tout », a déclaré le sénateur démocrate John Fetterman. « Je suis très pro-Israël, très ferme sur Taïwan et l’Ukraine. C’est le même combat pour la démocratie, qu’il s’agisse de la Russie, de l’Iran ou de la Chine. »
Donald Trump montre lui-même des signes d’impatience croissante envers Vladimir Poutine, mais ses déclarations sur les sanctions restent incohérentes, et lundi, il a suggéré que l’Europe devrait agir en premier pour imposer de nouvelles pénalités.
La Russie a lancé 104 drones contre l’Ukraine dans la nuit de mercredi à jeudi
Les Russes ont attaqué l’Ukraine avec 104 drones de type Shahed et des drones leurres de divers types dans la nuit du 18 au 19 juin, rapporte l’armée de l’air ukrainienne. La défense aérienne ukrainienne a réussi à abattre 88 drones, mais six impacts ont été enregistrés. Elle affirme que « 40 drones ont été abattus et 48 ont été supprimés par les moyens de guerre électronique. Des impacts ont été enregistrés dans 6 localités ».
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Une affiche propose un contrat dans l’armée russe dans le métro, à Saint-Pétersbourg (Russie ), le 4 avril 2025. MARY GELMAN POUR «LE MONDE»
Après plus de trois ans de guerre en Ukraine, le Kremlin fait face aux réalités paradoxales de la promotion sociale que ce conflit a générée à travers le pays. « Le régime de Vladimir Poutine, qui n’avait initialement pas anticipé une guerre aussi longue et massive, a réussi à en faire un vrai ascenseur social pour de nombreux Russes. Mais, à terme, le prix à payer pour le budget fédéral pourrait être lourd », prévient Marlène Laruelle, professeure en affaires internationales à l’Institut pour les études européennes, russes et eurasiennes (Ieres) de l’Université George-Washington. L’Institut français des relations internationales (IFRI) publie jeudi 19 juin son dernier rapport : « L’impact socio-économique du keynésianisme militaire russe. »
La guerre a permis de partiellement rééquilibrer les écarts de richesse, de niveau de consommation et de prestige social en accordant des avantages financiers à la Russie périphérique, loin de Moscou et des autres grandes villes. « De 2022 à 2024, la guerre a été bénéfique pour la Russie profonde. Ce que le Kremlin n’a pas pu réussir en deux décennies de paix, il l’a obtenu en trois ans de guerre : un effet redistributif depuis les régions les plus riches vers les régions les plus pauvres », explique Marlène Laruelle. Dans la Russie pauvre, une nouvelle classe moyenne a émergé avec des salaires et des revenus en province se rapprochant de ceux des grandes villes riches.
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Colette Ysmal, morte le 13 juin à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) à l’âge de 88 ans, aura profondément marqué l’histoire de la jeune science politique française. Née Colette Sac à Lyon en 1936, elle y fait des études de philosophie, puis, passionnée de politique, vient à Paris pour y suivre le cursus du doctorat de troisième cycle de la Fondation nationale des sciences politiques – avec un mémoire sur Le Canard enchaîné. Ses professeurs, René Rémond, Jean Touchard, Georges Lavau, apprécient son talent et sa culture philosophique et politique. Elle ne quittera pas Sciences Po. Elle entre, en 1967, à la demande de Jean Touchard, au tout nouveau Centre d’études de la vie politique française (Cevipof), le centre de recherche qui se crée alors et réunit les chercheurs qui inventent, en France, l’étude scientifique de la politique, surtout en vogue aux Etats-Unis à cette époque.
Mariée en 1963 à un journaliste, Pierre Ysmal (mort en 2004), avec qui elle aura deux filles, Marianne et Catherine, elle se passionne pour le journalisme et pour la recherche. Désireuse de ne pas marcher sur les plates-bandes de son mari, elle s’oblige à oublier la presse. Sauf en 1973 et 1974, où elle abandonne Sciences Po pour travailler au Monde. Cette parenthèse n’aura qu’un temps : dotée d’un fort tempérament – que certains, la connaissant mal, estimaient un peu rugueux –, elle ne s’entend pas avec son chef de service, Raymond Barrillon (1921-1983), lui aussi au caractère bien trempé.
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Le président des Etats-Unis, Donald Trump, lors de sa rencontre avec des joueurs et des dirigeants de la Juventus et le président de la FIFA, Gianni Infantino (à gauche), dans le bureau Ovale, à Washington, le 18 juin 2025. NATHAN HOWARD / REUTERS
« La scène est étrange et, à l’ère de l’intelligence artificielle générative, on pourrait même se demander si elle est fausse, résume le journal italien L’Espresso. Et pourtant, tout est vrai. » L’enregistrement de la séquence est d’ailleurs accessible sur le site de la Maison Blanche. On y voit une délégation de la Juventus Turin reçue par le président des Etats-Unis dans le bureau Ovale, mercredi 18 juin, à quelques heures de l’entrée en lice de la formation piémontaise dans la Coupe du monde des clubs de football, à l’Audi Field de Washington – un match qui s’est soldé par une victoire 5-0 face aux Emiratis d’Al-Aïn.
Derrière le chef de file du mouvement MAGA (« Make America great again », « Rendre sa grandeur à l’Amérique »), assis à son bureau, se trouvent, debout, le propriétaire de la Juve, John Elkann, l’entraîneur, Igor Tudor, et quatre dirigeants de l’équipe, dont l’ancien défenseur de la Nazionale Giorgio Chiellini, désormais directeur de la stratégie, et le manageur général, Damien Comolli. Sont aussi présents le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, et plusieurs joueurs bianconeri, dont les internationaux américains Timothy Weah et Weston McKennie. Le trophée de la Coupe du monde des clubs est posé sur une petite table, à côté du bureau.
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