Alex Caruso, à gauche et Luguentz Dort de l’Oklahoma City Thunder, lors du quatrième quatre-temps de la finale NBA contre les Indiana Pacers au Paycom Center à Oklahoma City (Oklahoma), le 22 juin 2025. MATTHEW STOCKMAN/GETTY IMAGES VIA AFP
« En faisant nos adieux au passé, nous avons commencé à tracer notre avenir. La prochaine grande équipe des Thunder est là quelque part, mais il faudra du temps pour la former et de la discipline pour la maintenir sur le long terme. » Le 25 juillet 2019, Sam Presti signait une tribune prophétique dans les colonnes de The Oklahoman. Le manageur général de l’Oklahoma City Thunder (OKC), la franchise locale de NBA (National Basket Association), tentait alors d’apaiser l’ire des supporteurs mécontents d’avoir vu son meilleur élément, Paul George, rallier les Los Angeles Clippers en échange du prometteur, mais incertain, Shai Gilgeous-Alexander, alors âgé de 21 ans.
Loin du suicide sportif annoncé, ce transfert s’est révélé être la première pierre d’un projet minutieusement bâti. Et celui-ci fut finalement récompensé dimanche 22 juin (lundi au petit matin, en France métropolitaine) après la victoire face aux Indiana Pacers (103-91) lors du septième et ultime match des finales NBA, synonyme de sacre pour le Thunder. Ultradominateur lors de la saison régulière (68 succès pour 14 défaites), l’OKC a su maintenir le cap lors des playoffs, la phase éliminatoire, écartant des concurrents de choix – Memphis Grizzlies, Denver Nuggets et Minnesota Timberwolves – les uns après les autres.
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Donald Trump arrive à la Maison Blanche à Washington, le 21 juin 2025. KEVIN MOHATT/REUTERS
« Marteau de minuit » : le nom même de l’opération suggère la force et la surprise nocturne. Avant de pouvoir mesurer leurs effets, les autorités américaines ont abondamment commenté les bombardements conduits, samedi 21 juin, contre trois sites du programme nucléaire iranien, à Natanz, Ispahan et Fordo. Après l’allocution solennelle de Donald Trump, qui avait applaudi à « un succès militaire spectaculaire », le Pentagone a offert le lendemain des détails opérationnels. La démonstration de force américaine était saluée, sans considération pour les multiples zones d’ombre, l’incertitude sur la réponse iranienne et la portée géopolitique de cette action unilatérale.
Le général Dan Caine, chef d’état-major des forces armées, a décrit une opération complexe, conçue avec des leurres, dont « très peu de personnes » à Washington connaissaient les détails. Tandis qu’un premier groupe de bombardiers B2 prenait la direction du Pacifique en guise de diversion, sept autres appareils identiques s’envolaient de la base Whiteman, dans le Missouri, vers le Moyen-Orient. Les communications étaient réduites au minimum, le ravitaillement assuré dans les airs lors du trajet de dix-huit heures. Peu avant l’entrée des B2 dans l’espace aérien iranien, un sous-marin américain tirait une vingtaine de missiles de croisière Tomahawk contre des « infrastructures-clés », pour préparer le terrain. Détail significatif : pas une seule fois au cours de la mission les Iraniens ne seraient parvenus à tirer sur les avions américains. Vers 2 heures du matin, heure locale, chacun des sept B2 a largué deux bombes antibunker GBU-57, dont douze ont visé exclusivement le site de Fordo.
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Je gagne 5 300 euros net par mois, ou plutôt 4 500 livres sterling, étant donné que je travaille à Londres, dans une grande banque américaine. C’est mon salaire de base, mais ce qui compte dans ce métier, c’est le bonus, qu’on touche une fois par an et qui évolue vite en fonction de notre séniorité. Je suis analyste en fusions-acquisitions depuis trois ans maintenant, donc j’espère avoir77 000 euros brut en bonus cette année.
Mon travail est de conseiller des entreprises qui veulent acheter d’autres entreprises, ou se faire acheter. C’est du M & A – pour merger and acquisition – ou de la fusion-acquisition, en français. Je suis dans l’équipe healthcare, qui s’intéresse à ce qui touche au domaine de la santé. Je commence à travailler vers 9 h 30, et je finis en moyenne à minuit, mais ça dépend beaucoup. Je peux travailler jusqu’à 4 heures du matin, toute la nuit, ou finir à 20 heures. Dans ce cas-là, je suis trop fatiguée pour faire quelque chose de ma soirée.
La progression de carrière est définie d’année en année – analyste 1, 2, puis 3, avant de passer associate, puis senior. Et l’environnement de travail est compétitif : pour répartir les bonus, la banque décide d’un budget global pour les salariés de chaque promotion, puis celui-ci est partagé entre eux en fonction de leur classement.
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L’Ukraine promet d’intensifier ses frappes en profondeur en Russie
L’Ukraine va intensifier ses frappes contre des cibles militaires en profondeur dans le territoire russe, a déclaré le commandant en chef des armées ukrainiennes Oleksandr Syrsky.
« C’est sans doute l’un de nos principaux atouts, dont l’efficacité est quinze fois supérieure à leurs coûts », a affirmé samedi devant les journalistes, dont l’AFP, le général Syrsky. « Nous allons en augmenter l’ampleur et la profondeur », a-t-il ajouté.
« Nous ne nous contenterons pas de rester en défense. Parce que cela n’apporte rien et conduit finalement au fait que nous reculons, perdons des hommes et des territoires, » a déclaré M. Syrsky.
Le commandant en chef des armées ukrainiennes a par ailleurs reconnu que la Russie avait certains avantages dans la guerre par drones, notamment dans la fabrication de drones à fibre optique qui sont difficiles à brouiller. « Ici, malheureusement, ils ont un avantage à la fois en nombre et en portée dans leur utilisation, » a-t-il déclaré.
L’homme qui communique plus vite que son ombre ne pouvait pas rater ça. Ce samedi 31 mai, il est un peu plus de 23 heures, à Munich. Alors que le joueur parisien Senny Mayulu vient d’inscrire le dernier but du Paris Saint-Germain (PSG) en finale de la Ligue des champions face à l’Inter Milan, scellant un succès historique (5-0), le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Vincent Labrune, dégaine déjà un communiqué d’autocongratulation. « La victoire du PSG est le résultat de la stratégie globale mise en place depuis plusieurs années et qui porte ses fruits. » Dans un pas de deux parfaitement orchestré, le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, lui renvoie l’ascenseur quelques minutes plus tard, en conférence de presse : « On a le meilleur président de la Ligue, Vincent Labrune, qui fait du bon travail. »
Soyons clairs : en dehors du président parisien, Labrune ne trouverait pas grand monde pour le célébrer depuis son arrivée, en septembre 2020, à la tête de la LFP, la structure chargée de gérer les 36 clubs professionnels français (18 en Ligue 1, 18 en Ligue 2), sous le contrôle – supposé – de la Fédération française de football (FFF), par ailleurs chargée du football amateur (2,5 millions de licenciés), mais aussi de l’organisation de la Coupe de France et, bien sûr, de l’équipe de France.
Si le patron de la Ligue concentre à ce point les critiques, c’est que le foot professionnel dont il a la charge est au plus mal : 1,3 milliard d’euros de pertes d’exploitation pour l’ensemble des clubs sur la saison 2024-2025 (hors cessions de joueurs), des menaces de faillite, un modèle obsolète, des conflits entre présidents, des tribunes gangrenées par la violence et l’homophobie, une image déplorable, un championnat dépourvu de tout suspense en raison de l’écrasante domination du PSG… Aux yeux de nombre de décideurs, Labrune incarne ce marasme. Cruel retournement de situation pour celui qui, à l’orée de son premier mandat (2020-2024), fit pourtant figure d’homme providentiel.
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Pour Laura (le prénom a été modifié), 24 ans, emménager en colocation à Paris avec une amie est d’abord la promesse d’« une pyjama party chaque soir ». Sur le papier, les copines, qui se sont rencontréesen école d’ingénieur, ont tout pour que cela se passe bien : des postes dans la capitale, des vies de célibataires, un appartement de 70 mètres carrés, avec un grand salon et deux chambres séparées. Rapidement, elles accordent même leurs violons sur leur vie sentimentale : chacune d’elles commence à fréquenter un garçon.
« On a 24 ans, donc au départ ce n’était pas sérieux, et on trouvait ça drôle de ramener nos deux “plans culs” à l’appart en même temps », se souvient l’ingénieure, habituée des colocations depuis le début de ses études. Chacune invite plusieurs fois par semaine son compagnon à dormir. Mais le copain de son amie est présent presque sept jours sur sept, et leur couple prend de plus en plus de place.Le malaise de Laura grandit.
Il y a ces disputes quotidiennes des amoureux dans les parties communes, et puis la «problématique des ébats ». De sa chambre mal isolée, Laura est souvent réveillée par les échos de la vie sexuelle manifestement « épanouie » de sa colocataire. Un matelas grinçant, des douches nocturnes, des déplacements dénudés dans l’appartement la poussent à conclure qu’elles n’ont « pas la même notion de l’intimité ». « On en a parlé, mais on ne se comprend pas », dit Laura dans un soupir. Difficile pour les jeunes actives de trouver le bon équilibre entre leur amitié cohabitante et leurs relations de couple respectives.
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La première ministre thaïlandaise, Paetongtarn Shinawatra, à Bangkok, le 10 juin 2025. ATHIT PERAWONGMETHA/REUTERS
La première ministre thaïlandaise, Paetongtarn Shinawatra, menacée par le délitement de sa coalition, a présenté jeudi 19 juin ses excuses, en appelant de nouveau à l’unité entre le gouvernement et l’armée. « J’aimerais présenter mes excuses (…). Nous devons rester unis et éviter le conflit entre nous », a déclaré la dirigeante, debout devant des responsables militaires, dans une rare image de cohésion.
Depuis mercredi, Mme Shinawatra est fortement critiquée pour son ton jugé inapproprié vis-à-vis des militaires, lors d’une conversation téléphonique avec l’ancien premier ministre cambodgien Hun Sen qui a fuité.
Dans l’enregistrement téléphonique qui a fuité, la cheffe du gouvernement, 38 ans, appelle Hun Sen, 72 ans, considéré comme un proche des Shinawatra, « oncle », une formule de politesse courante en Asie mais interprétée comme un signe trop familier ou révérencieux dans ce contexte par ses adversaires. Elle a aussi assimilé à un « opposant » un général chargé de surveiller une partie de la frontière avec le Cambodge. Son objectif était d’apaiser les tensions à la frontière, ravivée fin mai par la mort d’un soldat khmer lors d’un échange de coups de feu, s’est-elle défendue.
Quelques heures après la mise en ligne de l’enregistrement, par Hun Sen lui-même, les conservateurs du Bhumjaithai, principaux soutiens du parti au pouvoir, Pheu Thai, ont claqué la porte de la coalition, ouvrant une nouvelle période d’instabilité dans un royaume agité de crises récurrentes.
« Crise au plus niveau »
Le Parti du peuple, la principale formation d’opposition – qui a repris l’étendard de Move Forward, le mouvement prodémocratie victorieux des législatives de 2023 avant sa dissolution –, a appelé à la démission de la première ministre. « Ce qui s’est passé hier [mercredi 18 juin] est une crise au plus haut niveau qui a détruit la confiance du peuple », a déclaré le chef de file de la formation réformiste, Natthaphong Ruengpanyawut. « Le peuple exige un gouvernement qui puisse résoudre les problèmes, et la seule manière d’y parvenir, c’est d’avoir un gouvernement légitime », a-t-il insisté.
Une autre branche de l’opposition, proche de l’armée, a pourfendu l’attitude de la dirigeante, jugée irresponsable vis-à-vis des militaires. Des centaines de manifestants, parmi lesquels des anciens Chemises jaunes, ces partisans du roi et de l’ordre traditionnel, rivaux des Chemises rouges, pro-Shinawatra à la fin des années 2000, ont battu le pavé jeudi matin devant le palais du gouvernement, à Bangkok, pour réclamer le départ de sa locataire.
« Je suis très déçue par le dirigeant cambodgien, du fait qu’il a mis en ligne l’enregistrement. Je ne pense pas qu’un autre dirigeant dans le monde aurait agi de cette manière », a insisté jeudi Mme Shinawatra. Le ministère des affaires étrangères thaïlandais a remis jeudi à l’ambassadeur cambodgien une lettre de protestation.
Rumeurs d’une intervention militaire
La Thaïlande a déjà changé de premier ministre l’an dernier, mais ce pic de tensions s’inscrit dans une nouvelle donne mondiale marquée par l’offensive protectionniste américaine, qui menace de gripper une économie thaïlandaise déjà fragile. Parmi les scénarios évoqués, la dissolution de l’Hémicycle pour organiser des élections anticipées sous 60 jours, ou la nomination d’un nouveau chef du gouvernement sur les bases d’une majorité similaire.
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En présentant ses excuses, Mme Shinawatra, qui portait jeudi un haut jaune, la couleur du roi, espère conserver le soutien des militaires, bien que ces derniers soient considérés comme des rivaux de sa famille, cette opposition polarisant le débat politique depuis plus de vingt ans. L’armée, à l’origine d’une douzaine de coups d’Etat réussis depuis la fin de la monarchie absolue en 1932, a réaffirmé plutôt son adhésion aux « principes démocratiques » et aux mécanismes légaux existants, tout en se tenant prête pour défendre la « souveraineté nationale ».
Par le passé, les militaires ont organisé un putsch pour déloger du pouvoir le père de Paetongtarn Shinawatra, Thaksin, ainsi que sa tante Yingluck, ce qui a irrémédiablement alimenté les rumeurs d’une nouvelle intervention au cours des dernières heures. Des dirigeants du Parti de la nation thaï unie, proche des militaires, et du Parti démocrate doivent se rencontrer jeudi pour évoquer le sort de la coalition dont ils sont membres.
La santé mentale des jeunes est omniprésente dans le débat public depuis quelques jours. Le meurtre d’une surveillante par un collégien à Nogent (Haute-Marne), le 10 juin, serait, de l’avis de nombreux politiques, le reflet de « problèmes psychologiques » (Elisabeth Borne), impliquant de « veiller à la santé mentale » des jeunes (Jean-Luc Mélenchon), une réalité à « regarder en face » (Marine Le Pen). Cet unanimisme transpartisan à voir dans la santé mentale une possible explication à ce fait tragique est l’aboutissement d’un long processus de mise à l’agenda politique de cette question.
Nos travaux de recherche sur la santé mentale des jeunes (voir le n° 97 de la revue Agora Débats/Jeunesses) nous amènent à élargir la focale pour tirer quelques premières pistes d’analyse concernant le traitement social et politique d’une jeunesse dont on scrute l’état psychique, avec des solutions qui apparaissent souvent comme un pansement sur une jambe de bois, au vu des enjeux repérés par la recherche.
Additions de crises structurelles
On parle volontiers d’une jeunesse en crise, en proie à la violence, perturbée par un accès précoce et sans limite aux réseaux sociaux. Cette crise serait amplifiée par d’autres crises (la crise due au Covid-19, la crise sociale, ou encore la crise climatique), et érige les jeunes en victimes toutes désignées de transformations décrites comme délétères pour le lien social, l’économie ou la planète. Cette addition de crises structurelles se trouve subsumée autour du constat unanime d’une situation psychique dégradée parmi les jeunes.
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La ministre de la culture, Rachida Dati, à Cannes, le 17 mai 2025. SAMEER AL-DOUMY/AFP
Interrogée mercredi 18 juin sur France 5 sur ses démêlés avec la justice et des accusations portées contre elle, la ministre de la culture, Rachida Dati, a répliqué en menaçant son intervieweur, Patrick Cohen, de déclencher une enquête contre lui pour des accusations de harcèlement rapportées dans Mediapart.
Invitée sur le plateau de « C à vous », Rachida Dati, mise en examen dans le cadre de l’affaire Carlos Ghosn pour corruption passive, a été interrogée sur des accusations récemment portées par le magazine « Complément d’enquête ». Selon ces dernières, Rachida Dati a perçu 299 000 euros d’honoraires de GDF Suez quand elle était députée européenne, sans en déclarer la provenance au Parlement européen.
La ministre, qui est la ministre de tutelle de l’audiovisuel public, a de nouveau récusé ces faits, et contre-attaqué, en faisant référence à un article de Mediapart, publié en février, au sujet de tensions remontant à plusieurs années à France Inter, et au management de Patrick Cohen quand il dirigeait la matinale.
« Je peux saisir le tribunal »
« M. Cohen, avez-vous harcelé vos collaborateurs ? Est-ce que c’est vrai, M. Cohen ? », a interrogé la ministre. « Vous pourriez aussi tomber sous le coup de ce délit [de harcèlement]. Il suffirait que je fasse un article 40 pour dénoncer suite à ce papier de Mediapart. Je peux saisir le tribunal (…), je peux le faire », a-t-elle menacé. L’article 40 du code de procédure pénale oblige toute autorité constituée ou fonctionnaire à dénoncer au procureur les délits dont il aurait connaissance dans l’exercice de ses fonctions.
La ministre a également mis en cause la présentatrice, Anne-Elisabeth Lemoine : « De la même manière, on a dit qu’à “C à vous” l’ambiance est épouvantable, que vous pleurez toute la journée, que tout le monde est mis en cause. »« Non, c’est faux », a répondu Mme Lemoine. « Ce n’est pas très reluisant, ce que vous faites Mme Dati. C’est déshonorant », a déclaré, de son côté, Patrick Cohen.
La tension était déjà montée sur le plateau entre Rachida Dati et ses intervieweurs à propos de la réforme de l’audiovisuel public, qu’elle porte et qui ambitionne de rapprocher Radio France et France Télévisions.
Des « intimidations » dénoncées
« Les mises en cause personnelles à l’encontre des journalistes ne sont pas acceptables », a réagi France Télévisions auprès de l’Agence France-Presse (AFP), ajoutant : « France Télévisions apporte tout son soutien aux équipes de “C à vous” et à l’ensemble de ses journalistes, qui continueront à exercer sereinement leur métier en toute liberté. »
La société des journalistes de la rédaction nationale de France Télévisons a de son côté dénoncédans un communiqué « ces intimidations ». « Enquêter sur des personnalités publiques, poser des questions, confronter des faits : c’est le fondement de notre métier », fait-elle valoir, soulignant que « les menaces, les pressions, les agressions sont des atteintes graves à la liberté de la presse ».
Radio France a aussi apporté son soutien à Patrick Cohen – qui est également éditorialiste sur France Inter – et à l’équipe de « C à vous », affirmant que « mener des interviews contradictoires fait pleinement partie du métier de journaliste en démocratie et ne saurait justifier en aucun cas des attaques personnelles ». La CGT de France Télévisions a qualifié, dans un communiqué, la séquence de « grand moment de violence politique en direct » avant de s’insurger : « Ce n’est plus une tutelle, c’est une prise d’otage ! »
Explosion de la fusée Starship 36 de SpaceX, à Starbase, au Texas, dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 juin 2025. CAPTURE D’ECRAN @LABPADRE VIA STORYFUL
Les projets spatiaux du multimilliardaire Elon Musk, propriétaire de SpaceX, ont connu dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 juin un nouveau revers après l’explosion de sa mégafusée Starship sur son pas de tir lors d’un test de mise à feu à Starbase, au Texas, sans faire de blessés.
« Mercredi à 23 h 01 [heure locale], lors d’un essai statique de routine à Starbase, au Texas, le Starship 36 de SpaceX a subi une défaillance catastrophique et a explosé », ont déclaré, sur leur page Facebook, les autorités du comté de Cameron (Texas). « Heureusement, aucune blessure n’a été signalée à ce stade, ont-elles précisé. Des protocoles d’urgence ont été rapidement mis en place et une enquête est en cours pour déterminer la cause de l’incident. »
Une vidéo qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux montre la fusée – haute comme un immeuble d’environ 40 étages et la plus puissante jamais conçue – sur son pas de tir, puis une gigantesque boule de feu qui l’embrase.
« Le Starship, qui se préparait pour le dixième test en vol, a connu une anomalie majeure alors qu’il était sur un banc d’essai à Starbase », a confirmé SpaceX dans un message sur X, précisant qu’une « zone de sécurité autour du site a été maintenue tout au long de l’opération » et que « tout le personnel est sain et sauf ». « Notre équipe de Starbase travaille activement pour sécuriser le site de test et ses environs immédiats en collaboration avec les autorités locales », a ajouté l’entreprise, qui assure qu’il « n’y a aucun danger pour les résidents ».
Les tests de mise à feu statique font partie des procédures précédant un lancement : un moteur de fusée ou un ensemble de moteurs est allumé, tandis que le véhicule reste fixé à la plateforme de lancement. Il n’était pas prévu que la fusée soit lancée mercredi soir, lorsque l’explosion s’est produite.
Augmentation de la cadence des lancements de Starship
L’accident de la nuit de mercredi à jeudi écorne un peu plus l’image de SpaceX, même si les accidents de parcours s’inscrivent dans la stratégie affichée de l’entreprise : lancer de multiples prototypes afin de corriger au fur et à mesure les problèmes rencontrés en situation de vol.
Le précédent accident date de moins d’un mois. Le 27 mai, la fusée Starship était parvenue à aller dans l’espace, mais son vaisseau, le Super Heavy booster, avait explosé avant sa redescente sur Terre. Lors de deux précédents essais en janvier et mars, l’étage supérieur avait explosé au début du vol, provoquant des pluies de débris incandescents au-dessus des Caraïbes et des dégâts minimes.
Le richissime entrepreneur compte sur cette mégafusée pour mener à bien son projet fou de conquête de la planète Mars. Il s’est imposé ces dernières années comme un acteur incontournable du secteur spatial, et s’est vu confier plusieurs missions cruciales du gouvernement. Ce partenariat est cependant devenu plus incertain après sa rupture avec le président Donald Trump.
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Ses fusées emmènent dans l’espace des astronautes de la NASA, servent à des missions hautement sensibles du Pentagone et devraient bientôt jouer un rôle central dans le retour tant attendu des Américains sur la Lune. Des associations environnementales ont porté plainte en 2023 contre les autorités américaines, les accusant d’avoir mal évalué l’impact de ces lancements alors que la base spatiale de l’entreprise au Texas est située à proximité de zones naturelles protégées. En dépit de ces critiques, le régulateur américain de l’aviation, la FAA, a donné début mai son accord pour l’augmentation de la cadence des lancements de Starship, de 5 à 25 vols annuels.