Deux bateaux de la marine colombienne encadrent un semi-submersible sans pilote, sur la côte du parc Tayrona, près de Santa Marta, en Colombie, le 2 juillet 2025. HANDOUT / AFP
C’est une première en Colombie. La marine a annoncé, mercredi 2 juillet, la saisie inédite d’un semi-submersible sans pilote, une embarcation équipée d’une antenne Starlink et capable de transporter 1,5 tonne de cocaïne.
L’utilisation de sous-marins pour transporter de la cocaïne vers les Etats-Unis et l’Europe a été évoquée fréquemment dans ce pays, le plus grand producteur du monde. Ces navires sont construits, en pleine jungle, dans des chantiers navals clandestins. Mais c’est la première fois que les autorités colombiennes annoncent la saisie d’un engin téléguidé.
Selon la marine, le navire saisi près de la ville de Santa Marta (Nord) appartenait au clan del Golfo, le plus grand groupe de narcotrafiquants du pays. Il ne transportait pas de drogue, mais, selon les autorités et une source sécuritaire dans la région interrogée par l’Agence France-Presse (AFP), il s’agissait vraisemblablement d’un test mené par le cartel.
Le semi-submersible était équipé d’une technologie conçue « pour éviter les radars », a expliqué l’amiral Juan Ricardo Rozo, commandant de la marine, en présentant à la presse les résultats d’une opération internationale, baptisée « Orion ». Cette découverte démontre l’utilisation par des groupes criminels de « systèmes plus sophistiqués », qui sont « un défi croissant pour la sécurité maritime internationale », a souligné le commandant de la marine.
Recours à des experts en technologie et des ingénieurs
Des images partagées par la marine montrent un semi-submersible gris avec une antenne satellite installée à sa proue. Une porte-parole de la marine a confirmé à l’AFP que l’antenne provenait du fournisseur d’Internet par satellite Starlink, propriété d’Elon Musk.
Les puissants cartels mexicains, qui opèrent en Colombie, « ont engagé des experts en technologie et des ingénieurs pour développer un sous-marin sans pilote » dès 2017, a déclaré, à l’AFP, Juana Cabezas, chercheuse à l’Institut des études pour le développement et la paix en Colombie (Indepaz). « Leur idée était qu’il puisse (…) traverser le Pacifique et ensuite décharger automatiquement la drogue afin que les gens puissent la récupérer et la transférer sur d’autres sous-marins sans pilote. »
Les semi-submersibles autonomes, qui sont partiellement immergés, compliquent les efforts des autorités pour identifier les barons de la drogue responsables des expéditions de cocaïne.
Un nombre presque record de ces sous-marins a été intercepté dans l’Atlantique et le Pacifique en 2024, selon le groupe de réflexion InSight Crime, sis aux Etats-Unis. En novembre 2024, 5 tonnes de cocaïne colombienne ont été découvertes sur un semi-submersible en route vers l’Australie.
« Le fait que cette saisie semble avoir été une “phase de test”, sans cocaïne à bord, démontre la volonté des trafiquants d’investir dans la recherche et le développement pour de nouvelles méthodes de contrebande », a relevé, auprès de l’AFP, Henry Shuldiner, chercheur d’InSight Crime.
Des officiers de la gendarmerie serbe lèvent un barrage routier après un rassemblement massif à Belgrade, le 30 juin 2025. DARKO VOJINOVIC/AP
Après avoir bloqué sans succès, depuis plus de six mois, toutes les universités de Serbie, le vaste mouvement anticorruption étudiant qui secoue ce pays des Balkans est à un tournant. Face à un pouvoir qui refuse d’écouter leurs revendications et multiplie les arrestations, les étudiants ont appelé, lundi 30 juin, les Serbes à basculer dans la « grève générale » et la « désobéissance civile », en organisant notamment des actions de blocage d’axes routiers à travers tout ce pays de 6,6 millions d’habitants.
« Le gouvernement illégitime, dirigé par le tyran [le président] Aleksandar Vucic, a révélé son vrai visage par une répression sans précédent et une brutalité policière extrême contre son propre peuple », ont estimé les étudiants sur Instagram, le principal moyen de communication de ce mouvement sans leader, au lendemain d’une nouvelle manifestation monstre. Samedi 28 juin, la journée de mobilisation, qui a réuni près de 140 000 personnes, s’est terminée pour la première fois par des affrontements entre des manifestants et la police.
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Des chasseurs F-16 de l’armée de l’air ukrainienne au-dessus d’un système de défense aérienne et antimissile Patriot en Ukraine, le 4 août 2024. EFREM LUKATSKY/AP
Le ciel de l’Ukraine s’est nettement assombri, mercredi 2 juillet, à l’annonce d’une « pause » dans la livraison de systèmes antiaériens américains cruciaux pour faire face à la pluie de missiles et de drones lancés quotidiennement par la Russie. Après avoir fait planer le doute lors du sommet de l’OTAN, les 24 et 25 juin à La Haye (Pays-Bas), Donald Trump a mis à exécution sa menace pour « donner la priorité aux intérêts américains », selon la porte-parole adjointe de la Maison Blanche, Anna Kelly.
Cette décision, soutenue par le sous-secrétaire à la défense, Elbridge Colby, fervent défenseur du pivot américain vers l’Asie et très influent au Pentagone, a été avalisée, mercredi, par le secrétaire à la défense, Pete Hegseth. Elle prévoit une suspension de la livraison à l’Ukraine de missiles antimissiles Patriot, mais aussi d’obus d’artillerie de 155 mm, de missiles sol-sol GMLRS, de missiles antichars Hellfire, de missiles sol-air Stinger et de missiles air-air pour les avions F-16.
La Russie s’est aussitôt réjouie. « D’après ce que nous comprenons, cette décision a été motivée par (…) un manque d’armes dans les entrepôts. Mais, quoi qu’il en soit, moins il y a d’armes fournies à l’Ukraine, plus la fin de l’“opération militaire spéciale” est proche », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
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P. Diddy lors des MTV Video Music Awards, au Prudential Center, à Newark (New Jersey), le 12 septembre 2023. NOAM GALAI / GETTY IMAGES VIA AFP
Revers pour le mouvement MeToo. Malgré les images de violence et les témoignages de cruauté, le magnat du rap Sean Combs, dit P. Diddy, a été acquitté, mercredi 2 juillet, par un tribunal fédéral de New York des charges de trafic sexuel portées contre lui par le procureur de Manhattan sur la foi du témoignage de deux de ses anciennes compagnes, dont la chanteuse Casandra Ventura.
Le puissant producteur, dont les fêtes étaient courues dans le monde du spectacle, de New York à Hollywood, a également échappé à l’accusation la plus lourde, celle d’association de malfaiteurs, qui aurait pu lui valoir la prison à vie. Il n’a été condamné que pour deux des cinq chefs d’accusation, concernant le transport de personnes en vue de prostitution.
La chute de « Diddy » avait fasciné le milieu du divertissement, tétanisé comme l’avait été dix ans plus tôt le monde du cinéma et de la politique par celle du producteur de cinéma Harvey Weinstein, autre familier des tapis rouges. Avant la lecture du verdict, le rappeur s’est tourné vers sa famille, dont son fils, King, et sa mère, Janice, assis au premier rang, et les a invités à prier. Selon les dessins réalisés à l’audience – les caméras ne sont pas admises dans un procès fédéral –, il portait une tenue « civile » ordinaire, après avoir obtenu le droit de se soustraire à l’uniforme orange des détenus. Il a exprimé son soulagement d’un geste des mains jointes en direction du ciel – et du juge Arun Subramanian. « Ce jury a rendu sa vie à M. Combs », s’est félicité Marc Agnifilo, le chef de l’équipe de ses huit avocats.
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Pour être supportable, la vie de bureau exige un minimum de créativité conversationnelle. Quand vous rentrez dans un ascenseur, il faut être capable de rebondir sur un petit détail pour briser la glace et huiler la mécanique des rapports sociaux. En période de canicule, cette mécanique est réduite à sa plus simple expression. Accablés par les températures, on se regarde d’un air liquéfié : « Fait chaud, non ?! » Ben ouais, fait chaud.
Comme l’a expliqué le sociologue américain Erving Goffman (1922-1982), nos comportements se déploient dans un enchâssement de cadres naturels et sociaux. Pour être en mesure de tenir une conversation d’open space potable, il faut que nos variables vitales soient en état de fonctionner, et c’est pour cette raison que les phénomènes climatiques n’induisent pas tous les mêmes discours.
Le froid est piquant et permet tout un tas de variations. Il fait naître la perspective de contre-mesures – un chocolat fumant, la ressortie de sa plus belle doudoune sans manches – qui sont autant d’occasions de partager un bon mot. La chaleur, elle, annihile toute velléité de créativité dialogique et nous fait toucher du doigt l’inhabitabilité de notre monde. Il n’y a plus de glace à briser (tout a fondu). On perçoit, dans le « fait chaud », un mélange curieux de dépit et de redécouverte, qui traduit l’ampleur de notre déni climatique. Le réchauffement, on le met sous le tapis pendant l’hiver, on part en avion se revigorer aux antipodes, en espérant slalomer au mieux entre les pics de chaleur l’été venu. Mais une fois que le « fait chaud » est là, c’est notre « devenir-cadavre » et celui de nos enfants qui nous saute à la figure.
Dans ce climat (suffocant), on tente néanmoins de positiver. L’avantage du « fait chaud », pourrait-on penser de prime abord, c’est qu’il traduit un unanimisme des ressentis. On aurait tous identiquement chaud, on serait enfin tous d’accord. Il n’y a rien de plus faux. Comme beaucoup de choses en entreprise, la température est l’objet d’une bataille concrète et symbolique, voire d’une forme d’appropriation. Le « fait chaud » s’est ainsi doublé d’un discours parallèle de la part des mecs se plaignant de ne pas pouvoir porter de short (j’en sais quelque chose, j’ai fait un article-manifeste à ce propos il y a quinze jours).
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De gauche à droite, les leaders d’extrême droite tchèque, Tomio Okamura, autrichien, Harald Vilimsky, italien, Matteo Salvini, allemand, Tino Chrupalla, et bulgare, Kostadin Kostadinov, à l’issue d’une convention des dirigeants du groupe européen Identité et démocratie, à Florence, le 3 décembre 2023. ANDREAS SOLARO/AFP
L’affaire des assistants parlementaires fictifs du Rassemblement national (RN) est à peine jugée que le parti d’extrême droite et ses alliés se retrouvent au cœur d’un nouveau scandale de détournement d’argent public au détriment du Parlement européen, selon une enquête du Monde, en collaboration avec l’émission allemande d’investigation « Kontraste », le magazine allemand Die Zeit et l’hebdomadaire autrichien Falter.
Le groupe parlementaire Identité et démocratie (ID), qui rassemblait une dizaine de partis d’extrême droite lors de la dernière mandature (2019-2024), est accusé de dépenses irrégulières au détriment du budget du Parlement de Strasbourg pour un montant total d’au moins 4,33 millions d’euros – comparable au préjudice financier causé par l’affaire des emplois fictifs d’assistants parlementaires (4,5 millions d’euros). Une grande partie de cette somme a profité à d’anciens militants radicaux proches de Marine Le Pen, bénéficiaires de juteux contrats passés sans véritables appels d’offres, et à des associations souvent proches des élus ou des causes d’extrême droite.
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Le symptôme, constaté depuis des années, préoccupe les responsables politiques : Paris perd des habitants. A moins d’un an des élections municipales, le sujet s’installe comme l’un des thèmes de campagne : pour l’opposition, c’est le signe d’une mauvaise politique municipale ; pour la majorité en place, c’est, au contraire, la preuve qu’il faut en faire plus, quitte à prôner, comme le candidat écologiste David Belliard, une « désobéissance municipale » pour réquisitionner des logements vides.
Après examen des données historiques, géographiques et économiques, l’on peut se demander si les uns comme les autres ne se trompent pas en s’acharnant sur le mal pris de façon isolée, plutôt que de s’y attaquer en prenant en compte tout son environnement.
L’histoire démographique de Paris, c’est d’abord celle d’une capitale éponge qui s’est gorgée d’habitants jusqu’au trop-plein. Au début du XIXᵉ siècle, la ville a connu une croissance démographique annuelle de 1,5 %, puis a gonflé de 600 000 nouveaux habitants en 1860, lors de l’annexion d’une partie des communes de la banlieue.
Capitale la plus dense d’Europe
Juste avant les transformations haussmanniennes, le centre-ville est dense et insalubre. Dès 1872, il commence à se vider au profit des arrondissements limitrophes qui gagnent en habitants jusqu’en 1911, avant de décliner à leur tour vers les secteurs périphériques. Entre 1861 et 1999, la population correspondant aux quatre premiers arrondissements actuels chute de 380 000 à 101 000 habitants tandis que le 15ᵉ arrondissement grimpe de 56 000 à 225 460.
En 1921, Paris est à son maximum, à un peu moins de 3 millions de résidents. La densité de la population est alors équivalente à celle que connaît aujourd’hui Calcutta, en Inde. Pourtant, le nombre d’habitants reste stable jusqu’à l’après-guerre. Est-ce uniquement parce que la ville est attractive et dynamique ? Ou aussi parce que les habitants sont assignés à résidence près de leur emploi, avec des moyens de transport limités et un marché du travail qui n’a pas muté vers le secteur tertiaire ?
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Réfection du toit d’un immeuble, à Lyon, le 30 juin 2025. OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Alors que la quasi-totalité de la France vient de suffoquer sous une canicule éprouvante, avec des températures dépassant les 41 °C, le Haut Conseil pour le climat (HCC) publie son septième rapport annuel, jeudi 3 juillet, et appelle à un « sursaut collectif pour relancer l’action climatique ». L’instance indépendante chargée d’évaluer les politiques climatiques regrette que le rythme de décarbonation ait « beaucoup ralenti » en 2024 et déplore les reculs environnementaux « inquiétants » et les « retards importants » du cadre de l’action publique en matière de climat. Conséquence : la France n’est pas sur les rails pour tenir ses objectifs climatiques.
En 2024, les émissions de gaz à effet de serre ont seulement baissé de 1,8 %, contre − 6,8 % en 2023. Le décrochage concerne tous les secteurs, sauf celui de la production d’énergie. De surcroît, 70 % de la réduction atteinte en 2024 provient de facteurs conjoncturels, comme un hiver doux qui a limité l’usage du chauffage, la baisse du cheptel bovin du fait de conditions socio-économiques difficiles ou la pluviométrie élevée, qui a augmenté la production hydroélectrique. La part liée aux réformes structurelles s’est considérablement réduite comparée à 2023.
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Bien que l’air soit devenu plus respirable sur une large partie du pays, la France n’en a pas encore fini avec la vague de chaleur. La région Rhône-Alpes, le pourtour méditerranéen et la Corse subissent toujours des températures élevées, avec 17 départements en vigilance orange canicule jusqu’à vendredi, a précisé Météo-France, jeudi 3 juillet.
Les départements qui restent concernés par la vigilance orange sont le Rhône, la Haute-Savoie, la Savoie, l’Isère, la Drôme, l’Ardèche, le Vaucluse, le Gard, les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, le Var, les Bouches-du-Rhône, l’Hérault, l’Aude, les Pyrénées-Orientales ainsi que les deux départements de Corse.
A Paris, le 30 juin 2025. CAMILLE MILLERAND/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »
« Jeudi et vendredi, les très fortes chaleurs vont progressivement se restreindre au quart sud-est de la France, où les maximales atteindront encore 32 à 36 °C, voire ponctuellement jusqu’à 38 °C », déclare le service météorologique dans son bulletin de 6 heures.
« En cette fin de nuit, les températures ont baissé de manière significative en dessous de 20 °C sur une moitié nord-ouest du pays, tandis qu’elles sont encore souvent comprises entre 20 et 25 °C en plaine au sud d’une ligne La Rochelle-Strasbourg », ajoute Météo-France.
La majeure partie du territoire a connu mercredi la dernière journée d’un épisode de canicule qui restera dans les annales par sa précocité, sa durée et ses records de températures.
La « carte de la pollution éternelle » a été construite par Le Monde et ses dix-sept partenaires de l’enquête collaborative internationale « Forever Pollution Project ». Elle montre pour la première fois l’étendue de la contamination de l’Europe par les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), une famille de composés ultratoxiques employés dans une multitude de produits et d’usages. Persistants dans l’environnement, ces « polluants éternels » accompagneront l’humanité pendant des centaines, voire des milliers d’années.
Nos chiffres et le contenu de la carte ont été mis à jour en février 2024 pour intégrer de nouvelles données concernant des sites contaminés en Espagne et en Belgique.
Ce que montre cette carte
Notre carte montre les usines de production de PFAS, certains sites où ils sont utilisés, ainsi que les sites où une contamination a été détectée et ceux où elle est présumée.
Ces usines chimiquessynthétisent des PFAS, qui seront ensuite employés dans de nombreux secteurs.
Près de 23 000 sites où une contamination a été détectée
Chacun de ces sites a fait l’objet de prélèvements dans l’eau, dans les sols ou dans des organismes vivants, effectués par des équipes scientifiques et des agences environnementales entre 2003 et 2023. Ces mesures ont relevé la présence de PFAS à des doses égales ou supérieures à 10 nanogrammes par litre (ng/l).
232 utilisateurs de PFAS
Ces sites industriels utilisent des PFAS pour fabriquer des plastiques « haute performance », des peintures et des vernis, des pesticides, des textiles imperméabilisés, d’autres produits chimiques, etc.
Près de 21 500 sites présumés contaminés
Il s’agit de sites dont l’activité industrielle, exercée actuellement ou par le passé, est documentée comme à la fois utilisatrice et émettrice de PFAS. Les bases militaires, par exemple, sont de grandes utilisatrices de mousses anti-incendie « AFFF », qui contiennent des PFAS. Tout comme la fabrication de certains plastiques appelés fluoropolymères requiert l’emploi de PFAS.
Si la contamination de ces sites est probable, aucun prélèvement dans l’environnement n’a été effectué pour le confirmer.
Plus 2 305 « hot spots »
On parle de « hot spot » lorsque la concentration de PFAS détectée sur un site atteint un niveau que les experts estiment dangereux pour la santé (100 ng/l). Problème : des dizaines, parfois des centaines de prélèvements sont effectués par les autorités autour d’un endroit identifié comme l’« épicentre » d’une contamination – c’est le cas par exemple des usines de 3M à Zwijndrecht (Belgique) et de Chemours à Dordrecht (Pays-Bas) –, mais cela ne fait pas de chacun de ces points un hot spot en soi.
Afin de réduire au maximum le nombre de ces possibles « faux positifs », nous avons regroupé dans des « clusters » des points proches géographiquement. Ce calcul nous a conduits à évaluer le nombre de hot spots à plus de 2 100 dans toute l’Europe.
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Une collecte inédite de données
Pour constituer notre carte, nous avons agrégé des données issues de multiples sources d’information, pour certaines non publiques. Ces données nous ont permis de localiser les sites de contamination détectée. Afin d’identifier les sites présumés contaminés, nous avons adapté la méthodologie d’un groupe de chercheurs qui a réalisé un travail similaire dans le but de cartographier la contamination aux Etats-Unis : le PFAS Project Lab (Boston) et le « PFAS Sites and Community Resources Map ». A la fois guides et conseillers, sept experts nous ont permis de faire l’expérience d’une forme de « peer-reviewed journalism », sur le modèle des travaux scientifiques validés par des pairs, pour mener cette enquête d’un genre nouveau.
Une méthodologie validée par des scientifiques
L’objectif de cette « carte de la pollution éternelle » est de mettre à disposition des données sur les sites où une contamination par des substances per- et polyfluoroalkylés (PFAS) a été détectée et sur les sites susceptibles d’être contaminés en Europe.
Nos principaux buts sont d’informer le public et de procurer des données aux membres des communautés touchées par cette pollution, aux chercheurs et aux régulateurs, mais aussi de contribuer à la construction des connaissances sur la contamination par les PFAS dans une perspective d’intérêt général. Les sites susceptibles d’être contaminés pourraient ainsi être désignés comme prioritaires par les pouvoirs publics pour effectuer des campagnes de prélèvements et pour élaborer des plans d’action à des fins de protection du public.
Cette carte reflète des informations recueillies au mieux de nos compétences et de nos ressources journalistiques. En raison de l’absence de prélèvements généralisés pour détecter les PFAS dans l’environnement, l’ampleur réelle de la contamination est largement sous-représentée.
Le nombre de sites identifiés dans chaque pays et chaque région reflète la quantité de tests effectués par les autorités ou par des scientifiques, ainsi que l’amplitude de la contamination par les PFAS. Pour certaines localisations, que des données de prélèvement ont identifiées comme contaminées, l’origine de la pollution n’est pas connue. Si certains pays ou certaines régions semblent comporter de nombreux sites contaminés, c’est parce que des initiatives de prélèvements exhaustifs y ont été déployées pour identifier la pollution et y remédier. A l’inverse, si des pays ou des régions comportent peu de sites contaminés, c’est probablement parce que moins de prélèvements y ont été réalisés et qu’ils ignorent l’existence d’autres sites pollués. Enfin, certaines localisations peuvent présenter des données incomplètes ou manquantes en raison d’un déficit d’information accessible au public.
Par conséquent, certains des sites présumés contaminés qui figurent sur la carte ne sont pas pollués par des PFAS, et des lieux qui le sont n’y apparaissent pas.
Si vous faites référence à des informations extraites de cette carte, merci de créditer le « Forever Pollution Project »,d’inclure l’adresse du site Web de ce projet cartographique (lemde.fr/PFASmap) et de nous en informer. La carte ne sera pas systématiquement mise à jour au-delà du 1er mars 2023. Si vous souhaitez corriger des informations inexactes, incorrectes ou obsolètes, ou fournir des données supplémentaires, veuillez contacter Stéphane Horel à : horel[@]lemonde.fr.
Remerciements
Notre méthodologie de recherche s’est appuyée sur une méthodologie évaluée par les pairs, élaborée par le PFAS Project Lab (Boston, Etats-Unis) et leurs collègues de la « carte des sites et ressources communautaires PFAS » (un effort conjoint de l’équipe de recherche PFAS-REACH qui comprend Northeastern, Silent Spring Institute, Michigan State University,Testing for Pease, Massachusetts Breast Cancer Coalition et Slingshot), ainsi que sur les conseils et les commentaires des scientifiques suivants : Alissa Cordner (Whitman College, Walla Walla, Etats-Unis), Derrick Salvatore (Massachusetts Department of Environmental Protection, Etats-Unis), Phil Brown et Kimberly K. Garrett (Northeastern University, Boston, Etats-Unis), Ian Cousins (Stockholm University, Suède), Gretta Goldenman (Global PFAS Science Panel, Bruxelles) et Martin Scheringer (ETH Zürich, Suisse).
Voir plus Voir moins
Il est important de noter que nous avons systématiquement adopté l’approche la plus prudente possible. A cela s’ajoutent un manque de données et une absence de prélèvements exhaustifs dans chacun des pays européens. Ainsi, aussi impressionnant qu’il soit, le nombre de sites contaminés et présumés contaminés que montre notre carte est très largement sous-estimé.
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Cette carte n’aurait pu être réalisée sans les contributions majeures de nos collègues Sarah Pilz (Allemagne), Catharina Felke (NDR, Allemagne), Nadja Tausche (Süddeutsche Zeitung, Allemagne), Gianluca Liva (Radar Magazine, Italie), Leana Hosea et Rachel Salvidge (Watershed Investigations, Royaume-Uni).
Vous pouvez télécharger le jeu de données que nous avons constitué pour développer la carte. Il inclut les coordonnées de géolocalisation de chacun des sites. Pour des travaux de recherche, nous vous recommandons cependant d’utiliser le jeu de données détaillé qui contient les valeurs mesurées pour tous les PFAS et répertorie toutes nos sources.
En janvier 2024, à partir des données du Forever Pollution Project, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a lancé le projet PFAS Data Hub. Vous y trouverez un inventaire mis à jour régulièrement et complété avec de nouvelles sources d’information.
️ Nous avons corrigé des erreurs dans les données depuis la publication de l’enquête. Veillez à bien télécharger les versions les plus récentes du jeu de données et de la méthodologie.
Ces données sont librement réutilisables à condition de faire référence au « Forever Pollution Project » et à cette page, et de nous en informer à l’adresse horel[@]lemonde.fr. Mise à jour du 14 mars 2023 : mise à jour du lien de téléchargement des données. Mise à jour du 5 février 2024 : intégration de nouvelles données concernant des sites contaminés en Espagne et en Belgique. Mise à jour du 23 octobre 2024 : ajout de la mention du PFAS Data Hub.
Nos révélations sur les PFAS, ces « polluants éternels »