En Allemagne, Sahra Wagenknecht, leader d’un parti de gauche radicale, fait des appels du pied à l’AfD

Sahra Wagenknecht, au Bundestag, à Berlin, le 13 mars 2025. TOBIAS SCHWARZ/AFP

Phénomène politique dans l’est de l’Allemagne, Sahra Wagenknecht, fondatrice du mouvement de gauche radicale auquel elle a donné son nom Bündnis Sahra Wagenknecht (BSW), pourrait-elle s’allier avec le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), lui permettant ainsi de gouverner dans certains Länder ? Des déclarations ambiguës prononcées par les dirigeants des deux partis semblent indiquer des réflexions en ce sens qui, si elles se confirment, représenteraient un tournant pour le parti d’extrême droite, en particulier dans la perspective des élections régionales de 2026. Bien que l’AfD soit arrivée deuxième aux élections fédérales du 23 février et qu’elle occupe depuis un quart des sièges au Bundestag, aucun parti ne veut pour l’instant former de coalition avec elle, ni au niveau fédéral, ni au niveau régional.

C’est le coprésident de l’AfD, Tino Chrupalla, qui a ouvert le front sur Welt TV vendredi 3 juillet affirmant que des discussions avaient déjà lieu avec le BSW, concernant en particulier « la manière dont on peut changer les majorités », a-t-il détaillé. « Si vous me demandez si je parlerais aussi avec M. Chrupalla s’il y avait une raison concrète de le faire (…) : oui, bien sûr », a répondu de son côté Sahra Wagenknecht à l’agence de presse allemande DPA, sans confirmer l’existence de discussions.

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Santé : faut-il s’assurer lors d’un séjour à l’étranger ?

Difficile de faire le tri parmi les différentes offres d’assurance en cas de frais médicaux à l’étranger. Pour des vacances en Europe, le premier réflexe doit être de commander la carte européenne d’assurance-maladie (CEAM) sur le site Ameli. Gratuite et valable deux ans maximum, elle offre une prise en charge de soins survenus à l’occasion de séjours temporaires dans l’Union européenne, en Norvège, au Liechtenstein, en Islande, en Suisse et au Royaume-Uni. Et ce, dans les mêmes conditions que pour les assurés du pays concerné.

Un vacancier en Espagne n’aura donc rien à payer si les soins prodigués sont gratuits pour les résidents. S’il s’agit d’une prestation payante, il devra avancer les frais puis demander le remboursement sur place ou une fois de retour en France. La CEAM est aussi valable pour les frais médicaux liés à des maladies chroniques, à une grossesse ou à un accouchement, à condition qu’ils ne soient pas programmés.

Attention, cependant, « les plafonds de prise en charge dépendent des tarifs servant de base de remboursement dans les pays. La carte ne gère pas non plus le rapatriement », prévient Olivier Moustacakis, cofondateur du comparateur en ligne Assurland. L’assuré n’est donc pas à l’abri de dépassements d’honoraires, potentiellement plus importants que ceux pratiqués en France.

Garanties des partenaires des banques

Dans certains cas, la carte bancaire peut être un bon complément. Ce moyen de paiement est en général associé à un ensemble de garanties d’assurance et d’assistance proposées par les partenaires des banques, tels Europ Assistance ou Mondial Assistance. Les plafonds d’avance et de remboursement des soins hospitaliers immédiats sont plus ou moins élevés : 11 000 euros maximum pour les Visa et MasterCard classiques, jusqu’à 155 000 euros pour les cartes Gold – une fois les parts de la Sécurité sociale et de la complémentaire santé déduites.

Gare aux subtilités : « Il faut avoir payé le voyage avec la carte pour bien avoir droit à l’assurance », prévient Francine Abgrall, directrice de la ligne métier voyage chez Europ Assistance France. Qui plus est, « ces garanties ne sont valables que pour les séjours de moins de quatre-vingt-dix jours. Les soins dentaires, ou liés aux maladies chroniques ou aux blessures survenues dans la pratique de sports extrêmes ne sont généralement pas couverts », complète Olivier Moustacakis.

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En Pologne, le soutien à l’entrée de l’Ukraine dans l’UE s’érode

Les partisans du président élu Karol Nawrocki devant le bâtiment de la Cour suprême à Varsovie, en Pologne, le mardi 1er juillet 2025. CZAREK SOKOLOWSKI / AP

Soutien de premier plan de l’Ukraine depuis l’invasion de ce pays par la Russie, le 24 février 2022, la Pologne n’a pas su profiter de sa présidence du Conseil de l’Union européenne (UE) qui s’est achevée le 30 juin pour rapprocher Kiev de Bruxelles. En décembre 2024, le premier ministre polonais, Donald Tusk, espérait ouvrir au moins un chapitre des négociations pour l’entrée de l’Ukraine dans l’UE et affirmait : « Si ça ne dépendait que de la Pologne, le processus durerait un seul jour. » Il n’en a rien été. Ces étapes, indispensables à l’adhésion, nécessitent une décision à l’unanimité des Etats membres, or la Hongrie ne cache pas son opposition au projet. La perspective s’est compliquée encore davantage avec l’élection en Pologne d’un président très ambivalent sur le sujet.

Victorieux le 1er juin avec 50,89 % des voix, le nationaliste Karol Nawrocki, soutenu par le parti ultraconservateur Droit et justice (PiS), s’est engagé pendant la campagne à s’opposer à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Une semaine après le scrutin, dans son premierentretien à un média étranger, en l’occurrence le journal Mandiner, proche du Fidesz, le parti du premier ministre hongrois, Viktor Orban, il a affirmé que « la Pologne et la Hongrie doivent défendre leurs intérêts vis-à-vis de l’Ukraine ». Le 30 juin, il a nuancé son propos en considérant que l’Ukraine devait remplir les attentes et les normes européennes avant de prétendre à une adhésion, ce qui est l’objectif des négociations d’adhésion, qui prennent généralement des années.

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Intelligence artificielle : les échanges aigres-doux entre Sam Altman et Mark Zuckerberg, nouveaux rivaux de la tech

Sam Altman, PDG d’OpenAI, au mariage du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, et de Lauren Sanchez, à Venise, le 27 juin 2025. MARCO BERTORELLO / AFP

« Les missionnaires battront les mercenaires. » C’est l’une des piques lancées par Sam Altman à Mark Zuckerberg, dans un mémo adressé aux salariés d’OpenAI et relaté mardi 1er juillet dans la presse américaine. Ici, les mercenaires sont les nouveaux ingénieurs en intelligence artificielle (IA) qui rejoignent ces dernières semaines Meta après avoir été débauchés personnellement par son fondateur… notamment chez OpenAI. Le PDG de la start-up d’IA, selon lequel M. Zuckerberg a offert à certaines recrues potentielles un bonus de 100 millions de dollars (84,8 millions d’euros), pense, lui, employer des « missionnaires » et prédit à l’avenir pour Meta « des problèmes culturels très profonds » en raison de ces transferts intéressés.

« Meta se comporte de façon inélégante »,tacle M. Altman. Cette entreprise de débauchage donne l’impression que « quelqu’un s’est introduit dans notre domicile et a volé quelque chose »,avait déjà regretté dans un autre message interne le directeur de la recherche, Mark Chen.Le fondateur d’OpenAI estime aussi que sa start-up restera, elle, réservée à l’IA, « bien après que Meta aura migré vers la prochaine vogue technologique du moment ».

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Grève de contrôleurs aériens : les compagnies aériennes appelées à annuler 40 % des vols dans les aéroports parisiens vendredi

Des avions garés sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, dans le Val-de-Marne, mercredi 1ᵉʳ avril 2020. FRANCOIS MORI / AP

Les compagnies aériennes sont appelées à annuler 40 % de leurs vols au départ ou à l’arrivée des aéroports de Paris – Charles-de-Gaulle et Orly vendredi, veille des vacances d’été, en raison d’une grève de contrôleurs aériens, a annoncé la direction générale de l’aviation civile (DGAC), mercredi 2 juillet.

Cette exigence de l’administration est plus élevée que celle de jeudi, premier jour de mouvement social, quand seulement un quart des vols seront supprimés dans les aéroports parisiens. A Nice, troisième plateforme française, ces annulations concerneront vendredi la moitié des liaisons, comme jeudi.

Le ministre des transports, Philippe Tabarot, s’est dit mercredi « résolu à tenir bon » face aux syndicats de contrôleurs aériens qui ont appelé à faire grève, et a dénoncé leurs revendications « inacceptables ». « Je sais combien ces mouvements de grève sont coûteux pour vos compagnies aériennes », a-t-il affirmé en clôturant le congrès annuel de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers, porte-voix du secteur. « Les revendications portées par des syndicats minoritaires sont inacceptables, tout comme le choix de faire cette grève au moment des grands départs en congés », a-t-il ajouté.

L’appel à la grève a été lancé par l’UNSA-ICNA et l’USAC-CGT, qui ont recueilli respectivement 17 % et 16 % des voix aux dernières élections. Le syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA), majoritaire, ne s’est pas joint au mouvement.

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La pratique des clairances remise en question

L’UNCA-ICNA « dénonce un management toxique et la défaillance dans la conduite des projets », soulignant également un « non-rattrapage de l’inflation ». L’USAC-CGT réclame, de son côté, « l’arrêt de la politique dogmatique de suppression annoncée du service du contrôle aérien dans plus d’une vingtaine d’aérodromes », en référence à la vaste réforme des services de navigation aérienne qui pourrait se traduire par la fermeture du quart des tours de contrôle entre 2028 et 2035, sachant que la France compte « trois à quatre fois plus de tours de contrôle que partout ailleurs en Europe », pointe la DGAC.

Les syndicats souhaitent également une harmonisation des rémunérations par rapport aux voisins européens. Les aiguilleurs français sont payés en moyenne5 000 euros net par mois, soit deux à trois fois moins que dans les grands pays du continent, relève le SNCTA.

Autre motif de la mobilisation : « Le contrôle de présence des contrôleurs », selon les termes de la DGAC. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a, en effet, recommandé en 2023, la mise en place de badgeuses biométriques pour contrôler la présence des aiguilleurs du ciel sur leur lieu de travail, après une collision évitée de justesse, à l’aéroport de Bordeaux-Merignac, entre un Airbus et un avion de tourisme en 2022.

En cause, les aiguilleurs du ciel, pas assez nombreux dans la tour de contrôle de l’aéroport et occupés à d’autres tâches, avaient, un instant, oublié la présence du petit aéronef. Pour le BEA, cet incident est directement lié à la pratique de la clairance : des contrôleurs qui, face à un trafic plus faible que prévu, s’autorisent des absences non déclarées.

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Le Monde avec AFP

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La loi Duplomb sur l’agriculture validée au Sénat, avant l’ultime vote à l’Assemblée nationale

Laurent Duplomb, au Sénat, à Paris, le 11 février 2025. ALAIN JOCARD/AFP

La proposition de loi sur l’agriculture des sénateurs Laurent Duplomb (Les Républicains) et Franck Menonville (UDI, centre) a passé sans encombre le cap du Sénat, mercredi 2 juillet, dans sa version définitive toujours très critiquée, obtenant un large soutien avant un ultime vote prévu à l’Assemblée nationale mardi 8 juillet.

Le texte qui vise à « lever les contraintes » des agriculteurs, passé lundi par une commission mixte paritaire (CMP) qui avait permis l’écriture d’un texte de compromis entre députés et sénateurs, a été adopté à 232 voix contre 103 à la Chambre haute. Il reste donc une étape avant la fin du cheminement parlementaire de cette proposition de loi : le vote final de l’Assemblée nationale, prévu mardi à 16 h 30.

Même si l’hémicycle du Palais-Bourbon réserve plus de surprises que la Haute Assemblée, une nette majorité semble néanmoins se dégager sur ce texte commun, soutenu durant la CMP par les représentants de l’ensemble du bloc central et du Rassemblement national.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Loi Duplomb sur l’agriculture : députés et sénateurs actent de nombreux reculs écologiques

Réintroduction dérogatoire d’un pesticide interdit en France, relèvement des seuils d’autorisation environnementale pour les bâtiments d’élevage, facilitation des constructions relatives au stockage de l’eau… Les mesures de « simplification » demandées de longue date par une partie du monde agricole – dont la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Jeunes Agriculteurs (JA), Coordination rurale – figurent dans ce texte. Pour la gauche, elles sont autant de « lignes rouges » franchies sur la préservation de l’environnement.

Reculs écologiques

Le sénateur écologiste Daniel Salmon a ainsi fustigé un vote qui permettra de « détruire notre environnement et notre santé, tout cela pour répondre aux exigences de profits de quelques-uns ». La gauche a promis un recours au Conseil constitutionnel en cas d’adoption définitive.

A l’opposé, la majorité sénatoriale, une alliance entre la droite et les centristes, soutenue mercredi par l’ensemble des groupes de l’ex-majorité présidentielle, a pu se satisfaire d’un texte final qui conserve de nombreuses mesures issues du Sénat. Le coauteur du texte, Franck Menonville, a ainsi salué « un grand jour pour notre agriculture et nos agriculteurs », avec une loi qui « allège les contraintes qui les asphyxient au quotidien ».

« La colère de l’hiver dernier est entendue et ce texte est sur le point d’y répondre », a apprécié la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, pour qui ce vote « marquera une étape décisive dans la reconquête de notre souveraineté alimentaire ».

La FNSEA, principal syndicat agricole, et ses alliés des JA avaient salué avant le vote un texte qui « constitue un socle juridique solide et raisonné pour redonner de la visibilité à une profession aujourd’hui acculée ». A l’inverse, la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, s’insurge contre ce texte et a multiplié les mobilisations, dénonçant une « loi mortifère au service du libre-échange ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Agriculture : « La proposition de loi Duplomb favorise les plus puissants et oublie les plus modestes »

Le Monde avec AFP

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Logement des étudiants : la Cour des comptes reproche à l’Etat de naviguer à vue

Une résidence étudiante, à Suresnes (Hauts-de-Seine), le 1er décembre 2023. JULIEN DE ROSA / AFP

Le constat est inattendu : la hausse de 25 % de la population étudiante entre 2012 et 2023 n’a pas déstabilisé l’offre de logements à destination des étudiants. Sous l’effet conjugué du versement des aides personnalisées au logement (APL) à l’ensemble des étudiants et de l’extension du parc à vocation sociale, « le choc démographique a été absorbé », relève la Cour des comptes dans un rapport consacré au soutien public au logement des étudiants, diffusé mercredi 2 juillet.

Au sein du parc de logements à vocation sociale, 245 000 places ont été recensées en 2023, soit une augmentation de 39 % en dix ans, supérieure à celle des effectifs étudiants. « Selon ces estimations, le taux d’équipement national en logements étudiants à vocation sociale, qui s’élève à 8,2 % en 2023, n’a pas connu de dégradation sur la période observée », acte la Cour. Toutefois, les plans, qui se sont succédé, n’ont pas amélioré ce taux, du « plan 40 000 » en 2012 au « plan 60 000 » en 2017 – transformé en feuille de route fin 2023 en vue d’un « plan 35 000 », jusqu’à l’annonce de 75 000 logements en 2025.

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Automobile : menace grave et imminente sur les usines d’utilitaires, selon le patron Europe de Stellantis

Un ouvrier sur la chaîne d’assemblage de l’usine Stellantis d’Hordain (Nord), le 27 octobre 2022. SAMEER AL-DOUMY/AFP

« C’est très clair : nous sommes à quelques mois d’un drame. » En marge d’une visite des chaînes de production de véhicules utilitaires de l’usine Stellantis d’Hordain (Nord), mercredi 2 juillet, Jean-Philippe Imparato, directeur de « l’Europe élargie » du constructeur aux quatorze marques, n’y va pas par quatre chemins. Si la commission européenne n’assouplit pas de toute urgence sa réglementation sur la réduction des émissions de CO₂ qui impose une part de 20 % de véhicules électriques d’ici la fin 2025 dans les ventes d’utilitaires, ça ne sera plus rattrapable. Le pourcentage d’utilitaires électriques achetés est actuellement de 9 %. Très loin du compte, donc.

M. Imparato, nommé récemment à son poste actuel par Antonio Filosa, le nouveau directeur général du groupe Stellantis, chiffre à 2,6 milliards d’euros sur trois ans, le montant des pénalités que le constructeur aurait à débourser pour ne pas atteindre ces objectifs. Et, pour lui, Bruxelles doit reculer l’échéance. « Si je paye ce malus, je crashe des usines. C’est écrit. » Ici, à Hordain où travaillent 2 600 salariés en trois équipes, le prix à payer pourrait aller jusqu’à la suppression d’une de ces trois équipes. Une saignée. L’urgence, il la qualifie d’« absolue ».

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En Iran, les otages français Cécile Kohler et Jacques Paris inculpés d’espionnage pour le compte d’Israël

Les portraits de Cécile Kohler et Jacques Paris, devant l’Assemblée nationale, à Paris, le 7 mai 2025. ABDUL SABOOR / REUTERS

Les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis plus de trois ans, sont inculpés d’« espionnage pour le Mossad », le service de renseignement extérieur israélien, de « complot pour renverser le régime » et « corruption sur terre », ont déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) une source diplomatique occidentale et l’entourage des détenus.

« Nous avons été informés de ces accusations », a affirmé la source diplomatique occidentale, ajoutant que ces accusations étaient « infondées ».

« Tout ce qu’on sait, c’est qu’ils ont vu un juge qui a confirmé ces trois chefs d’inculpation », a déclaré Noémie Kohler, sœur de Cécile Kohler. « On ignore quand [ils se sont vus notifier ces chefs d’inculpation]. Mais ils n’ont toujours pas accès à des avocats indépendants », a-t-elle ajouté, lors d’un entretien avec l’AFP, au lendemain d’une visite consulaire du chargé d’affaires de l’ambassade de France à Téhéran.

Chacun de ces trois chefs d’inculpation est passible de la peine de mort.

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Visite d’un diplomate français

Jusqu’à présent, l’Iran a affirmé que les deux Français étaient accusés d’espionnage mais il n’a jamais précisé pour quel pays. Téhéran n’a pas encore confirmé si de nouvelles accusations avaient été portées contre eux.

« Ces motifs d’inculpation, s’ils sont confirmés, sont totalement infondés », a réagi une source diplomatique française interrogée par l’AFP. « Cécile Kohler et Jacques Paris sont innocents. Aucune sentence ne nous a été communiquée et, à notre connaissance, n’a été prononcée », a-t-elle ajouté, exhortant les autorités iraniennes à autoriser Cécile Kohler et Jacques Paris à avoir accès à leurs avocats.

« Nous n’avons cessé d’exiger leur libération immédiate et inconditionnelle depuis leur arrestation, il y a plus de trois ans », a déclaré, de son côté, le porte-parole du Quai d’Orsay, ajoutant que le président de la République, Emmanuel Macron, et le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avaient « réitéré cette exigence auprès de leurs homologues iraniens à plusieurs reprises et encore ces derniers jours ».

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Mardi, Jean-Noël Barrot avait annoncé que Cécile Kohler et Jacques Paris, dont on était sans nouvelles depuis la récente frappe israélienne sur la prison Evin où ils étaient détenus, avaient reçu la visite d’un diplomate français.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Louis Arnaud, ancien otage français détenu à Evin, en Iran : « Ce n’est pas seulement une prison qui a été réduite en cendres, mais le bastion de la résistance »

« Une preuve de vie immédiatement »

Les familles et les avocats du couple avaient réclamé, vendredi, « une preuve de vie immédiatement ». « Nous ignorons tout du sort de Cécile et de Jacques, nous ignorons s’ils sont encore vivants, nous ignorons où ils sont », avait alors alerté Noémie Kohler.

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Les autorités françaises avaient précisé la semaine précédente avoir « eu l’assurance » que les deux Français n’avaient pas été blessés dans la frappe israélienne. Mais « cette information vient des autorités iraniennes », ce qui est « loin d’être une garantie », avait alerté Noémie Kohler, dont le dernier contact téléphonique avec sa sœur remonte au 28 mai.

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Cécile Kohler, professeure de lettres de 40 ans originaire de l’est de la France, et son compagnon Jacques Paris, 72 ans, ont été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d’un voyage touristique en Iran.

Le Monde avec AFP

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Les députés allongent la durée en centre de rétention administrative pour les étrangers jugés dangereux

Au centre de rétention administrative d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), le 27 juin 2025. GAIZKA IROZ / AFP

La mesure est chère au ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau. Les députés ont voté, mercredi 2 juillet, en faveur de l’allongement de la durée de maintien en centre de rétention administrative de certains étrangers jugés dangereux.

L’article a été adopté avec les voix du bloc central et du Rassemblement national contre la gauche. Le vote solennel sur l’ensemble du texte, déjà adopté au Sénat, aura lieu mardi après-midi.

La durée de rétention dans ces centres, où peuvent être enfermés des étrangers en vue de leur expulsion, est de quatre-vingt-dix jours maximum, sauf pour les étrangers ayant été condamnés pour terrorisme : elle peut alors aller jusqu’à deux cent dix jours.

Le texte prévoit d’étendre cette durée de deux cent dix jours aux étrangers condamnés à une interdiction du territoire, à ceux dont le « comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public », ainsi qu’à ceux ayant été condamnés pour certains crimes ou délits graves (meurtre, viol, trafic de stupéfiants, vol aggravé avec violences…).

Sont également concernés, avec l’adoption d’un amendement du rapporteur Olivier Marleix (Les Républicains, Eure-et-Loir), les étrangers faisant l’objet d’une décision d’expulsion ou d’interdiction administrative du territoire, réservées à des cas graves.

Cette proposition de loi sénatoriale avait émergé après le meurtre de Philippine, étudiante retrouvée morte à Paris, en 2024. Le meurtrier présumé était un Marocain faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire, qui venait de sortir d’un centre de rétention de Metz après plusieurs années en prison.

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La gauche dénonce une mesure inutile

« A quelques jours près, l’administration détenait le laissez-passer consulaire » qui aurait permis de l’« éloigner », a déclaré le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, dans l’Hémicycle. « Quand il s’agit de négocier pied à pied avec les pays d’origine, chaque jour est compté », a-t-il ajouté.

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Mais la gauche a dénoncé une mesure inutile. « Si l’Etat demeure impuissant à faire expulser une personne sous OQTF à l’issue d’une incarcération de plusieurs années, qui peut croire un instant qu’il y parviendra mieux pendant les quelques mois de rétention supplémentaires ? », a lancé la députée Céline Hervieu (Parti socialiste, Paris).

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Le député Ugo Bernalicis (La France insoumise, Nord) a, lui, proposé un amendement pour envoyer « dix députés de droite, d’extrême droite et de la minorité présidentielle » tirés au sort dans un « stage d’immersion de trente jours » en CRA.

M. Marleix a défendu un texte « équilibré et proportionné », alors que le droit européen permet une rétention pouvant aller jusqu’à « dix-huit mois ».

Plusieurs députés ont toutefois argué que l’allongement de la durée moyenne de rétention (33 jours en 2024, le double de 2020 selon un rapport d’associations) n’a pas permis d’augmenter le taux d’expulsion.

En 2018, une loi avait doublé la durée maximale de rétention de 45 à 90 jours.

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Dans des débats houleux, les députés ont également intégré des mesures, parfois réécrites, de la dernière loi « immigration », retoquées au Conseil constitutionnel. Comme le placement sous conditions de certains demandeurs d’asile en rétention ou la possibilité de relever des empreintes digitales et prendre des photos d’identité sous la contrainte.

Le texte prévoit également de décompter en heures, plutôt qu’en jours, le délai de placement initial en rétention ou en zone d’attente, pour le maximiser quand il démarre, par exemple, en fin de journée.

Le Monde avec AFP

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