L’humoriste Bun Hay Mean, connu sous le nom de scène « Chinois marrant », est mort

L’humoriste Bun Hay Mean joue son spectacle « Le monde appartient à ceux qui le fabriquent » au Théâtre de la cité, à Nice, le 17 octobre 2019. SYSPEO/SIPA

L’humoriste Bun Hay Mean, plus connu comme le « Chinois marrant », son nom de scène au début de sa carrière, a été retrouvé mort, jeudi 10 juillet, à l’âge de 43 ans, au pied d’un immeuble parisien, a appris Le Monde auprès du parquet de Paris, confirmant une information du Parisien. « Une enquête en recherche des causes de la mort est ouverte », a déclaré le parquet.

« C’est avec une infinie tristesse que nous devons vous annoncer la disparition tragique de notre ami, notre immense artiste, Bun Hay Mean », a annoncé dans un communiqué son producteur, Philippe Delmas. « D’après les éléments en notre possession, c’est juste avant son départ, et en essayant de récupérer son téléphone tombé dans la gouttière de son balcon, que Bun a glissé et fait une chute de plusieurs étages », a-t-il ajouté.

L’humoriste d’origine sino-cambodgienne avait rejoint le Jamel Comedy Club en 2014, avant d’imposer son style dans trois spectacles de stand-up. Il avait décroché plusieurs rôles au cinéma, notamment en 2017 dans Problemos d’Eric Judor ou dans Astérix et Obélix. L’empire du Milieu,de Guillaume Canet, en 2023, dans le rôle du méchant, Deng Tsin Qin. Il était également apparu dans Les Chèvres !, de Fred Cavayé, aux côtés de Dany Boon et Jérôme Commandeur en 2024.

Le « Chinois marrant » se jouait dans son stand-up des clichés dont on affuble les gens en fonction de leur origine, leur apparence, leur pays, leur religion ou leur prénom. Bun Hay Mean s’attaquait aux stéréotypes attachés à chaque communauté, en premier lieu la sienne.

Bun Hay Mean avait été hospitalisé en juin

Né en France en 1981 d’un père chinois et d’une mère cambodgienne qui avaient fui le régime de Pol Pot et s’étaient installés dans la banlieue de Bordeaux, Bun Hay Mean était « le seul Chinois de sa classe ». « Adolescent timide et introverti, j’écrivais beaucoup de textes sur des cahiers. Un jour, une amie m’a inscrit à une soirée slam. J’ai lu mes textes et découvert que je faisais rire les gens, ce fut le déclic et je me suis inscrit dans un cours d’improvisation »,racontait-il au Monde en 2014. Son père, ouvrier dans l’automobile, lui avait intimé d’obtenir d’abord un diplôme avant de se lancer dans la comédie. Il avait décroché une licence d’informatique, puis, à 24 ans, avait quitté Bordeaux.

Il s’était fait repérer en 2012 par Alain Degois, alias Papy, le premier metteur en scène de Jamel Debbouze. « Une rencontre décisive », pour celui qui était devenu par la suite son protégé.

En juin, Bun Hay Mean avait été hospitalisé à la Réunion, en marge d’une tournée de son dernier spectacle. « Il est en souffrance et se repose »,avait fait savoir la production, alors qu’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le montrait hagard, sur une route de l’île. L’humoriste avait annoncé, début juillet sur Instagram, une nouvelle tournée de son troisième spectacle, Kill Bun, à partir de septembre, dans lequel il promettait d’aborder des thèmes comme la santé mentale. « C’est un concentré de nouveaux sketchs et de ce qui m’est arrivé l’été dernier. J’ai eu un coup de mou. C’est une sorte de thérapie finalement, il faut en rire pour passer à autre chose », expliquait-il en janvier auprès de Nice-Matin.

Lire le portrait | Article réservé à nos abonnés Bun Hay Mean, le « Chinois marrant », nouvelle recrue

Le Monde

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Pouvez-vous faire la différence entre des vraies vidéos et des fausses générées par IA ?

Quelques semaines après sa sortie américaine, le modèle de génération de vidéos Veo 3 de Google a finalement été lancé en France jeudi 3 juillet. Capable de produire des séquences au réalisme bien supérieur à sa version précédente, le nouveau Veo est inclus dans un ensemble d’outils d’intelligence artificielle (IA) accessible avec un abonnement payant.

Ci-dessous, nous avons mélangé dix vidéos réelles et générées par cette IA : saurez-vous faire la différence ?

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Est-ce que ce repas a été créé par IA ?

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Voici le prompt que nous avons utilisé : « Une famille chinoise dînant dans une maison modeste. « 

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Voici le prompt que nous avons utilisé : « Une famille chinoise dînant dans une maison modeste. »

2 / 10

Est-ce que cette interview est réelle ?

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Voici le prompt que nous avons utilisé : « Un talk-show américain avec un homme en costume marron derrière son bureau interviewant une actrice qui rit aux éclats. »

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Voici le prompt que nous avons utilisé : « Un talk-show américain avec un homme en costume marron derrière son bureau interviewant une actrice qui rit aux éclats. »

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Cette vidéo de voyage est-elle vraie ?

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Ce court extrait vidéo a été capturé sur la chaîne Instagram « Istanbulphotoshooting ».

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Ce court extrait vidéo a été capturé sur la chaîne Instagram « Istanbulphotoshooting ».

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Est-ce que cet influenceur a été créé par IA ?

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Voici le prompt que nous avons utilisé : « Un youtubeur dans son studio, avec un micro devant lui et un éclairage sophistiqué derrière lui, s’extasie sur un complément alimentaire à base de plantes. »

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Voici le prompt que nous avons utilisé : « Un youtubeur dans son studio, avec un micro devant lui et un éclairage sophistiqué derrière lui, s’extasie sur un complément alimentaire à base de plantes. »

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Est-ce que ce coureur existe vraiment ?

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Bonne réponse !

Voici le prompt que nous avons utilisé : « Une caméra d’épaule suivant un coureur de trail dans une montagne. »

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Voici le prompt que nous avons utilisé : « Une caméra d’épaule suivant un coureur de trail dans une montagne. »

6 / 10

Est-ce que ces cheveux sont fabriqués par IA ?

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Ce court extrait vidéo a été capturé sur la chaîne YouTube « ZenHeads ASMR ».

Bonne réponse !

Ce court extrait vidéo a été capturé sur la chaîne YouTube « ZenHeads ASMR ».

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Est-ce que cette influenceuse est réelle ?

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Voici le prompt que nous avons utilisé : « Une femme en maillot de bain se baigne dans un seau de ciment, le ciment atteint sa poitrine. Elle dit en français : « Se baigner dans le ciment liquide jusqu’à ce qu’il durcisse. Solidifions-nous ! »  »

Mauvaise réponse…

Voici le prompt que nous avons utilisé : « Une femme en maillot de bain se baigne dans un seau de ciment, le ciment atteint sa poitrine. Elle dit en français : « Se baigner dans le ciment liquide jusqu’à ce qu’il durcisse. Solidifions-nous ! »  »

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Est-ce que ces jaguars existent ?

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Ce court extrait vidéo a été capturé au zoo de Vincennes.

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Ce court extrait vidéo a été capturé au zoo de Vincennes.

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Est-ce un vrai danseur ?

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Ce court extrait vidéo a été capturé à La Villette, au cours de l’événement hip-hop Freestyle.

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Ce court extrait vidéo a été capturé à La Villette, au cours de l’événement hip-hop Freestyle.

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Est-ce que cet influenceur est de chair et d’os ?

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Voici le prompt que nous avons utilisé : « Un influenceur se filme en mode selfie au bord d’un canal dans une ville en brique, racontant l’histoire de la ville. »

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Voici le prompt que nous avons utilisé : « Un influenceur se filme en mode selfie au bord d’un canal dans une ville en brique, racontant l’histoire de la ville. »

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Aux Etats-Unis, l’université Columbia victime d’un piratage très politique

Le campus de l’université Columbia, à New York, en 2024. SETH WENIG / AP

Quelque 2,5 millions de formulaires de candidature, sur une période de plusieurs dizaines d’années, ainsi qu’une très grande quantité de données financières, ont été dérobés à l’université Columbia, à New York, lors d’un piratage informatique. Ce dernier a été découvert le 26 juin, lorsqu’une photographie de Donald Trump s’est affichée sur de très nombreux ordinateurs du campus. L’enquête interne est parvenue à la conclusion que l’opération était « hautement sophistiquée et ciblée » et visait explicitement à dérober les données personnelles d’étudiants dans « un but politique ».

Ce dernier point ne fait guère de doute : le pirate a affirmé à l’agence Bloomberg avoir spécifiquement cherché des preuves que Columbia continuait à appliquer des critères de discrimination positive dans ses recrutements – la pratique, très critiquée par les républicains américains, a été rendue techniquement illégale par la Cour suprême en 2023. L’université Columbia est une cible récurrente de l’administration Trump, qui a suspendu 400 millions de dollars de fonds fédéraux qui lui étaient précédemment alloués, affirmant qu’elle n’avait pas assez agi pour protéger ses étudiants juifs lors des importantes mobilisations de soutien à Gaza qui ont eu lieu sur le campus.

Lire aussi | Columbia sous la menace d’un retrait de son accréditation officielle et des subventions fédérales

Polémique politique à New York

Le ou les auteurs du vol de données n’ont, semble-t-il, trouvé aucune preuve de pratiques de recrutement illégales par l’université. Mais, au début du mois de juillet, plusieurs médias ont reçu des documents issus du piratage, et notamment le dossier rempli en 2009 par Zohran Mamdani, candidat investi cet été par le Parti démocrate pour l’élection municipale de novembre prochain, à New York.

Révélé initialement par le New York Times, le document montre que M. Mamdani, né en Ouganda de parents originaire d’Inde, s’était décrit à la fois comme « asiatique » et « afro-américain », alors qu’il n’est pas noir. A l’époque de sa candidature, les dossiers d’étudiants afro-américains pouvaient bénéficier des politiques de discrimination positive en place. Auprès du New York Times, M. Mamdani a nié avoir cherché à bénéficier d’un avantage particulier, mais a affirmé avoir cherché à refléter la complexité de ses origines dans un système basique de cases à cocher. Il n’a pas été pris à Columbia.

Une partie de la gauche et de la presse américaines a vivement critiqué l’article du New York Times, estimant que le quotidien de référence accordait trop d’importance à ce dossier, et surtout en notant que la source des documents aurait dû conduire le journal à davantage de prudence. Le dossier d’admission de M. Mamdani a en effet été fourni au quotidien par un activiste d’extrême droite défendant des positions ultranatalistes et la théorie discréditée d’un lien entre l’intelligence et l’origine ethnique. Identifié par le Guardian comme étant Jordan Lesker, il est plus connu en ligne sous le pseudonyme de « Crémieux », avec lequel il a interagi à plusieurs reprises avec Elon Musk.

« Crémieux » n’a pas détaillé comment il avait acquis les documents transmis au New York Times. Sans invalider la piste d’un piratage mené par un hacker américain, on peut noter que des pirates étatiques ont tenté, par le passé, de « blanchir » des documents dérobés par des services de renseignement en les transmettant à un intermédiaire. En 2016, par exemple, les e-mails volés par les services russes au Comité national démocrate (DNC) avaient été remis à Wikileaks. L’entreprise de cybersécurité CrowdStrike, qui avait mené les investigations sur le piratage du DNC, participe à l’enquête en cours sur le piratage de Columbia.

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Le Monde

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A Gaza, un groupe armé palestinien opposé au Hamas reconnaît coopérer avec l’armée israélienne

Un tank de l’armée israélienne, dans la bande de Gaza, le 3 juillet 2025. LEO CORREA/AP

Le chef d’un groupe armé palestinien opposé au Hamas a reconnu, dimanche 6 juillet, dans un entretien diffusé par une radio israélienne, qu’il coopère avec l’armée israélienne pour mener des actions dans le sud de la bande de Gaza.

Yasser Abou Shebab affirme pouvoir se déplacer « librement » dans les zones sous contrôle de l’armée israélienne, avec laquelle il dit communiquer avant les opérations de son groupe armé. « Nous les tenons juste informés, mais nous menons seuls les actions militaires », a-t-il déclaré dans un entretien à Makan, la radio publique israélienne en langue arabe.

Le chef du groupe armé évoque « un soutien logistique et financier venant de plusieurs parties », sans citer directement Israël. « Il y a des choses dont nous ne pouvons pas parler publiquement. »

Lire le reportage | Article réservé à nos abonnés A Gaza, Israël promeut des milices anti-Hamas liées à des réseaux criminels

Les autorités israéliennes avaient reconnu en juin soutenir et armer un clan palestinien opposé au Hamas, sans nommer directement celui dirigé par Yasser Abou Shebab. « Nous agissons de diverses manières contre le gouvernement du Hamas », avait déclaré le porte-parole de l’armée israélienne, Effie Defrin.

Le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) décrit M. Abou Shebab comme le chef d’un « gang criminel » opérant dans la région de Rafah – une ville à cheval entre la bande de Gaza et l’Egypte – et accusé de piller des camions d’aide humanitaire à Gaza.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Un gang de pillards au service d’Israël dans Gaza

« Traîtres »

« Nous n’appartenons à aucune idéologie ou organisation politique », soutient Yasser Abou Shebab dans son entretien avec Makan, disant lutter contre « l’injustice » et la « corruption » du Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007. « Nous continuerons à nous battre, peu importe le sang versé », ajoute-t-il. « En ce moment, le Hamas est en train d’agoniser. Ils savent que leur fin est proche. »

Une cour militaire dépendant du Hamas a donné mercredi dix jours à M. Abou Shebab pour se rendre afin d’être jugé. Un groupe de plusieurs mouvements palestiniens a accusé dimanche sa milice, nommée les « Forces populaires », de « collaborer sans honte avec l’ennemi ».

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« Ils sont rejetés par l’ensemble de notre peuple », a affirmé ce groupe dans un communiqué. « Nous ne leur accorderons aucune clémence, ni à quiconque suit leurs traces en aidant l’occupation [israélienne]. Ils seront traités comme il se doit, en traîtres et collaborateurs. »

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Guerre à Gaza : le Hamas, affaibli mais pas éradiqué, cherche un horizon politique

Le Monde avec AFP

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Maroc : la métamorphose accélérée de Casablanca qui se rêve en « smart city » d’Afrique

Casablanca Finance City, centre financier abritant plus de 200 entreprises internationales, en novembre 2019. YOUSSEF BOUDLAL/REUTERS

Les charrettes tirées par des ânes ou des chevaux ne circulent plus à Casablanca. Elles ont été interdites, jugées incompatibles avec l’image de « smart city » que la métropolemarocaine veut donner. Disparus également les marchands ambulants ou les ferracha avec leurs étalages de marchandises sur les trottoirs. Ainsi que les chiffonniers qui, leur carriole chargée de matériaux recyclables, côtoyaient sur la chaussée de rutilantes berlines, image atypique d’une ville aux contrastes saisissants. Ils rejoignent la liste de ces métiers qui disparaissent de jour en jour du centre de la capitale économique du royaume.

Engagée dans une course effrénée à la « modernité » à l’approche d’évènements sportifs internationaux – la Coupe d’Afrique des nations de football 2025 et la Coupe du monde 2030, Casablanca fait peau neuve. La métropole compte parmi les six villes marocaines désignées hôtes du Mondial coorganisé par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. A une trentaine de kilomètres du centre-ville, le stade Hassan II, le plus granddu monde avec 115 000 places, est en construction. Le Maroc rêve d’y accueillir la finale de la compétition.

Chantier à ciel ouvert

Dopé par l’échéance, le pays investit à tout va pour développer ses transports : autoroutes, train à grande vitesse, réseau express régional, tramways, nouveau terminal d’aéroport, réaménagement des voies de circulation pour désengorger les axes saturés de la ville la plus peuplée du Maroc – 3,2 millions d’habitants, auxquels s’ajoutent les 6 millions de travailleurs venus des communes environnantes qui y affluent chaque jour.

Dans chaque quartier, le paysage urbain change à vitesse accélérée. Partout, on construit des hôtels, des parkings souterrains sur des chantiers où les ouvriers travaillent jour et nuit. On aménage des jardins publics, on restaure les souks. Palissades, lignes jaunes, routes excavées, gravats, poussière, vacarme incessant des grues et des pelleteuses donnent à la ville l’apparence d’un immense chantier à ciel ouvert.

Comme si ces rendez-vous footballistiques avaient enclenché un compte à rebours pour préparer la ville à accueillir le monde, pour la faire passer du statut de métropole désordonnée, bouillonnante, tentaculaire, à celui de hub économique du continent aux standards internationaux.

Sentir la peinture

En parallèle, une traque sans merci est menée aux charrettes à traction animale, aux marchands ambulants et à toute construction anarchique dans le cadre d’une vaste campagne de lutte contre « l’exploitation illégale du domaine public ». Sur le front de mer, le bidonville au pied du phare d’El Hank a été rasé au cours de l’hiver pour étendre la corniche, ses habitants recasés dans l’une de ces cités-dortoirs qui s’étendent en périphérie de la ville.

A l’autre extrémité de la plage, l’îlot de Sidi Abderrahmanea été réhabilité en site touristique. L’endroit était il y a peu un lieu mystérieux et pittoresque, où l’on venait s’attirer la chance. Les baraques délabrées de ses chouafas (« voyantes ») et guérisseuses ont disparu. Ne reste que le mausolée blanc du saint patron de la ville qui sent encore la peinture fraîche.

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Aux abords de l’ancienne médina, le quartier populaire de Derb Soufi a été démoli pour faire place à une future avenue royale bordée d’immeubles haut de gamme, qui reliera la grande mosquée Hassan II au centre-ville. Le vieux souk de Bab Marrakech, dans la médina, vit ses derniers jours. Tout comme celui, mythique, de Derb Ghallef, dans l’arrondissement du Maârif, dédale de 4 000 échoppes poussiéreuses dédiées à l’électronique, où d’habiles techniciens sont capables de réparer, programmer, vendre les pièces introuvables ou récupérer des données présumées à jamais perdues.

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« Même les grandes surfaces viennent ici pour s’équiper ! », rapporte, amusé, l’un de ses 20 000 commerçants. Du projet de réhabilitation en cours d’étude, il en sait peu de choses : « Il est question de construire une galerie commerçante à deux étages avec parking, espace vert, restaurants… On espère garder notre place, les autorités nous l’ont garanti à plusieurs reprises. »

« Comme un décor »

A moins de quatre kilomètres, une forêt de grues encercle les tours futuristes du Casablanca Finance City, centre financier abritant plus de 200 entreprises internationales, porte-étendard d’une ville qui concentre environ 30 % du PIB national et vitrine d’un Maroc « mondialisé ». Un « petit Dubaï », comme l’appelle Ahmed Afilal, vice-président du conseil communal, qui vend une ville « smart, verte, inclusive ».

Pour beaucoup de Casablancais, cette mue est une fierté. « C’est phénoménal la rapidité à laquelle Casablanca est en train de changer, témoigne Thamud Mellouk, président d’Alouane Bladi, une association qui promeut le street art. Les grands axes se sont fluidifiés, les trottoirs ont été refaits, les transports publics ont désenclavé des quartiers qui n’étaient pas desservis… Je faisais partie des gens qui se plaignaient constamment. Aujourd’hui, on est impressionnés de voir des évolutions qu’on n’espérait plus survenir et même dépasser nos attentes ! » Plus dubitative, une habitante du centre-ville maugrée, sous couvert d’anonymat : « Le quartier a été à l’abandon pendant vingt ans et voilà qu’on nous impose de ravaler nos façades d’immeubles sans attendre parce qu’un hôtel chic ouvre ses portes ! On a un peu l’impression d’être considéré comme un décor… »

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« Toutes ces opérations répondent à une volonté royale de faire avancer plus vite le chantier à Casablanca », souligne un journaliste casablancais qui a souhaité rester anonyme. Fin 2023, le roi Mohammed VI nommait un nouveau wali (« préfet »), Mohamed Mhidia, représentant de son autorité dans la région. « Mohamed Mhidia avait déjà fait ses preuves, à Tanger notamment, poursuit le journaliste. Il est connu pour son côté bulldozer, c’est sa marque de fabrique. Casablanca souffrait d’un cumul d’incompétences, de moyens dilapidés, de connivence entre administration et acteurs économiques… Il a mis un vrai coup de pied dans la fourmilière. »

« En mettre plein les mirettes »

« La ville essaie aujourd’hui de rattraper son retard, parce qu’avec les évènements sportifs à venir, c’est l’image internationale du Maroc qui est en jeu, dit Aadel Essaadani, urbaniste et acteur clé de la scène culturelle casablancaise. Le moteur, ce n’est pas le développement humain, c’est la com. Il s’agit de ne pas être la risée du monde quand les caméras seront braquées sur le pays. »

Une logique de « vitrine » que déplore aussi Abdullah Abaakil, élu communal du Parti socialiste unifié : « On utilise des mots clinquants, on s’active pour lancer des projets grandioses et en mettre plein les mirettes, mais quand on passe son temps à déloger les plus pauvres du centre pour les envoyer loin de leur gagne-pain, sans alternative, on laisse sur le bas-côté toute une partie de la population. »

Population qu’on voudrait cacher mais qui est bien là. Au-delà de la colline d’Anfa et ses villas enfouies sous les bougainvilliers, des triporteurs déglingués continuent de sillonner des ruelles cabossées des faubourgs populaires. Des enfants font la manche aux péages d’autoroute ; des adolescents à la rue errent en claquettes et couverture à l’épaule. Certains trafiquent au pied des immeubles, d’autres passent la journée à vendre une paire de chaussures usées pour 20 dirhams (1,90 euro). Sans parler des vendeurs de vêtements récupérés, des détaillants de cigarettes de contrebande, des cireurs de chaussures, des gardiens de voiture et de ces milliers de travailleurs pauvres dont la survie passe par la débrouille.

Dans un pays où entre 60 % et 80 % de la population active travaille dans le secteur informel et vivote grâce à des petits boulots, où la moitié des urbains de 15 à 24 ans est au chômage, où le salaire minimum ne dépasse pas 250 euros par mois, « le Mondial pourrait être l’occasion de générer des opportunités pour tout le monde, de structurer les marchants ambulants, d’embellir les charrettes… Au lieu de ça, on les chasse », déplore la sociologue Soraya El Kahlaoui. « On peut faire semblant de croire que Casablanca ressemble à n’importe quelle grande ville internationale mais ça ne durera pas, estime pour sa part Aadel Essaadani. On est encore dans une société de castes ; on ne respecte pas ceux qui sont en bas de l’échelle sociale. Les charrettes tirées par des animaux reviendront, parce que rien n’est structurel dans ce qui devrait l’être. »

Aurélie Collas

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La place de la voiture, un sujet qui divise aussi autour des sites naturels

Au pied du phare du cap Fréhel (Côtes-d’Armor), le terrain inégal recouvert d’ajoncs ressemble à une lande inhospitalière ; il ne viendrait à l’esprit de personne d’y mettre les pieds. Pourtant, en 2018 encore, se tenaient à cet endroit 150 places de parking. Les photos aériennes des décennies passées montrent un littoral terreux et râpé, envahi par les cars de tourisme et les voitures qui roulaient en pente douce jusqu’à La Fauconnière, restaurant assis sur une falaise surplombant la Manche. Le bâtiment a été démoli pour laisser place à une terrasse d’observation des oiseaux. De là, on distingue parfaitement, sur les îlots rocheux dominant la mer, guillemots, mouettes, goélands et même deux pingouins. Le cap Fréhel, où la lande était autrefois écrasée par les roues des véhicules, est redevenu un site naturel.

Une prouesse pour une terre qui accueille 800 000 visiteurs par an. En ce lundi ensoleillé de la fin avril, presque un millier de personnes profitent du site. Une affluence dense, mais incomparable avec la foule qui déferle les week-ends prolongés ou lors des vacances d’été. Lors du passage, au large, de la Route du rhum, qui élance tous les quatre ans ses voiliers de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), jusqu’à 30 000 personnes se pressent sur les falaises en un week-end.

Pour accéder au phare, il faut désormais stationner sur un parking et marcher 200 mètres sur un chemin de terre qui serpente entre les ajoncs, borné par deux filins métalliques. L’ancienne route, fermée par une barrière mobile, n’a pas été condamnée. Les visiteurs en fauteuil roulant ou en poussette peuvent l’emprunter. Une petite file d’attente s’est formée au pied de l’horodateur, pour s’acquitter du paiement, 3 euros les trois heures.

Venir autrement qu’en voiture

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Les nouveaux droits de douane s’appliqueront au 1ᵉʳ août pour les pays n’ayant pas trouvé d’accord avec les Etats-Unis, prévient le secrétaire au Trésor américain

Le secrétaire américain au trésor, Scott Bessent, au Capitole à Washington, le 27 juin 2025. ELIZABETH FRANTZ/REUTERS

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a affirmé, dimanche 6 juillet, que faute d’accord avec les Etats-Unis dans les prochains jours, les droits de douane – pouvant atteindre 50 % – annoncés début avril, puis suspendus le temps de négocier, entreraient en vigueur le 1er août.

L’échéance du 9 juillet pour la mise en place de ces droits punitifs avait auparavant été mentionnée jusqu’à ce que le président Donald Trump dise, vendredi, sans autre détail, que les pays concernés commenceraient à payer à partir du 1er août.

Interrogé sur la chaîne d’information CNN sur ce qu’il allait se passer mercredi, M. Bessent a répondu : « Nous allons être très occupés pendant les prochaines soixante-douze heures. » « Le président Trump va envoyer des courriers à certains de nos partenaires commerciaux disant que s’ils ne font pas avancer les choses, alors le 1er août, ils retourneront tel un boomerang au niveau des droits de douane du 2 avril », a-t-il expliqué.

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« Par conséquent, je pense que vous allez voir beaucoup d’accords très rapidement », a-t-il ajouté, anticipant « plusieurs annonces importantes dans les prochains jours » malgré « beaucoup de résistance en face ». « La stratégie [américaine] est d’appliquer un maximum de pression », a-t-il expliqué, citant en exemple l’Union européenne (UE).

« L’Union européenne a été très lente à venir à la table des négociations jusqu’à ce que, il y a trois semaines, un vendredi matin, le président Trump menace de 50 % de droits de douane, a relaté le ministre. Dans les heures qui ont suivi, cinq dirigeants européens l’ont appelé et Ursula von der Leyen, la chef de l’UE, était au téléphone. » « L’UE fait de très bons progrès », a-t-il noté.

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Selon lui, « probablement une centaine de lettres vont être envoyées à des petits pays avec lesquels nous ne commerçons pas beaucoup », mais l’administration « se concentre » sur les « dix-huit importantes relations commerciales qui représentent 95 % de notre déficit » commercial.

Une fourchette de 10 % à 20 %, ou bien de 60 % à 70 %

Donald Trump a, lui, annoncé, dimanche sur sa plateforme Truth Social, que les premières lettres seront envoyées lundi à 18 heures, heure de Paris. Interrogé dimanche en fin d’après-midi par des journalistes, il a expliqué que « douze, peut-être quinze lettres » allaient être envoyées dès lundi, puis d’autres les jours suivants. « Et nous avons aussi conclu des accords », a-t-il affirmé, sans autre détail. A ses côtés, le secrétaire américain au commerce, Howard Lutnick, a confirmé que les surtaxes douanières entreraient en vigueur au 1er août « mais le président est en train de déterminer en ce moment les taux et les accords ». A ce stade, deux accords ont été annoncés, avec le Royaume-Uni et le Vietnam.

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« Nous avons attendu environ 90 jours, avait déclaré, vendredi à la presse, le président américain lors d’un échange à bord d’Air Force One. Je ne vois pas comment nous pourrions faire plus tôt » que le 1er août, a-t-il souligné, affirmant que cela faisait « plusieurs années » qu’il observait le déficit commercial des Etats-Unis. « Honnêtement, je pense que c’est ridicule que des pays aient pu s’en tirer avec autant », a-t-il ajouté.

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Ces droits de douane pourraient varier d’un pays à l’autre, de la Chine à l’UE, d’une fourchette de 10 % à 20 % à une autre, bien plus élevée, de 60 % à 70 %, selon lui.

Le ministre de l’économie français, Eric Lombard, a dit samedi espérer un accord « ce week-end », estimant que, à défaut, l’UE devrait répondre avec « plus de vigueur ». Le premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, a affirmé dimanche qu’il ne « transigerait pas facilement » dans les négociations avec Washington. Réunis au Brésil, les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont pour leur part exprimé leurs « sérieuses préoccupations » face à des droits de douane « unilatéraux ».

« Tout pays s’alignant sur les politiques anti-américaines des Brics se verra appliquer un droit de douane SUPPLEMENTAIRE de 10 %. Il n’y aura pas d’exception à cette politique », a menacé M. Trump sur la plateforme Truth Social dimanche, sans plus de précisions.

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Le Monde avec AFP

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Inondations au Texas : le bilan dépasse 80 morts, de nouvelles pluies prévues en début de semaine

Le bilan des inondations au Texas, dans le sud des Etats-Unis, dépasse désormais 80 morts, ont annoncé, lundi 7 juillet, les autorités locales. Larry Lethia, le shérif du comté de Kerr, le plus touché, a fait état de 68 morts, dont 28 enfants. Treize autres victimes ont été dénombrées dans des comtés voisins, selon les déclarations du gouverneur du Texas, Greg Abbott, dimanche lors d’une conférence de presse. Deux autres morts ont été annoncés ensuite dans le comté de Kendall et un de plus a été confirmé par les autorités du comté de Williamson.

Parmi les quelque 750 enfants présent à Camp Mystic, un camp d’été chrétien pour filles sur les rives du fleuve Guadalupe, dix fillettes restent introuvables, tout comme un moniteur, a précisé le shérif du comté de Kerr. A Hunt, la localité où se trouve le camp d’été, 50 bénévoles sont venus de plusieurs villes du Texas pour participer aux recherches.

« Sur tout l’Etat, dans les zones touchées par les inondations, nous avons identifié 41 personnes portées disparues », a souligné de son côté le gouverneur du Texas, précisant que le nombre réel était sans doute plus important car de nombreux vacanciers campaient dans la région en ce week-end prolongé. « Nous allons voir le bilan monter aujourd’hui et demain », à mesure que des corps sont retrouvés, a prévenu le directeur de la sûreté publique du Texas, le colonel Freeman Martin.

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Donald Trump compte se rendre sur place dans la semaine

Ces crues subites ont été provoquées par des pluies diluviennes dans le centre de l’Etat vendredi, jour de la fête nationale américaine, qui ont fait monter les eaux du Guadalupe de 8 mètres en seulement quarante-cinq minutes. Il est soudain tombé près de 300 millimètres de pluie par heure, soit un tiers des précipitations annuelles moyennes.

« Il y a actuellement plus de 400 secouristes de plus de 20 agences déployées dans le comté », a annoncé le shérif Lethia. Des hélicoptères et des drones sont engagés dans les recherches et la garde nationale du Texas ainsi que les gardes-côtes des Etats-Unis ont envoyé des renforts.

Donald Trump, qui a dépêché sur place, samedi, sa ministre de la sécurité intérieure, Kristi Noem, a annoncé sur son réseau Truth Social avoir « signé une déclaration de catastrophe pour le comté de Kerr » afin de garantir aux secours tous les moyens nécessaires. La ministre a annoncé dans la foulée la mobilisation de la FEMA, l’agence fédérale de réponse aux ouragans, incendies et autres désastres, que M. Trump envisageait pourtant de supprimer en janvier.

Du New Jersey, dimanche après-midi, avant de rentrer à Washington, le président républicain a dit espérer se rendre dans la semaine au Texas, « probablement » vendredi, évoquant « une catastrophe comme l’on n’en a pas vu en cent ans (…) tout simplement atroce ». Interrogé par des journalistes, il a nié qu’il y ait un lien entre les coupes budgétaires dans les services météorologiques nationaux et le lourd bilan, alors que des habitants se sont plaints de ne pas avoir été avertis suffisamment tôt des risques d’inondations.

Une volontaire, lors d’une opération de recherches au camp d’été Mystic, au lendemain des inondations dues à la crue du fleuve Guadalupe, à Hunt (Texas), le 6 juillet 2025. RONALDO SCHEMIDT/AFP Opérations de recherche au camp d’été Mystic, au lendemain des inondations dues à la crue du fleuve Guadalupe, à Hunt (Texas), le 6 juillet 2025. SERGIO FLORES/REUTERS

« Des précipitations supplémentaires sont possibles »

Sur le site du camp d’été chrétien, dimanche, l’eau s’était largement retirée, révélant un paysage de dévastation, avec des dizaines de voitures échouées, certaines coincées dans des arbres, et de la végétation arrachée, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). Le chaos règne à l’intérieur des chalets qui accueillaient les fillettes. Le sol recouvert de boue et les fenêtres brisées témoignent de la violence des flots.

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Le pape américain, Léon XIV, a exprimé dimanche ses « sincères condoléances à toutes les familles qui ont perdu des êtres chers, en particulier leurs filles qui se trouvaient dans un camp d’été lors de la tragédie », dans une déclaration en anglais au terme de la prière de l’angélus.

Le gouverneur du Texas a averti que de fortes précipitations attendues jusqu’à mardi pourraient provoquer de nouvelles inondations, potentiellement mortelles, notamment dans les zones déjà saturées.

Les crues soudaines, provoquées par des pluies torrentielles que le sol asséché ne peut pas absorber, ne sont pas rares. Mais selon la communauté scientifique, le changement climatique provoqué par l’activité humaine a rendu plus fréquents et plus intenses les événements météorologiques comme les crues, les sécheresses et les canicules. A la mi-juin, 13 personnes avaient péri en raison d’inondations à San Antonio, non loin de la zone touchée vendredi, à la suite de pluies diluviennes.

Au camp d’été Mystic, au lendemain des inondations dues à la crue du fleuve Guadalupe, à Hunt (Texas), le 6 juillet 2025. JULIO CORTEZ/AP

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Ce qu’il ne fallait pas manquer de l’actualité du week-end

Guerre à Gaza : des négociations indirectes entre Israël et le Hamas palestinien commencent à Doha

Photo prise de la frontière israélienne avec la bande de Gaza montrant de la fumée et des débris lors d’un bombardement israélien sur le territoire assiégé, le 6 juillet 2025. MAYA LEVIN/AFP

Des négociations indirectes entre Israël et le Hamas palestinien devaient commencer dimanche à Doha pour tenter de trouver un accord sur une trêve à Gaza et une libération d’otages, à la veille d’une rencontre entre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et le président américain, Donald Trump.

Vendredi, le Hamas s’est dit prêt à « engager immédiatement » des négociations sur la proposition de trêve parrainée par les Etats-Unis et transmise par les médiateurs qataris et égyptiens, à laquelle il a dit avoir présenté « sa réponse », sans plus de détails. Selon des sources palestiniennes, la proposition comprend une trêve de 60 jours, pendant laquelle le mouvement relâcherait 10 otages encore en vie, ainsi qu’un certain nombre de dépouilles de captifs, en échange de la libération de Palestiniens détenus par Israël.

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Dans le même temps, l’armée israélienne a poursuivi ses bombardements meurtriers dans la bande de Gaza. Selon la défense civile, au moins 42 personnes sont mortes samedi et 26 dimanche dans plusieurs opérations militaires israéliennes, tandis que huit Palestiniens ont été tués par des tirs de l’armée israélienne à proximité d’un centre de distribution d’aide humanitaire de la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), organisation au financement opaque soutenue par Israël et les Etats-Unis. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, plus de 600 personnes ont été tuées lors de distribution d’aide à Gaza entre le début des distributions de la GHF, le 26 mai, et le 27 juin.

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Etats-Unis : au moins 70 morts dans des inondations au Texas, des recherches toujours en cours

Deux habitantes examinent les dégâts causés par les crues soudaines de la rivière Guadalupe, à Center Point (Texas), le 5 juillet 2025. IM VONDRUSKA/GETTY IMAGES/AFP

Des inondations provoquées par des pluies torrentielles ont fait près de 70 morts au Texas, dans le sud des Etats-Unis, après la crue soudaine, vendredi, du fleuve Guadalupe, au nord-ouest de San Antonio, selon un dernier bilan des autorités locales, communiqué dimanche après-midi. Les secours poursuivaient leur travail pour tenter de retrouver onze fillettes et adolescentes et un moniteur disparus qui participaient à un camp d’été dont le site a été ravagé dans le comté de Kerr, le plus touché.

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Selon les autorités, le niveau du fleuve est monté d’environ huit mètres en seulement quarante-cinq minutes, au cours desquelles il est tombé « près de 300 millimètres par heure » de pluie, soit un tiers des précipitations annuelles moyennes. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des maisons et des arbres emportés par la crue.

Les premiers grands incendies de la saison se déclarent dans l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et l’Aude

Incendie de forêt près de l’autoroute A6, à hauteur de Moux (Aude), le 5 juillet 2025. IDRISS BIGOU-GILLES/AFP

Des incendies d’ampleur ont éclaté samedi dans l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et l’Aude, trois départements placés en vigilance orange depuis le 27 juin. Celle-ci a été levée dimanche matin par Météo France, mais une partie de l’Hérault et tout le département des Bouches-du-Rhône ont été placés dimanche en alerte rouge pour les feux de forêt. Ce niveau sera aussi déclenché lundi dans le Var et l’Aude, avec interdiction d’accès aux massifs forestiers.

Dans l’Hérault, l’incendie qui a parcouru samedi environ 400 hectares de forêt et de végétation sur le massif de la Gardiole, entre Montpellier et Sète, a été « maîtrisé » dans la nuit de samedi à dimanche, mais il restait sous surveillance, ont annoncé les pompiers. Dans les Bouches-du-Rhône, l’incendie sur la Côte bleue, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Marseille, avait été « circonscrit » samedi matin après avoir parcouru une centaine d’hectares de forêt. Dans l’Aude, une semaine après un premier incendie d’ampleur, un nouveau feu, déclenché par un feu de voiture sur l’autoroute A61, avait parcouru 400 hectares de végétation samedi en fin de journée, mobilisant plus de 300 pompiers et d’importants moyens aériens.

Autoroute A69 : une mobilisation des opposants émaillée d’incidents près du chantier

Des manifestants s’éloignent des gaz lacrymogènes tirés lors d’une manifestation contre le projet d’autoroute A69, à Morens-Scopont (Tarn), le 5 juillet 2025. MATTHIEU RONDEL/AFP

Des centaines d’opposants à l’A69 entre Toulouse et Castres ont défilé samedi après-midi en direction du chantier de l’autoroute contestée, où ils ont lancé des pierres sur les forces de l’ordre, qui ont répondu par des tirs de grenades lacrymogènes. La préfecture du Tarn avait interdit cette mobilisation baptisée « Turboteuf », faute de déclaration par ses organisateurs et en raison des heurts survenus lors de précédents événements. Quelque 1 500 gendarmes étaient présents sur place.

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La « Turboteuf » est le quatrième grand week-end d’action contre le projet. Même si le chantier est considérablement avancé, les opposants comptent empêcher la finalisation de cette infrastructure, dont la construction a commencé en 2023 et doit être achevée au second semestre 2026.

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En février, le tribunal administratif de Toulouse a ordonné une interruption des travaux, estimant qu’il n’y avait pas de raison impérative d’intérêt public majeur pour justifier les dégâts causés à l’environnement. Cette décision a donné lieu à plusieurs recours des pro-autoroute : d’un côté devant la justice administrative, de l’autre, par le biais d’une proposition de loi visant à valider rétroactivement les autorisations environnementales du chantier. Parallèlement, avant l’examen du dossier au fond prévu à la fin de l’année, la cour administrative d’appel de Toulouse a autorisé à la fin du mois de mai une reprise du chantier.

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Tour de France 2025 : le belge Jasper Philipsen premier porteur du maillot jaune avant d’être remplacé par le Néerlandais Mathieu Van der Poel, vainqueur de la 2e étape

Le coureur néerlandais de l’équipe Alpecin-Deceuninck Mathieu Van der Poel (à gauche) s’élance vers la ligne d’arrivée lors de la 2ᵉ étape de la 112ᵉ édition du Tour de France de cyclisme, entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, dimanche 6 juillet 2025. LOIC VENANCE / AFP

Le Néerlandais Mathieu Van der Poel a remporté la deuxième étape du Tour de France dimanche à Boulogne-sur-Mer devant Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, et s’est emparé du maillot jaune. Présenté comme l’un des favoris de cette étape au final accidenté, le petit-fils de Raymond Poulidor décroche, à 30 ans, sa deuxième victoire d’étape dans le Tour, après celle de Mur-de-Bretagne en 2021.

Son coéquipier Jasper Philipsen, vainqueur la veille à Lille et premier porteur du maillot de leader, a franchi la ligne à plus de 30 secondes. Le sprinteur belge a été parfaitement emmené samedi par ses coéquipiers Mathieu Van der Poel et Kaden Groves lors d’une première étape très mouvementée et s’est imposé nettement devant l’Ethiopien Biniam Girmay, au sein d’un peloton réduit à seulement une quarantaine de coureurs, dont le grand favori Tadej Pogacar et son rival Jonas Vingegaard. C’est la dixième victoire sur le Tour pour le Belge de 27 ans.

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Le Monde avec AFP

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En Seine-Saint-Denis, la maternité des Lilas devrait fermer ses portes avant la fin de l’année

La maternité des Lilas, aux Lilas (Seine-Saint-Denis), en août 2013. ERIC FEFERBERG/AFP

Le calendrier n’est pas encore tout à fait arrêté, mais la décision est actée : la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis), célèbre pour ses accouchements physiologiques, va fermer ses portes. L’annonce a été faite, mardi 1er juillet, par l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France aux représentants de cet établissement privé non lucratif, au statut associatif. Elle intervient dans un contexte particulier : celui du débat, récurrent dans l’espace public, sur la fermeture des petites maternités – celles dites de « secteur 1 », comme Les Lilas, n’accueillant pas de grossesses à risques et pratiquant souvent moins d’un millier d’accouchements par an.

« De nombreux éléments convergent vers une fermeture de la maternité, et ce, depuis plusieurs années »,explique-t-on à l’ARS francilienne, en invoquant, en premier lieu, la perte de sa certification par la Haute Autorité de santé, le 15 janvier, « signe que les conditions de sécurité n’y sont plus optimales ».

Autre argument mis en avant : la baisse de l’activité des Lilas. L’ARS comptabilisait environ 1 400 accouchements en 2019, et 940 en 2023. Les chiffres ont encore baissé depuis, de source syndicale. Troisième argument : une cessation de paiements semble possible, le gestionnaire de l’établissement – l’association Naissance – ne parvenant plus à assurer sa soutenabilité financière.

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