Des avocats de la cité phocéenne seront mobilisés du 7 au 14 avril contre la loi SURE (Sanction utile, rapide et effective) portée par Gérald Darmanin. Une « journée morte » doit également avoir lieu le 13 avril.
Les avocats du Barreau de Marseille seront en grève du 7 au 14 avril inclus, ont-ils voté ce jeudi. Ils demandent le retrait de la loi SURE (« sanction utile, rapide et effective ») de Gérald Darmanin qui prévoit des changements dans la justice criminelle.
Une « journée morte » sera également organisée le 13 avril, avant qu’un nouveau Conseil ne soit convoqué le lendemain.
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Une loi qui ne passe pas
Les avocats marseillais entendent s’opposer à cette nouvelle loi qui doit permettre de régler les délais d’audiences pour les crimes. Diverses mesures ont été proposées, mais celle qui se trouve sur toutes les lèvres est l’extension de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), à savoir le « plaider-coupable criminel ».
Ce dispositif permet de juger rapidement un individu ayant commis une infraction qui reconnaît être coupable. La loi SURE prévoit de la rendre applicable aux crimes, meurtres, tentatives de meurtres, assassinats et viols.
« Le garde des Sceaux nous dit qu’il faut 6 à 8 ans pour un procès criminel et que la CRPC réduirait ce délai de moitié. Mais, sans procès, la victime n’est pas entendue, le présumé innocent non plus, on n’a pas d’experts, pas de témoins, ni d’enquêtes de personnalité », dénonce Me Marie-Dominique Poinso-Pourtal, Bâtonnière du Conseil de l’Ordre du Barreau de Marseille, à France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Un rassemblement à Toulon
Le projet de loi est aussi qualifié d' »atteinte à l’état de la défense et à l’Etat de droit ». Les avocats dénoncent en outre un manque de concertation de la part du gouvernement avec la profession. Des syndicats s’y sont également opposés.
Parmi les autres mesures, on retrouve également la suppression du jury populaire pour les crimes en récidive, qui seront jugés par une cour criminelle départementale.
À Toulon, un bon nombre d’avocats se sont réunis ce vendredi, devant le palais de justice, pour protester. Pour une semaine, ils ont symboliquement cessé d’intervenir sur les audiences de CRPC.

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