À l’occasion de la sortie de son livre, « Le Déni », Hélène Perlant, fille de François Bayrou, évoque dans les colonnes de la Tribune Dimanche, l’impossibilité de parler dans sa famille de l’agression qu’elle dit avoir subie dans l’établissement catholique de Bétharram.
Un cri du cœur pour se défaire d’un traumatisme. Pour la sortie de son livre, « Le Déni », Hélène Perlant, la fille de François Bayrou, aborde dans les colonnes de la Tribune Dimanche, l’impossibilité de parler dans sa famille de l’agression qu’elle dit avoir subie dans l’établissement catholique de Bétharram.
Auprès de nos confrères, Hélène Perlant l’assure: les échanges autour de cette agression étaient « impossibles ». Un silence qui a laissé des traces indélébiles chez elle. « Puisque c’est impossible, comment on fait? », interroge-t-elle.
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« Chaque famille est prisonnière »
Des années après son agression, durant laquelle elle indique avoir été rouée de coups par un prêtre de l’établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques, Hélène Perlant assure qu’il n’y a jamais eu d’échanges à ce sujet avec son père, l’ancien maire de Pau.
« Chaque famille est prisonnière de la même chose. La peur que ce qu’on dit renvoie à chacun sa culpabilité », explique la professeure à Khâgne à nos confrères.
Les années sont passées et Hélène Perlant a réussi à parler de cette agression dans les médias et dans le livre de « Le silence de Bétharram », d’Alain Esquerre, fondateur du collectif des victimes de Bétharram. Un ouvrage donnant la parole à d’anciens pensionnaires de cet établissement catholique, où des faits de violences ont été signalés pendant plusieurs décennies.
Des années de silence, que la mère de famille justifie par le fait de ne pas avoir voulu faire du mal à ses proches. Une peine bien enfouie dans son for intérieur qui lui a donné des envies suicidaires. « Il n’y a plus que ça pour se faire comprendre », assure-t-elle à la Tribune Dimanche.
« Je n’ai pas du tout envie d’en parler »
Aujourd’hui, l’affaire Bétharram a éclaté au grand jour et Hélène Perlant a trouvé le courage de parler de son agression avec le grand public.
Rapport Bétharram: entre culture du silence et défaillance de l’État, comment lutter contre les violences à l’école?
Malgré la libération de sa parole, elle ne souhaite pas pour autant parler de ce sujet avec son père, François Bayrou, et sa mère. « Je n’ai pas du tout envie d’en parler », assure-t-elle avant d’ajouter: « J’ai juste envie qu’ils comprennent la justesse de la délivrance ».
Éclaboussé par ce scandale et les 232 plaintes déposées par des anciens élèves de l’établissement, François Bayrou assure qu’il allait lire l’ouvrage de sa fille qu’il juge « d’intérêt général ».

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