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L’UE redoute la « marginalisation » de l’OMC: les États-Unis vantent leurs droits de douane comme « une réponse corrective au système commercial incarné par l’organisation »

L’Union européenne a demandé à ce que l’OMC soit profondément réformée pour garder son influence mondiale. De l’autre côté, Washington a assumé ses désaccords avec l’organisation, qui impose un traitement équitable pour tous les partenaires commerciaux.

La politique commerciale américaine est une « réponse corrective » aux règles « déséquilibrées » de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a affirmé le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, à l’ouverture jeudi d’une conférence ministérielle de l’OMC au Cameroun. « Les mesures de politique commerciale des États-Unis constituent une réponse corrective à un système commercial, incarné par l’OMC, qui a cautionné et contribué à des déséquilibres graves et persistants », a-t-il soutenu dans un message vidéo diffusé à l’ouverture de la conférence à Yaoundé.

« Elles constituent une réponse à l’échec des institutions multilatérales et des négociations à instaurer l’équité en matière d’accès au marché et des règles du jeu équitables », a-t-il ajouté.

Jamieson Greer est à Yaoundé pour participer à cette réunion ministérielle, la première depuis le début du deuxième mandat du président américain Donald Trump, qui malmène le multilatéralisme et les règles de l’OMC à coups de droits de douane et d’accords commerciaux bilatéraux. Pendant quatre jours, les membres de l’organisation se réunissent au Cameroun pour tenter de relancer une institution fragilisée par les tensions géopolitiques, les blocages des négociations et la montée du protectionnisme, alors que la guerre au Moyen-Orient fait peser une lourde menace sur les échanges mondiaux.

Révision du principe de « la nation la plus favorisée »

L’OMC, qui peine à conclure des accords en raison de la règle du consensus, doit se réformer sur plusieurs volets pour sortir d’une crise profonde qui remet en cause son rôle central dans la régulation du commerce international. Côté américain, l’une des principales demandes est la révision du principe fondamental de l’OMC dit de « la nation la plus favorisée » (MFN), qui garantit qu’un pays offre un traitement égal à tous ses partenaires commerciaux. Ce système entre en contradiction avec la politique commerciale américaine de Donald Trump.

Jamieson Greer a défendu l’idée d’un « nouvel ordre », qui impliquerait des accords entre des groupes de pays plus restreints plutôt que de « perdre des années, voire des décennies, à s’entendre sur un plus petit dénominateur commun ».

« En tant que ministres, nous devons nous concentrer sur des réformes qui rendraient l’OMC plus à l’écoute de ses membres et amélioreraient notre capacité à obtenir des résultats optimisant nos relations commerciales », a plaidé Jamieson Greer dans son message.

Il a souhaité avoir des « échanges francs » lors de cette conférence « sur la réforme de l’OMC, son rôle futur et ce que cette organisation peut, et ne peut pas, accomplir de façon réaliste ».

Un risque d' »érosion du système »

Les ministres du Commerce de l’Union européenne ont quant a eux apporté leur soutien à une réforme « profonde et globale » de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), faute de quoi elle risque de « perdre de son influence » face aux bouleversements de l’économie mondiale. « L’Union européenne est attachée à un système commercial multilatéral ouvert, équitable et fondé sur des règles, avec une OMC modernisée en son coeur », ont-ils souligné, dans une déclaration adoptée en marge de la 14e conférence ministérielle de l’organisation, qui s’est ouverte jeudi à Yaoundé, au Cameroun. L’OMC « se trouve à un tournant critique et, sans une réforme profonde et globale, risque de perdre de son influence, érodant davantage le système commercial mondial », plaident-ils.

C’est pourquoi ils espèrent que la réunion de Yaoundé pourra « constituer un tremplin vers un processus de réforme fondamentale », d’ici la prochaine conférence ministérielle qui sera organisée en 2028. L’UE défend elle une organisation plus souple, qui permettrait à des coalitions de pays volontaires d’avancer dans certains domaines.

« Soyons honnêtes : si le monde a considérablement changé, l’OMC n’a pas su s’adapter à ces nouvelles réalités », a lancé le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic, qui dirige la délégation de l’UE à Yaoundé, dans un message vidéo.

« Maintenir le statu quo n’est pas envisageable : nous ne pouvons pas continuer ainsi. Si nous persistons, nous risquons l’érosion du système fondé sur des règles et la marginalisation de l’OMC », a-t-il prévenu.

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