Depuis le début de la guerre, le prix du Brent a augmenté de 46%, de 80 à 110 dollars le baril, alors que celui de l’essence a augmenté de 50%, celui du gazole de 80% et celui du kérosène de 110%.
Le prix du pétrole pourrait atteindre 130 dollars par baril en mai si la guerre au Moyen-Orient continue, avec une répercussion particulièrement forte sur le gazole et le kérosène, a estimé mardi l’IFPEN (IFP Energies nouvelles). La hausse du brut fait augmenter davantage les prix du gazole et du kérosène que ceux de l’essence, car les bruts du Golfe, plus lourds, sont idéaux pour produire le kérosène et le gazole tandis que le brut alternatif disponible, le brut américain, plus léger, permet surtout de produire de l’essence, a expliqué l’IFPEN.
« Il existe peu d’alternatives à court terme pour le diesel, utilisé par le transport de marchandises, et pour le kérosène, utilisé par l’aviation« , souligne l’Institut.
Les prix des produits raffinés augmentent globalement plus vite que le brut car ils sont aussi affectés par les capacités de raffinage et la logistique. Ainsi, depuis le début de la guerre, le prix du Brent a augmenté de 46%, de 80 à 110 dollars le baril, alors que celui de l’essence a augmenté de 50%, celui du gazole de 80% et celui du kérosène de 110%, souligne l’Institut. Un brut à 130 dollars par baril se traduirait par un prix à la pompe « largement au-dessus de 2 euros », selon l’IFPEN. « Une raffinerie est conçue pour un type de brut donné et ces proportions ne peuvent être ajustées à court terme », souligne l’IFPEN. L’impact est notable en Europe, qui souffre d’un déficit structurel de gazole.
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Un impact « plus modéré » sur les prix du gaz »
Côté gaz, l’impact est à ce jour « plus modéré que pour le pétrole » avec un prix qui est passé d’environ 45 euros le mégawatt-heure à 60 euros/MWh, une hausse bien moindre que celle qu’avait provoquée la guerre en Ukraine en 2022. Le gaz s’était alors envolé à plus de 300 euros/MWh.
« Le prix du gaz sur le marché mondial devrait rester dans la fourchette de 60-100 euros/MWh jusqu’à fin avril, grâce à un léger surplus gazier actuel. « Mais si le blocage persiste, les tensions vont monter en Europe, qui sera en concurrence avec l’Asie pour l’achat de GNL et devra remplir ses stocks pour l’hiver », avertit l’IFPEN.
« Même si le conflit s’arrête fin avril, le prix du gaz restera à environ 80 euros/MWh car la pénurie durera jusqu’à fin 2026 ». Au-delà, il pourrait dépasser 100 voire 200 euros cet été, entraînant une hausse du prix de l’électricité.

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