Au terme de six jours de procès, la cour d’assises de Tulle (Corrèze) a condamné ce samedi 21 mars Lucas Larivée à 30 ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté de 20 ans, pour avoir violé et tué Justine Vayrac. Jusqu’au bout, il n’a cessé de marteler qu’il a tué la jeune femme par accident, et qu’il ne l’a pas violée.
Ses dénégations n’auront pas fonctionné. Jugé depuis lundi 16 mars à la cour d’assises de Tulle (Corrèze) pour le meurtre et le viol de Justine Vayrac en 2O22, Lucas Larivée a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté de 20 ans, ce samedi 21 mars.
L’agriculteur de 24 ans au visage juvénile n’a pourtant cessé, au cours des six jours qu’a duré son procès, de soutenir qu’il n’avait pas tué volontairement la jeune femme de 20 ans et qu’il ne l’avait pas violée, après une soirée en boîte de nuit à Brive-la-Gaillarde.
Table des matières
La perpétuité requise par le parquet général
Ce samedi matin, au bout de deux heures et demie de réquisitions, le parquet général avait requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, à l’encontre de l’accusé.
Selon l’avocate générale, en effet, les diverses expertises et éléments scientifiques établis lors des investigations mettent à mal le scénario proposé par Lucas Larivée et sa défense, celui d’une relation sexuelle consentie et d’un étranglement qui aurait mal tourné, suivi d’un seul coup de poing achevant la victime.
Chacun dans leur discipline, les experts ont souligné qu’un seul coup de poing porté à la victime ne saurait expliquer les projections de sang retrouvées dans la chambre de l’accusé, et que la ficelle retrouvée serrée autour du coup de Justine Vayrac indique qu’elle est morte d’une « strangulation au lien ». Des éléments tour à tour réfutés par le jeune agriculteur et son avocat.
« Vous avez Lucas Larivée, et quatre scientifiques. Ces experts se trompent et Lucas Larivée détient la vérité? Cela ne fait pas sens », a tancé Emilie Abrantes, la procureure générale.
Pour l’accusation, « il est éminemment dangereux »
Pour elle, le consentement de Justine Vayrac n’était pas non plus établi, la jeune femme s’étant sentie mal en boîte de nuit après une forte alcoolisation. L’accusé lui-même, pointe Emilie Abrantes, a reconnu ne pas avoir demandé le consentement de la jeune femme au moment de pratiquer sur elle un étranglement extrêmement violent, que l’avocat de la défense a appelé « choking ».
Lucas Larivée « n’a pas demandé l’avis de Justine Vayrac pour recourir à cette pratique de BDSM avec perte de connaissance et vomissements. Justine Vayrac n’était pas en capacité de consentir puisqu’on sait qu’elle perd connaissance et finit par décéder (…) au bout de trois longues minutes », a exposé la procureure générale.
Terminant sur la personnalité de l’accusé, elle a également pointé le « cynisme » dont il a fait preuve après avoir tué et enterré la victime, en envoyant des messages aux amis inquiets de cette dernière « pour se dédouaner ». « Ces éléments font de Lucas Larivée un psychopathe », a-t-elle assuré, se rapportant aux conclusions de l’expert psychiatre. « Lucas ne pourra pas changer. Ce n’est pas possible. (…) Il est éminemment dangereux alors qu’il n’a que 24 ans. »
« Vous l’acquitterez du meurtre et du viol »
Me Michel Labrousse, dont les longues interventions au cours du procès lui ont souvent valu des remontrances de la présidente, a de son côté plaidé dans l’après-midi. Point par point, l’avocat de la défense a démonté les éléments présentés comme objectifs par l’avocate générale, à commencer par l’expertise psychiatrique, réalisée selon lui à l’emporte-pièce. Cette expertise va en effet à l’encontre du portrait qu’il fait de son client à la barre, celui d’un « gars serviable », « travailleur et sociable ».
« Si vous voulez croire l’expert psychiatre, faites-le! Vous aurez sur la conscience une décision où il y a du doute, doute qui doit lui profiter! », a-t-il crié à l’adresse de la cour.
S’attaquant ensuite aux faits, il a contesté que Justine ait été forcée à suivre Lucas Larivée chez lui, n’étant pas en pleine possession de ses moyens. « Ce n’est pas vrai que Justine ait consommé pour être dans un état tel qu’elle l’aurait accompagnée contre son gré. Je dis non », a martelé Me Michel Labrousse. « Elle avait vomi trois fois. Elle s’était purgée », ajoute-t-il.
Quant au lien autour du cou de la victime, il a demandé à la cour de considérer la possibilité qu’un noeud coulant se soit resserré lorsque la jeune femme a été poussée dans le trou que l’accusé venait de creuser: « Si vous avez envie de penser que vous avez en face de vous un étrangleur, vous pourriez très bien vous tromper. Et vous le mettriez au trou, à perpétuité? (…) Vous l’acquitterez du meurtre et du viol. Vous le punirez pour les coups mortels », qui eux sont passibles de 15 ans de réclusion criminelle.
Lucas Larivée dispose désormais de dix jours pour faire appel de sa condamnation, s’il le souhaite.

No comment yet, add your voice below!