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Plus de fritures dans les restaurants, les crématoriums à court de gaz… En Inde et chez ses voisins on prend des mesures draconiennes pour économiser le gaz (bloqué dans le détroit d’Ormuz)

Frappée par les ruptures d’approvisionnement dans le Golfe, la région subit de plein fouet les conséquences énergétiques de la guerre au Moyen-Orient. Les écoles et les administrations ferment, tout comme les hôtels et les restaurants. En Inde, au Pakistan ou au Bangladesh, l’heure est aux mesures drastiques.

C’est un dangereux jeu de dominos qui fait trembler l’Asie du Sud. La région subit de plein fouet les blocages d’approvisionnements énergétiques entraînés par la paralysie du détroit d’Ormuz, où transitent une partie importante du gaz et du pétrole mondiaux.

Le Financial Times rapporte qu’en Inde, les crématoriums ont cessé d’utiliser le gaz pour brûler leurs morts et les restaurants ne servent plus de fritures. Au Pakistan, les fonctionnaires travaillent désormais quatre jours par semaine tandis qu’au Bangladesh, les universités ont fermé et les examens ont été annulés.

Vols et prix abusifs

Cité dans le même article, le Premier ministre indien, Narendra Modi, a appelé ses concitoyens à « ne pas céder à la panique », alors que les témoignages de vols et de hausses abusives des prix se multiplient ces derniers jours. Les citoyens se précipitent pour sécuriser des bouteilles de gaz de pétrole liquéfié (GPL), essentielles pour la cuisine, de plus en plus rares.

« Si la situation continue de se détériorer ainsi, Dieu nous en préserve, les prix deviendront incontrôlables », a quant à lui déclaré le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, lors d’une allocution à la nation.

Au Bangladesh, le gouvernement assure que « le Premier ministre a déjà commencé à n’utiliser que la moitié des éclairages de son bureau [et qu’il] n’allume la climatisation qu’en cas d’urgence. Cette austérité est pratiquée dans tous les bureaux du pays ».

Une situation d’urgence qui a poussé le Pakistan et l’Inde à négocier le passage d’un pétrolier pakistanais et de deux tankers indiens chargés de GPL à travers le détroit d’Ormuz, ces derniers jours.

La moitié des hôtels de Bombay bientôt à l’arrêt ?

L’Inde, deuxième importateur mondial de GPL, tire 60 % de ses approvisionnements des Émirats arabes unis, du Koweït, du Qatar et de l’Arabie saoudite. En l’absence de réserves stratégiques massives, la fermeture du détroit d’Ormuz confronte New Delhi à une pénurie critique.

En réponse, le gouvernement a autorisé l’utilisation de combustibles plus polluants, notamment le charbon, le bois et le kérosène, pour la cuisine, après que les restaurateurs ont averti qu’ils fermeraient leurs portes d’ici quelques jours sans nouvel approvisionnement.

À Bombay, capitale commerciale de l’Inde, jusqu’à la moitié des hôtels pourraient être contraints de fermer si la situation ne s’améliore pas, a averti l’Association des hôtels et restaurants de l’Inde. Un cinquième d’entre eux a déjà cessé son activité, a assuré le président Vijay Shetty au Financial Times. L’Association nationale des restaurants d’Inde a déjà conseillé à ses 500 000 membres d’envisager une réduction des horaires d’ouverture, d’arrêter les plats nécessitant un mijotage prolongé ou une friture, et d’utiliser des couvercles pour économiser l’énergie.

Mesures drastiques

Les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL), utilisé pour produire des engrais, générer de l’électricité et alimenter les raffineries, sont également interrompues. L’année dernière, le Pakistan avait tiré la quasi-totalité de ses importations du Qatar. L’Inde dépend également de Doha pour plus de la moitié de ses importations de GNL. Le Bangladesh est tout aussi dépendant des fournisseurs du Golfe : le Qatar et les Émirats arabes unis ont représenté près des trois quarts de ses importations de GNL l’an dernier, selon un rapport de Wood Mackenzie, cité par le Financial Times.

Au Bangladesh, qui dépend des importations pour 95 % de ses besoins énergétiques, « le choc d’approvisionnement a déclenché un rationnement généralisé du gaz dans toute l’économie », observe Akshay Gupta, analyste chez Wood Mackenzie.

Le ministère de l’Éducation a fermé toutes les universités publiques et privées du pays, avançant les vacances de l’Aïd el-Fitr comme mesure d’urgence pour réduire la consommation. Le gouvernement a ordonné aux usines d’engrais d’État de suspendre leur production pendant 15 jours et de réorienter le gaz disponible vers les centrales électriques afin d’éviter des pannes massives. La pénurie touche également le Sri Lanka, affectant les foyers et les petites entreprises, avec de longues files d’attente dans les stations-service.

Les écoles pakistanaises fermées pendant au moins deux semaines

Au Pakistan, le gouvernement a fermé les écoles jusqu’à la fin du mois, basculé tous les cours universitaires en ligne et imposé la semaine de quatre jours pour la plupart des administrations publiques. Le prix de l’essence a également été augmenté de 20%.

Bien que le Pakistan possède ses propres gisements, il dépend des producteurs du Golfe pour un cinquième de sa consommation. En raison du conflit, il pourrait ne recevoir aucune des six cargaisons de GNL prévues le mois prochain par QatarEnergy, qui assure 90 % de ses importations. La plupart des ménages pauvres et ruraux du Pakistan dépendent du GPL pour la cuisine et le chauffage.

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