Les candidats à la mairie de Paris ne veulent pas tous maintenir la vitesse à 50 km/h: passage en revue d’une décision qui concerne principalement ceux qui n’habitent pas la capitale.
C’est un des principaux axes routiers d’Ile-de-France: le périphérique parisien. Une voie (plus vraiment) rapide qui permet surtout aux Franciliens de se déplacer, avec entre 8 à 9 automobilistes sur 10 qui l’empruntent qui ne résident pas dans la capitale.
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Un périph à 50km/h depuis octobre 2024
C’est pourtant bien la mairie de Paris qui a décidé d’abaisser la limitation de vitesse du périphérique à 50 km/h depuis le 1er octobre 2024, avec des résultats assez mitigés constatés depuis. Entre stratégie politique « anti-voitures » assumée par l’équipe d’Anne Hidalgo et réelles volontés d’améliorer la circulation aux abords de Paris, la démarche entretient un certain flou dans son approche. Avec un trafic souvent saturé sur une journée classique, de 7h à 21h, cette baisse de la limitation n’a pas vraiment eu d’effets sur la vitesse moyenne qui serait même en légère amélioration avec une réduction de « l’effet accordéon ».
Cela reste néanmoins la plus forte baisse d’une limitation sur le périphérique depuis son ouverture en 1973 avec une vitesse maximale à 90 km/h. En 1993, cette limitation était passée à 80 km/h, puis à 70 km/h à partir de 2014.
Dans leur programme des élections municipales, les candidats peuvent se ranger en trois catégories: ceux qui veulent maintenir cette limitation à 50km/h, ceux qui prônent plutôt une vitesse variable selon la circulation et enfin ceux qui veulent un retour aux anciennes limitations, à 80 ou 90km/h.
Le statu quo à 50 km/h à « gauche »
Pour les partisans de la majorité actuelle et ses alliés, le maintien des 50 km/h s’impose comme une mesure de santé publique non négociable. Emmanuel Grégoire (Paris en Commun), Sophia Chikirou (LFI) et Dan Lert (Les Écologistes, actuel adjoint à la transition écologique) défendent cette régulation pour réduire les nuisances sonores et la pollution pour les près de 500.000 riverains, l’idée étant d’acter que le périphérique est désormais un « boulevard urbain » dans la continuité du mandat d’Anne Hidalgo.
La vitesse variable de 50 à 70 km/h pour Dati et Bournazel
Rachida Dati (LR) et Pierre-Yves Bournazel (Horizons) s’opposent à une règle unique 24h/24. L’idée est d’adapter la limitation à la réalité du trafic: rester à 50 km/h durant les pics de congestion, mais autoriser un retour aux 70 km/h la nuit et en dehors des heures de pointe. Des caméras couplées à l’intelligence artificielle pourraient notamment permettre d’adapter la limitation, même si cela demanderait un investissement conséquent pour aussi passer à des panneaux de limitation à affichage variable. Une signalisation dynamique qui pourrait s’inspirer des exemples de l’A1 et de l’A25 lilloise, note un article de Caradisiac.
Sur RMC fin janvier, Rachida Dati avait expliqué vouloir « reconsulter » les Parisiens sur cette question de la limitation sur le périphérique.
Sarah Knafo pour un retour à 80 km/h
Sarah Knafo (Reconquête !) veut de son côté repasser à 80 km/h, la limitation d’avant 2014. Elle estime que les voitures modernes sont suffisamment sûres pour supporter cette vitesse sans danger excessif dans l’idée que le périphérique doit rester une infrastructure de transit performante. Elle propose parallèlement la suppression totale de la voie de covoiturage, jugeant qu’elle crée des embouteillages artificiels sur les autres voies (voir encadré en bas de l’article).
Un périphérique « coffré » avec 90 km/h la nuit chez Mariani
Thierry Mariani (RN) prône lui un retour à la vitesse d’origine du périphérique: 90 km/h, mais uniquement « la nuit » et une vitesse variable le reste du temps. « On n’est pas obligé de faire des normes qui s’appliquent 24 heures sur 24, tous les jours, on a aujourd’hui des moyens modernes de réguler la vitesse », avait-il expliqué récemment surICI Paris Île-de-France.
Sa solution pour protéger les riverains ne passe pas par le freinage des voitures, mais par des travaux d’infrastructure massifs, notamment la couverture totale ou partielle des sections les plus urbanisées. Un « coffrage » du périph que proposent aussi Pierre-Yves Bournazel et Rachida Dati afin de créer de nouveaux espaces verts.
Une voie de covoiturage aussi en débat
L’avenir de la voie de covoiturage mise en place aux heures de pointe après les JO 2024 devrait aussi dépendre du résultat de ces élections.
Le « bloc de gauche » (Paris en Commun, LFI et Les Écologistes) reste là aussi favorable à un maintien de la mesure, avec des aménagements qui doivent conduire à le tranformer en « boulevard urbain », avec pour certains le souhait d’y voir des pistes cyclables ou des bus et d’inciter au covoiturage.
Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel adoptent une position intermédiaire, avec la possibilité de libérer cette voie si le trafic est trop important, ce qui avait en réalité déjà été évoqué dans le projet actuel.
Sarah Knafo et Thierry Mariani sont eux des partisans de la suppression de cette voie dédiée.

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