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2,4 milliards sur un total de 8 milliards: 5 entreprises ont contribué pour près d’un tiers des recettes de la surtaxe exceptionnelle en 2025

Si elle concerne 400 entreprises, 25 ont contribué à hauteur de 70% des recettes de la surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices l’an passé. Le cabinet Deloitte confirme que les dispositif est « extrêmement concentré ».

Elle est de retour, au grand dam des patrons. Censée s’appliquer uniquement l’an passé, la surtaxe exceptionnelle sur le bénéfice des grandes entreprises a finalement été prolongée dans le budget 2026.

Pour rappel, ce dispositif a pris la forme l’an passé d’une majoration de 20,6% de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 et 3 milliards d’euros et de 41,2% au-delà de 3 milliards. Pour épargner les entreprises de taille intermédiaire (ETI), il a été décidé de relever le premier seuil à 1,5 milliard d’euros en 2026.

Cela ne devrait pas avoir beaucoup d’impact sur le nombre d’entreprises concernées, estimé aux alentours de 400. Même si la surtaxe est en réalité extrêmement concentrée sur une poignée de contributeurs. En 2025, la facture s’est notamment élevée à plus de 660 millions d’euros pour LVMH, 560 millions d’euros pour EDF, 450 millions pour Vinci et autour de 350 millions d’euros pour Safran ou Hermès.

5 entreprises payent près d’un tiers des recettes

Dit autrement, ces cinq entreprises ont à elles seules payé 2,4 millards d’euros, soit quasiment un tiers des 8 milliards de recettes escomptées par Bercy. Sans compter les banques, qui ont déboursé autour de 1 milliard d’euros. Plus largement, 25 entreprises représentent 70% du produit de la surtaxe.

Dans une note récente, Deloitte observait déjà que « la taxe est extrêmement concentrée sur les plus grands contributeurs et contribue à augmenter significativement leur taux d’impôt sur les sociétés par rapport à celui des autres entreprises ».

Le cabinet de conseil constatait par ailleurs que les branches d’activité les plus concernées étaient l’industrie manufacturière (26% des recettes) l’énergie-eau-déchets (20%), suivies du commerce (17%), du transport (12%), de l’information-communication (12%) et des services aux entreprises (12%).

« Cette concentration reflète à la fois la distribution de la taille des redevables par industrie et l’hétérogénéité de contribution moyenne: l’énergie et le transport, peu nombreux en redevables, contribuent fortement en moyenne, tandis que le commerce regroupe beaucoup de redevables mais avec une contribution moyenne plus faible », indiquait Deloitte.

Les patrons expriment leur ras-le-bol

Ces dernières semaines, les grands patrons ne se sont pas privés d’exprimer leur colère face au retour en 2026 de cette surtaxe censée être « exceptionnelle ». « On a cru qu’exceptionnel, c’était sur la durée, en fait, exceptionnel, c’était sur le montant, parce qu’en fait, c’est un impôt qui existera plusieurs années », a déploré fin février Olivier Roussat, le directeur général de Bouygues, invité de l’émission Ecorama de Boursorama.

« Que les entreprises contribuent (…) de façon exceptionnelle à (…) une amélioration des rentrées fiscales de l’État, pourquoi pas? Mais si, en face, vous n’avez pas une modification du régime des dépenses, l’exceptionnel ne peut pas être exceptionnel une année, il faut qu’il dure », a ajouté le dirigeant de l’entreprise qui a payé 69 millions d’euros au titre de la surtaxe en 2025.

Lors de la présentation des résultats de LVMH, Bernard Arnault a lui aussi critiqué le dispositif en dénonçant « les impôts, qui devaient disparaître et qui malheureusement ne vont pas disparaître ».

Même Patrick Pouyanné, patron de Totalenergies qui n’est pourtant pas redevable de la surtaxe (le groupe ne réalise pas de bénéfices en France), a qualifié la surtaxe sur les grandes entreprises « d’énorme erreur ». « Il y a une forme de ras-le-bol parmi les patrons des grandes entreprises françaises, et je pense qu’on va l’exprimer. Sans doute faut-il le faire plus fortement. Ce n’est pas bien qu’à la fin, la variable d’ajustement du budget de la France, ça soit la taxation des grandes entreprises », a-t-il dit.

Dimanche, c’est l’Afep, association qui regroupe les 117 plus grosses entreprises privées en France, qui a poussé son coup de gueule dans La Tribune: « En deux lois de finances, près de 18 milliards d’euros seront prélevés sur les grandes entreprises françaises », a déploré l’association, avant d’appeler les responsables politiques à « un sursaut », après deux années de « décisions idéologiques plutôt qu’économiques » qui vont à l’encontre de l' »intérêt national ».

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