Kim Jong-un, au 9ᵉ congrès du Parti des travailleurs de Corée, à Pyongyang, le 23 février 2026, sur une photo diffusée le lendemain par l’agence de presse officielle de Corée du Nord. KOREAN CENTRAL NEWS AGENCY VIA REUTERS
Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, estime que Pyongyang pourrait, sous conditions, « bien s’entendre » avec les Etats-Unis, mais repousse les tentatives de dialogue de Séoul, a rapporté jeudi 26 février l’agence officielle après la clôture du congrès du parti unique.
Si Washington « respecte le statut actuel [de puissance nucléaire] de notre pays tel qu’il est stipulé dans la Constitution (…) et abandonne sa politique hostile (…), il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas bien nous entendre avec les Etats-Unis », a affirmé M. Kim, selon l’agence officielle KCNA.
Lors du précédent congrès, en 2021, Kim Jong-un avait désigné les Etats-Unis comme le « plus grand ennemi » de sa nation. Mais le président américain, Donald Trump, a récemment redoublé d’amabilités envers le dirigeant nord-coréen, se disant « ouvert à 100 % » à une rencontre lors d’une tournée en Asie l’année dernière. Il s’est même positionné à rebours de plusieurs décennies de politique américaine en concédant que la Corée du Nord était « en quelque sorte une puissance nucléaire ».
Les spéculations s’intensifient sur la possibilité d’une rencontre entre Kim Jong-un et Donald Trump en marge de la visite prévue de ce dernier en Chine, annoncée pour avril. Au cours du premier mandat du président américain, les deux hommes se sont entretenus à trois reprises pour tenter de parvenir à un accord de dénucléarisation, sans succès.
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Dialogue difficile avec Séoul
Cette fois-ci, c’est à la Corée du Sud voisine que M. Kim a réservé l’appellation d’ennemi « le plus hostile ». A l’issue du 9e congrès du Parti des travailleurs, clos mercredi soir par une grande parade militaire, le dirigeant nord-coréen a fermé la porte aux offres de Séoul, allié de Washington en matière de sécurité.
Kim Jong-un a déclaré que Pyongyang cessera « à jamais » de considérer les Sud-Coréens comme des « compatriotes », qualifiant les récentes initiatives conciliantes de Séoul de « trompeuses ». Le président sud-coréen Lee Jae-myung œuvre depuis son investiture, en juin, à la reprise du dialogue bilatéral. Jusqu’alors sans réponse du Nord.
Pyongyang a annoncé le mois dernier avoir abattu un drone venu du Sud près de la ville de Kaesong, à quelques kilomètres de la frontière, ultra-militarisée, avec la Corée du Sud, et demandé des comptes à Séoul. Le président Lee Jae-myung avait condamné ce survol, soulignant que ce type d’initiative pouvait déclencher une guerre entre les deux Etats, qui n’ont pas signé officiellement de traité de paix à l’issue du conflit de 1950-1953.
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Des sanctions internationales en débat
La Corée du Nord, dotée de l’arme nucléaire, est soumise à plusieurs séries de sanctions en raison de ses programmes d’armement. Pyongyang produit même assez de matière nucléaire chaque année pour assembler jusqu’à 20 armes atomiques, a estimé la présidence sud-coréenne en janvier.
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Des sources diplomatiques sud-coréennes ont affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) en janvier que le Comité des sanctions contre la Corée du Nord du Conseil de sécurité des Nations unies s’apprêtait à accorder une exemption de sanctions aux projets d’aide humanitaire dans le pays. Une initiative qui permettrait à Washington et Séoul de supprimer l’alibi invoqué par Pyongyang pour refuser jusqu’ici le dialogue, ont commenté des analystes.
Pyongyang a modifié sa Constitution en 2024 pour définir la Corée du Sud comme un « Etat hostile » pour la première fois. Le congrès du parti au pouvoir, qui se tient en principe tous les cinq ans, avait commencé le 19 février. C’est l’événement politique le plus important en Corée du Nord, destiné à renforcer l’autorité du régime. Kim Jong-un a ainsi été reconduit dimanche à l’unanimité au poste suprême de secrétaire général du Parti, qui dirige le pays communiste depuis les années 1940.
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Le Monde avec AFP

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