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Mort de Quentin: faut-il refuser toute alliance avec LFI? La gauche mise au défi de l’union aux municipales par ses opposants

Lyon, Strasbourg, Toulouse… Dans différentes villes, socialistes, écologistes ou communistes peuvent difficilement faire sans les voix des insoumis pour espérer une victoire au second tour des élections municipales. Certains de leurs opposants, profitant de la difficile séquence de LFI autour de la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, les appellent à exclure la formation d’alliances.

« Est-ce qu’à Nantes, la maire socialiste va s’allier avec La France insoumise? Il faut qu’ils le disent! Est-ce qu’au Havre, la gauche unie – La France insoumise, les socialistes et les communistes – va s’allier contre Édouard Philippe? Est-ce qu’à Tourcoing, La France insoumise va s’allier avec la candidate de gauche pour battre Doriane Bécue et Gérald Darmanin? »

Invité de BFMTV-RMC ce jeudi 19 février, Gérald Darmanin – qui parle, à ce moment-là, de lui à la troisième personne – a mis la pression à la gauche à moins d’un mois du premier tour des élections municipales, le 15 mars. L’objectif du garde des Sceaux: éviter toute alliance au second tour avec LFI pour les socialistes, les communistes et les écologistes.

Il a appelé ce jeudi sur BFMTV à la formation d’un « cordon sanitaire » face au mouvement de Jean-Luc Mélenchon, un terme qui vaut habituellement pour l’extrême droite.

L’indéboulonnable membre des différents gouvernements formés sous Emmanuel Macron surfe sur l’actualité. Depuis le décès du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, deux jours après une violente agression à Lyon jeudi dernier, LFI est sous le feu des critiques du gouvernement, de la droite, son extrême et une partie de la gauche.

« Cordon sanitaire »

En cause: sa proximité avec la Jeune Garde, organisation antifasciste créée en 2018 avec pour objectif de former une « réaction d’autodéfense » face à des mouvances d’extrême droite particulièrement violentes et prospères à Lyon.

La Jeune Garde est au cœur de l’enquête ouverte en marge de la mort de Quentin Deranque: parmi les onze suspects interpellés, quatre ont appartenu au collectif, dissous en 2025.

Trois sont des collaborateurs du député insoumis Raphaël Arnault. Lui-même co-fondateur de la Jeune Garde, ce dernier est défendu fermement par LFI, où certains rappellent que l’élu de 31 ans n’est « pas mis en cause par la justice » et dénoncent plus généralement une « instrumentalisation » de cette affaire, également pointée par différents responsables de gauche.

Gérald Darmanin et d’autres font fi des arguments insoumis. « Aujourd’hui, c’est l’ultragauche qui a tué, c’est incontestable », affirmait le ministre de la Justice dès dimanche, accusant au passage LFI de « complaisance » envers « la violence politique ».

« Ce à quoi nous assistons est la bascule dans un moment fasciste qui vise à dédiaboliser, à normaliser, à légitimer, la présence du Rassemblement national », s’alarme auprès de BFM le député insoumis Aurélien Lecoq.

Du côté de son mouvement, la « ligne (pour les municipales) est toujours la même: celle de rassembler face à la droite et l’extrême droite, et les insoumis en seront les vecteurs au second tour », assure-t-il. Tout en notant que « les positions posées par les communistes et les écologistes nationalement » vis-à-vis des insoumis depuis la mort de Quentin Deranque « sont des expressions de soutien et de solidarité. »

Pour Les Ecologistes, le Parti communiste français, mais aussi le Parti socialiste, qui est en guerre ouverte avec LFI depuis des mois, la question des alliances avec les insoumis aux municipales est ô combien délicate.

D’ailleurs, les chefs de ces trois formations politiques – Marine Tondelier, Olivier Faure, Fabien Roussel – se sont bien gardés jusqu’ici dans leurs expressions publiques d’enterrer toute coalition au second tour, certaines étant par ailleurs en place dès le premier tour, notamment en Seine-Saint-Denis pour le PCF.

Dans Lyon et d’autres villes, les insoumis indispensables pour la gauche

Il faut dire que les insoumis sont potentiellement indispensables à leurs camarades de gauche dans certaines villes.

À Toulouse par exemple, le maire de centre droit Jean-Luc Moudenc peut éventuellement être délogé, mais à condition qu’il ne profite pas d’une dispersion des voix trop importante entre la liste d’union menée par le socialiste François Briançon et celle dirigée par l’insoumis François Piquemal.

À Strasbourg, la maire sortante écologiste Jeanne Barseghian est devancée dans les sondages face à son adversaire socialiste Catherine Trautmann et talonnée par la droite. Une alliance PS-Verts étant exclue, les voix de l’insoumis Florian Kobryn, annoncé proche d’une qualification au second tour, semblent essentielles pour l’édile si elle veut l’emporter.

Un exemple est encore plus évocateur: celui de Lyon, évidemment. Au-delà d’être la ville où a eu lieu la mort de Quentin Deranque, la capitale des Gaules est le théâtre d’une élection qui s’annonce très compliquée pour Les Écologistes. Sur le papier, le maire sortant Grégory Doucet, largement relégué dans les sondages par Jean-Michel Aulas, trouve sa principale réserve de voix se trouve chez la députée insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi qui pourrait se qualifier au second tour, d’après les sondages.

Comme Gérald Darmanin, Jean-Michel Aulas s’est engouffré dans la brèche mardi: »(Grégory Doucet) dit qu’il attendra la fin du premier tour pour prendre position et personnellement je ne suis pas d’accord. Je crois qu’il faut très clairement rejeter les extrêmes », a lâché l’ex-boss de l’Olympique lyonnais sur France Inter.

« Aujourd’hui, ce n’est pas le sujet »

Invité d’Europe 1 dimanche, le principal intéressé était resté sur la ligne prônée depuis le début de la campagne refusant effectivement de fermer la porte à une alliance au second tour.

« D’abord, aujourd’hui ce n’est pas le sujet et puis ensuite, on va regarder le résultat des élections. On verra aussi ce que les Lyonnaises et les Lyonnais nous envoient comme message au soir du premier tour. C’est sur la base de ces résultats que nous aurons à nous poser cette question », avait évacué l’édile.

Contacté par BFMTV mardi, le chef de file de la majorité municipale, Gautier Chapuis, se voulait lui aussi « prudent », appelant à ce que « l’enquête aboutisse au niveau de la justice et de la police ».

D’un côté ceux qui mettent la pression, de l’autre ceux qui temporisent. À n’en pas douter, chacun suivra très attentivement la conférence du procureur de Lyon, organisée à 17 heures ce jeudi au moment où se termineront les gardes à vue des onze suspects interpellés mardi soir et mercredi matin.

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