La Grèce a signé lundi un accord avec un consortium dirigé par la compagnie américaine Chevron pour l’exploration d’hydrocarbures dans quatre zones maritimes au large de la péninsule du Péloponnèse et de l’île de Crète.
La Grèce a signé lundi un accord avec un consortium dirigé par la compagnie américaine Chevron aux côtés du groupe grec côté en Bourse Helleniq Energy (dont l’Etat grec est actionnaire) pour l’exploration d’hydrocarbures dans quatre zones maritimes au large de la péninsule du Péloponnèse et de l’île de Crète. « Aujourd’hui, nous réalisons un bond en avant dans le domaine de l’énergie », s’est félicité le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, lors de la signature de l’accord en présence notamment de l’ambassadrice américaine à Athènes, Kimberly Guilfoyle, et des dirigeants des entreprises.
« Grâce à cet accord, la superficie (qui sera explorée) va passer à 94.000 km2, soit presque le double de la superficie du pays actuellement disponible pour l’exploration », a-t-il ajouté.
Alors que la relation transatlantique est mise à mal depuis le retour de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, le chef du gouvernement conservateur a également souligné que cet accord « témoigne de la solidité des relations stratégiques entre la Grèce et les États-Unis« . Le texte doit être ratifié par le Parlement au mois de mars et les premières explorations ne devraient pas avoir lieu avant la fin de l’année 2026, selon la chaîne de télévision publique Ert.
Table des matières
La Grèce, une porte d’entrée pour le GNL américain
Cet accord intervient alors qu’en novembre dernier, un autre accord sur des forages exploratoires d’hydrocarbures au large de l’île de Corfou en mer Ionienne (nord-ouest), entre ExxonMobil et les sociétés grecques Helleniq Energy et Energean, avait déjà été signé. La coopération de la Grèce avec les géants américains ExxonMobil et Chevron est un pari pour cet Etat, qui veut renforcer son rôle dans l’acheminement du gaz en Europe, les Etats-Unis y voyant eux une occasion de consolider leur présence dans la région.
Parallèlement, la Grèce a signé en novembre, en marge de la conférence annuelle du Partenariat pour la Coopération Énergétique Transatlantique (P-TEC), un mémorandum avec des entreprises américaines prévoyant d’augmenter les flux de Gaz naturel liquéfié (GNL) vers les terminaux grecs pour les acheminer par un corridor vertical dans toute la région jusqu’à l’Ukraine. Un accord entre Athènes et Kiev avait alors été signé pour fournir l’Ukraine en GNL entre décembre et mars 2026.
Les off de Legendre : Pourquoi von Der Leyen veut du GNL américain ? – 20/01
Aujourd’hui, les Etats-Unis fournissent presque la moitié du GNL dont a besoin l’Union Européenne. La Grèce joue un rôle clé: elle dispose de terminaux GNL en pleine expansion et peut devenir une plateforme d’entrée du gaz américain vers les Balkans et toute l’Europe du Sud-Est. Le terminal GNL flottant d’Alexandroupolis, alimente par exemple à lui seul la Grèce mais aussi la Bulgarie, la Roumanie, la Macédoine du Nord, la Serbie, la Moldavie, l’Ukraine, et jusqu’à la Hongrie et la Slovaquie.
« Nous croyons fermement au Corridor vertical comme alternative au gaz russe », a expliqué lundi le Premier ministre grec.
« À mesure que l’Europe réduit ses approvisionnements russes, ce corridor va acquérir une importance géopolitique et économique croissante », a-t-il poursuivi. D’ici fin 2027, l’Union européenne s’est engagée à ne plus importer de gaz naturel russe. La section grecque de l’organisation environnementale WWF a, par ailleurs, mis en garde à plusieurs reprises contre l’exploration des hydrocarbures notamment en mer Ionienne en raison de la présence d’un parc marin, un site naturel protégé par le réseau européen Natura 2000.

No comment yet, add your voice below!