Le chef de l’État a réaffirmé samedi dans un tweet son souhait de lancer d’une étude sur les effets physiques et psychiques des jeux vidéos sur les plus jeunes et ainsi répondre à une question: faut-il interdire ou limiter l’accès à certains jeux aux mineurs, à l’image des travaux lancés sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans?
Emmanuel Macron n’a pas tardé à préciser ses propos sur les jeux vidéo, dans un tweet publié samedi matin, face à la polémique qui enfle depuis deux jours. Interrogé jeudi par le média Brut (qui appartient à CMA Média, dont fait également partie BFM) sur la question des jeux vidéo, le Président avait réagi à la vidéo d’une enseignante qui pointe du doigt des « enfants à la dérive » qui, « à 7 ou 8 ans (…) jouent à Fortnite ».
Emmanuel Macron avait alors indiqué qu' »il est clair que la violence, qui s’installe dans la société et chez les plus jeunes, est aussi liée au fait que les enfants, les adolescents sont beaucoup plus exposés à de la violence dans des vidéos qu’ils vont voir sur les réseaux sociaux. Ou dans les jeux vidéo qu’ils vont faire. » Soit un lien, qui peut être considéré comme amalgamant, entre jeux vidéo et violence.
Retour de la crise chez Ubisoft: un problème sans fin ?
Hier, le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) a réagi dans un communiqué, indiquant que « les raccourcis ne peuvent plus être acceptés en 2026 », déplorant « une si grande méconnaissance de notre industrie ».
La société Epic Games, qui développe Fortnite, indique pour sa part que « chaque expérience dispose d’une classification d’âge spécifique, et près de 48.000 jeux au sein de l’écosystème Fortnite sont classés PEGI3 ou PEGI7 » (c’est-à-dire accessibles aux enfants de plus de 3 ou 7 ans). Le développeur ajoute que les parents peuvent définir un temps de jeu maximal et bloquer l’accès aux produits d’une classe d’âge inadaptée.
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« Quels sont les effets sur les plus jeunes ? »
Dans un tweet publié ce samedi 7 février au matin, Emmanuel Macron a tenté de désamorcer la bombe, tout en précisant sa position. « J’ai toujours soutenu le jeu vidéo, la popculture – industrie, création, culture, emplois. J’ai mis à l’honneur l’esport français à l’Élysée et j’ai pris des engagements pour structurer la filière et attirer de grands événements en France, ce que nous avons fait », fait-il valoir.
« Mais soutenir une industrie et une culture n’interdit pas de poser une question simple, sans caricature: quels sont les effets de certains contenus et de certains usages sur les plus jeunes ? »
Comme pour les réseaux sociaux, la question se pose, selon le chef de l’État, d’une interdiction aux moins de 15 ans et d’un tri entre « les bons et les mauvais jeux » en fonction des âges.
« Le constat des parents c’est que certains jeunes passent leurs journées et parfois leurs nuits à jouer. Il a aussi été souvent dénoncé que des jeux classés PEGI 18 sont joués par des enfants », souligne le chef de l’État.
Poursuivant qu’il s’agit-là « d’un sujet majeur de santé publique », pour la « santé physique, les yeux en particulier », mais aussi « la santé mentale, quand un jeune ne sort plus du tout car il joue abusivement ».
Une étude confiée à un collège scientifique
Le Président explique également lancer une mission sur les effets des jeux vidéo sur les jeunes.
« Ce que j’ai annoncé chez Brut, en réponse à cette enseignante qui criait sa colère, ce n’est pas l’interdiction des jeux vidéo: c’est le lancement d’un travail scientifique, collégial, pour regarder la réalité en face. Calmement, lucidement et avec toutes les parties prenantes ».
Ce travail, qui serait mené sur deux mois, sera « confié à des experts et au Conseil national du numérique et de l’IA », avait-il précisé jeudi.
« C’est notre responsabilité de demander à des chercheurs, scientifiques et cliniciens d’évaluer les impacts, de démêler les idées reçues et d’éclairer le débat public ».
Vers une loi pour interdire ou limiter l’accès aux jeux vidéo?
Jeudi, Emmanuel Macron avait indiqué qu’à l’issue de ces travaux, le premier acte sera de voir « s’il y a un consensus pour dire c’est mauvais en tout, lesquels sont mauvais, pourquoi… ». Mais davantage qu’un état des lieux, le président indique qu’il attend de cette étude qu’elle dise ce qu’il « faut faire, parce qu’il faut qu’on puisse après guider les parents ».
Il souhaite également de ce rapport scientifique qu’il réponde à une question: « Est-ce qu’il faut une interdiction ou pas? », à l’image des travaux lancés sur l’interdiction des -15 ans aux réseaux sociaux.
En attendant cette étude et ses résultats, le président de la République ne veut pas prendre position: « c’est trop tôt pour le dire », répète-t-il. En revanche, il donne « rendez-vous en mai, juin ». Emmanuel Macron précise d’un même souffle que « le débat doit être citoyen ».

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