Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol, ambitionne d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Ces propositions, destinées à lutter contre les contenus illégaux et à protéger les mineurs, n’ont pas plu à Elon Musk, qui a qualifié le chef du gouvernement de « fasciste totalitaire ».
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé mardi 3 février 2026, au cours d’un déplacement aux Emirats arabes unis, une série de mesures visant à lutter contre « la manipulation et l’amplification des contenus illégaux » sur les réseaux sociaux, provoquant la réaction outrée du milliardaire Elon Musk.
Dans un discours à Dubaï, le responsable socialiste a annoncé, entre autres, l’interdiction de l’accès aux plateformes pour les moins de 16 ans, afin de les préserver d’un monde de « pornographie » et de « violence ».
Table des matières
Un espace d' »addiction, d’abus, de pornographie »
« Les plateformes devront mettre en place des systèmes efficaces de vérification de l’âge, pas seulement des cases à cocher, mais de véritables barrières qui fonctionnent », a ajouté Pedro Sanchez, dans son intervention au Sommet mondial des gouvernements qui se déroule aux Emirats arabes unis.
« Aujourd’hui, nos enfants sont exposés à un espace dans lequel ils n’ont jamais été censés naviguer seuls », un espace d' »addiction, d’abus, de pornographie, de manipulation, de violence », a-t-il énuméré. « Nous vous protégerons du Far West numérique. »
Le Premier ministre a en outre annoncé que les lois seraient modifiées afin que « les dirigeants des plateformes soient légalement responsables de nombreuses infractions commises sur leurs sites ». « Cela signifie que les PDG de ces plateformes technologiques s’exposeront à des responsabilités pénales pour ne pas avoir supprimé des contenus illégaux ou incitant à la haine », a-t-il affirmé.
Les ados bientôt privés de réseaux sociaux – 26/01
Autre mesure envisagée par le chef du gouvernement espagnol, faire en sorte que « la manipulation et l’amplification algorithmique de contenus illégaux » deviennent une « infraction pénale ». Le texte imposera également aux plateformes numériques de déployer des systèmes de vérification de l’âge plus robustes. Ces dispositifs devront constituer « de véritables barrières efficaces » afin d’empêcher les mineurs de contourner les restrictions.
Suivre le chemin de l’Australie
Ces propositions ont provoqué la fureur d’Elon Musk, qui a taxé « Sanchez le malhonnête » de « tyran et traître au peuple d’Espagne », dans un message posté sur son réseau social X. Très remonté, le milliardaire a affirmé dans un autre message que Pedro Sanchez était « un vrai fasciste totalitaire ».
Le Premier ministre espagnol avait déjà fait savoir en novembre qu’il envisageait de « porter à 16 ans l’âge minimum pour accéder aux réseaux sociaux ». Il ne dispose pas de la majorité absolue au Parlement et rencontre, ces derniers temps, des difficultés à rassembler les soutiens nécessaires pour faire voter des lois.
Régulation mondiale des réseaux sociaux pour les mineurs © BFM Tech
L‘Australie a ouvert la voie à l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans en décembre et d’autres pays ont commencé à s’engager sur cette voie. Au Royaume-Uni, par exemple, les Lords ont voté, mercredi 21 janvier 2026 contre l’avis du gouvernement, un texte visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.
En France, l’Assemblée nationale a voté l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, lundi 26 janvier 2026. Si le gouvernement souhaite rendre l’interdiction effective dès la rentrée prochaine, le texte se heurte à de nombreux obstacles juridiques et techniques, notamment au regard du droit européen.

No comment yet, add your voice below!