Le chercheur français Laurent Vinatier a pris pour la première fois la parole depuis sa libération de Russie au début du mois. Après avoir passé plus de 580 jours en prison, il a été libéré en échange d’un basketteur russe. Au micro de RTL, il raconte notamment ses conditions d’emprisonnement.
Pour la première fois depuis sa sortie des geôles russes, Laurent Vinatier s’exprime dans un média français. Le chercheur a pris la parole au micro RTL, deux semaines après sa libération de Russie. Arrêté à l’été 2024 et condamné à trois ans de prison pour « espionnage », il a été libéré le 8 janvier dernier lors d’un échange de prisonniers avec le basketteur russe Daniil Kasatkin.
Laurent Vinatier passera par plusieurs prisons, chacune plus difficile que la précédente. « Pendant ces dix mois dans la première prison, je me suis habitué, j’ai compris les codes. Mais quand je suis partie à Toula, ça a été des conditions terribles et inimaginables », narre-t-il dans un extrait de son interview diffusé par RTL ce mercredi 21 janvier.
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« C’était une relation autoritaire »
Fin 2025, la famille du chercheur spécialiste de l’espace post-soviétique apprend qu’il a été transféré à Lefortovo, ancienne prison du KGB à la sinistre réputation dans laquelle sont encore enfermés des prisonniers politiques de la Russie. « Ça a été la vraie prison, là », explique-t-il à RTL, confiant avoir dès lors « sombré ».
« Là, j’étais tout seul, j’ai vu la pression sur les prisonniers, la pression psychologique de la part de l’administration… C’était une relation autoritaire. »
Dans ce centre de détention de la banlieue de Moscou, Laurent Vinatier a appris à mener une « routine très très serrée et très très précise ». Enfermé 23 heures sur 24 heures dans sa cellule, il s’était « fixé quelque chose à faire » toutes les heures pour ne pas perdre la raison. « C’était même répété, parfois à la minute près. »
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581 jours de détention
Au total, Laurent Vinatier aura passé 581 jours de détention en Russie. Le Français de 49 ans a publié plusieurs ouvrages sur la Russie (Russie: l’impasse tchétchène, en 2007 ou encore La Russie, de Poutine à Medvedev, en 2008) et s’intéressait depuis plusieurs années aux relations russo-ukrainiennes, deux pays dans lesquels il se rendait fréquemment.
Après son arrestation, ses parents avaient assuré à l’AFP que leur fils était un « prisonnier politique », un « pion » utilisé par les Russes pour « faire pression », dans un contexte très tendu entre l’Europe et Moscou, notamment depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.

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