Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, lors de la manifestation contre l’opération américaine au Venezuela, à Paris, le 3 janvier 2026. DANIEL PERRON/HANS LUCAS VIA AFP
Quand l’ordre mondial chavire, le monde politique français révèle ses lignes de fracture. L’opération militaire de l’administration Trump au Venezuela, soldée par l’enlèvement de son président, Nicolas Maduro, et de son épouse, Cilia Flores, samedi 3 janvier, précipite les partis mais aussi le sommet de l’Etat vers un nouveau clivage autour de la défense du droit international et du multilatéralisme.
Quelques heures après l’intervention des forces spéciales américaines à Caracas, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, avait exprimé, sur X, son soutien à une transition « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien », « débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro ». Pas de mention du non-respect du droit international ou de condamnation formelle de la méthode brutale employée par l’administration Trump. Satisfait, Donald Trump a même repartagé son message sur son compte Truth Social.
Ces omissions du président n’ont pas échappé à la gauche et à une partie des élus macronistes, révulsées par cette rupture apparente avec la tradition diplomatique française, exprimée par Jean-Noël Barrot avant la réaction du président. A moins que ces expressions coordonnées évitant toute critique frontale de Donald Trump ne poursuivent un autre objectif. « On a peur que Trump soit encore pire sur l’Ukraine qu’il ne l’est déjà. Et donc, pour éviter ça, on n’ose plus le contrarier sur rien d’autre »,interprète la députée européenne (Renew) Nathalie Loiseau, alors qu’une nouvelle conférence des pays de la « coalition des volontaires » en soutien à l’Ukraine se tient mardi 6 janvier à l’Elysée.
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