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Delcy Rodriguez investie présidente du Venezuela par intérim après l’enlèvement de Nicolás Maduro

Delcy Rodriguez a prêté serment devant le fils du chef de l’État déchu, Nicolás Maduro Guerra, deux jours après l’enlèvement de force de son père à Caracas à l’issue d’une opération militaire américaine.

Delcy Rodriguez a été investie présidente par intérim du Venezuela ce lundi 5 janvier après avoir prêté serment devant l’Assemblée nationale, tandis que Nicolás Maduro, capturé samedi, a plaidé non coupable pendant sa présentation à la justice américaine.

« Je me présente avec douleur en raison de l’enlèvement de deux héros qui sont otages aux États-Unis. (…) J’ai aussi l’honneur de prêter serment au nom de tous les Vénézuéliens », a déclaré Delcy Rodriguez qui était la vice présidente et la première dans l’ordre de succession.

Samedi, la Cour suprême lui avait ordonné d’assumer les fonctions de chef de l’État pendant 90 jours renouvelables et l’armée lui avait apporté son soutien le lendemain.

Delcy Rodriguez a prêté serment devant le fils de Nicolás Maduro

Delcy Rodriguez a prêté serment devant son frère Jorge Rodriguez réélu président de l’Assemblée mais aussi, dans un symbole voulu par les autorités, devant le fils du chef de l’État déchu, Nicolás Maduro Guerra, dit « Nicolasito » (« Petit Nicolas »), député réélu, qui portait la Constitution. Il a été le premier à féliciter Delcy Rodriguez.

À la fin de la cérémonie, « Nicolasito » a fait un « V » avec les deux doigts, une allusion au signe fait par Nicolás Maduro devant les caméras américaines et fortement relayé par la télévision d’État.

Peu auparavant, Nicolás Maduro avait plaidé non coupable devant un tribunal de New York, deux jours après avoir été emmené de force de Caracas à l’issue d’une opération militaire ouvrant la voie au projet de Washington de contrôler le Venezuela, un pays riche en pétrole.

« À toi, Delcy Eloina (Rodriguez), tout mon soutien inconditionnel pour la tâche si difficile qui t’incombe. Compte sur moi, compte sur ma famille ! », a clamé Nicolasito avant la prestation de serment, ajoutant avec des tremolos dans la voix: « La patrie est entre de bonnes mains, papa! »

« Ils seront bientôt avec nous, grâce à toute la lutte du peuple mobilisé à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ils reviendront ! », a-t-il encore dit.

Très applaudi, il a ajouté: « Le Venezuela ne demande ni privilèges ni concessions, il exige le respect. Notre aspiration à la paix n’est ni faiblesse, ni reddition, c’est une décision souveraine. Nous voulons des relations internationales avec tous, fondées sur l’égalité, le respect mutuel et la coopération, sans menace et sans ingérence ».

« Allez Nico ! »

De nombreux députés ont scandé « Allez Nico ! », à l’intention de Nicolás Maduro. « Vamos Nico ! » a été un des slogans de la campagne présidentielle de 2024.

Le chef de l’État « a été enlevé par le gouvernement des États-Unis au cours d’une attaque barbare, perfide et lâche, de nature fasciste », s’est exclamé à l’ouverture de la séance le doyen des députés, Fernando Soto Rojas.

« Le président des États-Unis, Donald Trump, prétend être le procureur, le juge et le policier du monde. Depuis le Venezuela bolivarien, nous disons ‘Vous n’y parviendrez pas’. Et nous allons finalement déployer toute la solidarité pour que notre président légitime, Nicolás Maduro, retourne victorieux à Miraflores », le palais présidentiel.

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Dans l’hémicycle, un siège vide avec le nom de Cilia Flores, l’épouse de Nicolás Maduro également emmenée de force, et réélue en mai, était visible.

« Nous n’acceptons pas des institutions de façade »

Une photographie du couple Maduro, prise à l’occasion de l’investiture de Nicolás Maduro en janvier, a été dévoilée au pied du perchoir par Jorge Rodriguez et « Nicolasito », accompagnés d’un fils de Cilia Flores.

Stalin Gonzalez, l’un des rares députés de l’opposition, a réclamé une « amnistie » et la « libération de tous les prisonniers politiques ».

« Nous ne serons pas complices et nous n’acceptons pas des institutions de façade, (…) nous exigeons l’arrêt immédiat de la persécution, de la criminalisation de la dissidence et la libération de tous les prisonniers politiques. Sur ce chemin de reconstruction, nous considérons que ce moment est propice pour promouvoir une amnistie », a-t-il martelé.

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