Depuis le 1er janvier, les plateformes cryptos de 48 pays doivent transmettre les informations de leurs clients aux autorités fiscales, en raison de l’entrée en vigueur de la directive européenne DAC 8.
Depuis le 1er janvier 2026, les utilisateurs cryptos utilisant des plateformes enregistrées dans 48 pays sont sous surveillance. L’entrée en vigueur de la directive européenne DAC 8 permet l’échange automatique des données d’un utilisateur à son administration fiscale.
Concrètement, le fisc français pourra accéder à toutes vos transactions effectuées depuis début 2026 sur une plateforme crypto (CEX) enregistrée dans un pays européen, ainsi que dans les îles Anglo-Normandes, le Brésil, les îles Caïmans et l’Afrique du Sud. Un premier exercice de déclaration aura lieu en 2027.
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« Discrétion »
Jusqu’à présent, les plateformes cryptos ne transmettaient ces informations au fisc qu’en cas de soupçon de financement de terrorisme ou de blanchiment d’argent.
« C’est le début de la fin pour les investisseurs en cryptomonnaies qui pensaient pouvoir investir et gagner de l’argent en toute discrétion, à l’abri des autorités fiscales et autres organismes chargés de l’application de la loi », a déclaré Andrew Park, associé en enquêtes fiscales chez Price Bailey au Financial Times.
Au total, 75 pays se sont engagés à mettre en place cette directive, dont les principaux pays où les cryptos circulent, notamment aux Etats-Unis et à Hong-Kong. Les Etats-Unis procéderont à l’échange d’information à partir de 2029. Il s’agit d’un « tournant majeur dans la façon dont le trading de cryptomonnaies est surveillé d’un point de vue fiscal », considère de son côté Seb Maley, directeur général du fournisseur d’assurance fiscale Qdos.
Risques pour les utilisateurs
Au-delà de cette surveillance accrue, des experts évoquent des risques pour les utilisateurs avec l’entrée en vigueur de DAC 8.
« Le revers de la médaille, c’est que cette directive va encore accentuer les collectes de données par plein d’acteurs, donc augmenter les fuites de données et l’exposition des utilisateurs et les risques sur leur sécurité physique, du type braquages et enlèvements », regrette l’expert en sécurité crypto Renaud Lifchitz.
Pour rappel, les tentatives d’enlèvements à l’égard des membres de l’industrie crypto (et de leur famille) se sont multipliées depuis le début de l’année.
La directive DAC 8 ne s’applique qu’aux plateformes cryptos type PSAN (en France) et PSCA (Europe). Les utilisateurs qui voudront anonymiser leurs transactions et identité pourront toujours passer par d’autres solutions échappant à la régulation européenne, comme les portefeuilles froids (du type Ledger) ou les plateformes décentralisées (DEX).

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