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Le réalisateur hongrois Béla Tarr, virtuose du cinéma mélancolique, est mort

Le réalisateur hongrois Béla Tarr, à Barcelone (Espagne), le 9 janvier 2024. DAVID ZORRAKINO / EUROPA PRESS / GETTY IMAGES

Auteur d’une œuvre hors norme, le réalisateur hongrois Béla Tarr, connu pour ses plans-séquences et ses films en noir et blanc dépeignant des paysages désolés, est mort à 70 ans, a annoncé le réalisateur Bence Fliegauf à l’agence de presse nationale MTI au nom de la famille Tarr.

Le maître du cinéma hongrois, mort à la suite d’une longue maladie, est connu pour son œuvre souvent sombre, dont Satantango (1994), une fresque de sept heures sur l’effondrement du communisme en Europe de l’Est et son déclin matériel et spirituel, adapté du roman du lauréat du prix Nobel de littérature Laszlo Krasznahorkai, son collaborateur régulier.

« C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons que le réalisateur Béla Tarr est décédé tôt ce matin après une longue et grave maladie », a également déclar l’Association des cinéastes hongrois dans son communiqué. « L’homme le plus libre que j’aie connu est mort », a réagi le maire de Budapest, Gergely Karacsony, dans un communiqué, saluant son amour pour « ce qui est essentiel chez l’être humain : la dignité humaine ».

Ses films étaient portés de bout en bout par un même regard pessimiste sur la condition humaine et une foi jubilatoire dans les puissances du cinéma. Encensés de longue date par Gus Van Sant, par Susan Sontag, ses films restent mal connus en France.

« Faire des films, c’est mon truc à moi »

Né le 21 juillet 1955 dans la ville universitaire de Pecs, dans le sud-ouest de la Hongrie, Béla Tarr a tourné son premier film amateur sur des travailleurs roms à l’âge de 16 ans, laissant déjà poindre son engagement social. Six ans plus tard, en 1977, il réalisait son premier long-métrage, Nid familial, avec le soutien d’un studio de cinéma expérimental, le Bela Balazs, à Budapest, où il a suivi une formation de réalisateur. Il est l’auteur du premier long-métrage indépendant hongrois, Damnation, projeté au Festival international du film de Berlin en 1988, film coécrit avec Laszlo Krasznahorkai.

« J’ai eu la chance de trouver mon chemin pour survivre : faire des films, c’est mon truc à moi », déclarait-il en 2005 au quotidien Le Figaro. Celui qui était souvent présenté comme « le Tarkovski hongrois » a aussi tourné Macbeth en 1982.

Avant 2003, date à laquelle Les Harmonies Werckmeister ont trouvé un distributeur, aucun de ses films n’était sorti en salles en France. Satantango, film fleuve et chef-d’œuvre de l’auteur, a été suivi de L’Homme de Londres (2008).

Son dernier film, Le Cheval de Turin, sorti en 2011, avait reçu l’Ours d’argent au festival de Berlin. La même année, le Centre Pompidou, à Paris, avait organisé une rétrospective de son œuvre en même temps que paraissait un livre de Jacques Rancière, Béla Tarr, le temps d’après, aux éditions Capricci.

Après son dernier long-métrage, il avait annoncé prendre sa retraite, ne réalisant par la suite que deux courts-métrages, préférant désormais enseigner le cinéma en Hongrie, en Allemagne et en France. « J’avais fait tout ce que je voulais », confiait-il à l’hebdomadaire hongrois HVG en 2019.

Lire aussi : Béla Tarr : « La véritable damnation, c’est la solitude absolue »

Le Monde avec AFP

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