Selon l’organisation patronale Prism’emploi, l’emploi intérimaire a reculé de 4,6% en 2025, notamment en raison de la concurrence de l’auto-entrepreneuriat et du CDI d’employabilité.
Le recours à l’emploi intérimaire a reculé en 2025, notamment à cause de la concurrence de l’auto-entrepreneuriat et du CDI d’employabilité, ont affirmé mercredi les responsables de l’organisation patronale de l’intérim Prism’emploi. Le recul de l’intérim est de 4,6% l’an dernier, après 3,7% en 2023 et 7,3% en 2024. « En trois ans, près de 100.000 emplois en équivalent temps plein (ETP) ont été supprimés, portant le total à 687.100 ETP, un niveau intermédiaire entre celui des années 2016 et 2017 », détaille Prism’emploi.
En 2025, la baisse du recours à l’intérim est particulièrement forte dans le secteur transport et logistique (-11,7%), le commerce (-7,7%) et les services (-7,1%), plus modérée dans le BTP (-2,4%) et faible dans l’industrie (-0,6%). Le tassement est plus prononcé parmi les employés (-15,4%) et parmi les cadres et professions intermédiaires (-8,3%) que chez les ouvriers non qualifiés (-4,6%) et qualifiés (-1,6%). Il faut aussi comparer l’évolution du nombre d’intérimaires à « la variation des autres typologies de contrats », a déclaré lors d’une conférence de presse le président de Prism’emploi, Gilles Lafon.
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À revenu net équivalent, le coût horaire total d’un intérimaire classique en contrat de travail temporaire est en effet 48,8% supérieur à celui d’un auto-entrepreneur, et à celui d’un CDI intérimaire (CDII) 19,8%, selon l’organisation d’employeurs. Ce dernier type de contrat de travail, qui avait le vent en poupe jusqu’en 2021, est concurrencé par le CDI d’employabilité (CDIE), dont le surcoût par rapport aux auto-entrepreneurs n’est que de 9,3%.
48.900 postes en CDI intérimaire
Le recours au CDII continue ainsi à se tasser, à 48.900 postes fin 2025 contre 58.000 quatre ans plus tôt. Contrairement au CDIE, l’usage du CDII est restreint aux remplacements de salariés absents ou à un surcroît temporaire d’activité de l’entreprise utilisatrice, ce que Prism’emploi voudrait voir changer dans le cadre de la négociation en cours sur les contrats courts entre syndicats et patronat.
L’organisation patronale souhaite aussi que l’auto-entrepreneuriat soit davantage encadré, car il « recouvre des situations qui devraient, selon [elle], relever du salariat, dès lors que les micro-entrepreneurs effectuent des missions qui sont en lien clair de subordination, alors qu’ils ne bénéficient pas d’une couverture sociale équivalente à celle des salariés », a expliqué la déléguée générale de Prism’emploi, Isabelle Eynaud-Chevalier. « L’emploi salarié est directement affecté par la conjoncture économique, mais pas le nombre de micro-entrepreneurs », constate-t-elle.

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