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Procès de Nicolas Sarkozy: treize femmes et un homme en colère ravivent le souvenir des victimes du DC-10

Les proches des victimes de l’attaque terroriste contre l’avion DC-10, perpétrée en 1989 par le régime de Mouammar Kadhafi, ont été entendus ce mercredi au procès de Nicolas Sarkozy. Implacable colère contre l’ancien chef de l’Etat et ses ministres.

Ce sont treize femmes et un homme en colère qui se sont succédés à la barre aujourd’hui au procès du présumé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Debout face à la cour, ces parties civiles ont laissé exploser leur amertume et leur incompréhension. Assis à quelques mètres d’elles, dans leur dos, l’ancien chef de l’Etat ne les a pas regardées, le visage tourné tantôt vers le bas, prenant des notes, tantôt vers le lointain. Il sera interrogé à partir de mardi prochain.

Le terroriste Senoussi et les deux ministres français 

Les premières à avoir témoigné aujourd’hui sont deux sœurs, Françoise Tenenbaum Klein et Danielle Klein. Elles sont venues pour leur frère Jean-Pierre Klein, père de famille tué à 30 ans, comme 169 autres passagers, le 19 septembre 1989 au dessus du désert du Tenéré au Niger.

L’avion DC-10 a été abattu ce jour là par les services secrets libyens de Mouammar Kadhafi. Derrière cet attentat, un homme, Abdallah Senoussi, ancien chef du renseignement militaire, condamné par contumace en 1999 en France à la réclusion criminelle à perpétuité pour ces faits, et visé depuis par un mandat d’arrêt international. 

C’est pourtant bien lui que deux ministres français ont rencontré en 2005 à Tripoli, en Libye. Ces deux ministres, Brice Hortefeux et Claude Guéant, font partie des hommes jugés actuellement dans le procès en appel du financement présumé.

Lundi dernier, Brice Hortefeux, interrogé par la cour, a maintenu contre l’absurde que ce rendez-vous mystérieux avec Abdallah Senoussi était « un piège » qui l’a « sidéré » quand il a appris qu’il venait de rencontrer un terroriste condamné pour la mort de 54 Français. Sans convaincre les parties civiles qui ont défilé à la barre. 

« Nous portons la perpétuité »

« Si par malchance, à la place de mon frère, l’un de vos proches s’était assis dans cet avion ce jour-là, auriez-vous accepté de dîner et de négocier avec son assassin Abdallah Senoussi? La seule chose juste aurait été de le ramener en France pour qu’il purge sa peine. La perpétuité, c’est nous qui la portons », explique Françoise Tenenbaum Klein, qui confie s’être sentie « très seule » quand « le déluge médiatique pour défendre Nicolas Sarkozy » a déferlé lors de sa condamnation l’an dernier.

Danielle Klein, vêtue d’une veste trop grande pour ses épaules, « celle de mon frère Jean-Pierre », tance elle aussi l’ancien président et la sortie de son livre, Journal d’un prisonnier.

« L’orchestration de son malheur nous a atterrés, certains d’entre nous en sont tombés malades », dit-elle en détachant les mots. Et de finir par parler de cette jeune femme, Amina, qui l’a contactée en lui expliquant qu’elle avait voulu se constituer partie civile trop tard, et à qui elle a promis de citer devant la cour les noms de ses proches tués dans l’attentat du DC-10. Des noms égrenés trop vite pour être ici retranscrits correctement mais en voici les âges, glaçants: 61 ans, 49 ans, 33 ans, 21 ans, 14 ans, 12 ans, 10 ans et 6 ans. 

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La venue « indécente » de Kadhafi à Paris 

Un moment revient dans chaque prise de parole des parties civiles, comme « une blessure qui ne s’est jamais refermée »: la venue de Mouammar Kadhafi à Paris en décembre 2007, de retour en grâce dans le concert des nations. Un accueil « indécent », tranche Mélanie Grisot, qui a perdu son père dans l’attentat. Une visite « qui m’a rendue très triste, avant que je ne me dise à l’époque que je devais faire confiance à mon président », confie pour sa part Mélanie Hoedt Klein, fille de Jean-Pierre Klein.

« Alors si je suis là aujourd’hui, c’est pour savoir si notre ancien président a estimé ou non que la justice qui nous a été rendue en 2009 (condamnation d’Abdallah Senoussi, ndlr), était négociable. S’il a pensé qu’elle était inférieure à ses intérêts personnels. »

Parmi les parties civiles figure également Maryvonne Raveneau, veuve du pilote du DC-10. « Je m’adresse principalement à vous, M. Sarkozy. J’avais 43 ans au moment de l’attentat, je vais en avoir 80, et pendant toutes ces années, j’ai cherché la vérité. Personne ne me fera croire que vous ne saviez pas » que Claude Guéant et Brice Hortefeux ont rencontré Abdallah Senoussi. C’est pourtant ce qu’a redit Brice Hortefeux à la barre. Sur le gril durant toute cette journée d’audience, Nicolas Sarkozy devrait sans nul doute dire un mot pour ces parties civiles avant son interrogatoire mardi prochain. 

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