Le pétrole russe, longtemps vendu avec une forte décote pouvant atteindre 30 à 35 dollars après 2022, se négocie désormais au niveau du Brent, voire avec une prime, porté par les tensions sur l’offre mondiale et la forte demande, selon Alexander Novak.
Le pétrole russe se négocie désormais sans rabais et parfois même plus cher que le Brent. C’est ce que vient d’indiquer le vice-Premier ministre russe Alexander Novak à des journalistes, rapporte l’agence Interfax.
« Aujourd’hui, alors que le marché est en déficit, notre pétrole et nos produits pétroliers sont très demandés, a-t-il déclaré. Nous sommes passés d’un rabais à l’absence de rabais, voire, dans certains cas, à une majoration partielle. »
Ces dernières années, le brut russe était écoulé avec d’importantes remises, conséquence directe des sanctions occidentales imposées après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine.
Après l’invasion de l’Ukraine en 2022, le pétrole russe s’est vendu avec une décote exceptionnelle pouvant atteindre 30 à 35 dollars par baril par rapport au Brent. Cette décote s’est ensuite progressivement réduite en 2023, oscillant autour de 20 dollars, puis entre 10 et 15 dollars au fil des mois. À partir de 2024 et 2025, l’écart s’est encore resserré, tombant parfois sous les 10 dollars, voire autour de 5 dollars dans certaines transactions.
Mais la guerre au Moyen-Orient a provoqué un choc inédit sur les marchés énergétiques mondiaux, propulsant le prix du Brent au-delà des 100 dollars le baril. Par ailleurs, une importante raffinerie située dans la région de Leningrad aurait été endommagée lors d’une attaque de drone ukrainienne.
Alexander Novak a souligné que les coûts de fret ont augmenté « en raison du blocage d’un grand nombre de pétroliers dans le détroit d’Ormuz, le nombre de pétroliers transportant du pétrole et des produits pétroliers est plus faible ».
Table des matières
Des revenus en hausse de 70%
La hausse des prix du pétrole permet à la Russie d’alimenter davantage son Fonds national de richesse, encadré par une « règle budgétaire ». Selon ce mécanisme, les revenus générés au-delà de 59 dollars par baril de brut de l’Oural sont versés au fonds souverain, tandis que les déficits sont couverts par le fonds de prévoyance.
Au début du mois, le pétrole de l’Oural a franchi la barre des 100 dollars le baril. Cette semaine toutefois, les cours ont légèrement reculé sur fond de spéculations autour d’éventuelles discussions de paix entre l’Iran et les États-Unis, ramenant le brut de l’Oural à environ 96 dollars le baril. Soit peu ou prou les mêmes prix et variations que le Brent, référence du prix en Europe.
D’après Reuters, les revenus pétroliers et gaziers russes pourraient augmenter d’environ 70% en avril par rapport à mars, atteignant leur plus haut niveau mensuel depuis octobre 2025 grâce à la hausse des prix mondiaux. De son côté, Bloomberg a indiqué mercredi que les raffineurs indiens ont acquis près de 60 millions de barils de pétrole russe pour livraison le mois prochain, avec une prime estimée entre 5 et 15 dollars par baril par rapport au Brent.
Enfin, le président Vladimir Poutine a appelé cette semaine les entreprises du secteur pétrolier et gazier à utiliser ces recettes exceptionnelles pour réduire leur endettement.

No comment yet, add your voice below!