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Carburants: hausses des prix, pénurie… à quoi vraiment s’attendre dans les prochains jours?

Si le conflit en Iran et au Moyen-Orient a bien provoqué une hausse du prix du baril de pétrole, certaines stations-service pourraient augmenter excessivement les prix à la pompe. Le risque d’une pénurie est en revanche écarté.

Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour que l’explosion du prix du pétrole sur les marchés ne se répercute à la pompe. Manuella ne peut que le constater amèrement en faisant le plein de sa Volkswagen à une station-service Esso parisienne.

La dernière fois qu’elle était venue il y a une dizaine de jours, le sans-plomb 95 était encore à 1,65 euro le litre. Là, il est à 1,97 euro. « Presque du jour au lendemain c’est devenu beaucoup plus cher », observe cette Parisienne utilisant sa voiture quotidiennement.

Et encore, elle peut s’estimer heureuse d’avoir un moteur essence, car dans cette même station le litre de gazole atteint lui 2,19 euro. Certes, nous sommes à Paris et les prix des carburants sont globalement plus chers qu’ailleurs en France. Mais de telles hausses, on commence à en constater dans tout le pays.

Elles peuvent paraître légitimes. Le 27 février dernier, soit juste avant les premières frappes israélo-américaines en Iran, le baril de pétrole brent s’échangeait encore 72 dollars sur les marchés. Dès le lendemain le cours a bondi pour dépasser les 80 dollars, et à l’heure actuelle il atteint même les 90 dollars.

• Est-il normal que la hausse de prix soit arrivée si vite?

La hausse des prix à la pompe était donc inévitable. Néanmoins le fait qu’elle soit venue aussi vite peut interroger. En théorie, les distributeurs de carburants doivent disposer de réserves qu’ils ont achetées au moment où le baril était encore moins cher. Édouard Lotz, responsable recherche et analyse marchés chez Omnegy, un cabinet de conseil en énergie, affirmait en début de semaine à RMC Conso que la hausse aurait dû se répercuter avec « un délai d’environ deux semaines ».

Dans certaines stations c’est effectivement le cas. C’est pour cette raison que l’on a vu de nombreux automobilistes se précipiter pour faire le plein, anticipant la hausse à venir. Et parfois même remplir quelques jerricans pour faire des réserves.

Mais beaucoup d’autres stations n’ont pas attendu si longtemps pour répercuter la hausse. Et cela s’explique économiquement. Lorsque les cours mondiaux s’envolent, une station-service peut choisir d’ajuster son prix non pas en fonction de ce qu’elle a payé pour le stock déjà présent dans sa cuve. Mais plutôt en fonction du prix qu’elle devra payer pour le prochain camion de livraison.

En effet un gérant pourrait manquer de trésorerie pour acheter du nouveau stock (plus cher donc) s’il attend d’avoir vidé sa cuve pour monter ses prix. Si les grandes stations-service avec plus de réserves, celles d’enseignes de supermarché par exemple, ont ainsi pu attendre avant de répercuter la hausse, les plus petites (celles indépendantes par exemple) n’ont pas pu se le permettre.

• Y a-t-il eu des hausses de prix abusives?

Certaines stations-service pourraient toutefois prendre ce prétexte légitime d’une hausse de prix du baril pour augmenter le prix à la pompe de manière abusive. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a affirmé qu’il ne tolérerait pas de telles pratiques. Ce mercredi 4 mars sur Franceinfo, il a annoncé qu’il avait demandé à la Répression des fraudes (la DGCCRF) « d’être sur le terrain et de faire des mesures des prix ».

Édouard Lotz d’Omnegy rappelle effectivement que la hausse du prix à la pompe ne peut pas être proportionnelle à celle du pétrole sur les marchés. En effet le prix du pétrole brut représente en général 30% du coût d’un litre d’essence ou diesel. Le raffinage, la distribution, mais aussi et surtout la fiscalité représentent le reste. Cette dernière atteint même en général 60% du prix.

Ainsi, « une hausse de 10% sur les marchés ne devrait se traduire que par une hausse d’environ 3,5% à la pompe », affirme cet expert du secteur. De fait, beaucoup de stations-service semblent aller au-delà…

Pour faire votre plein sans payer trop cher, référez-vous donc aux prix moyens à l’échelle nationale. Actuellement, le sans-plomb 95 s’établit autour de 1,83 euro le litre, et le gazole à 1,86 euro. Autant dire que la station-service évoquée en début d’article était bien trop chère…

RMC Conso a récemment mis en ligne des outils permettant de retrouver, via une carte ou un moteur de recherche, les stations-service les moins chères près de chez vous. Retrouvez-les ici.

• La fiscalité pourrait-elle baisser?

La hausse du prix du pétrole est inéluctable, et pourrait se poursuivre tant que le conflit au Moyen-Orient continue. Résultat, les carburants vont continuer d’augmenter également. Pourtant, il existerait un moyen de stabiliser les prix: jouer sur la fiscalité.

L’État pourrait tout à fait réduire la TVA, qui représente actuellement 20% du prix de l’essence ou du diesel. Ou alors l’accise sur les produits pétroliers, autre taxe pesant fortement sur le prix des carburants. Les groupes politiques d’opposition au gouvernement ont d’ailleurs fait des requêtes en ce sens. Le député LFI Éric Coquerel lui a demandé de procéder à des « ajustements » sur l’accise si la situation venait à perdurer. Tandis que le RN réclame une réduction de la TVA de 20 à 5,5%.

Néanmoins à ce stade, le gouvernement a exclu toute mesure en ce sens. La ministre en charge de l’Énergie Maud Bregeon a estimé que cela était « inconcevable », car cela entraînerait un trou de près de 20 milliards d’euros dans le budget de l’État.

Peu d’espoir donc de voir les prix baisser ou stagner grâce à un ajustement de la fiscalité. En revanche dans certaines stations, les carburants ne dépasseront pas 1,99 euro le litre: celles de TotalEnergies. Le groupe pétrolier a confirmé ce vendredi au Figaro que son dispositif de plafonnement des prix, déjà mis en place en 2023, est de nouveau en vigueur.

• Un risque de pénurie, vraiment?

C’est une idée que l’on lit et entend de plus en plus car quelques stations-service à travers le pays ont pu connaître des ruptures de stock. Peut-il vraiment y avoir une pénurie de carburant en France? Là-dessus, Roland Lescure s’est montré très rassurant « Il faut garder son sang-froid, il n’y aura pas de pénurie nationale », a-t-il martelé sur Franceinfo.

Selon lui le seul risque, « c’est la panique ». C’est effectivement le fait que des consommateurs se ruent dans une station-service par peur d’une hypothétique pénurie qui peut créer une rupture de stock localisée. Le ministre de l’Économie appelle donc au calme.

« Nous n’avons pas de risque d’approvisionnement, ni en gaz ni en essence à court terme. Je n’ai pas d’inquiétude pour le mois qui vient, et cela ne tient même pas compte des trois mois de stocks stratégiques que l’on a par ailleurs », a-t-il rassuré.

Pour rappel, la France dispose effectivement de réserves stratégiques de pétrole. Elles ont été mises en place après le premier choc pétrolier en 1974, sont censées nous permettre de faire face à une situation exceptionnelle. Il est néanmoins encore bien trop tôt pour dire si l’on pourrait être amenés à piocher dedans.

D’autant que les pays du Golfe représentent une faible part des importations de pétrole de l’Europe. L’Arabie Saoudite et l’Irak pèsent moins de 15% des nôtres. Nous dépendons beaucoup plus des États-Unis, de la Norvège, ou encore de l’Algérie.

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