Le secteur est débordé par l’ultra-fast-fashion et n’arrive plus à faire face efficacement: la collecte de vêtements usagés, en conteneurs ou en relais, souffre d’un afflux de vêtements de mauvaise qualité, compliquant le tri et le recyclage.
C’est un dégât collatéral. Le gouvernement a annoncé samedi une aide accrue à la filière de collecte des vêtements usagés, débordée par l’essor de l' »ultra-fast fashion », en attendant une « réforme structurelle » qui devrait impliquer des « malus » pour certains textiles.
Afin « d’éviter des faillites en chaîne et de préserver les capacités industrielles de la filière », le ministère de la Transition écologique « a décidé de mettre en place un soutien financier exceptionnel au titre de l’année 2026 en faveur des opérateurs de collecte et de tri de la filière REP TLC », a-t-il annoncé dans un communiqué.
Ce sigle signifie « responsabilité élargie du producteur pour les textiles, le linge de maison et les chaussures ».
« Ce soutien exceptionnel (…) sera porté à 268 euros par tonne en 2026 », contre 228 jusqu’ici prévus cette année, selon le ministère. « Il vise à couvrir une part significative des coûts nets de tri constatés sur le terrain, dans un contexte de déséquilibre économique durable ».
En 2024, pour 891.309 tonnes de nouveaux produits (vêtements, linge de maison et chaussures), 289.393 tonnes de produits usagés ont été collectées.
Ce système repose encore à plus de 60% sur l’export, notamment en Afrique. Or, les marchés africains sont désormais saturés de vêtements importés de Chine, d’occasion ou neufs et à bas prix. Résultat: effondrement des prix, difficultés financières pour les trieurs, accumulation de stocks.
Les opérateurs traditionnels de la collecte (Emmaüs, Le Relais, La Croix-Rouge…) affrontent aussi la concurrence des plateformes comme Vinted ou les dispositifs de seconde main des marques.
Le soutien annoncé samedi « vise à sécuriser la filière et à préserver ses capacités industrielles, dans l’attente d’une réforme structurelle indispensable que nous menons », a expliqué le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre, cité dans le communiqué.
À plus long terme, l’État veut en effet accélérer l’émergence d’une industrie du recyclage textile, en respectant la hiérarchie des traitements: réemploi d’abord, recyclage ensuite.
« La réponse durable à la crise passera par une réforme structurelle de la REP TLC. Fin mars 2026, le ministre annoncera le scénario de refondation de la filière avec pour principes directeurs une plus grande rationalité économique, traçabilité, et le développement d’une industrie française du recyclage afin d’offrir des débouchés aux gisements collectés », selon le ministère.
Le gouvernement a également demandé à l’éco-organisme Refashion de « rendre un plan d’action afin de mettre en place des malus sur l’ultra-fast fashion d’ici au 15 mars ».
Le choix de la rédac : Collecte de vêtements, victimes de la fast-fashion – 24/12
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