Onze personnes ont été interpellées et placées en gardes à vue entre mardi 17 et mercredi 18 février dans le cadre de l’enquête sur la mort du militant à Lyon. Des policiers, habitués à user des vidéos dans leurs enquêtes, ont donné à BFMTV des éléments de réponse concernant le travail des enquêteurs.
Comment les enquêteurs travaillent-ils dans un cas comme celui de l’agression de Quentin Deranque, mort après avoir été lynché la semaine dernière à la suite d’affrontements filmés entre groupes d’ultradroite et d’ultragauche?
Sans savoir exactement ce qui a été déterminant ici, des policiers, habitués à user des vidéos dans leurs enquêtes, ont donné à BFMTV des éléments de réponse.
Afin de retrouver les auteurs, les enquêteurs partent d’abord des vidéos, en espérant reconnaître un ou plusieurs protagonistes. Les groupes politiques d’ultradroite et d’ultragauche étant attentivement suivis par le renseignement territorial, leurs membres sont généralement connus et parfois reconnaissables immédiatement.
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Vidéosurveillance et cheminement
Si aucun suspect n’est reconnu, l’important n’est plus la vidéo des violences en elle-même mais l’avant et l’après de ces violences. « Le cheminement », comme l’explique un enquêteur à BFMTV.
À partir de signes distinctifs, comme une morphologie ou un vêtement, les enquêteurs peuvent suivre les auteurs de violence grâce aux caméras urbaines. Le but est de suivre le plus longtemps possible leur parcours, avant et après les faits.
Pour le cas de Lyon, on dénombre 571 caméras fixes à l’intérieur de la ville, d’après la mairie, autant d’occasions de récolter des éléments utiles à l’identification d’une personne.
Il est aussi parfois possible de passer un visage pris par une caméra dans un logiciel afin de le comparer avec les données des fichiers de police. Il faut cependant que l’auteur soit connu et que les vidéos soient de suffisamment bonne qualité. Dans le cas de figure de l’agression de Quentin, les images semblent trop dégradées.
Marshall Truchot : Quentin, l’ ex-porte-parole de la Jeune Garde sur BFMTV – 17/02
Une fois les suspects identifiés, il reste à déterminer la responsabilité de chacun dans les violences. Dans l’affaire de Quentin Deranque, les coups visibles sur les vidéos seront décryptés par les enquêteurs puis comparés aux résultats du rapport d’autopsie.
Puisque le procureur a affirmé que le jeune militant était mort d’un traumatisme crânien et d’une « une fracture temporale droite », les enquêteurs vont davantage se concentrer sur les personnes qui lui ont mis des coups à la tête, plus spécifiquement sur le côté droit pour établir les responsabilités.

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