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Robert Duvall, connu pour ses rôles dans « Le Parrain » et « Apocalypse Now », est mort

L’acteur américain Robert Duvall, à Los Angeles (Californie, Etats-Unis), le 5 juin 2015. CASEY CURRY/INVISION/AP

Il était l’avocat de la famille Corleone dans les deux premiers volets du Parrain,et le lieutenant-colonel aimant « l’odeur du napalm au petit matin » dans Apocalypse Now :l’acteur américain Robert Duvall est mort, dimanche 15 février, à l’âge de 95 ans.

« Hier, nous avons dit adieu à mon cher mari, ami précieux et l’un des plus grands acteurs de notre époque », a écrit son épouse, Luciana Duvall, dans un communiqué partagé sur les réseaux sociaux, lundi. « Bob est décédé paisiblement à la maison, entouré d’amour et de réconfort », a-t-elle ajouté.

« C’était un acteur né, comme on dit (…) son don phénoménal restera à jamais dans les mémoires. Il va me manquer », a réagi Al Pacino, son partenaire dans Le Parrain, dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse.

Robert Duvall a connu son premier grand rôle au cinéma à 31 ans dans Du silence et des ombres (1962), adaptation du roman de Harper Lee Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur signé Robert Mulligan. Dans ce film, « il te bouleverse » sans un mot de dialogue, a relevé l’acteur américain Alec Baldwin dans une courte vidéo d’hommage postée sur Instagram après l’annonce de sa mort.

C’est ensuite Francis Ford Coppola qui lui a confié ses rôles les plus marquants : Tom Hagen, avocat du Parrain dans ses deux premiers volets (1972 et 1974), et Bill Kilgore, lieutenant-colonel amateur de surf dans Apocalypse Now (1979).

Ce film sur la guerre du Vietnam, qui valut à Robert Duvall une nomination aux Oscars et le fit véritablement entrer dans la lumière, le voit prononcer l’une des répliques les plus célèbres de l’histoire du cinéma : « J’aime l’odeur du napalm au petit matin », lance en plein bombardement son personnage, torse nu et coiffé d’un chapeau de cow-boy.

Lire aussi (2009) | Robert Duvall : la force tranquille du cinéma

« Quel choc d’apprendre la disparition de Robert Duvall », a réagi Francis Ford Coppola, dans un communiqué publié sur Instagram. « Un si grand acteur et un élément si essentiel d’American Zoetrope [société de production cofondée par Francis Ford Coppola] depuis ses débuts », a ajouté le réalisateur qui a fait jouer l’acteur dans cinq de ses films.

Oscar du meilleur acteur en 1984

Dirigeant d’entreprise tyrannique dans Network. Main basse sur la télévision (Sidney Lumet, 1976), militaire traitant sa famille comme des soldats dans The Great Santini (Lewis John Carlino, 1979), Robert Duvall a remporté l’Oscar du meilleur acteur en 1984 pour son interprétation d’un ancien chanteur country devenu alcoolique dans Tendre bonheur (1983), de Bruce Beresford.

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Son rôle préféré était toutefois celui du Texas Ranger devenu cow-boy Augustus McCrae dans la mini-série télévisée Lonesome Dove (Simon Wincer, 1989). « C’est mon “Hamlet” », disait-il au New York Times en 2014. « Les Anglais ont Shakespeare ; les Français, Molière. En Argentine, ils ont Borges, mais le western est à nous. » L’un des rares regrets de sa carrière fut de ne pas avoir été retenu au casting des Dents de la mer, de Steven Spielberg (1975).

Egalement scénariste, réalisateur et producteur, Robert Duvall a dirigé cinq films, dont Le Prédicateur (1997), qu’il a écrit et dans lequel il incarne un pasteur évangélique en quête de rédemption.

Loin des paillettes

Né en 1931 d’un père militaire et d’une mère comédienne amatrice, il a étudié l’art dramatique, puis a passé deux ans dans l’armée, avant de s’installer à New York pour s’adonner à sa passion du théâtre. Il a partagé un appartement surpeuplé de Manhattan avec notamment Dustin Hoffman. Un autre futur grand, Gene Hackman, « traînait » alors avec eux, avait-il raconté à GQ en 2014.

Duvall vivait loin des paillettes, dans la campagne de Virginie, où sa famille avait ses racines. Il disait ne se rendre à New York et à Los Angeles que lorsque c’était nécessaire. Lui et sa quatrième épouse, l’actrice et réalisatrice argentine Luciana Pedraza, de quarante et un ans sa cadette, s’étaient établis dans une ferme vieille de près de 300 ans. L’acteur n’a pas eu d’enfant.

Il aimait aussi Buenos Aires, la capitale argentine, « plus que tout autre endroit ». Sur Instagram, l’actrice britannique Jane Seymour s’est remémoré « son amour du barbecue » et son goût pour le tango.

Le Monde avec AFP

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